La (non) liberté d’expression des grévistes de la faim de Strasbourg

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Comme toujours en France, la liberté d’expression ne s’applique uniquement qu’à ceux au pouvoir mais jamais réellement aux citoyens, et surtout pas à ceux qui demandent justice pour les autres.

Depuis plus d’un mois, des grévistes de la faim de Strasbourg qui demandent la fermeture du centre de primatologie de Fort Foch, qui élève des singes destinés aux laboratoires pratiquant l’expérimentation animale, sont complètement ignorés en grande partie (avec quelques exceptions) par les médias nationaux certainement plus intéressés par les querelles politiques, les jeux télés et la dernière mode (sujets qui font apparemment réellement évoluer notre société d’après eux) plutôt que les causes sociales d’importance.

Après le drame de Charlie Hebdo en Janvier, on pourrait croire (ou nous faire croire) que les medias se seraient mis au diapason de cette soi-disant liberté d’expression qu’ils disent défendre mais ce n’est absolument pas le cas.

Pourtant la cause des grévistes de la faim de Strasbourg est une cause du 21ème siècle la fin de l’expérimentation futile sur les animaux, d’autant plus les singes, nos proches cousins génétiques. On sait parfaitement que l’expérimentation ou recherche « scientifique » sur les animaux n’est pas et n’a jamais été une nécessité pour sauver des vies humaines.

Mais nous sommes encore a l’époque de René Descartes, une personne, tâche honteuse et monstrueuse de notre histoire, qui a été le premier à avoir lancé l’idée de l’animal machine. Selon lui, l’animal n’était rien d’autre qu’une machine perfectionnée. Il n’y avait pas de différence fondamentale entre un automate et un animal. Un artefact fabriqué par l’homme n’était pas ontologiquement distinct d’un animal. La Lettre au Marquis de Newcastle (23 novembre 1646) compare explicitement l’animal à une horloge, composé de pièces mécaniques et de ressorts. Pour Descartes, l’animal n’avait ni âme ni raison. (source Wikipedia pour en savoir plus).

Cette manière de penser a inspiré tristement des générations de vivisecteurs. Descartes, après tout, n’avais pas hésité à clouer un chien sur une porte et le disséquer encore vivant. Il considérait que les hurlements de souffrance de ce pauvre animal n’étaient qu’une réaction mécanique n’ayant aucune pareille avec celle des humains. De nos jours, je pense que si beaucoup savaient ce qui est fait encore notamment aux chiens dans les laboratoires, ils seraient horrifiés. Par contre, cela ne semble pas être un acte horrible dès que l’on parle d’autres animaux comme les singes (encore plus proches de nous génétiquement) ou autres animaux.

A cause de cette ignoble fantaisie ignorante lancée par Descartes, nous avons créé des générations de « scientifiques » qui prétendent sauver des vies humaines en torturant des êtres vivants alors qu’il est reconnu, par exemple, que 80% des tests faits sur les rats ne résultent en aucune information fiable pour les humains. Le Professeur Américain Colin Garner a même dit: « Nous savons parfaitement traiter le cancer chez les rats et chez les souris, mais nous ne savons toujours pas guérir les gens. » (Professeur Colin Garner cité dans un article de Genetic Engineering and Biotechnology News, 2007).

Même le grand laboratoire pharmaceutique Pfizer le reconnait: « Une étude menée par les laboratoires Pfizer a abouti à la conclusion que “pour savoir quelles substances sont carcinogènes, il vaudrait mieux jouer à pile ou face plutôt que de compter sur l’expérimentation animale. Seulement 5 à 25 % des substances nocives pour l’être humain ont aussi des effets négatifs sur les animaux des laboratoires. Jouer à pile ou face donne de meilleurs résultats. » ((1) Münchner Medizinische Wochenschrift 1983: 125(27), 8)

Dans la communauté scientifique, il n’y a aussi aucun consensus pro expérimentation animale. La communauté est divisée, souvent par manque de connaissances d’alternatives ou simple refus de voir les évidences (fainéantise ou intérêt financier?). Pourtant elles existent et nous n’avons aucune justification morale à ne pas les utiliser. De plus, on sait que les « chercheurs » y ont beaucoup à gagner financièrement et il est donc à se demander combien de millions d’Euros (de nos impôts) vont être gaspillés pour enrichir des « scientifiques » dans ce laboratoire de la honte.

« Cette pratique, désormais obsolète, est financée, pour la recherche publique, par nos impôts, et dans la recherche privée, très souvent par des dons. Et ce, alors même que près des trois quarts des citoyens se disent contre l’expérimentation animale dès lors que d’autres méthodes sont possibles (étude Ipsos/One Voice). Cultures de cellules, de tissus, d’organes, biologie moléculaire, recherche in vitro… de nombreuses méthodes substitutives, reconnues et dont l’efficacité a été prouvée, existent pourtant aujourd’hui. » (One-Voice.fr)

Comme le dit très justement le site Antidote Europe (antidote-europe.org):

« Peu après la création d’Antidote Europe, nous rencontrions un vétérinaire qui nous disait, en substance : « Il n’y a pas de débat au sein de la communauté scientifique, tous les chercheurs pensent qu’il faut expérimenter sur des animaux avant de passer à l’homme. »

Nous étions pourtant la preuve du contraire, assis à une table, face à lui qui défendait la recherche animale, nous qui démontrions qu’aucune espèce animale n’est un modèle biologique fiable pour une autre.

Il est très important que le public apprenne qu’il n’y a pas consensus au sein de la communauté scientifique et médicale. Beaucoup de questions (dont la pertinence du « modèle animal ») font débat. C’est important parce que plusieurs réglementations dont notre santé dépend se fondent sur l’hypothèse que le « modèle animal » serait pertinent pour prévoir les réactions physiologiques humaines. Or, nous voyons que le nombre de personnes atteintes de maladies graves (cancer, Alzheimer, etc.) ne cesse d’augmenter.

Il serait donc grand temps que le gouvernement organise un débat entre scientifiques sur la pertinence du « modèle animal ». Les conclusions de ce débat devraient orienter les futures politiques de santé et de recherche. Antidote Europe ne cesse de le demander. »

Bien sur, le gouvernement n’est absolument pas intéressé par les débats car je pense que certains sont très bien payés par l’industrie.

Malgré ces recommandations sages et le fait que nous avons suffisamment d’alternatives à l’expérimentation animale cruelle et le fait que le gouvernement a récemment reconnu les animaux « comme êtres sensibles » donc capables de souffrance (ce qui est pourtant une évidence pour toute personne ayant un chat ou un chien), cela n’empêche pas notre gouvernement de dépenser de l’argent publique pour des centres de recherche inutiles sur les primates (sauf pour enrichir quelque uns) et qui ne font aucunement avancer le progrès scientifique pour guérir les maladies graves.

Mais les médias Français (ET le gouvernement), dans leur recherche de l’argent à tout prix plutôt que du vrai journalisme, en dehors de Planète Animaux et quelques autres médias (listés en fin d’article) ont accordé peu d’attention aux grévistes. Les autres préfèrent jouer le jeu de l’autruche et ignorer ce qui devrait être un débat et surtout une situation grave de première importance: notre relations avec les autres espèces de notre belle planète et notre insistance à ignorer la souffrance que nous leurs causons ainsi que la situation des grévistes eux-mêmes. D’ailleurs, malgré leur déplacement a l’Elysée, aucun media n’a eu de compassion pour leur cause et a daigné se déplacer pour entendre leurs voix (et donc leur liberté d’exprimer leur opinion sur le centre de primates).

Christophe Leprêtre et son amie Pamela Bruna Kahlo ont même adressé une lettre a notre Président: « Nous vous demandons, Monsieur le Président de la République, de bien vouloir intercéder le plus rapidement possible pour annuler immédiatement l’autorisation d’extension de cette primaterie et de libérer ensuite les singes détenus captifs pour les replacer dans leur milieu naturel ou dans des structures d’accueil adaptées à leur bien-être » (source: Planète Animaux)

Dans son hypocrisie typique, l’Elysée a menti aux grévistes en leur disant qu’ils ne pouvaient se voir accorder une audience car il n’y avait pas de lettre adressée originellement. Ceci est un mensonge que les grévistes ont eux-mêmes prouvé. (source: Planète Animaux).

Le 10 juin, les deux grévistes, épuisés on s’en doute et alors a l’Elysée, ont été complètement ignorés et traités, j’ose le dire, comme des terroristes et bien sur, n’ont jamais été reçus, ne serait-ce que quelques minutes. Malgré tout, ils continuent à se battre pour que les chambres à torture soient abolies pour toujours. Que font les médias? Bien entendu, la plupart continuent à les ignorer tout comme la fait le Président François Hollande, avec une arrogance inouïe.

Faut-t-il que des gens deviennent des martyrs pour que l’on adresse enfin la question de l’expérimentation animale en France et que l’on évolue enfin au delà de la vision mécanique et dépassée de Descartes ou devons nous rester au XVII siècle?

Les grévistes héroiques : Christophe Lepêtre, Pamela, Lily, Gilles, Morgane, Cécile, Hélène, C, Dylan, Cristelle et Sandra.

Photo: Monkey – courtesy http://www.Pixabay.com (Free Stock photos)

Sources:

Page Facebook de soutien: https://www.facebook.com/events/427411510754252/

Source d’information: Planète animaux http://www.planeteanimaux.com/sujet/2015/06/11/exclusif-lelysee-refuse-de-recevoir-les-grevistes-de-la-faim/005422

– One-Voice.fr et antidote-europe.org

Videos:

19/20 Alsace (sur Facebook)

– Alsace 20 TV, programme Le 6 minutes Eurométropole

Presse:

– Strasbourg: Les opposants à l’extension du centre de primatologie veulent passer à l’action – 20Minutes.fr

– La pression monte pour sauver les singes – Paris-Match

– Vivisection : les grévistes de la faim reçus à la préfecture – Planète Animaux

– La grève de la faim pour réclamer la fermeture du centre de primatologie se poursuit. – France 3 Alsace

– Strasbourg: Nouvelle colère des associations protectrices des animaux contre le centre de primatologie – 20Minute.fr

– Faut-il interdire les expérimentations animales ? 8 militants français en grève de la faim – RTL Info

– Bas-Rhin : grève de la faim pour la fermeture du centre de primatologie – France 3 Alsace

– Des militants en grève de la faim contre la vivisection à Strasbourg – VegActu

– Grève de la faim contre l’extension du centre de primatologie – Dernières Nouvelles d’Alsace

– Un drone survole le centre de primatologie, une journaliste entendue – Dernières Nouvelles d’Alsace

– Une grève de la faim pour sauver des singes de la vivisection – Lyon Info.

– Des militants en grève de la faim contre l’expérimentation animale – Mr. Mondialisation

– Grève de la faim d’un ex-Romillon pour sauver des singes – L’Est Eclair.fr

Merci à Force Animale Intervention (FAI) pour la compilation d’articles de presse sur la page de soutien.

© Copyright Juin 2015 – Vegan Empowerment Francophone/Veronique Perrot – Tout droits réservés. Toute utilisation et/ou publication non-autorisée de ce matériel sans l’autorisation verbale ou écrite de cette auteur et/ou de cette propriétaire est strictement interdite. Des extraits ou des liens peuvent être utilisés si un crédit clair et complet et donné avec une direction spécifique et appropriée vers le contenu original.

Ne jamais perdre courage en évoluant nous-mêmes… moi aussi!

« Nous voulons un monde de paix »

« Ce ne sont pas les cages que nous devons faire plus grande et les murs des abattoirs que nous devons rendre transparents. Ce sont nos cœurs. Lorsque nous faisons de la compassion notre baromètre, nous ne nous contentons pas de violence sur une petite échelle. Nous aspirons à la bonté sur une grande échelle. »

~ Colleen Patrick-Goudreau (9 Octobre, 2013)

La vie est difficile pour les militants. Mais elle l’est encore plus pour les animaux que nous défendons. Il ne faut pas oublier que chaque fois que l’on parle, manifeste ou tient des stands, c’est pour eux, par pour nous. Comme je lai dit dans mon dernier blog, il y a beaucoup de méchanceté entre les militants et c’est très triste. Nous devrions tous être unies et non se battre pour des différences de tactiques ou d’opinions. Le principal est de faire avancer notre cause et d’avoir un but commun. Les animaux s’en fichent royalement de nos différences. C’est l’égo humain qui crée le chaos sur cette planète.

Je suis coupable aussi. Depuis dès années, je fais des efforts pour transmettre mes idées, ma philosophie du monde à tout le monde et j’essaie d’avoir un message clair de compassion, de gentillesse et surtout de bonne communication. Mais je suis encore malheureusement humaine et j’ai beaucoup de travail (comme nous tous!) pour évoluer dans un sens qui représente réellement les valeurs du Véganisme.

On m’a fait du mal, mais j’ai aussi fait du mal à des gens que j’aime beaucoup (et que je continue à aimer en dépit d’eux-mêmes) et je ne suis pas immune à la bêtise humaine qui tente à nous faire sauter les uns sur les autres avant de même les connaitre et de les juger sans avoir tous les faits. Pour tous ceux que j’ai blessés, je suis profondément désolée.

La roue tourne et je ne peux pas réparer mes erreurs mais je peux au moins m’en excuser. Ce qui est triste est que, jusqu’à présent, sur des années de militantisme franco-américain dans lequel il m’est difficile de me situer (à cause des différences énormes entre les deux pays), j’ai eu des remarques du genre « connasse », « pute », « elle ne connait rien au militantisme ». Pire fut quand on a attaqua mon intégrité professionnelle en tant que coach en nutrition végétale en disant que j’allais rendre les gens malades voir même les tuer!.

Pourquoi tant de bêtise dans le mouvement? Parce que les gens, malgré toute leur bonne volonté, veulent voir le monde évoluer sans changer eux-mêmes. Ce n’est pas possible.

Comme l’a dit justement Gandhi: « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde ».

Le véganisme et notre travail pour les animaux devrait être fait avec un grand respect de tous et une recherche intérieure pour rectifier et évoluer au-delà du bagage de cochonneries que nous véhiculons en nous depuis notre enfance. C’est un bagage qui est l’inverse de ce que nous devons promouvoir. La colère envers les sadiques des corridas, par exemple, est justifiée mais elle est aussi un reflet de leur propre endoctrinement et de leur propre déconnection empathique. Mais on oublie souvent que nous sommes nous-mêmes encore endoctrinés, même en tant que militants/végans.

Le fait de changer pour les animaux est le premier pas vers un monde meilleur mais il n’est réellement que le premier. Le travail doit aussi être fait à l’intérieur de nous-mêmes. Sans ce travail, on peut crier sur tous les toits mais on ne changera pas les choses plus vite.

J’espère avoir appris de mes erreurs et j’espère aussi que beaucoup plus de militants réfléchirons à leur propre psychologie interne.

Donc être un militant/végan n’est pas simple. Tous les jours, nous sommes humiliés, ridiculisés et moqués mais on oublie que l’on fait de même entre nous mêmes. Cela fait le jeu de ceux à qui nous voulons ouvrir la conscience. Pour reprendre une expression, c’est diviser pour mieux régner.

Les choses sont en train d’évoluer partout. Même s’il y a toujours beaucoup d’horreurs, je suis aussi pleine d’espoir. Je n’ai jamais vu autant de militants dans ma vie, de gens faisant les connections nécessaires et évidentes (rien qu’a mes stands quand je parle avec eux) et d’une plus grande conscience des enjeux écologiques, humains et leurs relations avec les animaux.

On ne peut faire évoluer les choses plus vite que si nous-mêmes évoluons aussi et devenons réellement une grande famille qui s’aime (au lieu de se taper dessus) et unie pour la justice.

Le Capitaine Paul Watson a très bien résumé les choses dans une récente émission d’Arte quand il a dit à propos de Greenpeace: « Tous les membres fondateurs sont partis de Greenpeace. Ils font maintenant partie d’une plus grande bureaucratie. Nous, on est fideles à nos intentions générales. On est petit, c’est d’ailleurs notre volonté. »

Ce que Paul a compris (et il le dit souvent dans toutes ces interventions publiques) est que chacun de nous peux faire une différence individuellement. Les organisations sont bien mais on doit d’abord faire le travail à notre niveau (et je dirai sur nous-mêmes) tout en soutenant les bonnes organisations qui ont un réel message de valeurs pour les animaux et l’écologie.

Comme a dit l’ancien éleveur Howard Lyman (devenu éco-Végan), « On ne peut pas se dire écologiste et manger de la viande ». Et j’ajouterai que l’on ne peut pas se dire aimer les animaux si on continue à consommer leur chair et leur secrétions et en même temps nous taper les uns sur les autres. C’est un travail intérieur que nous devons tous faire… Y compris moi-même!

Comme je l’ai dit plus haut, je suis une optimiste malgré tout car je vois de plus en plus de gens évoluer dans le bon sens et j’espère que dans notre milieu, les défenseurs des animaux et de l’environnement, ne s’arrêteront pas et continuerons à évoluer. Nous ne sommes pas des êtres finis, on doit toujours changer. La vie est comme une école. On apprend quelque chose de nouveau chaque jour. Sans évolution, nous restons des barbares.

Sources:

– Le Capitaine Paul Watson sur Arte

– Son dernier livre aux Editions Actes Sud: Earthforce : Manuel de l’éco-guerrier Je recommande vivement!

Photo: Flag (www.pixabay.com Free photo stock)

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