Gilets jaunes / vegans : même combat…..

Ok j’ai tout sauf le talent de la camarade Rosa B dont j’adore les bandes dessinées « Insolente Veggie ». Mais pour le fun, j’ai ressorti un crayon. C’est moche, peut-être pas drôle mais ça me fait du bien au vu de la bêtise de certains.

Réponse à la tribune de Paul Ariès

Dans le journal Le Monde du 8 Janvier 2019, le politologue français Paul Ariès écrit une charge extrêmement violente contre les végans dans sa tribune appelée « les Végans mentent sciemment ». A la lecture de cette tribune inouïe de clichés et d’ignorance et franchement cruelle, j’ai voulu répondre. La tribune de M. Ariès est à la fin de l’article. Ma réponse est parue dans le Monde des Lecteurs en ligne du journal Le Monde le 15 Janvier 2019. Je copie ici mon article entier vu que l’accès est réservé aux abonnés du journal.

monde des lecteurs

« M. Ariès tombe dans le piège de la « culpabilité par association »

C’est avec consternation que j’ai lu l’article de M. Paul Ariès paru dans le journal Le Monde le 8 Janvier 2019 avec le titre « Les végans mentent sciemment ». Mais quelle mouche a donc piqué ce monsieur qu’il doive se salir avec des stéréotypes, des théories conspirationnistes et surtout une telle ignorance de l’immense variété de la pensée végane et antispéciste pour la réduire à seulement quelques auteurs du combat pour les droits des animaux non-humains ?

Rarement ai-je lu autant de clichés en un seul article. M. Ariès accuse tous les végans de vouloir « en finir avec toute forme de prédation, en modifiant génétiquement, voir en supprimant, beaucoup d’espèces animales »… Mais cher monsieur, qui a en premier modifié génétiquement des espèces qui étaient libres pour devenir des objets à notre service ? Qui modifie génétiquement des milliards d’animaux esclaves en leur donnant des antibiotiques, des hormones, leur coupant des membres, tout cela pour servir les humains ? Qui, depuis toujours, modifie constamment le fonctionnement du vivant sur la planète, par ailleurs en détruisant le monde naturel par la même occasion, pour servir les intérêts humains ?

Je trouve hypocrite de renverser la culpabilité de ceux qui soutiennent ces entreprises de destructions écologiques que sont les élevages sur les végans. Ignorez-vous donc que l’élevage industriel est la cause numéro 1 de la destruction des océans et de la biodiversité en général ? Vous accusez les végans d’être anti-écologistes alors que par nos actes nous avons justement l’empreinte écologique la plus basse qu’il soit.

Ensuite vous vous permettez de nous associer tous, sans distinction, aux déclarations controversées de M. Peter Singer. C’est bien mal connaitre la diversité des opinions dans le mouvement. C’est un procédé malhonnête de culpabilité par association. Je suis personnellement assez opposée aux théories utilitaristes de Singer et encore plus à ces propos pseudo-zoophiles. J’ai même écrit un chapitre de mon livre ou je dénonce fermement la zoophilie, bestialité et pire, la zoo-pornographie. Ces pratiques ne sont toujours pas condamnées en France. Je ne vous vois pas vous offusquer de ce fait.  Donc, toute votre argumentation repose sur les écrits de seulement quelques personnes afin de discréditer tout une mouvance et philosophie que l’on peut tracer jusqu’à Pythagore.

Si vous lisiez mon livre et celui de beaucoup d’autres auteurs, vous constateriez que l’écologie est justement très présente au cœur de notre vision du véganisme parce que, pour nombre d’entre nous, il ne peut en être autrement. Votre défense de la consommation de viande est contraire aux nécessités modernes de réduction, voir d’élimination de sa consommation (demandées notamment par l’ONU) pour préserver la planète. En évidence, vous n’avez également aucune connaissance nutritionnelle (vous êtes politologue) de ce que le corps humain peut accepter ou non. Nous pouvons parfaitement vivre et très bien sans exploitation animale mais c’est un concept qui vous échappe car vous faite partie de ce patriarcat désuet qui trouve normal de violer une vache pour « l’inséminer » et de boire ensuite le lait de croissance destiné à son bébé. Si une femme donnait son lait à un autre mammifère vous seriez choqué à juste raison. Mais l’absurdité du contraire ne vous interpelle pas une seconde.

« Les apprentis sorciers » comme vous nous qualifiez sont ceux qui, en déni total des connaissances éthologiques et nutritionnelles de ces vingt dernières années, s’obstinent à croire que les animaux non-humains sont des choses encore à notre service et qu’il faut donc continuer à les faire naitre par milliards. Etes-vous conscient que la biomasse des humains (et de leurs animaux domestiques) correspond à 98% de la biomasse planétaire quand celle des animaux sauvages n’est plus que de 2% ? Il y a seulement quelques siècles, cette tendance était exactement le contraire. Autrement dit, notre nombre plus les milliards d’animaux domestiqués sont directement impliqués dans la 6ème extinction des espèces.

Notre prédation sur le monde vivant est directement liée à notre prédation sur la nature. Elle tient à notre complexe de supériorité machiste sur tout ce qui vit. Notre consommation de viande tue la forêt amazonienne et crée des zones mortes dans les océans. La France est le plus gros importateur de soja OGM du Brésil pour engraisser le bétail (et non les végans). Les océans se meurent par la surpêche et une large partie des poissons récupérés sont transformés en farine animale… pour le bétail. Et vous osez accuser les végans dans l’ensemble de vouloir la destruction de la nature ? Vous préférez perdre votre temps à vous attaquer aux « fausses viandes fabriquées industriellement à partir de cellules souches ». Etes-vous au courant que PERSONNE dans la communauté végane ne mange de telles « viandes » et je vous défie de trouver un végan qui voudrait les manger. La « viande de souche » est une idée défendue par les carnistes qui ne veulent pas abandonner leur goût du steak et qui n’a rien à voir avec les habitudes des végans eux-mêmes bien plus attachés à leurs burgers de légumineuses et haricots, très riches en protéines saines et généralement bios.

Non M. Ariès, la majorité des végans ne correspond pas aux quelques personnes que vous citez dans votre article pour décrédibiliser un combat de justice sociale. Par ailleurs, je pourrais vous répondre avec des citations de Lamartine, Tolstoï, Shaw, Plutarque, Gandhi, Hugo et tant d’autres allant à l’encontre de vos idées mais je vous les épargne ici.

Les animaux non-humains n’ont rien à faire, comme le dit Tom Regan, dans des cages, des cirques, des chambres de tortures, tout simplement parce que l’être humain est parfaitement capable de faire autrement et qu’en plus, comme je le montre une fois de plus dans mon ouvrage, c’est même nécessaire pour des questions de santé publique et pour nous grandir en tant qu’humains. A moins que vous vouliez également un retour au cannibalisme.

Vous vous décrédibilisez vous-même par votre ignorance crasse du véganisme et des végans dans leur ensemble et encore plus en ignorant par exemple quelque chose qui s’appelle « l’agriculture végane » qui ne requiert aucunement de l’exploitation animale. Mais pour cela, il faut avoir le désir de ne pas instrumentaliser certains auteurs afin de défendre des contre-vérités parce que nous dérangeons vos habitudes. Ces théories ou concepts marginaux ne représentent en rien la majorité d’entre nous et, contrairement à ce que vous dites, c’est bien votre assiette que vous défendez.

 

Véronique Perrot, auteure du livre « C’est quoi le Véganisme ? De la théorie à la pratique pour un mode de vie 100% éthique » aux Editions Le Courrier du Livre. »

Lien à la page de l’article – Courrier des Lecteurs

aries le monde 9 janvier 2019
Tribune de Paul Ariès dans Le Monde du 8 Janvier 2019

Sources:

 

 

La classe sociale oubliée: les animaux non-humains

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Chien Gilet Jaune – Photo SPA (https://www.santevet.com/articles/gilets-jaunes-les-chiens-aussi-manifestent)

La science nous dit que les animaux non-humains se catégorisent en groupes sociaux avec une culture propre, qu’ils sont intelligents, qu’ils réléchissent, qu’ils ont une vie sociale et des liens sociaux et bien entendu qu’ils souffrent. Ils sont donc, selon leurs espèces, une classe sociale à part entière parce qu’ils sont opprimés et exploités par une classe « supérieure », la classe humaine.

Dans ce grand moment de révolte des Gilets Jaunes que je soutiens, il n’est pas inutile de rappeler que la classe sociale la plus oubliée est celle qui attérit généralement dans l’assiette des riches comme des pauvres. Il y a cependant une grande différence: il est beaucoup plus simple pour une personne qui en a les moyens de faire le choix du véganisme que pour un pauvre condamné à la malbouffe pas chère et dont les décisions sont donc restreintes par le porte-monnaie.

Durant sa campagne présidentielle, et même depuis, Jean-Luc Mélenchon expliquait très justement que le pouvoir d’achat est toujours lié à la qualité de la nourriture que nous mangeons. Sans pouvoir d’achat, il n’est pas impossible de manger végétalien mais parfois plus difficile (j’en sais quelque chose car je suis précaire) mais à la condition d’être informé, éduqué, ou d’avoir une conscience animaliste depuis longtemps qui permette d’ajuster nos habitudes en fonction de nos moyens. Je donne des solutions simples et souvent pas chères pour devenir végane dans mon livre « C’est quoi le Véganisme? » donc je n’y reviens pas ici.

Comment donc faire en sorte que les animaux non-humains soient reconnus en tant qu’individus alors même que le pouvoir et les médias ne voient en les gilets jaunes qu’une masse de prolos idiots, « beaufs » et alcooliques. Dans ces prolos, j’en connais qui sont véganes et sont présents avec les gilets jaunes (coucou les copines!). Je n’ai jamais séparé les questions sociales du combat animaliste parce que tout dans ce monde est lié. L’exploitation animale amène à l’exploitation des humains. L’une n’existe pas sans l’autre. Comme le dit Will Tuttle, « ce que l’on fait aux animaux, nous le faisons tôt ou tard aux humains ». Cela se vérifie dans toute l’histoire de l’humanité à commencer par les premières cultures d’élevages venant du moyen orient il y a environ 10000 ans. Ceux là même qui ont créé la domestication et l’esclavage des animaux non-humains pour leur profit on ensuite créé les premières guerres, la domination des femmes, l’esclavage des vaincus de leurs guerres etc….

Il est intéressant de noter aussi que ce sont les plus pauvres qui souffrent le plus de maladies évitables liées à l’alimentation. Toutes ces maladies proviennent de la malbouffe industrielle et notamment les produits d’origine animale que le professeur T-. Colin Campbell appelle les « maladies d’affluence » (diabètes, maladies cardiaques, certains cancers, etc.). Car en fait, ce sont des maladies classiques de pays riches. Manger végétalien est donc dans l’intérêt des plus précaires (qui ont le plus de difficultés à se soigner également) et cela peut être fait sans que ça ne coûte plus cher que de manger de manière « classique ». Cela coûte même souvent moins cher. Là aussi, je donne des clefs dans mon livre donc je n’y reviens pas.

Les gilets jaunes ne sont rien d’autres qu’une expression de plus de la révolte des dominés sur les dominants. Les animaux non-humains ne peuvent pas se défendre mais, heureusement, ils ont des porte-paroles humains. Revendiquer la justice sociale passe par une évolution du niveau de vie du « petit peuple » si moqué par les élites. Ce petit peuple pourra ensuite faire des choix « consuméristes » plus justes et éthiques. Le pouvoir d’ailleurs n’est pas chaud pour éduquer convenablement les enfants de cette classe prolétaire par exemple en permettant à ses enfants d’apprendre à manger autrement (les plats végés dans les écoles en options tous les jours et non au compte goutte) et à leur enseigner une vraie connaissance scientifique et humaniste des animaux non-humains qui permettrait d’aider à enreiller la maltraitance de ceux-ci. Garder le peuple ignorant de ceux qui sont encore plus opprimés qu’eux est la même tactique que de le diviser en lui faisant haïr l’immigré ou le migrant souvent bien plus misérable que lui.

La diversion des élites est voulue pour qu’on ne pointe pas le doigt de leur coté. Mais il semble que cela marche de moins en moins. Le mérite du mouvement des gilets jaunes est d’avoir su passer au delà de la simple revendication de départ (le prix du diesel) et d’élargir la problématique en sachant voir qui profite sur leur misère. Maintenant, la revendication du RIC (Référendum d’Initiative Citoyenne) est une clef énorme pour la souveraineté populaire mais pourrait aussi devenir un moyen de créer des changements pour les animaux. On peut par exemple imaginer un RIC qui dirait « pour ou contre la corrida », sachant qu’au moins entre 70% et jusqu’à 80% des français y sont opposés. En cela, ce mouvement EST donc révolutionnaire!

Reste à voir jusqu’ou il pourra aller. Car si des transformations de société doivent venir, elles permettront également, tôt ou tard, des avancées pour la biodiversité, le climat et donc les espèces non-humaines, premières sacrifiées par le capitalisme et les multinationales.

 

© Copyright Décembre 2018 – Veronique Perrot – Tout droits réservés. Toute utilisation et/ou publication non-autorisée de ce matériel sans l’autorisation verbale ou écrite de cette auteure et/ou de cette propriétaire est strictement interdite. Des extraits ou des liens peuvent être utilisés si un crédit clair et complet est donné avec une direction spécifique et appropriée vers le contenu original.

Sources:

  • Gilets jaunes : les chiens aussi manifestent ! Santé Vet
  • RESPECTER LES ANIMAUX C’EST AFFIRMER NOTRE HUMANITÉ – Jean-Luc Mélenchon
  • Lien à mon livre « C’est quoi le véganisme? » qui donne des solutions simples qui incluent ceux avec peu de moyens.
  • 80% des Français considèrent que le supplice et la mise à mort d’un animal (comme dans une corrida ou un combat de coqs par exemple) ne peuvent plus être considérés comme un spectacle en 2018 en France, selon un sondage IFOP de 2018 (source : Fondation Brigitte Bardot). Politiques Animaux

Projection/Débat « La Santé dans l’Assiette » – Fac de Montpellier 1er Avril 2016

Projection du documentaire « la Santé dans l’Assiette » suivie d’un échange avec une nutritionniste végane. Événement organisé par l’association Veg Nature Languedoc Roussillon dans le cadre de la Semaine de l’Environnement Montpellier. Bande-Annonce du documentaire : https://youtu.be/JNrUMGIQFzI

Je suis très fière d’avoir eu comme professeurs les deux médecins présentés dans ce documentaire: T. Colin Campbell (Professeur « Eméritus » de l’Université de Cornell et responsable de la plus grande étude épidémiologique au monde dont le livre « Le Rapport Campbell : La plus vaste étude internationale à ce jour sur la nutrition » devrait être lu par tous les médecins) et le docteur Caldwell Esselstyn, chirurgien très renommé. Ces deux hommes ont tous deux grandit dans des élevages laitiers mais sont arrivés à la même conclusion: l’alimentation végétalienne complète est ce qui nous sauvera ainsi que la planète.

 

Interview avec France Bleue Gard Lozère 26 Février 2016

Interview réalisée par Sylvie Charbonnier dans l’Invité du 7:50. Discussion sur l’abattoir du Vigan, le Véganisme, la nutrition et l’antispécisme.

Cette interview fait suite au scandal de l’abattoir du Vigan révélé par L214.

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Projection de Cowspiracy et Debat – Screening Cowspiracy & Debate (English SUBS)

Organisé par l’Association Ouvre Tête: Projection de Cowspiracy: The Sustainability Secret et débat à l’Université de Montpellier. 160 personnes sont venus voir le film et participer au débat dirigé par Eloïs Dupont et avec moi même (Association Végétarienne de France) et Marc Resch (mresch.free.fr) de VegNature sur le message du film.