Assez de la méchanceté entre militants!

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Il est 3h du matin et je ne peux pas dormir. Je ne peux pas dormir car j’ai un immense poids sur le cœur depuis plusieurs semaines.

Récemment, je me suis retirée volontairement d’une association de défense des animaux parce qu’en faire partie me rendait malade. La raison était que j’avais fait un certain nombre de « maladresses » complètement involontaires qui ont déplu à la direction de l’association. Je ne suis pas en colère, juste malheureuse d’avoir eu à me retirer d’une association dont je respecte le travail. Je n’ai pas questionné ou cherché à défendre les dites maladresses; elles étaient justifiées. Mais ce qui m’attriste est que, comme toujours, un ou une militante soit jugée sans savoir exactement d’où il/elle vient et quel a été son parcours.

Je ne me suis pas retirée de l’association pour mes maladresses (on apprend toujours à s’améliorer) mais parce que j’ai été jugée comme une militante incompétente parce que je connais très mal le militantisme Français. Cependant, ce n’est pas de la fainéantise de ma part.

Comme certains d’entre vous le savent, j’ai vécu 18 ans aux USA (non stop) et je suis devenue militante là-bas. Ce que les gens en Europe ne comprennent pas est que vivre aux USA, c’est se retrouver pris dans une bulle (comme dans la série TV « Under The Dome » ou une petite ville américaine se retrouve littéralement sous un dôme invisible dont les habitants ne peuvent s’échapper). Les USA vivent sous un dôme de non-information (et désinformation) dans un monde remplis ironiquement d’information. On peut être militant là-bas mais n’avoir aucune idée de ce qui se passe ailleurs, même avec la meilleure volonté.

Je rentre en France âpres 18 ans (contre mon gré, ce qui n’est déjà pas simple – mais c’est une autre histoire) et je me vois accusée de nullité militantiste sans qu’on essaie même de comprendre le pourquoi du comment.

Le jugement des autres est une spécialité Française qui dépasse de beaucoup celle des Américains. Je m’en rends compte lourdement depuis que je suis revenue. Et franchement, j’ai du mal à le vivre. Depuis que je me suis retirée de cette association, je dors très mal et j’ai un mal-être constant. Peut-être que ma réaction peut paraitre exagérée mais quand je vois comment les gens se tirent dans les jambes dans ce pays, j’ai presque honte d’être française (quoique je ne me sois jamais vraiment sentie française de toute manière).

Voir ce que les gens font sur les animaux, comment ils les maltraitent et même comment ils nous insultent ne me dérange plus: je suis blasée. J’en ai vu de toute sorte, y compris quand j’ai visité des élevages californiens pour documenter les conditions déplorables des vaches. Mais quand ça vient de ceux et celles qui devraient être de mon coté, cela me fait horriblement mal. De plus, cela aussi dégoute des militants potentiels de se joindre au mouvement. Lorsque l’on voit les dissentions, beaucoup peuvent penser qu’on ne vaut pas mieux que ceux que l’on combat.

Les militants américains, je n’en dément pas, ne sont pas tendres non plus. Cependant, ils savent créer des communautés de support, des communautés où les gens peuvent se sentir plus inclus bien plus qu’en France. Je ne cherche pas à les défendre. En fait, j’ai souvent beaucoup de critiques à leur égard. C’est juste une évidence basée sur mon expérience sur place.

Après une conversation avec une amie récemment, je suis maintenant consciente de jusqu’où peut aller la méchanceté française et à quel point des gens (qui devraient être dans le même camp et se donner du support) perdent leur temps à se tirer dessus.

Quand j’ai entendu Jean-Pierre Garrigues du CRAC à Arles dire: « Ca suffit ces conneries! » (En rapport avec les bagarres internes), j’ai eu envie de l’embrasser pour avoir dit tout haut ce que je pensais tout bas.

De la même manière que, même étant Végane (pure et dure si je puis dire), je comprends et je supporte malgré tout les gens qui ne sont pas encore arrivés ou je suis dans leur évolution intellectuelle, émotionelle et spirituelle vis-à-vis de notre relation avec les animaux. Ils sont après tout où j’étais pendant longtemps. De plus, je suis « coach » holistique en nutrition végétalienne, donc mon travail consiste a partir du point où sont les gens avec gentillesse et compréhension et les amener progressivement vers le meilleur d’eux mêmes (non seulement pour eux mais pour les animaux bien sur).

On avance tous à des vitesses différentes. Le principal est, qu’au bout du compte, on arrive tôt ou tard (le plus tôt possible serait bien sur idéal). La société n’est pas tendre avec nous, on le sait, car nous sommes déjà très marginalisés. Mais nous tirer dans les jambes parce que certains d’entre nous n’ont pas encore tout compris est comme blâmer un embryon pour ne pas devenir un bébé plus rapidement. De plus, cela fait le jeu de ceux qui nous oppose. En d’autres termes, c’est « diviser pour mieux régner ». C’est complètement stupide et improductif.

Donc, j’ai le cœur lourd, même après plusieurs jours. Par moment, je regrette ma décision d’avoir « démissionnée » en tant que bénévole (et je ne demande pas à ce que l’on me reprenne). Je croyais que j’aurais du support. J’ai eu beaucoup de sourires, de merci dans certains cas. Mais au bout du compte, je n’ai pas eu l’information dont j’avais besoin pour être efficace et bien comprendre le fonctionnement de cette association car personne n’a compris mes difficultés à me « réinsérer » sur la France et surtout, je me suis sentie ridiculisée publiquement au sein du groupe.

Alors arrêtons de taper sur les autres parce qu’ils sont ignorants de certains faits. Et surtout, ne les ridiculisons pas et ne les rendons pas malheureux parce qu’ils ne sont pas encore ce que l’on veut qu’ils soient. L’ennemi est en face, il ne devrait pas être dans nos rangs!

Les animaux ont besoins de nous, pas de notre colère ou jugement envers les uns et les autres. Eux, ils n’en ont rien à faire de nos bagarres, ils veulent uniquement ne plus être abusés et tués.

Sources:

– Pourquoi les Français détestent les Américains – Slate.fr

– Les villes les plus véganes aux USA: Peta.org

– Communautés intentionelles véganes aux USA: The Vegan Village, Vegan Homeland (Detroit, Michigan), VegNet (site qui liste des communautés), Vegan World Trekker (blog), Vegan Off-Grid Community,

– Communauté végane (bouddhiste) en France fondée par Thich Nhat Hanh: Le Village des Pruniers.

Les Américains et le voyage à l’étranger de Ludovic Hubler explique très bien pourquoi l’Amérique est si renfermée.

– Photos des élevages en Californie: Facebook

– Vidéo du rassemblement anti-corrida de Arles avec Jean-Pierre Garrigues

 

Photos:

haut- Pinky Finger (www.Pixabay.com – Free stock photos)

Dessous: Animal Rights Conference 2014 Los Angeles & WorldFest Los Angeles 2014

 

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My DxE friends from San Francisco
Mes amis (et famille) de DxE (Direct Action Everywhere) de San Francisco
A WorldFest, festival Eco-vegan de Los Angeles en 2014.
A WorldFest, festival Eco-vegan de Los Angeles en 2014.

Ignorance et Schizophrénie Morale

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Terme clinique: Schizophrénie: « La schizophrénie est une psychose, c’est-à-dire une maladie mentale dans laquelle le sujet perd le contact avec la réalité et n’est pas conscient de son trouble. Elle se caractérise par des idées délirantes, des hallucinations, l’absence d’émotions ou l’incapacité de planifier des actions. » ~ Futura-Science.com

Schizophrénie morale d’après le Pr. Gary Francione: « Quand je parle de schizophrénie morale, je cherche à décrire la manière délirante et confuse dont nous pensons aux animaux comme une question sociale / morale. Cette confusion peut, bien sûr, comprendre des façons contradictoires ou incohérentes sur notre regard sur les animaux (certains sont membres de la famille, d’autres sont le dîner) mais cela ne signifie pas que je décris une scission classique ou la personnalité multiple. Notre schizophrénie morale, qui consiste à se bercer d’illusions à propos de notre sensibilité animale et les similitudes entre les humains et les autres animaux, et une énorme quantité de confusion sur le statut moral des non-humains, est un phénomène qui est assez compliqué et comporte de nombreux aspects différents . » ~ Gary Francione, A Note on Moral Schizophrenia

En 1896, Emile Zola écrivait un magnifique essai appelé « L’amour des bêtes » dans lequel, avec une grande beauté de langage, il s’horrifiait de la souffrance animale. La France est riche en grands philosophes qui se sont inquiétés, interrogés et se sont même enragés de la souffrance animale.

J’ai quitté la France en 1997, à une époque ou je me cherchais, avec un énorme ras-le-bol de la mentalité Française que je trouvais, alors, d’une négativité affligeante. Mais, malgré tout, j’étais consciente de laisser derrière moi un pays avec une histoire extrêmement riche, une langue magnifique, et une richesse philosophique et intellectuelle énorme.

Nous sommes maintenant au 21eme siècle.

Qu’est-ce que je retrouve presque 20 ans après? J’ai presque peur de le dire mais il le faut bien. Je vois une pauvreté morale et intellectuelle effrayante. Je parcours les réseaux sociaux et je vois des gens incapables d’écrire sans faire des fautes d’orthographes à chaque mot. Même une enseignante, récemment, m’a dit que j’aurai peur de ce qui se passe dans les Lycées. Et surtout, je vois une méchanceté et une pauvreté morale qui m’attristent profondément. Est-ce que mon pays, que j’ai toujours aimé, a tellement dégénéré? Je vois des politiciens à la télévision qui sont des lâches, des hypocrites, incapables de voir la réalité des problèmes et surtout qui se voilent la face par rapport a leurs actions sur la nature, la condition animale et humaine et leur responsabilité vis-à-vis de la communauté globale.

Ne vous y trompez pas, j’ai énormément à dire des Américains aussi, avec beaucoup de critiques similaires (et je ne me gène pas dans mes blogs en Anglais). Mais, comme me l’a dit une amie récemment, malgré mes anglicismes, mes erreurs dans le choix de mes mots (dues aux différences culturelles accumulées pendant presque 20 ans et dont on a été jusqu’à me traiter de « conne »!), mon Français ne s’est pas si dégradé autant que je le pensais.

Ce que vois en France est triste. Il y avait un temps où nous illuminions le monde avec notre richesse culturelle et c’est loin d’être le cas de nos jours. Nous aurions, par exemple, pu être en avance sur beaucoup de pays par rapport a la cause animale parce que beaucoup avant nous le comprenaient déjà, tels que Rousseau, Voltaire, Zola, Lamartine et d’autres.

« Les grands mangeurs de viande sont en général cruels et féroces plus que les autres hommes. » ~ Jean-Jacques Rousseau « Emile ou de l’éducation ».

 

« Il n’est pas vrai que le ventre des hommes soit la cause finale de l’existence des bêtes. » « Qu’y a-t-il de plus repoussant que de se nourrir continuellement de chair de cadavre ? »
Voltaire, végétarien, écrivain et philosophe français.

 

«D’abord, il faudrait classifier. Nous sommes légion, nous autres qui aimons les bêtes. Mais on doit compter aussi ceux qui les exècrent et ceux qui se désintéressent. De là, trois classes : les amis des bêtes, les ennemis, les indifférents. Une enquête serait nécessaire pour établir la proportion. Puis, il resterait à expliquer pourquoi on les aime, pourquoi on les hait, pourquoi on les néglige. Peut-être arriverait-on à trouver quelque loi générale. Je suis surpris que personne encore n’ait tenté ce travail, car je m’imagine que le problème est lié à toutes sortes de questions graves, remuant en nous le fond même de notre humanité. » ~ Emile Zola

 

« On n’a pas deux cœurs, un pour les animaux et un pour les humains. On a un cœur ou on n’en a pas » ~ Alphonse de Lamartine, végétarien, poète dramaturge et homme politique.

Il n’y a pas de grande richesse intellectuelle aux Etats-Unis dans la grande masse moderne. Elle est même extrêmement pauvre, ignorante et manipulée. Mais il y a des exceptions chez des philosophes plus anciens comme David Henry Thoreau, Ralph Waldo Emerson, Mark Twain (un grand amoureux des animaux) ou encore Isaac Bashevis Singer, écrivain juif polonais naturalisé Américain et prix Nobel de littérature en 1978 qui a dit (entre autres): « Je ne suis pas devenu végétarien pour ma santé, je le suis devenu pour la santé des poulets. ».

Il y a heureusement aussi quelques grands penseurs modernes. Le meilleur que j’ai trouvé ces dernières années est le Dr. Will Tuttle, auteur du best-seller The World Peace Diet (Nourrir La Paix) qui dit dans son ouvrage:

« La suppression de la sensibilisation requise par notre pratique universelle de la marchandisation, de l’asservissement et la tuerie des animaux pour la nourriture génère un « trouble mental construit en nous-mêmes » qui nous pousse vers la destruction non seulement de nous-mêmes, mais des autres créatures et des systèmes vivants de la terre. Parce que cette pratique d’exploiter et de brutaliser les animaux pour la nourriture est venue à être considérée comme normale, naturelle, et inévitable, elle est devenue invisible. »― Will Tuttle, The World Peace Diet: Eating for Spiritual Health and Social Harmony (Nourrir La paix)

A mon grand désolément, je m’aperçois que la France s’est sérieusement dégradée.

Je vois les gens se battre, se « taper sur la gueule » (verbalement ou non) pour « des queues de cerises » (pour reprendre une expression) et encore croire à des stupidités qui sont dépassées depuis longtemps.

Depuis que je suis rentrée, je vois ceci sur les réseaux sociaux par rapport à ceux qui se disent aimer les animaux:

« Non, je ne veux surtout rien imposer à ma famille ». « Ah, mais non, chez moi je suis végétalienne mais chez les autres, c’est différent. » « Je suis végan chez moi, mais en dehors je suis végétarien. » « Je porte du cuir car c’est difficile de trouver des chaussures véganes ». « Mes poules sont heureuses et je mange leurs œufs« . Oh toutes les excuses que je lis depuis que je suis en France et qui n’ont aucun sens pour moi.

C’est amusant: je vois les Allemands, les Anglais, les Américains (pourtant loin d’être dans l’ensemble des lumières) et même les Israéliens avancer sur le véganisme et, pendant ce temps, je vois encore les Français se donner des excuses pour ne surtout pas offenser les autres (et par extension, ne pas faire avancer le véganisme en France).

Si les excuses sont nutritionnelles, je les comprends, car la nutrition végétalienne est encore rabaissée par tous les imbéciles dans les médias qui vivent sur des informations dépassées depuis au moins 30 ans et surtout le culte de la sacro-sainte cuisine française. Par exemple, ils continuent à dire qu’il faut combiner certains aliments pour avoir suffisamment de protéines (notion dépassée et réfutée depuis 30 ans) ou qu’être végétalien n’est pas bon pour les enfants (idem). Mais on est à l’ère de Facebook, Google, et de l’information. Quelle est donc encore l’excuse à ne pas s’éduquer de la part de ceux qui se disent aimer les animaux?

La France, le pays de la belle langue et d’une philosophie riche est-elle devenue un pays de fainéants intellectuels? Je me le demande. Ce n’est pourtant pas l’information qui nous manque. Le site de l’Association Végétarienne de France est rempli d’information nutritionnelle végane (et non végétarienne en fait) et a une tonne de recettes végétaliennes sur leur site et aussi un site dédié et même une page Facebook. Le site de FUDA (Forces Unies pour les Droits des Animaux) a un défi végan avec des recettes! L214 fait constamment des stands sur le véganisme et on se donne encore des excuses pour consommer des produits de violence?

Je me suis souvent demandée ces derniers mois si je serai devenue végane si je n’avais pas été aux Etats-Unis. La réponse est… je ne sais pas. Mon parcours a été complexe. Je me suis d’abord tournée vers les Droits de l’Homme (et surtout de la Femme) quand j’avais une vingtaine d’années (avec Amnesty International). J’ai découvert le Bouddhisme et l’Hindouisme et je suis devenue végétarienne pendant quelques temps. Ensuite, c’était l’écologie (aux USA) et enfin, j’ai trouvé (et compris) le véganisme fin 2006. Et après une transition d’environ un an, parce que j’en apprenais un peu plus chaque jour, le véganisme est devenu évident et j’ai fait une transition logique sans me poser de questions (au départ), comme je l’explique dans une présentation que j’ai faite à Los Angeles en 2014. Cependant, parce que les mythes nutritionnels sont persistants, je me posais des questions (normales) sur ma santé et je ne connaissais AUCUN autre végan!

Est-ce que je me suis assise sur mes lauriers? Non! J’ai fait mes propres recherches, je suis retournée à l’école (et par conséquent, j’ai bénéficiée d’une éducation végane par les meilleurs docteur/scientifiques végans américains) et ensuite, j’ai arrêté de me poser des questions.

Pourquoi je l’ai fait? Parce que je ne voulais pas rester ignorante et surtout savoir répondre aux questions de ceux qui ne savaient pas. Mais surtout, parce que j’en avais marre de voir souffrir les animaux pour des futilités et des mythes dépassés. Je rentre en France et je découvre que ces mêmes mythes, dépassés depuis au moins 30 ans ailleurs, persistent et ne veulent pas lâcher ici. Fainéantise intellectuelle des Français? Je me pose encore une fois la question quand les Américains, qui lisent encore moins que nous, ont développé le véganisme grâce uniquement aux réseaux sociaux. Ouvrez votre ordinateur, faites un peu de recherche, lisez (ou est-ce que les Français ne lisent plus?) et éduquez-vous. C’est aussi simple que ça. Il n’y a même pas besoin nécessairement d’aller à l’école. Ces mêmes docteurs qui m’ont éduqués (et m’ont permis d’éliminer mon diabète notamment) ont des informations partout sur internet.

Des tonnes de livres sont disponibles de nos jours qui répondent à la question des droits des animaux, la nutrition, l’écologie, etc… Il y a aussi une tonne de ressources sur Internet pour des vêtements et produits de beauté et d’entretien qui excluent la souffrance animale. On n’a jamais eu autant de choix. Mais non, on trouve encore des excuses. On ne vit pas au Pole Nord, on vit en Europe!

Etre ignorant mais vouloir apprendre et changer est une bonne chose. Contrairement, savoir mais ne pas vouloir changer, c’est une dissonance morale et une indifférence dégoutante. Dans le premier cas, la personne ne sait pas, mais elle découvre peu à peu et décide de ne plus participer à une souffrance sur les animaux complètement inutile et injustifiée (moralement, biologiquement, etc.). Dans le second cas, la personne sait parfaitement ce qui se passe mais continue comme avant. Oui, c’est ça la schizophrénie morale dont parle Gary Francione.

Les esclavagistes faisaient le même raisonnement avec leurs esclaves africains pour continuer à les exploiter (pour le profit). Et les racistes ne sont pas mieux.

Comme dit Gary Francione:

« Le fait est que la validité des principes moraux ne dépend pas du temps qu’a mis une personne en particulier pour reconnaître leur validité. Aucun de nous n’en doute lorsque des humains sont concernés. Par exemple, si quelqu’un a mis dix ans avant de reconnaître que le racisme est mal et cesser d’employer des épithètes racistes, doit-on en déduire que nous ne devrions pas rendre clair le fait que le racisme est mal ? Bien sûr que non. Est-ce que quiconque oserait suggérer un «Vendredi Sans Blague Raciste» pour fournir à ceux qui mettent du temps à cesser d’être racistes une approche « progressive » de la chose ? Bien sûr que non. »

Hitler faisait ce même raisonnement quand il faisait tuer des millions de gens et que ces docteurs nazis utilisaient la peau, les dents et autres parties du corps des juifs pour fabriquer des objets, comme les savons humains pour les Allemands ainsi que des lampes fabriquées avec de la peau humaine de la même manière que l’on porte la peau des animaux.

On sait maintenant, grâce à de nombreux experts en neurologie animale, que les poissons ont une intelligence équivalente à celle des mammifères. On sait aussi que les cochons sont, non seulement, plus intelligents que nos chiens, mais aussi possèdent l’intelligence d’enfants de 3 ans. On sait aussi qu’une poule protège ses bébés avec le même amour qu’une mère protège son enfant et que ses œufs sont SA propriété et non celle des humains.

Qui nous a donne le droit de vie et de mort sur les animaux? Dieu? Ce même Dieu qui disait que les femmes étaient inférieures et pouvaient mourir à coups de pierres si elles étaient infidèles. Ce même Dieu qui, dans l’Ancien testament, supportait l’esclavage?

Qui d’autre nous donne le droit de vie et de mort sur les animaux? Notre soi-disant supériorité? Comme le disait le philosophe Isaac Bashevis Singer: « Les gens répètent souvent que depuis toujours les hommes ont mangé des animaux, comme justification pour continuer cette pratique. En suivant cette logique, nous ne devons pas essayer d’empêcher les individus de tuer d’autres personnes, puisque cela aussi se fait depuis la nuit des temps. »

Si l’être humain est tellement supérieur, pourquoi est-il incapable de vivre en harmonie avec la nature comme toutes les autres espèces le font? Si l’être humain est si intelligent, pourquoi commet-il des génocides sur des populations entières d’autres humains ET d’autres animaux, alors qu’aucune autre espèce animale dans la nature ne le fait?

Si l’être humain était aussi intelligent qu’il le pense, il ferait, comme Will Tuttle le dit, « des liens évidents » dans sa conscience et comprendrait notamment que d’autres animaux (seulement 5% de VRAIS carnivores sur la planète – sans compter les omnivores) tuent pour survivre alors que la majorité cohabitent pacifiquement. C’est un fait qui est ignoré avec convenance pour justifier l’idée qu’il est « normal » de manger des cadavres et autres « produits » d’origine animale, ce qui est ironique vu que nous sommes physiologiquement herbivores.

Come a dit le Capitaine Paul Watson dans une interview sur Fox TV (dont il a parlé il y a quelques mois à Montpellier): « Les vers de terre sont plus importants que les humains. » Le journaliste, choqué, a répondu: « Comment pouvez-vous dire que les vers de terre sont plus importants que les humains? ». Paul de répondre: « Parce que les vers de terre sont plus importants que les humains. Pour la simple raison qu’ils peuvent vivre sans nous mais nous ne pouvons pas vivre sans eux. Que les abeilles peuvent vivre sans nous, mais que nous ne pouvons pas vivre sans elles. » La planète pourrait parfaitement survivre sans les humains, c’est la vérité que l’on doit s’admettre malgré notre arrogance.

Alors, je vous le demande: quand vous vous asseyez à une table et que vous dites, « aujourd’hui c’est ok, je mange un bout de fromage parce que je ne veux pas offenser ma famille », c’est comme si vous gifliez une vache! Oubliez-vous que ce morceau de fromage (qui parait insignifiant) cache la souffrance d’une mère, qui se fait violer constamment (avec une tige forcée dans son vagin), à qui l’on retire son bébé pour lui voler le lait (qui lui est destiné) et dont les humains n’ont aucun besoin biologique (faisant de nous la seule espèce mammifère sur la planète à voler le lait destiné à une autre espèce ET à l’âge adulte)? Quand sera-t-on sevrés?

Quand vous dites, « c’est difficile d’éviter les œufs » (ce qui est faut si on évite d’acheter des produits fabriqués par des multinationales – ce qui fait de nous des complices dans la destruction de la planète aussi – dans le commerce et que l’on met ses fesses dans une cuisine), vous cautionnez aussi la souffrance de milliers de poules qui vivent (de plus en plus) en cages, pour qui les œufs sont aussi précieux que les ovaires le sont aux femmes qui veulent avoir des enfants et qui sont destinés soit à faire naitre des bébés, soit à être remangés par elles (pour récupérer le calcium qu’elles ont perdu). Encore une fois, il n’y a aucune nécessité biologique à consommer le résultat des menstruations d’une poule.

Trouver des excuses pour ne pas offenser les autres est du spécisme pur et simple. On peut apprendre à dire NON sans offenser les autres. Ca s’appelle la diplomatie et l’éducation. Mon propre père, au début, me faisait la guerre sur mes convictions. J’ai pris la décision qu’un père qui aime vraiment sa fille respecte son éthique. Oui, il mange toujours de la chair animale devant moi mais au moins il ne me casse plus les pieds sur mon « choix » car il a finalement compris que ce n’était pas lui que j’attaquais en refusant l’exploitation animale. Et en plus, il a crée une ligne de produits bios, équitables ET végans! Il n’est peut-être par encore végétalien lui-même mais c’est un changement de sa part dont je suis fière et qui montre que l’on peut évoluer (même à 70 ans!). Maintenant, j’ai des repas végans à la maison.

Mon propre frère, qui s’est moqué de mon éthique végane pendant des années, m’a récemment offert deux livres de Marie Laforet (auteur de plusieurs livres de cuisine végane) pour mon anniversaire! Je ne l’ai pas forcé à changer et je ne lui ai rien demandé. Je n’en ai même jamais vraiment discuté avec lui. Mais j’ai un compte Facebook, donc il sait très bien ce que sont mes priorités dans la vie. Il a fini par comprendre de lui-même (qu’il change lui-même ou non) que je ne changerai pas et il me les a envoyés fièrement!

En France, on est très fort pour se plaindre de tout et protester pour protéger nos jours de congés (ce qui est soit critiqué, soit applaudi par le reste du monde – ça dépend à qui vous parlez). La France est le pays le plus productif d’Europe, d’après le British Office for National Statistics. Pour gueuler dans la rue pour nos droits, on est fort. Mais quand il s’agit de défendre les animaux, en dehors de crier sur les pro-corridas, on se cache derrière des excuses bidons qui ne font pas avancer la cause du véganisme en France. Et c’est même dramatique que certains militants soient anti-corrida, anti-fourrure, etc. mais continuent à avaler des cadavres d’animaux ou leurs sécrétions sans une minute de réflexion sur leur propre dissonance morale.

Après, on s’étonne que nous soyons 20 ans derrière certains pays? Je n’ai jamais entendu un militant américain s’excuser d’être végan ou dire qu’il est végan quand ça l’arrange uniquement. On est végan ou on ne l’est pas. Ce n’est pas l’un ou l’autre. C’est comme se dire esclavagiste à mi-temps!

Les animaux n’ont pas besoin de nos excuses pathétiques. Ils souffrent, sont torturés et massacrés à grande échelle pendant que certains ont peur d’offenser les humains qui participent à ce génocide mondial pour rester dans leurs zones de confort. Ca suffit! C’est le moment de se réveiller. Les chiffres révisés du massacres d’animaux terrestres ne sont plus de 60 milliards par an, ils sont maintenant de 150 MILLIARDS, d’après les calculs très justes de l’Association FUDA.

Quand va-t-on arrêter de se donner des excuses? Quand la planète sera vraiment invivable? On n’arrête pas de nous citer en France le chiffre conservateur de l’ONU sur le rôle de l’Agriculture Animale sur le changement climatique de 18% (environ). C’est un chiffre tellement mal analysé qu’il a été révisé par le WorldWatch Institute (une ONG) à environ 50%. Mais aucun média ne veut citer ce chiffre bien qu’il soit reconnu partout ailleurs et bien expliqué notamment dans le documentaire Cowspiracy.

Franchement, les médias Français et les Français eux-mêmes sont un miroir l’un de l’autre. D’un coté, on voit une discussion qui commence par rapport aux droits des animaux, l’impact écologique et la santé. De l’autre, on continue à baratiner pour trouver des excuses à ne pas changer et surtout continuer comme avant (et même, comble du ridicule, lancer la mode de manger des insectes).

Par ailleurs, qu’elle lassitude que dans un pays, soi-disant plus éclairé que les Etats-Unis notamment, on soit si en arrière sur des questions vitales aussi à notre propre survie (et pas uniquement celle des 1000 espèces d’animaux qui disparaissent sans espoir de retour chaque jour sur la planète).

Je suis d’ailleurs surprise (et quoi qu’un peu choquée) que lorsque l’on parle du véganisme en France, ca ne viens pas des Français eux-mêmes mais des étrangers. A la récente manifestation anti-corrida d’Arles, les seuls interlocuteurs qui ont parlé du véganisme étaient un Italien, le cycliste végan Paolo Barbon et Peter Janssen des Pays-Bas. Je tire d’ailleurs mon chapeau a Jean-Pierre Garrigues, président du CRAC Europe, pour avoir mis ces personnes formidables et braves en avant et pousser le message du véganisme et de l’abolition sous toutes ces formes aux militants anti-corrida (dont certains, je le sais, mangent encore des animaux). C’est encourageant mais il faut que ça aille plus loin.

On aurait du être les leaders éclairés de ce mouvement, mais en fait, pour beaucoup de militants étrangers, nous vivons encore au moyen-âge.

Franchement, j’aimerai bien leur prouver qu’ils ont tord mais ça ne dépend pas que de moi. Je vois cependant des signes encourageants et je veux rester optimiste.

Sources:

– Gary Francione: Mais ça m’a pris 10 ans pour devenir végan. » Et alors ?

– Essai d’Emile Zola datant de 1896: L’Amour des Bêtes.

– Citations de Jean-Jacques Rousseau: Tribunal Animal

– Site de l’Association Végétarienne de France qui a des recettes véganes

– Site de FUDA avec le Défi FUDA

– Site de L214 sur le Véganisme.

Présentation (sous-titrée en Français) que j’ai faite à l’Animal Advocacy Museum (Musée du Militantisme pour les Animaux) à Los Angeles.

– Liste extensive de docteurs, diététiciens végans aux Etats-Unis et ailleurs de mon amie Buttlerflies Katz (J’ai l’honneur d’être inclue): The Vegan Truth blog

– Si vous lisez l’Anglais, procurez-vous ce magnifique livre sur Mark Twain: Mark Twain’s Book of Animals (Jumping Frogs: Undiscovered, Rediscovered, and Celebrated Writings of Mark Twain)

Dr. Will Tuttle: Son livre The World Peace Diet, en Français « Nourrir La Paix » bientôt disponible.

– Livres sur les droits des animaux et le Véganisme disponible en France: Vegan-France.fr

– Habillement, produits de beauté et d’entretien végans sur Internet:

·       Animalsace

·       Listes de boutiques véganes: Vegan-France.fr

·       Chaussures véganes: Esprit, Beyond Skin

·       Cosmétiques/produits de beauté: Boutique Vegan, Arganalife

·       Produits d’entretiens: dans les magasins bio et aussi à Boutique Vegan.

– Article de VegActu critiquant les idioties dites sur l’Emission d’Envoyé Spécial.

– Nouveau livre: « Voir son steak comme un animal mort » de Martin Gilbert et le livre phare de Gary Francione « Introduction au Droits des Animaux ».

– Excellent vidéo: 101 raisons de devenir végétalien (VOS FR HD).

– FUDA calcule le nombre d’animaux massacrés dans le monde: mouvementfuda.com

– Les produits Arganalife de mon père (bravo papa!), bios, végétaliens et qui aident des coopératives de femmes au Maroc.

– Livres de cuisines (fabuleux!) de Marie Laforet sur Amazon.fr

– Les nazis et les objets fait à bases d’humains: Savons et lampes.

– Vidéo que j’ai faite à la manifestation anti-corrida d’Arles le 16 mai avec interview de Peter Janssen de Vegan Streaker Group (notamment). Et vidéo du CRAC Europe.

– Le site Mr. Mondialisation sur le documentaire Cowspiracy. Autres documentaires exceptionnels voir: Vegan-France.fr – Voyez Cowpiracy en VO ST ici: News360.

http://news360x.fr/cowspiracy-le-secret-du-developpement-durable/

– La vérité sur le lait – OneVoice.fr

– Mouvement Fuda sur les Œufs et si vous lisez l’Anglais, ce superbe blog de FreeFromHarm.org sur les œufs.

– Ma présentation à l’Animal Advocacy Museum l’année dernière.

 

Photo: ALF – http://www.Pixabay.com (Royalty Free photos)

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