Cuba « Le Diable Rouge », les Etats-Unis »champions de la démocratie » et autres mythes qu’on nous vend…

che-1882222_1280

Pour une fois, je ne vais pas écrire un blog en ce qui concerne les animaux (bien que l’idée de ce blog me soit venue à l’écriture de mon livre « La Révolution Végane: Pourquoi et comment changer? » à paraitre bientot).

Je vais vous parler de deux pays dont on nous rabache constamment des idées vraies ou fausses mais qui, avec les élections, prennent une importance exceptionnelle: Cuba et les Etats-Unis.

Jean-Luc Mélenchon a été critiqué pour vouloir insérer la Guyanne Française (vous savez l’ile préférée d’Emmanuel Macron) dans l’alliance coopérative de l’ALBA. Je ne vais pas revenir sur ce qu’est l’ALBA, allez donc lire le programme de la France Insoumise pour connaitre son role et écouter ce qu’en dit Jean-Luc Mélenchon sur le sujet.

Cependant, les mots Cuba et Etats-Unis ont été prononcés sur les réseaux sociaux et soudain toute la sphère a été envahie par ceux qui crient à la dictature dès qu’on parle de Cuba et ceux qui crient « quelle horreur, on ne peut pas sortir de l’OTAN, que ferions-nous sans les Américains face aux Russe! » bla bla bla. Ce que je trouve pathétique à notre époque est le degré d’ignorance intellectuelle dans lequel les français, comme les Américains, sont tombés dès qu’il s’agit de la géopolitique du monde. En cela, je reconnais le génie de la propagande Américaine qui a envahi nos oligarques des médias et nous bombardent le cerveau depuis très longtemps à la même sauce libérale que les Américains. D’ailleurs, si nous refusions d’être assimilés, McDonald et Monsanto n’auraient jamais plus s’implanter aussi facilement chez nous.

Mais revenons à la dictature Cubaine, telle qu’elle est dépeinte par les pays « développés » de l’occident. Cuba a été dirigée d’une main de fer, on nous dit, par Fidel Castro puis par son frère depuis la révolution cubaine. La presse n’est pas libre (presse d’état), les Cubains sont misérables, etc etc etc.

Alors précisons quelques points cependant qui semble échapper à notre entendement collectif bourgoisé par la propagande Américaine: Oui Fidel a renversé un gouvernement, celui de Batista qui avait été installé par la CIA pour controller le pays et ses ressources. C’est une habitude charmante que les Américains ont de traiter leurs voisins quand ils s’opposent à leurs intérets. S’ils n’aiment pas un gouvernement démocratiquement élu, par exemple Allende au Chili, ils le renversent sournoisement, installent leur homme, tel Pinochet, et font ce qu’ils veulent après du pays en arrosant leur homme de main à coups de dollars et en y installant leur politique néo-libérale de pillage des ressources.

Bizarrement, Castro n’a pas été d’accord et a décidé que Batista et ses potes oligarques, qui semaient la terreur dans le pays, devait être foutu dehors. Au mon Dieu, il avait osé aller contre les Américains sur le sujet pour libérer son pays. Donc, il finit par le renverser et s’installer à sa place. Bien sur, et là je suis d’accord avec beaucoup, il aurait surement du installer un régime plus démocratique avec des élections de temps en temps. Mais bon, les gens étaient avec lui et il ne semblait pas être pire que Batista. D’ailleurs, ceux qui ont gueulé le plus contre Castro étaient surtout les oligarques (bien blancs) qui se sont vite barrés en Floride. Ces mêmes oligarques (et leurs rejetons) pas contents d’avoir été expropriés de leurs terres pour qu’elles soient redistribuées à ces pouilleux de paysans pauvres, sont devenus pour certains des agents de la CIA et ont contribué à pas moins de 638 tentatives d’assassinat contre Castro depuis son accession au pouvoir.

Donc, Cuba, cette alliée des Soviétiques, ce « diable rouge », « ce monstre sanguinaire », comme la nomme souvent certains politiciens Américains, a décidé de son propre destin. Ce petit pays, sous l’embargo Américain depuis les années 50, embargo condamné par l’ONU de nombreuses fois, a réussi des exploits sous bien des points:

  • Santé 100% gratuite: haut niveau médical, un des meilleurs au monde. Des centaines de médecins cubains partent chaque année pour soigner les gens dans les pays pauvres, bien plus que les Américains, ou les Français. Leurs découvertes scientifiques ne sont pas en reste (notamment en ce qui concerne le Sida).  Comme le rapporte Médiapart: « Ainsi, depuis leur lancement, près de 132 000 médecins cubains et autres personnels de santé ont bénévolement œuvré dans 102 pays. Au total, plus de 85 millions de personnes ont été soignées à travers la planète par les médecins cubains qui ont ainsi sauvé 615 000 vies. Actuellement 31 000 collaborateurs médicaux offrent leurs services dans 69 nations du Tiers Monde. »
  • Education: d’une nation très illetrée, Cuba est devenue une des nations les plus lettrées du continent et du monde avec un taux de 0,2% de la population, bien en dessous de beaucoup d’autres pays. En France, cela va de 7% à 9% suivant les années!
  • Agriculture 100% bio: quand les Soviétiques se sont retirés après la chute du mur de Berlin, les Cubains n’étaient plus approvisionnés en pétrole, et Castro lança alors un vaste programme d’agriculture vivrière partout dans le pays avec le résultat que les cubains se nourrissent (et très bien, il n’y a plus de famine), à 70% de leur agriculture vivrière (en fruits et légumes) et n’importent que 30% de ce qu’ils leur manquent. Comme disait Mélenchon en parlant de Haiti, ils donneraient beaucoup pour avoir Fidel plutot que d’avoir à se nourrir de terre pour apaiser leur faim.

Et tout ça avec l’embargo Américain! On peut donc penser ce que l’on veut du régime des frères Castro mais lorsque Fidel est mort, des millions de gens sont venus lui rendre hommage et ce n’était pas imposé par les militaires comme on voudrait nous le faire croire sur les médias corporatistes. Bien sur les enfants des oligarques, tranquillement installés avec leur cocktails à Miami, eux, se réjouissaient de sa mort et notre presse vendue aux oligarques néo-libéraux, à l’exception de L’Humanité (ok c’est les communistes, vous en avez rien à foutre!), s’en est réjouis également, grand contraste avec les réactions des pays altermondialistes qui se sont reconnus dans ce qui a été fait à Cuba.

L’Amérique, ce « champion de la démocratie » en revanche est celle qui nous inspire pour tout: ces séries télés violentes, ces merveilleurs films de guerre à la gloire de l’armée ricaine, ses McDonald dont nos gosses rafolent, ces OGMs si vitaux à notre agriculture, ces fermes usines que NAFTA et CETA amèneront encore plus sur notre territoire, son néo-libéralisme basique qui fait que tout peut-etre vendu y compris le cerveau de nos gosses à l’autel de l’Ubérisation. Ouais, quel pays formidable ces Etats-Unis! Ou étiez-vous jusqu’en 1944 quand tout le reste du monde se battait contre les nazis? USA! USA! USA! Bon bref.

Oui les Etats-Unis sont une grande puissance démocratique que nous adorons. Pour preuve, nous avons adoré les élections truquées de 2016, dans lesquelles tous les indésirables (les noirs, les latinos, les asiatiques) ont été éliminés pour être sur qu’ils ne voteraient pas pour Clinton ou Sanders. Comment gagner une élection? très simple: faites en sorte que ceux qui ne votent pas comme vous aient fait de la prison pour leur enlever leur droit de vote pour toujours. Faites en sorte que sur les 25% des prisonniers au monde dans les prisons américaines (pour seulement 5% de la population mondiale) soient surtout des gens qui n’aient pas votre couleur, car ils votent pour votre ennemi. Allez aux bureaux de vote (après avoir éliminé un maximum d’entre eux pour allonger les files d’attente et ainsi dire aux noirs, « sorry! les bureaux sont fermés, trop tard! »). Et soyez sur de dire que du mal de votre ennemi (Bernie Sanders) en disant qu’il est « athé » (oh la la aux USA, ça ne passe pas!), qu’il est « socialiste » (oh quelle horreur un communiste!) afin d’être sur que votre oligarque va passer. Du coté Trump, faire le fanfaron avec des remarques sexistes, racistes, pour obtenir un maximum d’antenne gratuite sur les médias de vos copains (Bernie Sanders n’a pratiquement pas été couvert par les médias) et promettre un énorme mur avec le Mexique car bien sur les Mexicains volent tous les boulots des braves Américains.

Ca ne vous rappelle pas un peu nos élections?

En bref, voilà pourquoi nous vénérons les Américains: la démocratie et le néolibéralisme.

Je connais bien les Etats-Unis, j’y ai vécu 18 ans. J’en apprécie la plupart des gens mais en ayant la perspective que leur éducation est bien pire que la notre (pourtant massacrée par nos propre néo-libéraux) et qu’ils ne sont qu’une masse manipulée par les médias et la publicité. les Etats-Unis sont tout sauf une démocratie (« Je m’en fiche, Castro est un dictateur! bla bla bla » ok ça va). Il y a presque 47 millions de pauvres aux Etats-Unis. Le peu qu’Obama avait fait pour la santé (déjà pathétique avec Obamacare) est maintenant démantelé par Trump qui veut même enlever les aides aux vieux et aux handicappés (normal, ils ne servent à rien aux yeux des oligarques). Se soigner aux Etats-Unis revient à en avoir les moyens, ce que la plupart n’ont pas. Autrement dit, pour penser au système Américain, ne regardez pas plus loin que le programme de François Fillion qui est près à nous faire embrasser ce système si formidable.

Les médias Américains sont aussi libre que ceux de Cuba. C’est à dire pas du tout. (au fait les notres non plus puisque nous sommes 45ème en terme de « liberté de la presse »). 5 mégas corporations détiennent pratiquement toute la presse américaine avec la même ligne néo-libérale (pro-guerre bien sur) que la notre, vous savez notre superbe presse libre avec ces oligarques qui dirigent 90% de nos journaux.

J’ai visité des fermes-usines en Californie. J’y ai vu des milliers de vaches dans la boue et les excréments et des lacs entiers de merde et d’antibiotiques. La puanteur et les mouches étaient partout. Beurk! Ce qui ne veut pas dire que les animaux élevés en « bio » ou autre mythe de « viande heureuse » ne sont aussi ma tasse de thé. Mais il y a quand meme des degrés dans l’horreur. Si nous écoutons tous les politiciens (sauf Mélenchon évidemment), les traités CETA et TAFTA sont une chose merveilleuse.

Non, et non! Je ne veux ni des fermes-usines, ni des OGMs, j’en ai marre des McDo’ et de leur bouffe de merde qui rend obèses nos gosses (personnellement je m’en tape, je suis végane après tout mais je pense aux autres), ni de ce fichu néo-libéralisme qui transforme toute vie (humaine ou non) en marchandise que ces adorateurs de la « mondialisation heureuse » comme Macron veulent nous vendre sans relache à coup d’Ubérisation.

Oui Cuba a été sous les mains d’un même seul homme pendant des décades, oui les Etats-Unis sont une « démocratie », du moins techniquement. Mais franchement, il faut savoir passer au-delà de l’apparence et vraiment regarder les choses en profondeur. Il n’y a de perfection nulle part. Au bout du compte, lequel des deux pays a vraiment été démocratique? Celui qui a nourrit son peuple en lui donnant les moyens d’être alimentairement le plus indépendant possible et en mangeant bio, lui a donné une éducation et une médecine gratuites depuis des années malgré cet horrible embargo? Ou un pays qui se dit démocratique mais laisse des millions de pauvres gens en prison (pour qu’ils ne votent pas notamment), des millions de gosses sans service médical et sans bouffe de qualité en dehors des fast-food, celui qui a une presse d’état avec une seule ligne ou celui qui a des centaines de chaines qui vendent toutes le même message de « consommez, consommez, consommez! » et les « regardez ces magnifiques images » (le journaliste Brian Williams ayant l’air de se masturber mentalement devant les bombardements des Américains en Syrie).

Rien n’est parfait, ni d’un coté, ni de l’autre, rien n’est ni blanc ou noir. Donc il faut savoir avoir de la perspective et cesser de gober toute la propagande que l’on nous donne pour diaboliser tel ou tel peuple. On en ressortira d’autant plus grands et ouverts à apprendre des autres.

Sources:

  • Macron et la Guyanne! Médiapart
  • Dexintoxt: Qu’est-ce que l’ALBA – Youtube JLM2017
  • Revue de la semaine 25 de Jean-Luc Mélenchon: Médias, Alliance Bolivarienne (ALBA), eau mortelle, Lille, Hologrammes, sur Youtube
  • Programme de L’Avenir en Commun de la France Insoumise: LAEC
  • Pourquoi sortir de l’OTAN: sur L’Avenir en Commun LAEC
  • « Baie sanglante », la baie des cochons; Acta Diurna
  • « Coup d’état du 11 septembre 1973 au Chili » Wikipedia
  • Les oligarques exilés de Cuba: extrait « L’exceptionalité Cubaine en Floride », Open Edition
  • « La CIA, Cuba et l’Opération Peter Pan », Counterpunch dans le Grand Soir

  • « Avec 638 tentatives d’assassinat, Fidel Castro bat les records ! » – Egalité et Réconciliation
  • « Cuba : un embargo en vigueur depuis plus de cinquante ans », Le Figaro
  • « Cuba, l’île de la santé », Médiapart
  • « L’Education à Cuba », Cuba Diplomatique
  • « Comment les Cubains ont converti leur île à l’agriculture biologique », BastaMag
  • « Orphelins et émus, les Cubains rendent hommage à Fidel Castro », Journal La Croix

  • « Restrictions du droit de vote aux États-Unis », Médiapart

  • « La vérité est que Clinton a volé la nomination à Sanders et qu’elle était le mauvais candidat – ex-agent de la CIA Kiriakou (EXCLUSIF) » , Histoire et Société
  • « Quand Clinton dépense 61 millions de dollars en publicité, Trump ne débourse pas un centime », Telerama
  • « 46,5 millions de pauvres aux États-Unis », Le Figaro

  • « Fillon et la Sécu: juste «une mise au point»?, Public Sénat

  • « The View from Within: Becoming a Witness » , mon blog en anglais sur les fermes-usines de Californie

  • « Ignorance et Schizophrénie Morale », mon blog de 2015 sur notre comportement envers les animaux

  • « Avec Macron : “la mondialisation heureuse, l’ubérisation de la société et la précarité pour tous”!, Délit d’Images

  • « Brian Williams Masturbates to Syria Bombing: We have beautiful Weapons », Youtube

  • « Qui sont les illettrés en France ? » Le Monde

 

© Copyright Avril 2017 – Vegan EmpowermentFrancophone / Veronique Perrot – Tout droits réservés. Toute utilisation et/ou publication non-autorisée de ce matériel sans l’autorisation verbale ou écrite de cette auteur et/ou de cette propriétaire est strictement interdite. Des extraits ou des liens peuvent être utilisés si un crédit clair et complet est donné avec une direction spécifique et appropriée vers le contenu original.

Mon vote d’adhésion pour le vivant

507892840
© Getty Images Alain Jocard

Je dois vous faire une confession. Je n’ai jamais cru au vote et je n’ai voté qu’une seule fois dans ma vie, pour les dernières élections Européennes. J’habitais alors aux Etats-Unis et je me suis sentie appellée à faire mon « devoir de citoyenne » à des milliers de kilomètres de la France. Mais c’est à 47 ans (le mois du premier tour) que je prendrai une décision que je n’ai jamais contemplé auparavant: réellement voter pour mes idées et surtout pour un programme auquel je crois profondément.

La moitié du pays est actuellement indécise ou désinteressée des élections et qui peut la blâmer. De la droite à la gauche, tout nous semble pourris. Tout ceux qui pouvaient paraître honnêtes ne le sont bien sur pas. Avec ce spectacle pathétique, qu’est-ce qu’une anti-raciste, anti-sexiste et anti-spéciste comme moi pourrait y trouver?

Il y a quelques mois, je suis tombée sur une video d’un discours de Jean-Luc Mélenchon. Ce bonhomme à la voix tonitruante était raffraichissant. Tiens, celui-là semble dire tout haut aux puissants ce que beaucoup d’entre nous pensent tout bas ou nous disons entre nous. Il parle de justice sociale, d’écologie, de sécurité sociale à 100%, d’agriculture paysanne et il, chose nouvelle pour un politicien, parle des animaux en disant qu’ils ne sont pas des objets. Et en plus, il explique pourquoi et surtout comment il veut le faire avec chiffres à l’appuis. Quoi? C’est qui ce type?

Alors, intéressée, mais étant quelqu’un de méfiante, j’ai décidé d’en savoir plus sur ce candidat nouveau pour moi. (Je n’ai pas connu sa campagne de 2012 étant aux Etats-Unis). De plus il parlait comme une de mes personnalités préférées (et que je connais depuis 15 ans): Bernie Sanders. Ok, maintenant je suis réellement intéressée.

J’ai donc acheté son programme (seulement 3 euros) et je l’ai lu avec des « wow » très américains à chaque page. Puis je suis allée sur son site et j’ai vu qu’il y avait des livrets thématiques sur tout le programme détaillant le pourquoi et le comment. En même temps, la campagne étant largement entamée, j’ai essayé de voir ce que les autres avaient à dire d’intéressant… autrement dit rien, ce qui aurait été suffisant dans le passé pour m’éloigner des élections totalement.

Jean-Luc Mélenchon n’a pas été fiché « voyoux » par le Canard Enchainé ou tout autre média que je connaisse. D’ailleurs, il est le premier à admettre être privilégié par son salaire d’élu (il veut les faire baisser) comparé à des gens comme moi techniquement sous le seuil de pauvreté. Il a travaillé depuis l’âge de 16 ans à la lutte sociale et a su s’adapter et évoluer avec son temps et reconnaître ses erreurs (par exemple signer le traité de Mastricht) et quitter ce qui lui paraissait plus que pourri (Le PS et sa ligne néolibérale similaire à la droite n’ayant plus rien à voir avec le PS qu’il avait rejoint jeune homme). Sa biographie, « Le choix de l’insoumission » faite sous forme d’entretien, révèle non seulement son enfance et ses racines mais aussi ses positions et combats depuis plus de 40 ans et surtout révèle sa consistence de valeurs tout en évoluant avec son temps (vers le combat écologique).

Lorsqu’il dénonce les médias comme l’arme de l’oligarchie, il ne fait que dire la vérité puisqu’ils sont détenus par 8 milliardaires en France (5 corporations aux Etats-Unis) qui disent aux gens comment penser (« journalistes » notamment), comment être de bons consommateurs abrutis du néolibéralisme (publicité), etc. et font en sorte de soit donner un lavage de cerveau idéologique aux gens soit les abrutir d’imbécilités pour rabaisser leurs capacités à penser. Ces médias, vassaux des oligarques des grandes entreprises et des partis qui les servent ont fait en sorte qu’un homme comme Bernie Sanders, avec son extraordinaire vote populaire, puisse être éliminé (illégalement et honteusement) de la course qui lui aurait certainement permis de fermer la porte au fasciste Trump.

Si je cite Bernie Sanders, un homme droit qui n’a jamais dévié de ses convictions en 50 ans de politique, c’est parce que j’ai été saisie par les similitudes entre lui et Jean-Luc Mélenchon et par leur intégrité et dévouement passionnés respectifs pour la justice.

Mais quand Bernie, devenu lui aussi un fervent défenseur de la planète ne parlait que d’énergies renouvelables, Jean-Luc Mélenchon parle également d’une certaine forme de « décroissance » avec sa règle verte (« Ne pas prendre plus à la planète que ce qu’elle ne peut reconstituer »), car pour faire marcher cette règle, il faut nécessairement entrer dans une décroissance saine. Et il va encore plus loin en s’attaquant à l’élevage « productiviste », autrement dit industriel dans lequel les animaux ne sont plus que des machines torturées ainsi qu’à la pollution par les pesticides de nos terres. Mieux encore, il parle des animaux avec respect et demande que « l’on sorte des protéines carnées ». Bernie Sanders, avec tout mon respect pour lui, n’a jamais été aussi loin et pourtant j’ai écrit un blog de support pour lui aussi.

Les dégoutés de la politique reproche aussi à Jean-Luc Mélenchon d’être « en colère » et d’avoir une grande gueule. Il se dit « indigné » et je pense que c’est une bonne chose d’avoir quelqu’un d’indigné ou en colère quand on voit la société et le monde actuel avec ses millions de pauvres, ses 70 milliards d’animaux torturés et massacrés pour une chose aussi futile et inutile qu’un bout de bidoche quand nous pourrions économiser de l’argent, éviter de détruire l’écosystème en mangeant, comme il le dit, des algues et du quinoa (et certains se moquent de ça??) ce qui éviterait aussi des dépense inutiles à notre système de santé dans lequel 80% des dépenses sont liées à nos désastreuses habitudes alimentaires. Oui on peut avoir un système de santé à 100% remboursé avec les idées qu’il propose dans le programme « L’Avenir en Commun » et si on arrête de nous polluer et de nous faire manger de la merde bourrée de pesticides et des animaux élevés dans des souffrances que l’on n’affligerait jamais à nos chiens et chats. Ce n’est pourtant pas sorcier de manger des protéines végétales qui contiennent tout ce dont le corps a besoin (les animaux ne les fabriquent pas plus que le calcium ou les omégas 3 d’ailleurs contrairement aux mythes savamment répandus).

Il est facile de se résigner en ne votant pas. C’est comme les enfants, on peut tous en avoir. Mais après il faut les assumer. Une république, c’est comme un enfant mis au monde mais malmené par des parents irresponsables. On peut changer cela en prenant nos responsabilités car nous sommes tous tributaires les uns des autres. Des hommes et surtout des femmes se sont battus pour le droit de vote et il m’aura fallut longtemps pour en comprendre l’importance. Et quand je vois quelqu’un comme Jean-Luc Mélenchon défendre les femmes autant (et toute sa vie), je lui doit bien aussi ça.

Les élections en France sont encore libres. Personne, comme aux Etats-Unis, ne nous empêche de voter, en tant que citoyens, si l’on a fait de la prison ou si notre couleur de peau n’est pas la bonne pour les élites. Mais je vois des forces extrêmes à droites, calquées sur les mouvements d’extrêmes droites, comme ceux que j’ai vu aux Etats-Unis, qui, si mis au pouvoir (et ce sont aussi ceux qui apparaissent les plus modérés) qui peuvent tourner notre pays soit en théocratie (Fillon et ses groupuscules de la droite catho), en pays de fascistes (Le Pen a très bien vendu son marketing pour « nettoyer » l’image du FN mais est toujours proche des néo-nazis) et le néolibéralisme de la finance et des banquiers exemplifiée par Macron et ses Uber bus et la banque Rothschild. Rappelons également que Jean-Luc Mélenchon a voté contre le CETA, un traité ignoble qui me rappelle ce que Bill Clinton a fait avec NAFTA et ses résultats: 3 millions de fermiers mexicains déshérités et forcés d’émigrer vers les Etats-Unis pour survivre. Et après les Trump et Le Pen de ce monde se plaignent des immigrés alors que leur caste crée la misère que l’on voit dans le monde.

Je recopie ici quelque chose que j’ai écris sur Facebook :

« J’aurai 47 ans le 12 avril prochain. Sur 47 ans de vie, 18 se sont passés aux USA ou j’ai pu voir comment les gens y survivent, je dis bien survivent (pas les riches bien sur) et j’ai retenu plusieurs choses de cette vie là: Notre système de santé est un million de fois supérieur au leur et nous devons le protéger. La sécurité sociale à 100% est possible! Notre nourriture devient de plus en plus américaine et nous, comme eux, devenons de plus en plus obèses. Donc il faut stopper l’américanisation alimentaire (autrement dit la merde US) d’envahir notre pays et revenir à une vraie agriculture paysanne 100% bio. Notre système d’éducation est encore bien supérieur à celui des américains (qui sont une masse largement ignorante, peu éduquée mais avec un bon cœur). Notre éducation, délabrée, est en train de créer des générations d’Uber gamins idiots et obsédés uniquement par la téléréalité. Vive la vrai éducation qui ouvre les consciences et apprend le sens critique! L’Amérique est un pays magnifique avec des paysages magnifiques et des populations formidables (je pense aux Indiens notamment) mais elle a un président qui ne croit même pas au dérèglement climatique et pense que c’est une invention des chinois. Notre président (et vous savez à qui je pense) devrait mettre l’écologie, le 100% renouvelable et la fin de l’agriculture et de l’élevage industriel au centre de sa campagne si nous voulons tous survivre (et notamment nos enfants). Aux abstentionnistes, si vous voulez un monde meilleur, rester chez soi ne changera rien vu que votre abstention n’est pas prise en compte et elle est la porte ouverte aux racistes, sexistes et spécistes. »

Alors, tant que nous en avons le droit, exprimons nous à travers le vote et demandons une VIème République avec une constituante écrite par nous et non les riches, première mesure du programme de la France Insoumise et de Jean-Luc Mélenchon.

Photo: Getty

Sources: Blog sur Bernie Sanders (en anglais): A Vegan for Bernie: Reflections from a decade-long supporter

Jean-Luc Mélenchon; discours Place de la République pour une VIème République: Défilé pour la VIème République

 

© Copyright Mars 2017 – Vegan EmpowermentFrancophone / Veronique Perrot – Tout droits réservés. Toute utilisation et/ou publication non-autorisée de ce matériel sans l’autorisation verbale ou écrite de cette auteur et/ou de cette propriétaire est strictement interdite. Des extraits ou des liens peuvent être utilisés si un crédit clair et complet est donné avec une direction spécifique et appropriée vers le contenu original.

Produits laitiers: Une anomalie historique et culturelle

2028

Note: Cet article est traduit et adapté de l’Anglais. Je l’ai originellement publié sur le site Américain: The Flaming Vegan.

 
J’ai été élevée en France, le pays du fromage et, toute ma vie, j’en ai mangé tous les jours jusqu’à ce que j’ai environ 36 ans. Ma région, l’Auvergne, a produit plus de variétés de fromage que tout le reste du monde combiné. Nous avions du Boursin, de la Fourme d’Ambert, du Brie (mon préféré) et des centaines d’autres variétés de fromages que les Américains ne connaissent probablement pas à moins qu’ils fassent leurs courses à « Whole Foods » (grande chaine de produits naturels et bios similaire à Bio-Coop). Quand j’étais enfant, ma mère nous conduisait à la ferme d’à côté, où nous ne faisions pas seulement que d’acheter du fromage fraîchement préparé, mais aussi du lait frais juste littéralement trait d’une vache. C’était la petite ferme typique de l’époque. Le lait était encore chaud et crémeux quand nous l’apportions à la maison. Entant qu’enfant, je vivais la vie rurale française typique de ma culture. Je n’avais aucune notion de l’idée qu’il puisse y avoir toute anomalie à ces rituels. Ils étaient culturellement acceptés comme normaux. J’adorais « mon » fromage.
Manger du fromage en France est à peu près aussi culturellement enracinée que le hamburger l’est pour les Américains. Les gens me demandent parfois si ça me manque. Voici mes réponses:

Les humains sont des mammifères et de la famille des grands singes. Fondamentalement, nous sommes des mangeurs de plantes. Notre système digestif et nos dents en sont la preuve. Nos soit-disant canines ne pourraient jamais arracher la chair des animaux et je ne vais pas perdre mon temps à débattre les omnivores qui croient aux mythes du chasseur carnivore. Comme tous les mammifères, les femelles de notre espèce produisent du lait pour leurs bébés. Les autres mammifères font de même pour leurs petits.

Il y a environ de 8 000 à 10 000 ans, les cultures d’élevage ont commencé à asservir des mammifères tels que chèvres, moutons et un peu plus tard les vaches et autres animaux, afin de prendre le contrôle de leurs sécrétions corporelles et de leur chair. Au lieu de vénérer les animaux comme des êtres vivant à nos côtés, nous les avons réduit à des objets. A ce titre, cette société patriarcale a également pris le contrôle du corps des femmes et les a déclassées en citoyennes de deuxième classe et la production de machines à bébés. Jusqu’à lors, la plupart des sociétés néolithiques étaient surtout égalitaires avec les femmes jouissant de droits égaux aux hommes. La plupart des gens ne savent pas que des femmes ont enseigné de célèbres philosophes grecs comme Aristote ou Platon. Les deux conséquences de cette culture de l’élevage sont directement liées l’une à l’autre. Avec ces nouvelles « habitudes » culturelles, il est devenu accepté comme normal de manger les sécrétions mammaires (et la chair) d’autres mammifères. Cependant, dans la nature, aucun autre mammifère prend volontairement le lait d’une autre espèce. Seuls les humains ont transformé cela en un comportement « normal et accepté » défiant ainsi les lois de la nature. En fait, les humains vont jusqu’à manger les produits mammaires d’autres mammifères à l’âge adulte. Ce n’est également pas pratiqué par d’autres mammifères dans la nature. Ils nourrissent leurs petits avec le lait qui est conçu pour leurs espèces, puis ils sont sevrés. Les mères humaines nourrissent leurs bébés avec leur propre lait spécialement conçu naturellement mais ensuite passent au lait d’une autre espèce et le cycle vicieux de la dépendance est lancé.

Nous endoctrinons nos enfants à accepter l’exploitation d’autres êtres commençant par cette étrange rituel après la naissance suivie en ajoutant, quand ils sont tout petits des aliments « solides » comme la chair des animaux. Une fois que nous sommes adultes, nous sommes tellement endoctrinés que nous ne voyons même pas que c’est anormal et psychotique si nous ne commençons pas à interroger nos rituels.

Nos gouvernements poussent également cette dépendance sur nous grâce à des politiques comme les programmes de l’USDA (Département de l’Agriculture aux USA et en France la loi obligeant les enfants à consommer des produits d’origine animale dans les écoles) et en allant jusqu’à travailler avec des multinationales pour pousser les produits laitiers sur les consommateurs. Cela contribue à davantage de souffrances pour les animaux, les taux croissants d’obésité (le fromage est de la graisse concentrée) et pour créer plus de déconnexion pour nous garder docile. Quelle meilleure façon d’empêcher une population de se révolter que de la garder accro à une drogue. Si la drogue est socialement acceptée, c’est encore plus facile. Les entreprises savent que le fromage crée une dépendance et elles le poussent consciemment sur nous.

Comme d’autres mammifères herbivores, nous devons reconnaître qu’il n’y a rien de fondamentalement normal à manger et boire les sécrétions d’une autre espèce. Nos plus proches cousins génétiques, les gorilles, ne boivent pas autre chose que le lait de leurs propre espèce et passent ensuite aux plantes quand ils sont sevrés. Nous avons perdu le contact avec notre compréhension de l’ordre naturel et de ce qui devrait constituer notre nourriture. D’autres animaux sont profondément en contact avec leur vraie nature. Mais les humains vont constamment contre nature pour des raisons d’égoïsme, de commodité et de goût et parce qu’ils sont dépendants physiquement et socialement.

Les produits laitiers ne sont pas seulement non-naturels pour les humains, mais ils s’avèrent cancérigènes et créent des dépendances au moins équivalentes à la drogue. La recherche du Dr Neal Barnard sur la dépendance au fromage en particulier, est fascinante. Quand les gens soulignent qu’ils aiment leur fromage, je souligne que leurs cerveaux sont simplement drogués. Le fromage et tous les autres produits dérivés des sécrétions bovines contiennent des casomorphines, principalement la caséine. Le mot « morphine » est le mot qui importe. Tous les mammifères produisent des casomorphines, y compris les mères humaines, afin de contribuer à renforcer le lien avec leur enfant après la naissance. C’est un composé normal du lait maternel.

Cependant, le lait des mères humaines est parfaitement conçu pour les bébés humains et le lait d’une mère bovine est conçu pour évoluer un veau d’environ 40 kilogrammes à plus de 500 kilogrammes en quelques semaines. Le lait de vache est très concentré en casomorphines, en particulier lorsque transformé en fromage, et cela crée une substance de dépendance qui garde les gens accrochés à elle. C’est pourquoi les gens quittent souvent la consommation du fromage en dernier quand ils deviennent végétaliens parce que c’est la dépendance souvent la plus difficile à briser. C’était mon cas. Comme le Dr Barnard explique:

« Le lait de vache ou le lait de toute autre espèce, pour cette question, contient une protéine appelée caséine qui se brise lors de la digestion pour libérer toute une série d’opiacés appelés casomorphines. Une tasse de lait de vache contient environ six grammes de caséine. Le lait écrémé contient un peu plus, et la caséine est concentrée dans la production de fromage « .

Après être devenue végétalienne, j’avais encore de fortes envies de produits laitiers. Même après deux ans, mon endoctrinement culturel et physique au fromage était toujours présent. Vous pouvez vous demander comment j’ai réussi à éviter de céder à mes envies.

L’esprit doit toujours être plus forte que le corps pour décider quel est le prochain plan d’action. Conduisez-vous votre voiture ou est-ce que votre voiture vous conduit? Je n’ai pas cédé à mon corps parce que mon corps devait céder à ma nouvelle prise de conscience de ce qui était bon ou mauvais. Je ne pouvais pas céder à toute dépendance qui pourrait nuire à un autre être sensible. Les habitudes commodes sont de mauvaises excuses pour la misère infligée à d’autres êtres. Toutes les dépendances peuvent être brisées avec un peu de courage et de la fermeté sur soi-même. Si je peux briser une habitude de plus de 36 ans, ancrée dans les mœurs, sûrement tout le monde le peut. Je n’ai pas de pouvoirs spéciaux!

Il est également important de réaliser que la toxicomanie n’est pas la même chose que les besoins biologiques. Nous n’avons pas biologiquement besoin de manger du fromage ou du lait. Nous devons détoxifier nos corps et nos esprits de cette dépendance. Les gens qui ne se sentent pas physiquement bien quand ils deviennent végétaliens ne réalisent pas qu’ils ont à se débarrasser d’une vie entière de malbouffe et qu’il peut être normal de se sentir pire avant de se sentir mieux. Si vous pensez que manger du fromage vous fait vous sentir mieux, vous agissez essentiellement comme quelqu’un qui essaie d’arrêter de fumer, mais se sent mieux quand il a à nouveau une cigarette parce qu’il ne peut pas supporter les effets de sevrage de la cessation de cigarettes. Et vous ne diriez pas que le tabagisme est un besoin biologique.

Les laits de vache ou de chèvres n’ont aucune par dans le régime alimentaire normal d’une personne et ils cachent l’immense souffrance des mères sur les fermes laitières, que l’on parle des fermes industrielles ou des fermes biologiques à petite échelle. La plupart des gens qui deviennent végétariens croient que c’est suffisant. Très souvent, ils ne réalisent pas que la souffrance des vaches dans les fermes laitières est bien pire que les vaches destinées à être tuées pour leur chairs. Je ne veux pas placer des degrés de souffrance et vous faire croire que l’un est plus acceptable que l’autre cependant. Il n’est pas acceptable de faire souffrir un autre être sensible pour des raisons de goût, de commodité ou d’habitude. La souffrance est la souffrance.

Pour être obligée de produire du lait, une vache doit être continuellement enceinte sur ce que l’industrie appelle (aux USA) « rape racks » ou « rangées de viol » (pour être approximatif). L’insémination forcée n’est rien d’autre que du viol car elle nécessite que la pauvre mère soit confinée pendant que quelqu’un insère un long bâton dans son vagin pour l’inséminer. Et si obliger une vache à endurer cela ne suffit pas, après qu’elle est donné naissance, son bébé lui est retiré et mis dans un espace de confinement si il est de sexe masculin. Il sera enchaîné à la caisse, incapable de tourner ou de se déplacer beaucoup, nié le lait riche en fer de sa mère sciemment pour que sa chair devienne « tendre » pour plaire à la volonté des humains pour sa chair de bébé. Si le bébé est une femelle, elle sera probablement mise sur la ligne de production aux côtés de sa mère. Les vaches crient pour leurs bébés pendant des jours et leur esprit est brisé de plus en plus avec le cycle interminable des grossesses forcées. Finalement, elles sont si physiquement maltraitées qu’elles deviennent, comme le dit l’industrie, « vidées » quand elles sont encore très jeunes, à environ 5 ans d’âge, au lieu de vivre jusqu’à 25 ans comme elles pourraient normalement le faire dans la nature. Leurs corps épuisés et violentés sont ensuite envoyés à l’abattage pour la viande de basse qualité.

Il est également ironique que la littérature scientifique montre que les enfants élevés au lait de vache au lieu du lait maternel développent des carences en fer de la même manière que nous donnons des carences en fer à veaux enlevés à leurs mères. Ce que nous faisons aux autres animaux, nous le faisons à nous-mêmes.

Dans le monde humain, des millions de femmes dans le monde n’ont pas le contrôle de leur propre corps. Leur culture, prédominément patriarcale les obligent à accepter un grand nombre de naissances. Ce que nous faisons pour les mères vaches, nous le faisons pour les mères humaines aussi. Tout est relié. C’est un fait que les femmes qui sont éduquées ont plus de control sur leurs corps et leurs taux de naissances descendent de manière significative. Lorsque les gens sont instruits sur ce que nous faisons aux vaches, nous verrons la même prise de conscience. Si vous mangez du fromage, réalisez que ce n’est pas «votre» fromage, mais les sécrétions corporelles d’une personne dont la vie est une misère.

En tant que femme, comment pourrais-je continuer à manger les produits d’une autre femelle et soutenir son exploitation?

Nos corps sont parfaitement conçus pour la digestion des plantes, mais pas des produits animaux qui sont acides et derrière toutes les principales maladies chroniques que nous avons, du diabète au cancer. Certains, comme la Weston Price Foundation (1) voudraient nous faire croire que les produits laitiers font partie d’une alimentation naturelle et partie de notre alimentation ancestrale et devraient donc être dans notre alimentation moderne. Ils ridiculent la consommation de soja naturel même si le soja a été dans le régime humain des milliers d’années avant que les vaches perdent leur liberté afin que nous puissions voler leur nourriture pour bébé. La Weston Price Foundation soutient directement l’industrie de la viande et les produits laitiers. Ils sont à peu près aussi fiable que le USDA (ou le gouvernement Français) lorsqu’il s’agit de recommandations alimentaires.

Nous n’avons pas besoin de consommer des produits de viol (ou tout autre produit d’exploitation). Nous n’avons jamais eu autant de choix. Nous avons plus de variétés de laits à base de plantes que les personnes dépendantes des casomorphines ont (surtout aux USA mais ca se développe en Europe).

Tous les aliments d’origine animale sont une forme de dépendance. Comme le Dr Barnard le souligne:

« La raison (pour la dépendance) peut être physique, tout comme il semble l’être pour le chocolat ou le fromage. Les chercheurs britanniques ont constaté que les médicaments bloqueurs d’opiacés coupent l’appétit pour le jambon de dix pour cent, assomment l’envie du salami d’environ vingt-cinq pour cent, et la consommation de thon est coupée de près de la moitié. En d’autres termes, une personne peut encore en manger une partie pour apaiser la faim ou tout simplement par habitude. Mais les bloqueurs d’opiacés assomment le produit chimique qui provoque l’envie de certaines nourritures, réduisant la tendance à le choisir « .

Il est temps pour les médecins, les diététistes, conseillers et autres professionnels de dire enfin la vérité ou de reconnaître la vérité que l’intolérance au lactose n’existe pas. La majorité de l’humanité, en particulier les personnes d’origine africaine, hispanique et asiatique, ne peut pas tolérer le lait à l’âge adulte. Ce n’est pas une maladie, c’est normal. Nos corps ne sont pas censés tolérer AUCUN lait une fois l’enfance passée. Les humains ont besoin de grandir et d’arrêter de refuser d’être sevrés.

Le lien puissant qui résulte de manger des casomorphines en tant que bébé est probablement responsable en partie de notre dépendance au lait de vache. Nous refusons d’abandonner inconsciemment nos liens avec nos mères et de grandir. Comme le Dr Barnard a également dit:

« Il semble que les opiacés en provenance du lait maternel produisent un effet calmant sur l’enfant et, en fait, peuvent être responsables d’une bonne mesure de la relation mère-enfant. Non, ce n’est pas que berceuses. Les liens psychologiques ont toujours un lien physique sous-entendu. Qu’on le veuille ou non, le lait maternel a un effet de drogue sur le cerveau du bébé qui assure que le bébé va se lier avec maman et continuera à taiter sa mère pour obtenir les nutriments dont tous les bébés ont besoin. Comme l’héroïne ou la codéine, les casomorphines ralentissent les mouvements intestinaux et ont un effet anti diarrhéique évident. L’effet des opiacés peut expliquer pourquoi les adultes trouvent souvent que le fromage peut être constipant, tout comme les analgésiques opiacés peuvent l’être. »

Est-il donc étonnant que notre société tolère des politiciens infantiles et un divertissement de bas étage? Il semble y avoir un déni à l’idée que nous devons laisser nos mères pour grandir et nous projetons cette nécessité irrationnelle en consommant le lait d’autres mères et en transformant les vaches en mères de remplacement. Si je demandais à quelqu’un qui aime les produits laitiers pourquoi il croit que sa mère est une vache, il me traiterait de folle. Mais c’est exactement ce que des millions de gens font tous les jours. Nous traitons également les mères bovines comme des millions de mères humaines sont traitées à travers le monde: mal.

Nous vivons dans une société patriarcale et infantile qui joue avec des armes de destruction massive comme si elles étaient des jouets pour enfants. Je crois que cette immaturité est directement liée à nos habitudes alimentaires infantiles et notre déconnexion de notre vraie nature. Il est temps de reconnaître que le lait de vache et le fromage ne sont rien d’autre que des drogues toxicomanogènes autant que la chair animale, les œufs, les cigarettes, l’alcool, etc. Rien de bon ne provient de continuer dans cette voie et nous continuons de le faire à notre plus grand péril.

Nous avons aussi beaucoup de fromages et laits à base de plantes et je ne vois aucune excuse valable pour maintenir la consommation de ces «produits» de torture et de misère. Bien que je ne mange plus de nombreux aliments transformés et préfère manger des aliments naturels non transformés comme les légumes, le fromage végétalien était un moyen très utile pour moi d’être « sevrée » de ma dépendance aux sécrétions bovines au départ. Il est facile de trouver Dayia (aux USA) dans de nombreux magasins. En France, il y a des fromages végétaliens à la Bio-Coop ou sur Internet sur des sites comme Un Monde Vegan. Ils sont généralement dans la section fromagère et la plupart des gens ne savent pas nécessairement que c’est végétalien. Faire une recherche en ligne pour le fromage végétalien ou même des recettes de fromage végétalien produira des milliers de ressources. Je n’essaie pas de vous vendre quelque chose ici, mais montrer que nous avons un large choix qui n’était même pas disponible il y a seulement 10 ans. Quelque soit les excuses que vous avez encore de consommer du fromage à base animale, ce n’est tout simplement pas et n’a jamais été valide en premier lieu. Vous devez décider aujourd’hui que vous ne pouvez pas rester accro à quelque chose qui n’est pas naturel dans votre alimentation et, qui va tôt ou tard produire des conditions de santé dangereuses à votre corps. Le lait de vache est lié au cancer du sein, le cancer de la prostate, le diabète de type 1 chez les enfants, etc … Le lait ne fait pas de bien au corps du tout!

La meilleure façon de décrocher d’une drogue est de l’arrêter. C’est tout! Si vous donnez à votre corps une «pause de fromage » pendant au moins 30 jours, vos papilles se réadapteront. Au moment où vous remangerez ces produits, vous ne les trouverez plus attrayants. Méfiez-vous des envies psychologiques que votre cerveau va projeter sur vous pendant quelque temps (comme c’est arrivé pour moi). Mais si vous êtes ferme avec vous-même et votre engagement à une vie totalement sans cruauté, vous ne pouvez faire rien de moins que cela. Manger un régime végétalien avec des aliments entiers et non transformés sera aussi vous mettre sur la bonne voie car il vous aidera à éliminer les dépendances, non seulement à des produits laitiers ou de chair, mais aussi le sucre, le sel et la graisse des aliments transformés.

Quand les humains décident enfin de grandir et de renoncer à ces habitudes enfantines, nous allons enfin avoir un changement de conscience et de maturité. Jusque-là, l’exploitation d’autres êtres continuera d’être lié à l’exploitation d’autres êtres humains. Tout est lié.

Sources:
– « The World Peace Diet » (Nourrir la Paix) par le Dr. Will Tuttle, qui a un long chapitre sur les origines de notre société d’élevage capitaliste moderne. Le livre est traduit en Français.
« The Chalice and the Blade » (La Calice et l’épée) par Riane Eisler qui détaille les sociétés centrées sur les Déesses et l’égalitarisme du néolithique. est référencé, entre autres, par Will Tuttle (ci-dessus).
– Le Dr Neal Barnard a plusieurs articles et livres sur les propriétés addictives des casomorphines dans le fromage. Son plus important sur les dépendances alimentaires est : Breaking The Food Seduction: The Hidden Reasons Behind Food Cravings–And 7 Steps To End Them Naturally, malheureusement pas traduit en Français à ce jour.
– Voir aussi l’article du Dr Barnard sur PCRM.org sur les dépendances au fromage (en Anglais).
– Mon article sur le soja : Soy Beans (pour l’instant pas traduit)
Reflections on the Weston Price Foundation de John Robbins en Anglais.

(1) La Weston Price Foundation est une organisation à non profit et qui promouvoit le travail du dentiste le Dr. Weston Price. Les fondateurs de cette organization ne croient pas que les produits d’origine animale ne soient un problème sur la santé et encouragent sciemment la consommation énorme de viande, de lait et autres produits d’origine animale. Ils ont aussi derrière beaucoup de désinformation sur le soja.

Photo de Pixabay.com (site de photos gratuites).

© Copyright Novembre 2015 (pour la version Française) – Vegan Empowerment Francophone/Veronique Perrot – Tout droits réservés. Toute utilisation et/ou publication non-autorisée de ce matériel sans l’autorisation verbale ou écrite de cette auteur et/ou de cette propriétaire est strictement interdite. Des extraits ou des liens peuvent être utilisés si un crédit clair et complet et donné avec une direction spécifique et appropriée vers le contenu original.