Quand les « vilains » ne sont pas que ceux que l’on combat

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Il existe une maladie chez les militants animalistes que j’appellerai le « refus de se regarder dans le miroir ».

Cela fait plus de 10 ans que je suis dans le mouvement végan/animaliste, que ce soit aux Etats-Unis ou en France, et je crois pouvoir dire y avoir tout vu.  Aux Etats-Unis, j’ai connus des pervers narcissiques, des drogués, des imbus d’eux-mêmes et des champions de la superficialité « Hollywood style ». Quand je suis arrivée en France, une excellente amie m’a dit: « tu verras, les militants français sont pires que les américains ». Elle avait tristement raison.

Je peux résumer les militants animalistes avec de nombreux mots: passionnés, courageux, chiants, hypocrites, égoïstes, altruistes, opportunistes, dédiés et même méchants. Si vous militez depuis longtemps vous-même, vous avez certainement attribué ces mots à toutes sortes de personnes autour de vous. Le militantisme rassemble des égos de toutes sortes sous chaque étiquette.

J’ai connu les meilleurs militants comme j’ai connu les pires. En cela, ils ne sont aucunement différents du commun des mortels. Leur seule différence est l’intérêt qu’ils portent aux animaux non-humains et C’EST TOUT! Ils ne sont pas supérieurs aux autres et ils ont les mêmes fichus défauts… et c’est bien le problème.

Je n’ai pas la prétention de me croire parfaite, loin de là. J’ai même énormément de défauts. J’ai seulement la satisfaction de pouvoir me regarder dans le miroir en sachant que je n’ai fait de mal à personne consciemment. Et je me suis TOUJOURS excusée si j’avais commis un tord envers quelqu’un, une bonne habitude même pas apprise de mes parents mais qui me paraît être normale, un petit quelque chose qui manque sérieusement chez beaucoup de gens.

Il serait bien de temps en temps pour certains de regarder leurs propres actes envers ceux qui sont dans leur camp car c’est bien là que tout déraille sérieusement dans ce « mouvement ».

Par exemple quand:

  • des militants se servent de la notoriété des autres et surtout de leur travail de longue haleine pour les trainer dans la boue et utilisent ce travail à leur propre profit et pour leurs propres égos. A travailler: L’humilité.
  • des militants vous traitent de salaup(e)s juste pour avoir utilisé maladroitement la langue. Oui, ils sont parfaits et ne commettent jamais d’erreurs eux-même. A travailler: le discernement.
  • des militants, qui se disent altruistes et pleins de compassion, souhaitent la mort de ceux qui sont très malades physiquement ou en grande difficulté à l’intérieur du mouvement. Peut-on enfin dire que c’est dégoutant? A travailler: le respect de l’autre.
  • des militants relativement « neufs » croient déjà tout savoir et crachent sur le travail des « anciens » qui ont travaillé des années pour que ces « jeunes » écervelés puissent prendre le relai. Ces « jeunes » n’ont d’ailleurs aucune gratitude pour ce qui a été fait pour leur faciliter les choses et profitent bien de ce qu’ils ont appris jusqu’à ce qu’ils ne fassent que des erreurs. A travailler: L’orgueil.
  • des militants, des végans en plus, souhaitent la mort non seulement aux leurs mais à ceux qu’ils opposent, bien loin de la préoccupation morale d’ « être le changement que l’on veut voir dans le monde », autrement dit pratiquer ce que l’on prêche, une idée morale au coeur même du véganisme notamment. Ils oublient d’où ils viennent eux-mêmes, autrement dit qu’ils n’ont pas toujours été végans/animalistes et qu’ils étaient auparavent comme ceux qu’ils haïssent. Le véganisme n’est pas en effet uniquement une préoccupation matérialiste mais aussi une attitude morale qui demande donc une certaine droiture. A travailler: La compassion pour tous les êtres vivants (y compris les humains).

Franchement, quand nous nous permettons de nous dire comme faisant partie d’un mouvement pour la libération animale (et les humains sont des animaux aussi), nous avons un énorme travail à faire d’abord sur nous-mêmes avant de prétendre vouloir sauver les autres. Il faudrait peut-être se sauver soit-même en premier si on veut réellement prétendre faire avancer les droits des animaux non-humains.

On peut noter d’ailleurs que ceux qui font avancer le mieux la cause sont souvent les plus humbles, les moins bavards et ceux qui agissent le plus. Ceux qui gueulent le plus et souhaitent du mal aux autres sont généralement ceux qui en font le moins. C’est tout dire…

 

L’humilité ne consiste pas à se considérer comme inférieur, mais à être affranchi de l’importance de soi. ~ Matthieu Ricard

 

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Mon vote d’adhésion pour le vivant

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© Getty Images Alain Jocard

Je dois vous faire une confession. Je n’ai jamais cru au vote et je n’ai voté qu’une seule fois dans ma vie, pour les dernières élections Européennes. J’habitais alors aux Etats-Unis et je me suis sentie appellée à faire mon « devoir de citoyenne » à des milliers de kilomètres de la France. Mais c’est à 47 ans (le mois du premier tour) que je prendrai une décision que je n’ai jamais contemplé auparavant: réellement voter pour mes idées et surtout pour un programme auquel je crois profondément.

La moitié du pays est actuellement indécise ou désinteressée des élections et qui peut la blâmer. De la droite à la gauche, tout nous semble pourris. Tout ceux qui pouvaient paraître honnêtes ne le sont bien sur pas. Avec ce spectacle pathétique, qu’est-ce qu’une anti-raciste, anti-sexiste et anti-spéciste comme moi pourrait y trouver?

Il y a quelques mois, je suis tombée sur une video d’un discours de Jean-Luc Mélenchon. Ce bonhomme à la voix tonitruante était raffraichissant. Tiens, celui-là semble dire tout haut aux puissants ce que beaucoup d’entre nous pensent tout bas ou nous disons entre nous. Il parle de justice sociale, d’écologie, de sécurité sociale à 100%, d’agriculture paysanne et il, chose nouvelle pour un politicien, parle des animaux en disant qu’ils ne sont pas des objets. Et en plus, il explique pourquoi et surtout comment il veut le faire avec chiffres à l’appuis. Quoi? C’est qui ce type?

Alors, intéressée, mais étant quelqu’un de méfiante, j’ai décidé d’en savoir plus sur ce candidat nouveau pour moi. (Je n’ai pas connu sa campagne de 2012 étant aux Etats-Unis). De plus il parlait comme une de mes personnalités préférées (et que je connais depuis 15 ans): Bernie Sanders. Ok, maintenant je suis réellement intéressée.

J’ai donc acheté son programme (seulement 3 euros) et je l’ai lu avec des « wow » très américains à chaque page. Puis je suis allée sur son site et j’ai vu qu’il y avait des livrets thématiques sur tout le programme détaillant le pourquoi et le comment. En même temps, la campagne étant largement entamée, j’ai essayé de voir ce que les autres avaient à dire d’intéressant… autrement dit rien, ce qui aurait été suffisant dans le passé pour m’éloigner des élections totalement.

Jean-Luc Mélenchon n’a pas été fiché « voyoux » par le Canard Enchainé ou tout autre média que je connaisse. D’ailleurs, il est le premier à admettre être privilégié par son salaire d’élu (il veut les faire baisser) comparé à des gens comme moi techniquement sous le seuil de pauvreté. Il a travaillé depuis l’âge de 16 ans à la lutte sociale et a su s’adapter et évoluer avec son temps et reconnaître ses erreurs (par exemple signer le traité de Mastricht) et quitter ce qui lui paraissait plus que pourri (Le PS et sa ligne néolibérale similaire à la droite n’ayant plus rien à voir avec le PS qu’il avait rejoint jeune homme). Sa biographie, « Le choix de l’insoumission » faite sous forme d’entretien, révèle non seulement son enfance et ses racines mais aussi ses positions et combats depuis plus de 40 ans et surtout révèle sa consistence de valeurs tout en évoluant avec son temps (vers le combat écologique).

Lorsqu’il dénonce les médias comme l’arme de l’oligarchie, il ne fait que dire la vérité puisqu’ils sont détenus par 8 milliardaires en France (5 corporations aux Etats-Unis) qui disent aux gens comment penser (« journalistes » notamment), comment être de bons consommateurs abrutis du néolibéralisme (publicité), etc. et font en sorte de soit donner un lavage de cerveau idéologique aux gens soit les abrutir d’imbécilités pour rabaisser leurs capacités à penser. Ces médias, vassaux des oligarques des grandes entreprises et des partis qui les servent ont fait en sorte qu’un homme comme Bernie Sanders, avec son extraordinaire vote populaire, puisse être éliminé (illégalement et honteusement) de la course qui lui aurait certainement permis de fermer la porte au fasciste Trump.

Si je cite Bernie Sanders, un homme droit qui n’a jamais dévié de ses convictions en 50 ans de politique, c’est parce que j’ai été saisie par les similitudes entre lui et Jean-Luc Mélenchon et par leur intégrité et dévouement passionnés respectifs pour la justice.

Mais quand Bernie, devenu lui aussi un fervent défenseur de la planète ne parlait que d’énergies renouvelables, Jean-Luc Mélenchon parle également d’une certaine forme de « décroissance » avec sa règle verte (« Ne pas prendre plus à la planète que ce qu’elle ne peut reconstituer »), car pour faire marcher cette règle, il faut nécessairement entrer dans une décroissance saine. Et il va encore plus loin en s’attaquant à l’élevage « productiviste », autrement dit industriel dans lequel les animaux ne sont plus que des machines torturées ainsi qu’à la pollution par les pesticides de nos terres. Mieux encore, il parle des animaux avec respect et demande que « l’on sorte des protéines carnées ». Bernie Sanders, avec tout mon respect pour lui, n’a jamais été aussi loin et pourtant j’ai écrit un blog de support pour lui aussi.

Les dégoutés de la politique reproche aussi à Jean-Luc Mélenchon d’être « en colère » et d’avoir une grande gueule. Il se dit « indigné » et je pense que c’est une bonne chose d’avoir quelqu’un d’indigné ou en colère quand on voit la société et le monde actuel avec ses millions de pauvres, ses 70 milliards d’animaux torturés et massacrés pour une chose aussi futile et inutile qu’un bout de bidoche quand nous pourrions économiser de l’argent, éviter de détruire l’écosystème en mangeant, comme il le dit, des algues et du quinoa (et certains se moquent de ça??) ce qui éviterait aussi des dépense inutiles à notre système de santé dans lequel 80% des dépenses sont liées à nos désastreuses habitudes alimentaires. Oui on peut avoir un système de santé à 100% remboursé avec les idées qu’il propose dans le programme « L’Avenir en Commun » et si on arrête de nous polluer et de nous faire manger de la merde bourrée de pesticides et des animaux élevés dans des souffrances que l’on n’affligerait jamais à nos chiens et chats. Ce n’est pourtant pas sorcier de manger des protéines végétales qui contiennent tout ce dont le corps a besoin (les animaux ne les fabriquent pas plus que le calcium ou les omégas 3 d’ailleurs contrairement aux mythes savamment répandus).

Il est facile de se résigner en ne votant pas. C’est comme les enfants, on peut tous en avoir. Mais après il faut les assumer. Une république, c’est comme un enfant mis au monde mais malmené par des parents irresponsables. On peut changer cela en prenant nos responsabilités car nous sommes tous tributaires les uns des autres. Des hommes et surtout des femmes se sont battus pour le droit de vote et il m’aura fallut longtemps pour en comprendre l’importance. Et quand je vois quelqu’un comme Jean-Luc Mélenchon défendre les femmes autant (et toute sa vie), je lui doit bien aussi ça.

Les élections en France sont encore libres. Personne, comme aux Etats-Unis, ne nous empêche de voter, en tant que citoyens, si l’on a fait de la prison ou si notre couleur de peau n’est pas la bonne pour les élites. Mais je vois des forces extrêmes à droites, calquées sur les mouvements d’extrêmes droites, comme ceux que j’ai vu aux Etats-Unis, qui, si mis au pouvoir (et ce sont aussi ceux qui apparaissent les plus modérés) qui peuvent tourner notre pays soit en théocratie (Fillon et ses groupuscules de la droite catho), en pays de fascistes (Le Pen a très bien vendu son marketing pour « nettoyer » l’image du FN mais est toujours proche des néo-nazis) et le néolibéralisme de la finance et des banquiers exemplifiée par Macron et ses Uber bus et la banque Rothschild. Rappelons également que Jean-Luc Mélenchon a voté contre le CETA, un traité ignoble qui me rappelle ce que Bill Clinton a fait avec NAFTA et ses résultats: 3 millions de fermiers mexicains déshérités et forcés d’émigrer vers les Etats-Unis pour survivre. Et après les Trump et Le Pen de ce monde se plaignent des immigrés alors que leur caste crée la misère que l’on voit dans le monde.

Je recopie ici quelque chose que j’ai écris sur Facebook :

« J’aurai 47 ans le 12 avril prochain. Sur 47 ans de vie, 18 se sont passés aux USA ou j’ai pu voir comment les gens y survivent, je dis bien survivent (pas les riches bien sur) et j’ai retenu plusieurs choses de cette vie là: Notre système de santé est un million de fois supérieur au leur et nous devons le protéger. La sécurité sociale à 100% est possible! Notre nourriture devient de plus en plus américaine et nous, comme eux, devenons de plus en plus obèses. Donc il faut stopper l’américanisation alimentaire (autrement dit la merde US) d’envahir notre pays et revenir à une vraie agriculture paysanne 100% bio. Notre système d’éducation est encore bien supérieur à celui des américains (qui sont une masse largement ignorante, peu éduquée mais avec un bon cœur). Notre éducation, délabrée, est en train de créer des générations d’Uber gamins idiots et obsédés uniquement par la téléréalité. Vive la vrai éducation qui ouvre les consciences et apprend le sens critique! L’Amérique est un pays magnifique avec des paysages magnifiques et des populations formidables (je pense aux Indiens notamment) mais elle a un président qui ne croit même pas au dérèglement climatique et pense que c’est une invention des chinois. Notre président (et vous savez à qui je pense) devrait mettre l’écologie, le 100% renouvelable et la fin de l’agriculture et de l’élevage industriel au centre de sa campagne si nous voulons tous survivre (et notamment nos enfants). Aux abstentionnistes, si vous voulez un monde meilleur, rester chez soi ne changera rien vu que votre abstention n’est pas prise en compte et elle est la porte ouverte aux racistes, sexistes et spécistes. »

Alors, tant que nous en avons le droit, exprimons nous à travers le vote et demandons une VIème République avec une constituante écrite par nous et non les riches, première mesure du programme de la France Insoumise et de Jean-Luc Mélenchon.

Photo: Getty

Sources: Blog sur Bernie Sanders (en anglais): A Vegan for Bernie: Reflections from a decade-long supporter

Jean-Luc Mélenchon; discours Place de la République pour une VIème République: Défilé pour la VIème République

 

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Commentaires sur l’article sur le Véganisme d’Audrey Fisné (Figaro du 24 Aout 2016)

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Note : ce courrier a été envoyé au journal Le Figaro le 24 Aout 2016.

 

Je tiens à féliciter le journal Le Figaro pour son article du 24 Aout 2016 sur le Véganisme. Après Paris-Match, Libération et un certain nombre d’autres journaux qui on eux aussi rédigé d’excellents articles sur ce mouvement, cela fait plaisir de voir un autre grand journal adresser ce sujet.

En tant que végane depuis 10 ans, j’aimerai cependant aborder certains points de l’article d’Audrey Fisné. Tout d’abord votre titre de couverture (qui a bien sur attiré mon attention) : « Après les végétariens et les végétaliens, la mode du véganisme ». J’apprécie que vous fassiez une distinction entre végétariens, végétaliens et véganes, étant donné les différences qui existent entre les trois groupes. En effet, les végétariens évitent toute chair animale (y compris les poissons que beaucoup assimilent encore à des plantes qui nagent). Les végétaliens ne mangent aucun produit d’origine animale, y compris les sous-produits comme la gélatine (qui vient des cochons et que l’on trouve notamment dans les bonbons), les œufs ou le miel.

Le véganisme, cependant, est une note au dessus de tout l’aspect alimentaire et votre mention de « mode » est à ce titre une identification incorrecte de ce que ce mot signifie. Le mot lui-même, inventé dans les années 40 par le militant britannique Donald Watson (fondateur de la première Société Végane au monde) est effectivement récent. Cependant, l’éthique elle-même, car il s’agit d’une éthique, remonte très loin (si ce n’est sous des noms différents comme Pythagoriciens, d’après Pythagore, végétarien lui-même). Dans certains temples bouddhistes de tradition zen en Corée, par exemple, il se pratique dans son sens éthique depuis plus de 600 ans. En France, on peut noter historiquement les Cathares, Chrétiens végétariens, qui ont été persécutés. Mais passons.

Le véganisme est avant tout une éthique de non-violence envers toutes les espèces (y compris l’espèce humaine) et donc un rejet (antispécisme) de la discrimination basée sur l’espèce et de la violence faite à d’autres êtres sentients (= qui ont le désir de vivre, peuvent souffrir, penser, avoir des émotions, etc., tel que cela est reconnu maintenant par de plus en plus de scientifiques). Ce n’est donc pas une « mode » mais une reconnaissance de plus en plus grande de nos responsabilités envers nos concitoyens terriens (eux aussi) mais aussi la planète. On sait (et c’est reconnu par l’ONU et le World Watch Institute) que l’élevage (y compris les petits élevages) est la cause numéro 1 du dérèglement climatique, de la pollution de l’eau, de la déforestation (notamment pour le soja transgénique – OGM – et le broutage de ces animaux au Brésil pour nourrir les animaux d’élevage des pays occidentaux, notamment la France, première importatrice de soja OGM en Europe), entre autres dégradations écologiques.

Le végétarisme et le végétalisme sont des pratiques alimentaires telles que vous les décrivez très bien dans l’article. Le véganisme est tout ce que j’ai cité plus haut.

Votre article note aussi très justement le problème de la pensée cartésienne qui « pollue » encore la pensée des gens et les gardent ignorants de qui sont vraiment les animaux non-humains. En effet, «l’animal-machine », ce terme honteux pour décrire un être pensant doit enfin être jeté dans les oubliettes de l’histoire avec toutes les « sciences » dépassées. Il n’a plus sa place au 21ème siècle ou les enfants, si ils étaient éduqués pour, sauraient réellement que nos chiens et chats ne sont pas les seuls avec une personnalité.

Pour revenir sur l’aspect santé de l’article, ce qui est évidemment important bien sur, il est à noter que de plus en plus de très bon livres de cuisine expliquent comment faire des fromages végétaux et autres délicieux plats végétaliens, que les recettes végétaliennes se comptent par millier sur Internet. A noter également que la France est riche en marché de fermiers (contrairement aux Etats-Unis ou j’ai vécu et dans lesquels, suivant l’endroit ou vous vivez, il peut même être difficile de trouver une tomate et encore moins une tomate bio). Manger végétalien est donc en fait facile. Comme me disait un ami, « c’est dur si vous pensez à vous-même, ça ne l’est pas si vous pensez aux animaux que vous épargnez. »

Comme le remarque avec justesse la sociologue Estiva Reus dans l’article, l’information sur la nutrition végétalienne doit contourner la médecine traditionnelle française encore encrée dans des mythes dépassés autour des recommendations alimentaires. La réponse du Dr Laurent Chevalier est un exemple type de l’ignorance (volontaire ?) des plus grandes études de ces 30 dernières années. Il serait temps que les médecins français réalisent que les deux plus larges académies de diététiciens au monde rassemblant plus de 60 000 experts en nutrition (sur le Canada et les Etats-Unis), ainsi que l’organisation PCRM (Physicians’ Commitee for Responsible Medicine) qui regroupe des milliers de médecins, s’accordent tous sur les bienfaits, à n’importe quel âge (y compris la grossesse) de l’alimentation 100% végétale. Si les médecins français prenaient le temps d’éplucher l’information scientifique et médicale de ces 30 dernières années (et on peut remonter jusqu’à il y a un siècle), ils seraient mieux à même d’aider ceux voulant se lancer sur une voix plus saine et éthique. Etre végétalien n’est pas se nourrir de Coca Cola et de frittes.

En tant qu’ex-diabétique pratiquement obèse à une époque de ma vie (je me suis guérie naturellement avec une alimentation complète et équilibrée 100% végétalienne et sans médicaments) et en tant que coach en santé holistique, mon expérience a démontré depuis le début que manger végétalien n’est ni compliqué, ni un casse tête nutritionnel, ni un « régime » dans lequel on compte ses calories. Il n’y a donc pas à avoir peur dès l’instant ou l’on s’éduque au minimum sur les bases importantes.

Ce qui me fait peur en revanche est qu’un français sur dix est maintenant obèse et un français sur quatre en surpoids (sources gouvernementales). Je trouve cela bien plus inquiétant que l’ultra rare végétalien pouvant avoir des carences sachant que les non végétaliens consomment trop de protéines (surtout animales), souffrent de carences en fer, B12 et calcium (malgré tout les produits laitiers qu’on leur dit de consommer et  qui sont en fait néfastes pour la santé), problèmes qui ont plus avoir avec notre alimentation industrialisée qu’autre chose. Les végétaliens, dans leur majorité, sont très bien éduqués sur les questions nutritionnelles justement parce qu’on leur répète constamment le possible manque nutritionnel (un mythe).

Comme le disait le professeur T. Colin Campbell, auteur de la plus grande étude épidémiologique au monde sur le lien entre nutrition et maladies chroniques, « Il n’y a rien dans les produits animaux que l’on ne trouve pas dans les plantes. » Et c’est quelqu’un qui a grandit dans une ferme laitière, produit du lait bovin et cru pendant longtemps que les protéines animales étaient la « panacée », pas exactement un militant animaliste.

Il est donc urgent que la France (et son corps médical) rejoignent l’Allemagne, l’Angleterre, l’Israël, l’Espagne, l’Italie, les Etats-Unis et bien d’autres pays plus en avance qui ont sérieusement entamé une discussion sérieuse sur toutes les questions citées dans ce texte pour enfin renoncer à « l’homme-machine » pour aller vers « l’homme antispéciste ».

Encore merci pour cet article.

 

Véronique Perrot

Coach certifiée en santé holistique végane

 

Photo: Vegan – http://www.pixabay.com

Lien à l’article: Le Véganisme, une pratique alimentaire qui grignote du terrain. Pour lire l’article entier, il faut se producer la version imprimée du quotidien.

 

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Un poête anti-corrida

Lors du tractage pré-procès Rodhillan le 12 janvier, nous avons rencontré des gens intéressants et qui nous ont soutenus. Nous avons passé la journée à informer le public de Nîmes sur l’importance du procès des aficionados le 14 et 15 Janvier 2016.

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Lynchage par le maire de Rodhilan et ses potes.

Mais pour moi, la surprise fut de rencontrer un homme charmant qui, touché par les tracts sur les faits de Rodhilan et étant lui-même anti-corrida, s’est empressé de discuter avec moi de nos motivations, de nos combats pour les animaux et même de mon travail de coach végane. Ce n’est pas tous les jours que cela m’arrive dans une ville comme Nîmes.

Il me demanda une copie du tract, un stylo et me dit d’attendre. Je le vis alors entrer à l’intérieur du Carré d’Art, lieu dans lequel on pouvait trouver l’ignoble exposition « Viart » aka Musée itinérant des Tauromachies Universelles«  qui lie honteusement les grottes de Lascaux à la Tauromachie (mensonge historique flagrant et dénoncé par les historiens).

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Tract donné avant le procès

 

J’attendais ce monsieur un peu mystérieux pendant environ 10 minutes, temps pendant lequel je continuais à donner le tract aux passants. Il ressorti finalement, me rendit mon stylo et me demanda de lire ce qu’il avait écrit au dos.

C’était un poème anti-corrida! Avec sa permission, je le reproduis ici:

 

Corri-nada

Partis de nulle part

Vers d’autres ailleurs

lls ont fait succomber

Disent-ils pour le meilleur

Ceux qui ne voulaient pas tomber

Des coups portés à leur flanc

De part en part

Eux qui étaient beaux, innocents

Vaillants sous le soleil cruel…

L’habit de lumière porte en lui

Les désespérances au delà de ces vies

Otées au nom barbare de corrida

Ovationné si fort dans les arènes

Mais désormais la coupe est pleine

Plus besoin de ces fils de « Torquemada »

La lutte doit avoir lieu maintenant

Pour briser ces pratiques sauvages d’autres temps

André Philippe Arowas

Poète Nîmois

Je remercie donc André pour son soutien et sa poésie. J’aimerai qu’il y en ai plus comme lui.

Sources:

  • Tollé contre l’appropriation de LASCAUX par la corrida ! FLAC
  • NÎMES Exposition taurine : l’Alliance Anticorrida dénonce des “pressions” sur une enseignante – Objectif Gard
  • Procès du lynchage de Rodilhan les 14 et 15 janvier 2016 à Nîmes – CRAC Europe

 

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La (non) liberté d’expression des grévistes de la faim de Strasbourg

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Comme toujours en France, la liberté d’expression ne s’applique uniquement qu’à ceux au pouvoir mais jamais réellement aux citoyens, et surtout pas à ceux qui demandent justice pour les autres.

Depuis plus d’un mois, des grévistes de la faim de Strasbourg qui demandent la fermeture du centre de primatologie de Fort Foch, qui élève des singes destinés aux laboratoires pratiquant l’expérimentation animale, sont complètement ignorés en grande partie (avec quelques exceptions) par les médias nationaux certainement plus intéressés par les querelles politiques, les jeux télés et la dernière mode (sujets qui font apparemment réellement évoluer notre société d’après eux) plutôt que les causes sociales d’importance.

Après le drame de Charlie Hebdo en Janvier, on pourrait croire (ou nous faire croire) que les medias se seraient mis au diapason de cette soi-disant liberté d’expression qu’ils disent défendre mais ce n’est absolument pas le cas.

Pourtant la cause des grévistes de la faim de Strasbourg est une cause du 21ème siècle la fin de l’expérimentation futile sur les animaux, d’autant plus les singes, nos proches cousins génétiques. On sait parfaitement que l’expérimentation ou recherche « scientifique » sur les animaux n’est pas et n’a jamais été une nécessité pour sauver des vies humaines.

Mais nous sommes encore a l’époque de René Descartes, une personne, tâche honteuse et monstrueuse de notre histoire, qui a été le premier à avoir lancé l’idée de l’animal machine. Selon lui, l’animal n’était rien d’autre qu’une machine perfectionnée. Il n’y avait pas de différence fondamentale entre un automate et un animal. Un artefact fabriqué par l’homme n’était pas ontologiquement distinct d’un animal. La Lettre au Marquis de Newcastle (23 novembre 1646) compare explicitement l’animal à une horloge, composé de pièces mécaniques et de ressorts. Pour Descartes, l’animal n’avait ni âme ni raison. (source Wikipedia pour en savoir plus).

Cette manière de penser a inspiré tristement des générations de vivisecteurs. Descartes, après tout, n’avais pas hésité à clouer un chien sur une porte et le disséquer encore vivant. Il considérait que les hurlements de souffrance de ce pauvre animal n’étaient qu’une réaction mécanique n’ayant aucune pareille avec celle des humains. De nos jours, je pense que si beaucoup savaient ce qui est fait encore notamment aux chiens dans les laboratoires, ils seraient horrifiés. Par contre, cela ne semble pas être un acte horrible dès que l’on parle d’autres animaux comme les singes (encore plus proches de nous génétiquement) ou autres animaux.

A cause de cette ignoble fantaisie ignorante lancée par Descartes, nous avons créé des générations de « scientifiques » qui prétendent sauver des vies humaines en torturant des êtres vivants alors qu’il est reconnu, par exemple, que 80% des tests faits sur les rats ne résultent en aucune information fiable pour les humains. Le Professeur Américain Colin Garner a même dit: « Nous savons parfaitement traiter le cancer chez les rats et chez les souris, mais nous ne savons toujours pas guérir les gens. » (Professeur Colin Garner cité dans un article de Genetic Engineering and Biotechnology News, 2007).

Même le grand laboratoire pharmaceutique Pfizer le reconnait: « Une étude menée par les laboratoires Pfizer a abouti à la conclusion que “pour savoir quelles substances sont carcinogènes, il vaudrait mieux jouer à pile ou face plutôt que de compter sur l’expérimentation animale. Seulement 5 à 25 % des substances nocives pour l’être humain ont aussi des effets négatifs sur les animaux des laboratoires. Jouer à pile ou face donne de meilleurs résultats. » ((1) Münchner Medizinische Wochenschrift 1983: 125(27), 8)

Dans la communauté scientifique, il n’y a aussi aucun consensus pro expérimentation animale. La communauté est divisée, souvent par manque de connaissances d’alternatives ou simple refus de voir les évidences (fainéantise ou intérêt financier?). Pourtant elles existent et nous n’avons aucune justification morale à ne pas les utiliser. De plus, on sait que les « chercheurs » y ont beaucoup à gagner financièrement et il est donc à se demander combien de millions d’Euros (de nos impôts) vont être gaspillés pour enrichir des « scientifiques » dans ce laboratoire de la honte.

« Cette pratique, désormais obsolète, est financée, pour la recherche publique, par nos impôts, et dans la recherche privée, très souvent par des dons. Et ce, alors même que près des trois quarts des citoyens se disent contre l’expérimentation animale dès lors que d’autres méthodes sont possibles (étude Ipsos/One Voice). Cultures de cellules, de tissus, d’organes, biologie moléculaire, recherche in vitro… de nombreuses méthodes substitutives, reconnues et dont l’efficacité a été prouvée, existent pourtant aujourd’hui. » (One-Voice.fr)

Comme le dit très justement le site Antidote Europe (antidote-europe.org):

« Peu après la création d’Antidote Europe, nous rencontrions un vétérinaire qui nous disait, en substance : « Il n’y a pas de débat au sein de la communauté scientifique, tous les chercheurs pensent qu’il faut expérimenter sur des animaux avant de passer à l’homme. »

Nous étions pourtant la preuve du contraire, assis à une table, face à lui qui défendait la recherche animale, nous qui démontrions qu’aucune espèce animale n’est un modèle biologique fiable pour une autre.

Il est très important que le public apprenne qu’il n’y a pas consensus au sein de la communauté scientifique et médicale. Beaucoup de questions (dont la pertinence du « modèle animal ») font débat. C’est important parce que plusieurs réglementations dont notre santé dépend se fondent sur l’hypothèse que le « modèle animal » serait pertinent pour prévoir les réactions physiologiques humaines. Or, nous voyons que le nombre de personnes atteintes de maladies graves (cancer, Alzheimer, etc.) ne cesse d’augmenter.

Il serait donc grand temps que le gouvernement organise un débat entre scientifiques sur la pertinence du « modèle animal ». Les conclusions de ce débat devraient orienter les futures politiques de santé et de recherche. Antidote Europe ne cesse de le demander. »

Bien sur, le gouvernement n’est absolument pas intéressé par les débats car je pense que certains sont très bien payés par l’industrie.

Malgré ces recommandations sages et le fait que nous avons suffisamment d’alternatives à l’expérimentation animale cruelle et le fait que le gouvernement a récemment reconnu les animaux « comme êtres sensibles » donc capables de souffrance (ce qui est pourtant une évidence pour toute personne ayant un chat ou un chien), cela n’empêche pas notre gouvernement de dépenser de l’argent publique pour des centres de recherche inutiles sur les primates (sauf pour enrichir quelque uns) et qui ne font aucunement avancer le progrès scientifique pour guérir les maladies graves.

Mais les médias Français (ET le gouvernement), dans leur recherche de l’argent à tout prix plutôt que du vrai journalisme, en dehors de Planète Animaux et quelques autres médias (listés en fin d’article) ont accordé peu d’attention aux grévistes. Les autres préfèrent jouer le jeu de l’autruche et ignorer ce qui devrait être un débat et surtout une situation grave de première importance: notre relations avec les autres espèces de notre belle planète et notre insistance à ignorer la souffrance que nous leurs causons ainsi que la situation des grévistes eux-mêmes. D’ailleurs, malgré leur déplacement a l’Elysée, aucun media n’a eu de compassion pour leur cause et a daigné se déplacer pour entendre leurs voix (et donc leur liberté d’exprimer leur opinion sur le centre de primates).

Christophe Leprêtre et son amie Pamela Bruna Kahlo ont même adressé une lettre a notre Président: « Nous vous demandons, Monsieur le Président de la République, de bien vouloir intercéder le plus rapidement possible pour annuler immédiatement l’autorisation d’extension de cette primaterie et de libérer ensuite les singes détenus captifs pour les replacer dans leur milieu naturel ou dans des structures d’accueil adaptées à leur bien-être » (source: Planète Animaux)

Dans son hypocrisie typique, l’Elysée a menti aux grévistes en leur disant qu’ils ne pouvaient se voir accorder une audience car il n’y avait pas de lettre adressée originellement. Ceci est un mensonge que les grévistes ont eux-mêmes prouvé. (source: Planète Animaux).

Le 10 juin, les deux grévistes, épuisés on s’en doute et alors a l’Elysée, ont été complètement ignorés et traités, j’ose le dire, comme des terroristes et bien sur, n’ont jamais été reçus, ne serait-ce que quelques minutes. Malgré tout, ils continuent à se battre pour que les chambres à torture soient abolies pour toujours. Que font les médias? Bien entendu, la plupart continuent à les ignorer tout comme la fait le Président François Hollande, avec une arrogance inouïe.

Faut-t-il que des gens deviennent des martyrs pour que l’on adresse enfin la question de l’expérimentation animale en France et que l’on évolue enfin au delà de la vision mécanique et dépassée de Descartes ou devons nous rester au XVII siècle?

Les grévistes héroiques : Christophe Lepêtre, Pamela, Lily, Gilles, Morgane, Cécile, Hélène, C, Dylan, Cristelle et Sandra.

Photo: Monkey – courtesy http://www.Pixabay.com (Free Stock photos)

Sources:

Page Facebook de soutien: https://www.facebook.com/events/427411510754252/

Source d’information: Planète animaux http://www.planeteanimaux.com/sujet/2015/06/11/exclusif-lelysee-refuse-de-recevoir-les-grevistes-de-la-faim/005422

– One-Voice.fr et antidote-europe.org

Videos:

19/20 Alsace (sur Facebook)

– Alsace 20 TV, programme Le 6 minutes Eurométropole

Presse:

– Strasbourg: Les opposants à l’extension du centre de primatologie veulent passer à l’action – 20Minutes.fr

– La pression monte pour sauver les singes – Paris-Match

– Vivisection : les grévistes de la faim reçus à la préfecture – Planète Animaux

– La grève de la faim pour réclamer la fermeture du centre de primatologie se poursuit. – France 3 Alsace

– Strasbourg: Nouvelle colère des associations protectrices des animaux contre le centre de primatologie – 20Minute.fr

– Faut-il interdire les expérimentations animales ? 8 militants français en grève de la faim – RTL Info

– Bas-Rhin : grève de la faim pour la fermeture du centre de primatologie – France 3 Alsace

– Des militants en grève de la faim contre la vivisection à Strasbourg – VegActu

– Grève de la faim contre l’extension du centre de primatologie – Dernières Nouvelles d’Alsace

– Un drone survole le centre de primatologie, une journaliste entendue – Dernières Nouvelles d’Alsace

– Une grève de la faim pour sauver des singes de la vivisection – Lyon Info.

– Des militants en grève de la faim contre l’expérimentation animale – Mr. Mondialisation

– Grève de la faim d’un ex-Romillon pour sauver des singes – L’Est Eclair.fr

Merci à Force Animale Intervention (FAI) pour la compilation d’articles de presse sur la page de soutien.

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Ne jamais perdre courage en évoluant nous-mêmes… moi aussi!

« Nous voulons un monde de paix »

« Ce ne sont pas les cages que nous devons faire plus grande et les murs des abattoirs que nous devons rendre transparents. Ce sont nos cœurs. Lorsque nous faisons de la compassion notre baromètre, nous ne nous contentons pas de violence sur une petite échelle. Nous aspirons à la bonté sur une grande échelle. »

~ Colleen Patrick-Goudreau (9 Octobre, 2013)

La vie est difficile pour les militants. Mais elle l’est encore plus pour les animaux que nous défendons. Il ne faut pas oublier que chaque fois que l’on parle, manifeste ou tient des stands, c’est pour eux, par pour nous. Comme je lai dit dans mon dernier blog, il y a beaucoup de méchanceté entre les militants et c’est très triste. Nous devrions tous être unies et non nous battre pour des différences de tactiques ou d’opinions. Le principal est de faire avancer notre cause et d’avoir un but commun. Les animaux s’en fichent royalement de nos différences. C’est l’égo humain qui crée le chaos sur cette planète.

Je suis coupable aussi. Depuis des années, je fais des efforts pour transmettre mes idées, ma philosophie du monde à tout le monde et j’essaie d’avoir un message clair de compassion, de gentillesse et surtout de bonne communication. Mais je suis encore malheureusement humaine et j’ai beaucoup de travail (comme nous tous!) pour évoluer dans un sens qui représente réellement les valeurs du Véganisme.

On m’a fait du mal, mais j’ai aussi fait du mal à des gens que j’aime beaucoup (et que je continue à aimer en dépit d’eux-mêmes) et je ne suis pas immune à la bêtise humaine qui tente à nous faire sauter les uns sur les autres avant de même les connaitre et de les juger sans avoir tous les faits. Pour tous ceux que j’ai blessés, je suis profondément désolée.

La roue tourne et je ne peux pas réparer mes erreurs mais je peux au moins m’en excuser. Ce qui est triste est que, jusqu’à présent, sur des années de militantisme franco-américain dans lequel il m’est difficile de me situer (à cause des différences énormes entre les deux pays), j’ai eu des remarques du genre « connasse », « pute », « elle ne connait rien au militantisme ». Pire fut quand on a attaqua mon intégrité professionnelle en tant que coach en nutrition végétale en disant que j’allais rendre les gens malades voir même les tuer!.

Pourquoi tant de bêtise dans le mouvement? Parce que les gens, malgré toute leur bonne volonté, veulent voir le monde évoluer sans changer eux-mêmes. Ce n’est pas possible.

Comme l’a dit justement Gandhi: « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde ».

Le véganisme et notre travail pour les animaux devrait être fait avec un grand respect de tous et une recherche intérieure pour rectifier et évoluer au-delà du bagage de cochonneries que nous véhiculons en nous depuis notre enfance. C’est un bagage qui est l’inverse de ce que nous devons promouvoir. La colère envers les sadiques des corridas, par exemple, est justifiée mais elle est aussi un reflet de leur propre endoctrinement et de leur propre déconnection empathique. Mais on oublie souvent que nous sommes nous-mêmes encore endoctrinés, même en tant que militants/végans.

Le fait de changer pour les animaux est le premier pas vers un monde meilleur mais il n’est réellement que le premier. Le travail doit aussi être fait à l’intérieur de nous-mêmes. Sans ce travail, on peut crier sur tous les toits mais on ne changera pas les choses plus vite.

J’espère avoir appris de mes erreurs et j’espère aussi que beaucoup plus de militants réfléchirons à leur propre psychologie interne.

Donc être un militant/végan n’est pas simple. Tous les jours, nous sommes humiliés, ridiculisés et moqués mais on oublie que l’on fait de même entre nous mêmes. Cela fait le jeu de ceux à qui nous voulons ouvrir la conscience. Pour reprendre une expression, c’est diviser pour mieux régner.

Les choses sont en train d’évoluer partout. Même s’il y a toujours beaucoup d’horreurs, je suis aussi pleine d’espoir. Je n’ai jamais vu autant de militants dans ma vie, de gens faisant les connections nécessaires et évidentes (rien qu’a mes stands quand je parle avec eux) et d’une plus grande conscience des enjeux écologiques, humains et leurs relations avec les animaux.

On ne peut faire évoluer les choses plus vite que si nous-mêmes évoluons aussi et devenons réellement une grande famille qui s’aime (au lieu de se taper dessus) et unie pour la justice.

Le Capitaine Paul Watson a très bien résumé les choses dans une récente émission d’Arte quand il a dit à propos de Greenpeace: « Tous les membres fondateurs sont partis de Greenpeace. Ils font maintenant partie d’une plus grande bureaucratie. Nous, on est fideles à nos intentions générales. On est petit, c’est d’ailleurs notre volonté. »

Ce que Paul a compris (et il le dit souvent dans toutes ces interventions publiques) est que chacun de nous peux faire une différence individuellement. Les organisations sont bien mais on doit d’abord faire le travail à notre niveau (et je dirai sur nous-mêmes) tout en soutenant les bonnes organisations qui ont un réel message de valeurs pour les animaux et l’écologie.

Comme a dit l’ancien éleveur Howard Lyman (devenu éco-Végan), « On ne peut pas se dire écologiste et manger de la viande ». Et j’ajouterai que l’on ne peut pas se dire aimer les animaux si on continue à consommer leur chair et leur secrétions et en même temps nous taper les uns sur les autres. C’est un travail intérieur que nous devons tous faire… Y compris moi-même!

Comme je l’ai dit plus haut, je suis une optimiste malgré tout car je vois de plus en plus de gens évoluer dans le bon sens et j’espère que dans notre milieu, les défenseurs des animaux et de l’environnement, ne s’arrêteront pas et continuerons à évoluer. Nous ne sommes pas des êtres finis, on doit toujours changer. La vie est comme une école. On apprend quelque chose de nouveau chaque jour. Sans évolution, nous restons des barbares.

Sources:

– Le Capitaine Paul Watson sur Arte

– Son dernier livre aux Editions Actes Sud: Earthforce : Manuel de l’éco-guerrier Je recommande vivement!

Photo: Flag (www.pixabay.com Free photo stock)

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Assez de la méchanceté entre militants!

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Il est 3h du matin et je ne peux pas dormir. Je ne peux pas dormir car j’ai un immense poids sur le cœur depuis plusieurs semaines.

Récemment, je me suis retirée volontairement d’une association de défense des animaux parce qu’en faire partie me rendait malade. La raison était que j’avais fait un certain nombre de « maladresses » complètement involontaires qui ont déplu à la direction de l’association. Je ne suis pas en colère, juste malheureuse d’avoir eu à me retirer d’une association dont je respecte le travail. Je n’ai pas questionné ou cherché à défendre les dites maladresses; elles étaient justifiées. Mais ce qui m’attriste est que, comme toujours, un ou une militante soit jugée sans savoir exactement d’où il/elle vient et quel a été son parcours.

Je ne me suis pas retirée de l’association pour mes maladresses (on apprend toujours à s’améliorer) mais parce que j’ai été jugée comme une militante incompétente parce que je connais très mal le militantisme Français. Cependant, ce n’est pas de la fainéantise de ma part.

Comme certains d’entre vous le savent, j’ai vécu 18 ans aux USA (non stop) et je suis devenue militante là-bas. Ce que les gens en Europe ne comprennent pas est que vivre aux USA, c’est se retrouver pris dans une bulle (comme dans la série TV « Under The Dome » ou une petite ville américaine se retrouve littéralement sous un dôme invisible dont les habitants ne peuvent s’échapper). Les USA vivent sous un dôme de non-information (et désinformation) dans un monde remplis ironiquement d’information. On peut être militant là-bas mais n’avoir aucune idée de ce qui se passe ailleurs, même avec la meilleure volonté.

Je rentre en France âpres 18 ans (contre mon gré, ce qui n’est déjà pas simple – mais c’est une autre histoire) et je me vois accusée de nullité militantiste sans qu’on essaie même de comprendre le pourquoi du comment.

Le jugement des autres est une spécialité Française qui dépasse de beaucoup celle des Américains. Je m’en rends compte lourdement depuis que je suis revenue. Et franchement, j’ai du mal à le vivre. Depuis que je me suis retirée de cette association, je dors très mal et j’ai un mal-être constant. Peut-être que ma réaction peut paraitre exagérée mais quand je vois comment les gens se tirent dans les jambes dans ce pays, j’ai presque honte d’être française (quoique je ne me sois jamais vraiment sentie française de toute manière).

Voir ce que les gens font sur les animaux, comment ils les maltraitent et même comment ils nous insultent ne me dérange plus: je suis blasée. J’en ai vu de toute sorte, y compris quand j’ai visité des élevages californiens pour documenter les conditions déplorables des vaches. Mais quand ça vient de ceux et celles qui devraient être de mon coté, cela me fait horriblement mal. De plus, cela aussi dégoute des militants potentiels de se joindre au mouvement. Lorsque l’on voit les dissentions, beaucoup peuvent penser qu’on ne vaut pas mieux que ceux que l’on combat.

Les militants américains, je n’en dément pas, ne sont pas tendres non plus. Cependant, ils savent créer des communautés de support, des communautés où les gens peuvent se sentir plus inclus bien plus qu’en France. Je ne cherche pas à les défendre. En fait, j’ai souvent beaucoup de critiques à leur égard. C’est juste une évidence basée sur mon expérience sur place.

Après une conversation avec une amie récemment, je suis maintenant consciente de jusqu’où peut aller la méchanceté française et à quel point des gens (qui devraient être dans le même camp et se donner du support) perdent leur temps à se tirer dessus.

Quand j’ai entendu Jean-Pierre Garrigues du CRAC à Arles dire: « Ca suffit ces conneries! » (En rapport avec les bagarres internes), j’ai eu envie de l’embrasser pour avoir dit tout haut ce que je pensais tout bas.

De la même manière que, même étant Végane (pure et dure si je puis dire), je comprends et je supporte malgré tout les gens qui ne sont pas encore arrivés ou je suis dans leur évolution intellectuelle, émotionelle et spirituelle vis-à-vis de notre relation avec les animaux. Ils sont après tout où j’étais pendant longtemps. De plus, je suis « coach » holistique en nutrition végétalienne, donc mon travail consiste a partir du point où sont les gens avec gentillesse et compréhension et les amener progressivement vers le meilleur d’eux mêmes (non seulement pour eux mais pour les animaux bien sur).

On avance tous à des vitesses différentes. Le principal est, qu’au bout du compte, on arrive tôt ou tard (le plus tôt possible serait bien sur idéal). La société n’est pas tendre avec nous, on le sait, car nous sommes déjà très marginalisés. Mais nous tirer dans les jambes parce que certains d’entre nous n’ont pas encore tout compris est comme blâmer un embryon pour ne pas devenir un bébé plus rapidement. De plus, cela fait le jeu de ceux qui nous oppose. En d’autres termes, c’est « diviser pour mieux régner ». C’est complètement stupide et improductif.

Donc, j’ai le cœur lourd, même après plusieurs jours. Par moment, je regrette ma décision d’avoir « démissionnée » en tant que bénévole (et je ne demande pas à ce que l’on me reprenne). Je croyais que j’aurais du support. J’ai eu beaucoup de sourires, de merci dans certains cas. Mais au bout du compte, je n’ai pas eu l’information dont j’avais besoin pour être efficace et bien comprendre le fonctionnement de cette association car personne n’a compris mes difficultés à me « réinsérer » sur la France et surtout, je me suis sentie ridiculisée publiquement au sein du groupe.

Alors arrêtons de taper sur les autres parce qu’ils sont ignorants de certains faits. Et surtout, ne les ridiculisons pas et ne les rendons pas malheureux parce qu’ils ne sont pas encore ce que l’on veut qu’ils soient. L’ennemi est en face, il ne devrait pas être dans nos rangs!

Les animaux ont besoins de nous, pas de notre colère ou jugement envers les uns et les autres. Eux, ils n’en ont rien à faire de nos bagarres, ils veulent uniquement ne plus être abusés et tués.

Sources:

– Pourquoi les Français détestent les Américains – Slate.fr

– Les villes les plus véganes aux USA: Peta.org

– Communautés intentionelles véganes aux USA: The Vegan Village, Vegan Homeland (Detroit, Michigan), VegNet (site qui liste des communautés), Vegan World Trekker (blog), Vegan Off-Grid Community,

– Communauté végane (bouddhiste) en France fondée par Thich Nhat Hanh: Le Village des Pruniers.

Les Américains et le voyage à l’étranger de Ludovic Hubler explique très bien pourquoi l’Amérique est si renfermée.

– Photos des élevages en Californie: Facebook

– Vidéo du rassemblement anti-corrida de Arles avec Jean-Pierre Garrigues

 

Photos:

haut- Pinky Finger (www.Pixabay.com – Free stock photos)

Dessous: Animal Rights Conference 2014 Los Angeles & WorldFest Los Angeles 2014

 

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My DxE friends from San Francisco
Mes amis (et famille) de DxE (Direct Action Everywhere) de San Francisco
A WorldFest, festival Eco-vegan de Los Angeles en 2014.
A WorldFest, festival Eco-vegan de Los Angeles en 2014.