Commentaires sur l’article sur le Véganisme d’Audrey Fisné (Figaro du 24 Aout 2016)

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Note : ce courrier a été envoyé au journal Le Figaro le 24 Aout 2016.

 

Je tiens à féliciter le journal Le Figaro pour son article du 24 Aout 2016 sur le Véganisme. Après Paris-Match, Libération et un certain nombre d’autres journaux qui on eux aussi rédigé d’excellents articles sur ce mouvement, cela fait plaisir de voir un autre grand journal adresser ce sujet.

En tant que végane depuis 10 ans, j’aimerai cependant aborder certains points de l’article d’Audrey Fisné. Tout d’abord votre titre de couverture (qui a bien sur attiré mon attention) : « Après les végétariens et les végétaliens, la mode du véganisme ». J’apprécie que vous fassiez une distinction entre végétariens, végétaliens et véganes, étant donné les différences qui existent entre les trois groupes. En effet, les végétariens évitent toute chair animale (y compris les poissons que beaucoup assimilent encore à des plantes qui nagent). Les végétaliens ne mangent aucun produit d’origine animale, y compris les sous-produits comme la gélatine (qui vient des cochons et que l’on trouve notamment dans les bonbons), les œufs ou le miel.

Le véganisme, cependant, est une note au dessus de tout l’aspect alimentaire et votre mention de « mode » est à ce titre une identification incorrecte de ce que ce mot signifie. Le mot lui-même, inventé dans les années 40 par le militant britannique Donald Watson (fondateur de la première Société Végane au monde) est effectivement récent. Cependant, l’éthique elle-même, car il s’agit d’une éthique, remonte très loin (si ce n’est sous des noms différents comme Pythagoriciens, d’après Pythagore, végétarien lui-même). Dans certains temples bouddhistes de tradition zen en Corée, par exemple, il se pratique dans son sens éthique depuis plus de 600 ans. En France, on peut noter historiquement les Cathares, Chrétiens végétariens, qui ont été persécutés. Mais passons.

Le véganisme est avant tout une éthique de non-violence envers toutes les espèces (y compris l’espèce humaine) et donc un rejet (antispécisme) de la discrimination basée sur l’espèce et de la violence faite à d’autres êtres sentients (= qui ont le désir de vivre, peuvent souffrir, penser, avoir des émotions, etc., tel que cela est reconnu maintenant par de plus en plus de scientifiques). Ce n’est donc pas une « mode » mais une reconnaissance de plus en plus grande de nos responsabilités envers nos concitoyens terriens (eux aussi) mais aussi la planète. On sait (et c’est reconnu par l’ONU et le World Watch Institute) que l’élevage (y compris les petits élevages) est la cause numéro 1 du dérèglement climatique, de la pollution de l’eau, de la déforestation (notamment pour le soja transgénique – OGM – et le broutage de ces animaux au Brésil pour nourrir les animaux d’élevage des pays occidentaux, notamment la France, première importatrice de soja OGM en Europe), entre autres dégradations écologiques.

Le végétarisme et le végétalisme sont des pratiques alimentaires telles que vous les décrivez très bien dans l’article. Le véganisme est tout ce que j’ai cité plus haut.

Votre article note aussi très justement le problème de la pensée cartésienne qui « pollue » encore la pensée des gens et les gardent ignorants de qui sont vraiment les animaux non-humains. En effet, «l’animal-machine », ce terme honteux pour décrire un être pensant doit enfin être jeté dans les oubliettes de l’histoire avec toutes les « sciences » dépassées. Il n’a plus sa place au 21ème siècle ou les enfants, si ils étaient éduqués pour, sauraient réellement que nos chiens et chats ne sont pas les seuls avec une personnalité.

Pour revenir sur l’aspect santé de l’article, ce qui est évidemment important bien sur, il est à noter que de plus en plus de très bon livres de cuisine expliquent comment faire des fromages végétaux et autres délicieux plats végétaliens, que les recettes végétaliennes se comptent par millier sur Internet. A noter également que la France est riche en marché de fermiers (contrairement aux Etats-Unis ou j’ai vécu et dans lesquels, suivant l’endroit ou vous vivez, il peut même être difficile de trouver une tomate et encore moins une tomate bio). Manger végétalien est donc en fait facile. Comme me disait un ami, « c’est dur si vous pensez à vous-même, ça ne l’est pas si vous pensez aux animaux que vous épargnez. »

Comme le remarque avec justesse la sociologue Estiva Reus dans l’article, l’information sur la nutrition végétalienne doit contourner la médecine traditionnelle française encore encrée dans des mythes dépassés autour des recommendations alimentaires. La réponse du Dr Laurent Chevalier est un exemple type de l’ignorance (volontaire ?) des plus grandes études de ces 30 dernières années. Il serait temps que les médecins français réalisent que les deux plus larges académies de diététiciens au monde rassemblant plus de 60 000 experts en nutrition (sur le Canada et les Etats-Unis), ainsi que l’organisation PCRM (Physicians’ Commitee for Responsible Medicine) qui regroupe des milliers de médecins, s’accordent tous sur les bienfaits, à n’importe quel âge (y compris la grossesse) de l’alimentation 100% végétale. Si les médecins français prenaient le temps d’éplucher l’information scientifique et médicale de ces 30 dernières années (et on peut remonter jusqu’à il y a un siècle), ils seraient mieux à même d’aider ceux voulant se lancer sur une voix plus saine et éthique. Etre végétalien n’est pas se nourrir de Coca Cola et de frittes.

En tant qu’ex-diabétique pratiquement obèse à une époque de ma vie (je me suis guérie naturellement avec une alimentation complète et équilibrée 100% végétalienne et sans médicaments) et en tant que coach en santé holistique, mon expérience a démontré depuis le début que manger végétalien n’est ni compliqué, ni un casse tête nutritionnel, ni un « régime » dans lequel on compte ses calories. Il n’y a donc pas à avoir peur dès l’instant ou l’on s’éduque au minimum sur les bases importantes.

Ce qui me fait peur en revanche est qu’un français sur dix est maintenant obèse et un français sur quatre en surpoids (sources gouvernementales). Je trouve cela bien plus inquiétant que l’ultra rare végétalien pouvant avoir des carences sachant que les non végétaliens consomment trop de protéines (surtout animales), souffrent de carences en fer, B12 et calcium (malgré tout les produits laitiers qu’on leur dit de consommer et  qui sont en fait néfastes pour la santé), problèmes qui ont plus avoir avec notre alimentation industrialisée qu’autre chose. Les végétaliens, dans leur majorité, sont très bien éduqués sur les questions nutritionnelles justement parce qu’on leur répète constamment le possible manque nutritionnel (un mythe).

Comme le disait le professeur T. Colin Campbell, auteur de la plus grande étude épidémiologique au monde sur le lien entre nutrition et maladies chroniques, « Il n’y a rien dans les produits animaux que l’on ne trouve pas dans les plantes. » Et c’est quelqu’un qui a grandit dans une ferme laitière, produit du lait bovin et cru pendant longtemps que les protéines animales étaient la « panacée », pas exactement un militant animaliste.

Il est donc urgent que la France (et son corps médical) rejoignent l’Allemagne, l’Angleterre, l’Israël, l’Espagne, l’Italie, les Etats-Unis et bien d’autres pays plus en avance qui ont sérieusement entamé une discussion sérieuse sur toutes les questions citées dans ce texte pour enfin renoncer à « l’homme-machine » pour aller vers « l’homme antispéciste ».

Encore merci pour cet article.

 

Véronique Perrot

Coach certifiée en santé holistique végane

 

Photo: Vegan – http://www.pixabay.com

Lien à l’article: Le Véganisme, une pratique alimentaire qui grignote du terrain. Pour lire l’article entier, il faut se producer la version imprimée du quotidien.

 

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Produits laitiers: Une anomalie historique et culturelle

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Note: Cet article est traduit et adapté de l’Anglais. Je l’ai originellement publié sur le site Américain: The Flaming Vegan.

 
J’ai été élevée en France, le pays du fromage et, toute ma vie, j’en ai mangé tous les jours jusqu’à ce que j’ai environ 36 ans. Ma région, l’Auvergne, a produit plus de variétés de fromage que tout le reste du monde combiné. Nous avions du Boursin, de la Fourme d’Ambert, du Brie (mon préféré) et des centaines d’autres variétés de fromages que les Américains ne connaissent probablement pas à moins qu’ils fassent leurs courses à « Whole Foods » (grande chaine de produits naturels et bios similaire à Bio-Coop). Quand j’étais enfant, ma mère nous conduisait à la ferme d’à côté, où nous ne faisions pas seulement que d’acheter du fromage fraîchement préparé, mais aussi du lait frais juste littéralement trait d’une vache. C’était la petite ferme typique de l’époque. Le lait était encore chaud et crémeux quand nous l’apportions à la maison. Entant qu’enfant, je vivais la vie rurale française typique de ma culture. Je n’avais aucune notion de l’idée qu’il puisse y avoir toute anomalie à ces rituels. Ils étaient culturellement acceptés comme normaux. J’adorais « mon » fromage.
Manger du fromage en France est à peu près aussi culturellement enracinée que le hamburger l’est pour les Américains. Les gens me demandent parfois si ça me manque. Voici mes réponses:

Les humains sont des mammifères et de la famille des grands singes. Fondamentalement, nous sommes des mangeurs de plantes. Notre système digestif et nos dents en sont la preuve. Nos soit-disant canines ne pourraient jamais arracher la chair des animaux et je ne vais pas perdre mon temps à débattre les omnivores qui croient aux mythes du chasseur carnivore. Comme tous les mammifères, les femelles de notre espèce produisent du lait pour leurs bébés. Les autres mammifères font de même pour leurs petits.

Il y a environ de 8 000 à 10 000 ans, les cultures d’élevage ont commencé à asservir des mammifères tels que chèvres, moutons et un peu plus tard les vaches et autres animaux, afin de prendre le contrôle de leurs sécrétions corporelles et de leur chair. Au lieu de vénérer les animaux comme des êtres vivant à nos côtés, nous les avons réduit à des objets. A ce titre, cette société patriarcale a également pris le contrôle du corps des femmes et les a déclassées en citoyennes de deuxième classe et la production de machines à bébés. Jusqu’à lors, la plupart des sociétés néolithiques étaient surtout égalitaires avec les femmes jouissant de droits égaux aux hommes. La plupart des gens ne savent pas que des femmes ont enseigné de célèbres philosophes grecs comme Aristote ou Platon. Les deux conséquences de cette culture de l’élevage sont directement liées l’une à l’autre. Avec ces nouvelles « habitudes » culturelles, il est devenu accepté comme normal de manger les sécrétions mammaires (et la chair) d’autres mammifères. Cependant, dans la nature, aucun autre mammifère prend volontairement le lait d’une autre espèce. Seuls les humains ont transformé cela en un comportement « normal et accepté » défiant ainsi les lois de la nature. En fait, les humains vont jusqu’à manger les produits mammaires d’autres mammifères à l’âge adulte. Ce n’est également pas pratiqué par d’autres mammifères dans la nature. Ils nourrissent leurs petits avec le lait qui est conçu pour leurs espèces, puis ils sont sevrés. Les mères humaines nourrissent leurs bébés avec leur propre lait spécialement conçu naturellement mais ensuite passent au lait d’une autre espèce et le cycle vicieux de la dépendance est lancé.

Nous endoctrinons nos enfants à accepter l’exploitation d’autres êtres commençant par cette étrange rituel après la naissance suivie en ajoutant, quand ils sont tout petits des aliments « solides » comme la chair des animaux. Une fois que nous sommes adultes, nous sommes tellement endoctrinés que nous ne voyons même pas que c’est anormal et psychotique si nous ne commençons pas à interroger nos rituels.

Nos gouvernements poussent également cette dépendance sur nous grâce à des politiques comme les programmes de l’USDA (Département de l’Agriculture aux USA et en France la loi obligeant les enfants à consommer des produits d’origine animale dans les écoles) et en allant jusqu’à travailler avec des multinationales pour pousser les produits laitiers sur les consommateurs. Cela contribue à davantage de souffrances pour les animaux, les taux croissants d’obésité (le fromage est de la graisse concentrée) et pour créer plus de déconnexion pour nous garder docile. Quelle meilleure façon d’empêcher une population de se révolter que de la garder accro à une drogue. Si la drogue est socialement acceptée, c’est encore plus facile. Les entreprises savent que le fromage crée une dépendance et elles le poussent consciemment sur nous.

Comme d’autres mammifères herbivores, nous devons reconnaître qu’il n’y a rien de fondamentalement normal à manger et boire les sécrétions d’une autre espèce. Nos plus proches cousins génétiques, les gorilles, ne boivent pas autre chose que le lait de leurs propre espèce et passent ensuite aux plantes quand ils sont sevrés. Nous avons perdu le contact avec notre compréhension de l’ordre naturel et de ce qui devrait constituer notre nourriture. D’autres animaux sont profondément en contact avec leur vraie nature. Mais les humains vont constamment contre nature pour des raisons d’égoïsme, de commodité et de goût et parce qu’ils sont dépendants physiquement et socialement.

Les produits laitiers ne sont pas seulement non-naturels pour les humains, mais ils s’avèrent cancérigènes et créent des dépendances au moins équivalentes à la drogue. La recherche du Dr Neal Barnard sur la dépendance au fromage en particulier, est fascinante. Quand les gens soulignent qu’ils aiment leur fromage, je souligne que leurs cerveaux sont simplement drogués. Le fromage et tous les autres produits dérivés des sécrétions bovines contiennent des casomorphines, principalement la caséine. Le mot « morphine » est le mot qui importe. Tous les mammifères produisent des casomorphines, y compris les mères humaines, afin de contribuer à renforcer le lien avec leur enfant après la naissance. C’est un composé normal du lait maternel.

Cependant, le lait des mères humaines est parfaitement conçu pour les bébés humains et le lait d’une mère bovine est conçu pour évoluer un veau d’environ 40 kilogrammes à plus de 500 kilogrammes en quelques semaines. Le lait de vache est très concentré en casomorphines, en particulier lorsque transformé en fromage, et cela crée une substance de dépendance qui garde les gens accrochés à elle. C’est pourquoi les gens quittent souvent la consommation du fromage en dernier quand ils deviennent végétaliens parce que c’est la dépendance souvent la plus difficile à briser. C’était mon cas. Comme le Dr Barnard explique:

« Le lait de vache ou le lait de toute autre espèce, pour cette question, contient une protéine appelée caséine qui se brise lors de la digestion pour libérer toute une série d’opiacés appelés casomorphines. Une tasse de lait de vache contient environ six grammes de caséine. Le lait écrémé contient un peu plus, et la caséine est concentrée dans la production de fromage « .

Après être devenue végétalienne, j’avais encore de fortes envies de produits laitiers. Même après deux ans, mon endoctrinement culturel et physique au fromage était toujours présent. Vous pouvez vous demander comment j’ai réussi à éviter de céder à mes envies.

L’esprit doit toujours être plus forte que le corps pour décider quel est le prochain plan d’action. Conduisez-vous votre voiture ou est-ce que votre voiture vous conduit? Je n’ai pas cédé à mon corps parce que mon corps devait céder à ma nouvelle prise de conscience de ce qui était bon ou mauvais. Je ne pouvais pas céder à toute dépendance qui pourrait nuire à un autre être sensible. Les habitudes commodes sont de mauvaises excuses pour la misère infligée à d’autres êtres. Toutes les dépendances peuvent être brisées avec un peu de courage et de la fermeté sur soi-même. Si je peux briser une habitude de plus de 36 ans, ancrée dans les mœurs, sûrement tout le monde le peut. Je n’ai pas de pouvoirs spéciaux!

Il est également important de réaliser que la toxicomanie n’est pas la même chose que les besoins biologiques. Nous n’avons pas biologiquement besoin de manger du fromage ou du lait. Nous devons détoxifier nos corps et nos esprits de cette dépendance. Les gens qui ne se sentent pas physiquement bien quand ils deviennent végétaliens ne réalisent pas qu’ils ont à se débarrasser d’une vie entière de malbouffe et qu’il peut être normal de se sentir pire avant de se sentir mieux. Si vous pensez que manger du fromage vous fait vous sentir mieux, vous agissez essentiellement comme quelqu’un qui essaie d’arrêter de fumer, mais se sent mieux quand il a à nouveau une cigarette parce qu’il ne peut pas supporter les effets de sevrage de la cessation de cigarettes. Et vous ne diriez pas que le tabagisme est un besoin biologique.

Les laits de vache ou de chèvres n’ont aucune par dans le régime alimentaire normal d’une personne et ils cachent l’immense souffrance des mères sur les fermes laitières, que l’on parle des fermes industrielles ou des fermes biologiques à petite échelle. La plupart des gens qui deviennent végétariens croient que c’est suffisant. Très souvent, ils ne réalisent pas que la souffrance des vaches dans les fermes laitières est bien pire que les vaches destinées à être tuées pour leur chairs. Je ne veux pas placer des degrés de souffrance et vous faire croire que l’un est plus acceptable que l’autre cependant. Il n’est pas acceptable de faire souffrir un autre être sensible pour des raisons de goût, de commodité ou d’habitude. La souffrance est la souffrance.

Pour être obligée de produire du lait, une vache doit être continuellement enceinte sur ce que l’industrie appelle (aux USA) « rape racks » ou « rangées de viol » (pour être approximatif). L’insémination forcée n’est rien d’autre que du viol car elle nécessite que la pauvre mère soit confinée pendant que quelqu’un insère un long bâton dans son vagin pour l’inséminer. Et si obliger une vache à endurer cela ne suffit pas, après qu’elle est donné naissance, son bébé lui est retiré et mis dans un espace de confinement si il est de sexe masculin. Il sera enchaîné à la caisse, incapable de tourner ou de se déplacer beaucoup, nié le lait riche en fer de sa mère sciemment pour que sa chair devienne « tendre » pour plaire à la volonté des humains pour sa chair de bébé. Si le bébé est une femelle, elle sera probablement mise sur la ligne de production aux côtés de sa mère. Les vaches crient pour leurs bébés pendant des jours et leur esprit est brisé de plus en plus avec le cycle interminable des grossesses forcées. Finalement, elles sont si physiquement maltraitées qu’elles deviennent, comme le dit l’industrie, « vidées » quand elles sont encore très jeunes, à environ 5 ans d’âge, au lieu de vivre jusqu’à 25 ans comme elles pourraient normalement le faire dans la nature. Leurs corps épuisés et violentés sont ensuite envoyés à l’abattage pour la viande de basse qualité.

Il est également ironique que la littérature scientifique montre que les enfants élevés au lait de vache au lieu du lait maternel développent des carences en fer de la même manière que nous donnons des carences en fer à veaux enlevés à leurs mères. Ce que nous faisons aux autres animaux, nous le faisons à nous-mêmes.

Dans le monde humain, des millions de femmes dans le monde n’ont pas le contrôle de leur propre corps. Leur culture, prédominément patriarcale les obligent à accepter un grand nombre de naissances. Ce que nous faisons pour les mères vaches, nous le faisons pour les mères humaines aussi. Tout est relié. C’est un fait que les femmes qui sont éduquées ont plus de control sur leurs corps et leurs taux de naissances descendent de manière significative. Lorsque les gens sont instruits sur ce que nous faisons aux vaches, nous verrons la même prise de conscience. Si vous mangez du fromage, réalisez que ce n’est pas «votre» fromage, mais les sécrétions corporelles d’une personne dont la vie est une misère.

En tant que femme, comment pourrais-je continuer à manger les produits d’une autre femelle et soutenir son exploitation?

Nos corps sont parfaitement conçus pour la digestion des plantes, mais pas des produits animaux qui sont acides et derrière toutes les principales maladies chroniques que nous avons, du diabète au cancer. Certains, comme la Weston Price Foundation (1) voudraient nous faire croire que les produits laitiers font partie d’une alimentation naturelle et partie de notre alimentation ancestrale et devraient donc être dans notre alimentation moderne. Ils ridiculent la consommation de soja naturel même si le soja a été dans le régime humain des milliers d’années avant que les vaches perdent leur liberté afin que nous puissions voler leur nourriture pour bébé. La Weston Price Foundation soutient directement l’industrie de la viande et les produits laitiers. Ils sont à peu près aussi fiable que le USDA (ou le gouvernement Français) lorsqu’il s’agit de recommandations alimentaires.

Nous n’avons pas besoin de consommer des produits de viol (ou tout autre produit d’exploitation). Nous n’avons jamais eu autant de choix. Nous avons plus de variétés de laits à base de plantes que les personnes dépendantes des casomorphines ont (surtout aux USA mais ca se développe en Europe).

Tous les aliments d’origine animale sont une forme de dépendance. Comme le Dr Barnard le souligne:

« La raison (pour la dépendance) peut être physique, tout comme il semble l’être pour le chocolat ou le fromage. Les chercheurs britanniques ont constaté que les médicaments bloqueurs d’opiacés coupent l’appétit pour le jambon de dix pour cent, assomment l’envie du salami d’environ vingt-cinq pour cent, et la consommation de thon est coupée de près de la moitié. En d’autres termes, une personne peut encore en manger une partie pour apaiser la faim ou tout simplement par habitude. Mais les bloqueurs d’opiacés assomment le produit chimique qui provoque l’envie de certaines nourritures, réduisant la tendance à le choisir « .

Il est temps pour les médecins, les diététistes, conseillers et autres professionnels de dire enfin la vérité ou de reconnaître la vérité que l’intolérance au lactose n’existe pas. La majorité de l’humanité, en particulier les personnes d’origine africaine, hispanique et asiatique, ne peut pas tolérer le lait à l’âge adulte. Ce n’est pas une maladie, c’est normal. Nos corps ne sont pas censés tolérer AUCUN lait une fois l’enfance passée. Les humains ont besoin de grandir et d’arrêter de refuser d’être sevrés.

Le lien puissant qui résulte de manger des casomorphines en tant que bébé est probablement responsable en partie de notre dépendance au lait de vache. Nous refusons d’abandonner inconsciemment nos liens avec nos mères et de grandir. Comme le Dr Barnard a également dit:

« Il semble que les opiacés en provenance du lait maternel produisent un effet calmant sur l’enfant et, en fait, peuvent être responsables d’une bonne mesure de la relation mère-enfant. Non, ce n’est pas que berceuses. Les liens psychologiques ont toujours un lien physique sous-entendu. Qu’on le veuille ou non, le lait maternel a un effet de drogue sur le cerveau du bébé qui assure que le bébé va se lier avec maman et continuera à taiter sa mère pour obtenir les nutriments dont tous les bébés ont besoin. Comme l’héroïne ou la codéine, les casomorphines ralentissent les mouvements intestinaux et ont un effet anti diarrhéique évident. L’effet des opiacés peut expliquer pourquoi les adultes trouvent souvent que le fromage peut être constipant, tout comme les analgésiques opiacés peuvent l’être. »

Est-il donc étonnant que notre société tolère des politiciens infantiles et un divertissement de bas étage? Il semble y avoir un déni à l’idée que nous devons laisser nos mères pour grandir et nous projetons cette nécessité irrationnelle en consommant le lait d’autres mères et en transformant les vaches en mères de remplacement. Si je demandais à quelqu’un qui aime les produits laitiers pourquoi il croit que sa mère est une vache, il me traiterait de folle. Mais c’est exactement ce que des millions de gens font tous les jours. Nous traitons également les mères bovines comme des millions de mères humaines sont traitées à travers le monde: mal.

Nous vivons dans une société patriarcale et infantile qui joue avec des armes de destruction massive comme si elles étaient des jouets pour enfants. Je crois que cette immaturité est directement liée à nos habitudes alimentaires infantiles et notre déconnexion de notre vraie nature. Il est temps de reconnaître que le lait de vache et le fromage ne sont rien d’autre que des drogues toxicomanogènes autant que la chair animale, les œufs, les cigarettes, l’alcool, etc. Rien de bon ne provient de continuer dans cette voie et nous continuons de le faire à notre plus grand péril.

Nous avons aussi beaucoup de fromages et laits à base de plantes et je ne vois aucune excuse valable pour maintenir la consommation de ces «produits» de torture et de misère. Bien que je ne mange plus de nombreux aliments transformés et préfère manger des aliments naturels non transformés comme les légumes, le fromage végétalien était un moyen très utile pour moi d’être « sevrée » de ma dépendance aux sécrétions bovines au départ. Il est facile de trouver Dayia (aux USA) dans de nombreux magasins. En France, il y a des fromages végétaliens à la Bio-Coop ou sur Internet sur des sites comme Un Monde Vegan. Ils sont généralement dans la section fromagère et la plupart des gens ne savent pas nécessairement que c’est végétalien. Faire une recherche en ligne pour le fromage végétalien ou même des recettes de fromage végétalien produira des milliers de ressources. Je n’essaie pas de vous vendre quelque chose ici, mais montrer que nous avons un large choix qui n’était même pas disponible il y a seulement 10 ans. Quelque soit les excuses que vous avez encore de consommer du fromage à base animale, ce n’est tout simplement pas et n’a jamais été valide en premier lieu. Vous devez décider aujourd’hui que vous ne pouvez pas rester accro à quelque chose qui n’est pas naturel dans votre alimentation et, qui va tôt ou tard produire des conditions de santé dangereuses à votre corps. Le lait de vache est lié au cancer du sein, le cancer de la prostate, le diabète de type 1 chez les enfants, etc … Le lait ne fait pas de bien au corps du tout!

La meilleure façon de décrocher d’une drogue est de l’arrêter. C’est tout! Si vous donnez à votre corps une «pause de fromage » pendant au moins 30 jours, vos papilles se réadapteront. Au moment où vous remangerez ces produits, vous ne les trouverez plus attrayants. Méfiez-vous des envies psychologiques que votre cerveau va projeter sur vous pendant quelque temps (comme c’est arrivé pour moi). Mais si vous êtes ferme avec vous-même et votre engagement à une vie totalement sans cruauté, vous ne pouvez faire rien de moins que cela. Manger un régime végétalien avec des aliments entiers et non transformés sera aussi vous mettre sur la bonne voie car il vous aidera à éliminer les dépendances, non seulement à des produits laitiers ou de chair, mais aussi le sucre, le sel et la graisse des aliments transformés.

Quand les humains décident enfin de grandir et de renoncer à ces habitudes enfantines, nous allons enfin avoir un changement de conscience et de maturité. Jusque-là, l’exploitation d’autres êtres continuera d’être lié à l’exploitation d’autres êtres humains. Tout est lié.

Sources:
– « The World Peace Diet » (Nourrir la Paix) par le Dr. Will Tuttle, qui a un long chapitre sur les origines de notre société d’élevage capitaliste moderne. Le livre est traduit en Français.
« The Chalice and the Blade » (La Calice et l’épée) par Riane Eisler qui détaille les sociétés centrées sur les Déesses et l’égalitarisme du néolithique. est référencé, entre autres, par Will Tuttle (ci-dessus).
– Le Dr Neal Barnard a plusieurs articles et livres sur les propriétés addictives des casomorphines dans le fromage. Son plus important sur les dépendances alimentaires est : Breaking The Food Seduction: The Hidden Reasons Behind Food Cravings–And 7 Steps To End Them Naturally, malheureusement pas traduit en Français à ce jour.
– Voir aussi l’article du Dr Barnard sur PCRM.org sur les dépendances au fromage (en Anglais).
– Mon article sur le soja : Soy Beans (pour l’instant pas traduit)
Reflections on the Weston Price Foundation de John Robbins en Anglais.

(1) La Weston Price Foundation est une organisation à non profit et qui promouvoit le travail du dentiste le Dr. Weston Price. Les fondateurs de cette organization ne croient pas que les produits d’origine animale ne soient un problème sur la santé et encouragent sciemment la consommation énorme de viande, de lait et autres produits d’origine animale. Ils ont aussi derrière beaucoup de désinformation sur le soja.

Photo de Pixabay.com (site de photos gratuites).

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Les œufs: L’intérieur de la coquille

Avec Chloé à Gentle Barn (2013)
Avec Chloé à Gentle Barn (2013)

« Tout consommation d’œufs (comme toute consommation de produits laitiers) perpétue l’idée qu’il est moralement acceptable d’utiliser les animaux, et d’exploiter les systèmes reproducteurs féminins. Consommer des œufs de toutes poules envoie un message puissant et dangereux: Il normalise la pratique de contrôler et de marchandisation de l’organisme et des processus de reproduction féminin, et il légitime la pratique de l’élevage des animaux sensibles en tant que propriétés, pour exploiter leur chair et leur sécrétions dont nous n’avons pas de besoin biologique à consommer. » ~ Robert Grillo – Free from Harm

Le refrain spéciste: « Je ne mange pas des œufs industriels mais j’élève des poules et elles sont bien traitées, donc si elles ne souffrent pas, pourquoi je ne mangerais pas leurs œufs. »

Comme beaucoup de mythes de l’exploitation animale, le mythe de la poule « heureuse » et contente de « donner » ses œufs perdure dans l’entendement général. En tant que végane de longue date et sachant ce que sont les œufs, nutritionnellement, et surtout éthiquement, je crois qu’une petite revue de la vérité pour les accrocs d’ovaires animales s’impose.

Les origines des poules:

Les ancêtres des poules et des coqs ont vécu et vivent encore dans les forêts tropicales ou ils ont évolué depuis des milliers d’années. Leurs instincts sont formés à la liberté de mouvement dans des écosystèmes complexes et non dans des cages, jardins ou semblants de « nature » dans le poulailler de quelqu’un. La notion que les poules (qui n’ont rien perdu de leurs instincts malgré les manipulations génétiques faites par les humains) peuvent être « heureuses » dans la poulaillerie faite maison d’un éleveur amateur et encore moins d’une ferme industrielle est ridicule. Comme tous les êtres vivants, les poules veulent suivre leur nature et avoir une grande liberté de mouvement pour former des relations complexes et hiérarchiques normales pour elles et élever leurs bébés. L’orgueil humain qui pense toujours savoir ce qui est « bon » pour d’autres êtres sensibles est une fois de plus mal placé. Il dit prétentieusement que les poules ne sont là que pour « donner » des oeufs et c’est tout. Mais, comme les chiens et les chats (et tous les animaux de la planète), elles ont des charactères et personalités uniques et forment des relations avec les autres.

Il est notamment prouvé par toute personne ayant travaillé dans des sanctuaires d’animaux de fermes que les poules, une fois sorties de leur enfer (ou elles n’ont généralement connu que les cages depuis leur naissance) retrouvent rapidement leurs instincts naturels même si elles n’ont jamais été dans la nature. Et j’ai pu le constater moi-même en visitant le sanctuaire The Gentle Barn en Californie à plusieurs reprises.

Manger des œufs est du sexisme:

L’exploitation animale repose sur l’exploitation du système reproductif des animaux femelles. Les poules (et autres volailles), représentant 90% de la production mondiale, sont les femelles les plus exploitées pour leur système reproductif sur la planète. Dans un monde patriarcal, ce n’est pas une surprise. Ce que l’on fait aux animaux se fait tôt ou tard sur les humains. Vu que la majorité des animaux d’élevage sont femelles, est-ce donc étonnant que l’on voit autant de violence également envers les femmes dans le monde? Tout est connecté. Une mentalité (originellement masculine) d’exploitation de la vie animale est automatiquement appliquée à l’être humain. Les mâles, bien entendu, sont tués à la naissance (dans l’élevage pour les œufs) pendant que d’autres (manipulé génétiquement différemment) sont élevés pour leur chair. Mais il n’en reste pas moins que la grande majorité des animaux mâles ne sont d’aucune utilité pour l’être humain (donc tués) dans sa mentalité élitiste d’exploitation et que ce sont principalement les femelles qui sont exploitées, mutilées (coupage des becs, etc.) et souffrent le plus longtemps.

Pondre un seul oeuf représente un très gros effort physique pour une poule car c’est entre 24 et 26 heures de travail physique. Pour chaque œuf produit, une poule perd 10% du calcium logé dans ses os (qui sert à la formation de la coquille) et donc, dans la nature, les poules sauvages pondent seulement entre 6 et 15 œufs par an et uniquement au printemps. On est à milles lieues de l’intense demande qui est faite sur elles 365 jours par ans et 24 heures sur 24 pour produire quelque chose qui n’a rien à faire dans le corps humain. Et c’est aussi pourquoi les os des poules d’élevages se cassent facilement. Elles souffrent d’énormes problèmes d’ostéoporose dus à la perte du calcium et cela tue entre 30 et 35 % d’entre elles dans les élevages industriels.

L’industrie massacre globalement chaque année 6 milliards de bébés mâles. Et même si des pays comme l’Allemagne arrêtent de les broyer (ce qui est évidemment plus « humain »), c’est une goute dans un océan de violence. Arrêter de broyer ces bébés est évidemment moins cruel mais cela ne va que rassurer les consommateurs sur l’idée que manger des œufs est maintenant « plus humain » et donc leur donner une excuse de plus pour continuer à les manger. Cela n’aide pas les animaux globalement car ils restent toujours exploités futilement et sans nécessité.

Les bébés que les gens veulent élever dans leur jardin viennent de plus des mêmes couvoirs industriels que leurs frères et sœurs de l’industrie. Autrement dit, en achetant des poussins de ces couvoirs, on donne de l’argent à une industrie qui tue des millions de poussins mâles chaque année et n’est rien d’autre qu’une usine à bébés. En quoi est-ce donc éthique?

De plus quelle est réellement la motivation psychologique des gens qui veulent avoir des poules? Comme le dit mon ami et écrivain Charles Horn:

«Si le désir est là pour manger les œufs, est-ce que cela va consciemment ou inconsciemment aller dans la décision d’adopter en premier lieu? Si oui, l’intention n’a jamais été uniquement de fournir un refuge; c’était aussi une intention d’exploitation. »

Péritonite de jaune d'œuf
Péritonite de jaune d’œuf

« Si les choses se versant de cette poule (photographiée ici lors d’un examen post-mortem) vous rappelle les œufs brouillés, vous n’êtes pas loin du compte. Ce que vous voyez est plus d’une livre de matière d’œuf non passée qui a pourri à l’intérieur de cette poule et qui l’a tuée à cause d’une condition bien connue appelée « péritonite de jaune d’œuf (Tumeur péritonique vitellus) » , un trouble de la reproduction extrêmement commun, et un tueur fréquent des poules utilisées pour leurs œufs. La péritonite est le résultat de la rupture de la carapace d’œufs minces ou autrement malformés dans l’oviducte. Les œufs à carapace minces sont communs dans les poules pondeuses parce que les oiseaux n’ont pas les réserves de calcium suffisantes pour produire les taux élevés constants de coquilles qui leur est imposé dans la surproduction. Lorsque les œufs de poules cassent à l’intérieur, cela conduit à une accumulation de matière d’œuf en décomposition dans l’oviducte et l’abdomen.~ Robert Grillo – Free from Harm

Mais sauver les poules ne leur évite pas toujours de cette maladie horrible. Mon ami Jordan Wyatt de la Société Végane d’Invercargill en Nouvelle Zélande sauve des poules et prend soin d’elles (et il ne mange pas leurs œufs) et a à plusieurs reprises vu la souffrance des poules dues aux conditions dont elles sont venues. Cette maladie (et d’autres) est devenue routine pour lui.

Qu’est-ce qu’un œuf?

Les poules ont un cycle qui peut être quotidien pendant certaines périodes de l’année. Comme les femmes, les poules ont des ovaires, mais seulement l’ovaire gauche se développe pleinement. Cet ovaire envoie un jaune sur sa trajectoire. Cette forme de jaune que nous connaissons en fait comme un « blanc d’œuf », se déplace à travers le tractus génital dans la glande de la coquille. La coque prend environ 21 heures pour se former et produire un œuf, non fertilisé. Ainsi, une «menstruation» humaine est un cycle de reproduction non fécondé et les œufs à l’épicerie sont les cycles de reproduction non fécondés d’une poule. Pour obtenir un œuf fécondé, le cloaque de la poule doit être fécondé par le sperme du coq. On ne peut pas être plus clair.

Les supposés bénéfices nutritionnels des œufs:

On nous bombarde de publicités ventant les bienfaits des œufs. Oui, les œufs contiennent de la B12, des protéines, certaines vitamines comme la vitamine D et effectivement, tout cela est important. Mais les œufs, ce sont aussi des risques de contamination de salmonelle (due à la fragilité des coquilles), 70% de calories en gras saturés, aucune fibres et 200 milligrammes de cholestérol chaque jour qu’ils sont mangés. Le soit disant bénéfice de la B12 ignore le fait que la B12 est avant tout une question d’absorption plus que de quantité (seulement 5 microgrammes par jour, ce qui est minuscule). Un végan prenant des aliments renforcés en B12 (en quantité suffisante) ou un supplément absorbe bien mieux qu’un omnivore, sur un régime fortement carné qui mangent des œufs pour la B12 (ou autre soi-disant bénéfice).

Au delà de ça, la consommation d’œufs, disons 1 et demi par jour, augmente les risques de cancer du colon par cinq, le cancer du rectum et le cancer de la vessie. Le cancer de la prostate peut augmenter jusqu’a 81 % pour les hommes qui mangent régulièrement des œufs. Une large consommation d’œufs multiplie les risques de diabètes de 68 à 77 % chez les femmes notamment. Les risques de complications cardiovasculaires peuvent augmenter jusqu’a 83% et provoquer des crises cardiaques. Et si l’on ajoute le problème des protéines animales qui sont acides et vont a l’encontre de nos besoins d’alcalinité, les œufs sont clairement faits pour créer des poules et non nourrir les humains. Le blanc d’œuf, supposément meilleur pour la santé, n’est rien d’autre que la structure qui fabrique le corps du poussin (si l’œuf est fécondé).

 

Les œufs provenant de poules sauvées de l’élevage:

Ceux qui sauvent et adoptent des poules se trouvent face à un autre dilemme éthique. Est-il éthique de manger les œufs des poules que l’on sauve?

Il y a une énorme différence entre une poule sauvage et une poule domestique. Une peut vivre jusqu’a 30 ans dans la nature, tandis que l’autre, si elle supporte la phase d’exploitation de ses organes reproductifs pendant 2 ans, pourra peut-être vivre environ 4 à 6 ans. Les poules sauvages pondent des œufs pour une seule raison, la reproduction, comme d’autres animaux, et donc elles pondent rarement. Encore rien à voir avec l’exploitation que l’on inflige a celles que nous utilisons.

« Nous estimerions qu’il serait inacceptable de, par exemple, sauver un chien utilisé pour les combats (de chiens) et de faire valoir que, vu qu’il est déjà formé au combat et a grandi en se battant, en échange de l’adopter et de lui offrir un refuge, nous lui permettons de lutter contre d’autres chiens et placer des paris sur lui. Ou peut-être nous pouvons le laisser être un chien de garde quelque part ce qui pourrait le mettre en danger. Il pourrait ainsi ‘gagner sa subsistance’, car il va être un combattant toute façon. Mais bien sûr, nous n’utiliserions jamais cette logique avec un chien sauvé. Même si nous ne sommes pas la cause directe de la souffrance de la poule, en mangeant ses œufs, nous bénéficions de ce qui la fait souffrir, c’est a dire, une reproduction  » truquée « , qui ne serait même pas possible sans les pratiques de manipulations génétiques et de reproduction à l’échelle industrielle dont nous affirmons déjà l’opposition, au motif qu’elles sont horriblement cruelles . » ~ Robert Grillo – Free from Harm

Le système reproductif des poules est effectivement « truqué ». Il n’a rien de comparable ou de normal comparé à celui de leurs cousines sauvages. Nous sommes responsables de la souffrance de ces poules. Imaginez un instant que l’on force les femmes à avoir des enfants constamment. Vous ne diriez pas, c’est ok de les héberger en échange d’avoir des enfants sans arrêt.

Mais si l’on regarde bien, en fait, n’est-ce pas familier? N’est-ce pas ce que des millions de femmes subissent au sein du monde patriarcal de certaines parties du monde? Dans notre monde aseptisé et dominé par la médecine masculine, les femmes ne savent plus déterminer leur moment de fécondation comme le font les femelles animales dans la nature. Pourtant, ce sont des connaissances ancestrales que nos sages ancêtres connaissaient. La médecine étant dominée par les hommes, la sagesse et la connaissance féminines ont été éliminées. De même, nous le faisons avec d’autres animaux et nous nions leurs besoins naturels et innés et ce qui devrait être normal pour eux. Nous  utilisons les mêmes attitudes réductionistes pour les corps des femmes comme pour les corps des animaux femelles.

C’est la domination du féminin dont Will Tuttle parle dans son best-seller « The World Peace Diet » (Nourrir La Paix) et qui est derrière une grande partie des problèmes éthiques qui nous font face vis-à-vis des animaux ET des femmes dans une société dominée par la mentalité d’exclusion et d’exploitation masculine.

« L’idée clé est que la révolution qui est arrivé il y a 8 000 à 10 000 ans quand nous avons commencé à posséder des animaux pour l’alimentation et commencé à dominer spécifiquement les femelles pour que nous puissions prendre leurs bébés et essayer de manipuler leurs modes d’accouchement est ce que je pense est allé avec le changement dans la façon dont les hommes ont vu les femmes. Je pense que, jusqu’à ce point – et cela a été discuté par quelques anthropologues – les femmes étaient très respectées, parce qu’elles faisaient quelque chose que les hommes ne pourraient jamais faire: Elles pouvaient apporter une vie nouvelle en elles-mêmes. Donc, il y avait toujours ce sentiment de respect pour les femmes en raison de ce pouvoir qu’elles avaient. Et quand les hommes ont commencé à posséder des animaux et essayé de leur faire avoir autant de bébés que possible et qu’ils ont commencé à voir comment ils pouvaient manipuler les lignées pour que certains d’entre eux aient des bébés avec des qualités plus positives, ils ont commencé à regarder les femmes comme ils regardaient leurs chèvres et leurs moutons. Fondamentalement, seulement comme des récipients pour le principe masculin. Et, tout comme les moutons et les vaches ont perdu leur respect, les femmes ont commencé à perdre leur respect. » ~ Interview de Will Tuttle

Que faire des œufs des poules sauvées?

Vu qu’il n’est pas question de, premièrement, manger des œufs pour la santé et, deuxièmement, profiter des poules à cause de leur vulnérabilité et du fait qu’elles ont déjà bien été exploitées, il serait la moindre des choses de leur rendre service. Dans les sanctuaires, les œufs sont généralement redistribués aux poules elles-mêmes.

Les poules remangent leurs œufs pour récupérer le calcium (et autres nutriments) qu’elles ont perdu (et souffert) afin de pondre. Ouvrez l’œuf et laissez la poule le manger! Apres tout, cet œuf est le sien, il lui appartient. Nous n’avons aucun droit sur ce qu’elle a créé pas plus que nous n’avons le droit d’exploiter le corps des femmes.

Nous n’avons pas besoin de manger des œufs, mais les poules si!

« La domestication est un contrat social que les animaux ne signent pas (nous les amenons dans ce bourbier), et qui exige nécessairement une dynamique d’exploitation entre eux et nous. Nous les faisons venir au monde comme des êtres vulnérables (les animaux ‘domestiqués’ ne pourraient pas survivre de manière indépendante dans la nature), et ensuite nous commençons leur exploitation pour diverses raisons. » ~ Maya Shlayen

Si vous aimez les omelettes, créez des omelettes véganes absolument délicieuses. Essayez cette recette d’omelette végane aux champignons sur le site Des Epices et des Graines. Oubliez les oeufs dans votre alimentation, ils n’ont rien de bon pour vous et ce n’est que de la cruauté. Il est facile de végétaliser beaucoup de plats qui souvent demandent des oeufs.

Sources:

– Backyard Chickens: Expanding Our Understanding of Harm: Free from Harm

– Eggs: What you’re really eating – Free From Harm

– Pasture Raised Eggs: the Humane, Sustainable Fiction – Free from Harm

– 12 Egg Facts the Industry Doesn’t Want You to Know – Free from Harm

– Cage-Free Eggs – The Humane Myth

– Will Tuttle « Beyond I’m not Vegan Anymore » – Article sur One Green Planet

– Are Eggs Chicken Periods? A Nurse Gives the Lowdown – Les oeufs vus par une infirmière.

– Comment les œufs de poules se forment-ils – Espace Science

– D’ou viennent nos œufs? Blogbio (exploiteurs mais informatif)

– Fiche œufs: Passeport Santé (site nutritionnel non-végan)

– Cholestérol : le jaune d’oeuf presque aussi mauvais que le tabac – Futura-Sciences

– Les salmonelles – Agriculture Gouv (site du gouvernement)

– What’s wrong with eggs – Forks Over Knives (La Santé dans l’Assiette):

– Contraception naturelle – Ma Sexualité

– Du sang et des femmes. Histoire médicale de la menstruation à la Belle Époque

– Interview de Will Tuttle (auteur de Nourrir La Paix – Edition L’Age d’Homme) – Sylvie + Maryl

– Qu’est-ce qui ne va pas avec les œufs ? Kwaice

– Les poules pondeuse – Animalter

Maladies et parasites (chez les poules et autres animaux)

– Eggs From Rescued Hens – Rooster Sanctuary

– L’excellent livre de mon ami Charles Horn « Meat Logic » (en Anglais).

– Les malheurs de « Curious Hen » – Le blog de mon ami Jordan Wyatt de la Société Végane d’Invercargill en Nouvelle Zélande :

– L’Allemagne arrête de broyer les poussins – VegActu Mag

– Remplacer les Oeufs – Association Végétarienne de France

Nourrir La Paix (The World Peace Diet) de Will Tuttle aux Editions l’Age d’Homme – référence incontournable du véganisme américain du 21ème siècle.

– Le sanctuaire The Gentle Barn en Californie : http://www.gentlebarn.org/

– Mon album photo de The Gentle Barn

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Photos:

Haut: Avec Chloé au sanctuaire The Gentle Barn en 2013.

Milieu: Egg yolk peritonitis – Free from Harm website

Bas : 2013Chicks – photo www.Pixabay.com (free photo stock)

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