Elections législatives: Un troisième tour pour les animaux et la planète

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Historiquement parlant, les élections législatives sont généralement boudées par les électeurs au profit des élections présidentielles qui ont elles-même un fort taux d’abstention. Pourtant, de ces 20 dernières années, les élections législatives du 11 et 18 Juin 2017 seront probablement les plus importantes que nous ayons eu depuis très longtemps si nous voulons des progrès pour les animaux et la planète.

Je suis particulièrement en colère contre le journaliste « antispéciste » Aymeric Caron pour s’être abstenu de voter au premier tour des élections présidentielles et de ne pas avoir appelé à voter pour Jean-Luc Mélenchon. Sa notoriété aurait probablement énormément aidé vu que Jean-Luc Mélenchon ne s’est retrouvé qu’à 600 000 voix du second tour. Ma colère envers Aymeric Caron vient notamment du fait que sa raison est que Mélenchon n’est pas « antispéciste » (il le dit sur sa page Facebook). Ce sont une remarque et une position hallucinantes lorsque l’on considère que:

  1. Jean-Luc Mélenchon n’a jamais prétendu être antispéciste et
  2. que la position de M. Caron envers Jean-Luc Mélenchon coute chère aux animaux et aux arbres qui se contrefichent de savoir si il est parfait mais si son programme va faire une différence pour eux (bien sur les arbres peuvent en témoigner encore moins que les animaux mais vous savez ce que je veux dire).

Je considère donc que M. Caron, de part sa position a considérablement désservi la cause animale et il s’étonne maintenant de la réaction de colère à son égard de la part de nombreux végans et militants animalistes sur sa page et choisit d’y répondre avec, il semble, (fausse?) incompréhension. Soit il est stupide (et je ne le pense pas), soit il se sent stupide et choisit de contourner (en bon journaliste typique de ce journalisme médiocre qui pullule sur nos programmes télé) sa propre incohérence pour ne pas passer pour un idiot.

Histoire de prouver qu’il est à coté de la plaque, il a publié deux articles dans le journal Libération; l’un appelant La France Insoumise et Jean-Luc Mélenchon à investir des candidats du Parti Animaliste pour défendre les animaux et l’autre pour se plaindre que l’ex-torera Marie Sara soit investie par La République En Marche! et donc Macron (un peu tard non?).

Je suis évidemment d’accord avec l’idée que des candidats animalistes puissent être investis. Ils nous faut urgemment des députés pro-animaux à l’Assemblée Nationale pour porter cette cause. Cependant, Aymeric Caron ne semble pas avoir réalisé que le Parti Animaliste n’est pas plus antispéciste que la France Insoumise et, la position du parti étant animaliste et rien d’autre, ses candidats n’accepteront jamais de porter le programme de la France Insoumise (ce qui est requis de tout candidat se présentant en tant que FI). De plus, même si le programme du parti contient des mesures abolitionistes comme la fin des corridas et des animaux dans les cirques, il ne remet pas en cause le spécisme de notre société, tel que défini justement dans le livre « antispéciste » du dit M. Caron. Faut-il qu’il réécrive son livre pour redéfinir l’antispécisme? Ou bien a-t-il eu peur que Mélenchon vienne lui prendre plus d’impots avec sa révolution fiscale? Je l’ignore mais je le trouve en tout cas d’une hypocrisie inouie.

Maintenant que j’ai dit ce que je pensais de notre cher défenseur de la cause animale, passons au sujet capital des législatives.

Deux positions s’offrent à nous: voter pour des candidats de La France Insoumise ou du Parti Animaliste. Ma position est claire: je voterai France Insoumise. Non pas que je pense du mal du Parti Animaliste, bien au contraire mais que, malheureusement, d’un point de vue statégique, Le Parti Animaliste ne sert absolument à rien dans les enjeux de ces élections.

Il faut bien comprendre que si nous laissons une majorité au président Macron et son premier ministre Edouard Philippe, nous courrons à la catastrophe sur tous les plans: sociaux, environnementaux et bien sur en ce qui concerne la cause animale. Ce gouvernement a quatre ministres pro-corrida, un premier ministre et un président pro-nucléaire, OGM, pesticides. Ils veulent casser le code du travail ce qui plongera encore plus de gens dans la misère (et au suicide, car c’est courant). Macron veut ramener les chasses présidentielles en bon monarque qu’il est. Et je ne parle même pas des retraites de nos parents (ou des notres) qui vont couler encore plus. Bref, ce gouvernement, SUR TOUS LES PLANS, est une horreur. Malheureusement, ce n’est pas le Parti Animaliste qui va changer cela. Par ailleurs, j’ai une vision globale de la société qui ne s’arrête pas soit uniquement aux humains, aux animaux non-humain ou juste à la planète. C’est un tout lié, interconnecté, indivisible. Changer un élement en change d’autres. C’est une loi de la biodiversité. Je ne vais pas m’étendre ici sur le pourquoi et comment tout est interconnecté sur notre planète si ce n’est recommander la lecture de « Nourrir La Paix » de Will Tuttle qui explique magnifiquement ce principe.

Pourquoi dois-je me préoccuper des législatives? me dirais-vous. C’est très simple. Si la France Insoumise obtient une majorité à l’Assemblée Nationale (autrement dit 289 sièges sur 577), elle aura les moyens de bloquer énormément de mesures du gouvernement Macron mais aussi de faire avancer les mesures de L’Avenir en Commun, le programme de La France Insoumise. Et pour ceux qui ne le savent pas encore (ha bon?), la FI a énormément de bonnes choses prévues pour les animaux.

Voter pour la France Insoumise aux législatives peut permettre qu’elle soit majoritaire et donc permettre de faire ce qui suit (et qui était prévu par le candidat Mélenchon): déclencher un référendum pour une VIème république qui permettrait de mettre la Règle Verte dans la Constitution ainsi que les animaux et donc de pouvoir y mettre le droit pour les animaux de ne pas être considérés comme des objets et à ne plus souffrir (et donc à plus long terme de faire interdire des horreurs comme la corrida ou les combats de coqs parce qu’elles deviendront anti-constitutionnelles), éliminer l’élevage industriel, autrement dit sortir 98% des animaux exploités et tués pour leur chair, leur lait, leurs oeufs etc, de la pire forme d’élevage qui existe. Bien sur ce n’est pas la fin de l’élevage mais cela veut cependant dire que pour avoir une agriculture paysanne comme le prévoit la FI signifie une énorme réduction du nombre d’animaux exploités et tués, chose impossible tant que l’élevage industriel et l’agriculture chimique existent. Cela veut également dire que des mesures comme l’interdiction des animaux dans les cirques, les alternatives à l’expérimentation animale seraient également possibles. Et n’oublions pas que beaucoup de végans ont compté sur le vote Jean-Luc Mélenchon pour faire enfin avancer la cause animale d’un grand bon.

Aussi important à remarquer: chaque candidat de la FI signe la charte d’Anticor, autrement dit contre la corruption qui rend possible la révocation des élus, chose prévue dans le programme et dans une nouvelle Constitution. Autrement dit, quel que soit le candidat qui soit dans votre circonscription, vous votez pour quelqu’un qui doit s’efforcer d’appliquer le programme L’Avenir en Commun, et rien d’autre!

Nous n’aurons peut-être jamais une opportunité comme celle ci à nouveau! Donc ces élections législatives, votons en masse pour casser les pieds le plus possible à ce gouvernement minable et mettons un maximum d’insoumis à l’Assemblée Nationale!

 

 » Que répondez-vous à ceux qui disent, qu’il y a des problèmes plus urgents à traiter que la cause animale ?
JLM: La question ne se pose pas de cette façon. Il faut en effet identifier en quoi la cause animale traverse plusieurs sujets fondamentaux pour notre avenir : la considération des animaux avec respect va de pair avec le souci d’une société apaisée, en harmonie, dont le logo du mouvement France insoumise est le symbole. C’est aussi un élément essentiel de la préservation de notre écosystème et enfin, de la qualité de notre alimentation. »

(extrait des réponses à Béatrice Majewski, Téléstar)

Charlotte Girard (coordinatrice du programme de la FI) sur la position de la France Insoumise concernant la corrida: « Notamment, je souligne que notre candidat a repris notre proposition de faire rentrer les animaux dans la Constitution. Dès lors, une partie de l’arsenal législatif actuel deviendra caduque ; il suffira soit d’abroger les lois qui seront devenues anti-constitutionnelles, soit d’attaquer en justice les lois qui tomberont une à une, car anti-constitutionnelles. Dès lors, dans un horizon de trois ans maximum, si la volonté d’abolition est vraiment majoritaire dans ce pays, nous aurons une Constitution et un arsenal législatif qui mettra fin aux corridas.« 

 

Sources:

 

© Copyright Mai 2017 – Vegan EmpowermentFrancophone / Veronique Perrot – Tout droits réservés. Toute utilisation et/ou publication non-autorisée de ce matériel sans l’autorisation verbale ou écrite de cette auteur et/ou de cette propriétaire est strictement interdite. Des extraits ou des liens peuvent être utilisés si un crédit clair et complet est donné avec une direction spécifique et appropriée vers le contenu original.

 

Cuba « Le Diable Rouge », les Etats-Unis »champions de la démocratie » et autres mythes qu’on nous vend…

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Pour une fois, je ne vais pas écrire un blog en ce qui concerne les animaux (bien que l’idée de ce blog me soit venue à l’écriture de mon livre « La Révolution Végane: Pourquoi et comment changer? » à paraitre bientot).

Je vais vous parler de deux pays dont on nous rabache constamment des idées vraies ou fausses mais qui, avec les élections, prennent une importance exceptionnelle: Cuba et les Etats-Unis.

Jean-Luc Mélenchon a été critiqué pour vouloir insérer la Guyanne Française (vous savez l’ile préférée d’Emmanuel Macron) dans l’alliance coopérative de l’ALBA. Je ne vais pas revenir sur ce qu’est l’ALBA, allez donc lire le programme de la France Insoumise pour connaitre son role et écouter ce qu’en dit Jean-Luc Mélenchon sur le sujet.

Cependant, les mots Cuba et Etats-Unis ont été prononcés sur les réseaux sociaux et soudain toute la sphère a été envahie par ceux qui crient à la dictature dès qu’on parle de Cuba et ceux qui crient « quelle horreur, on ne peut pas sortir de l’OTAN, que ferions-nous sans les Américains face aux Russe! » bla bla bla. Ce que je trouve pathétique à notre époque est le degré d’ignorance intellectuelle dans lequel les français, comme les Américains, sont tombés dès qu’il s’agit de la géopolitique du monde. En cela, je reconnais le génie de la propagande Américaine qui a envahi nos oligarques des médias et nous bombardent le cerveau depuis très longtemps à la même sauce libérale que les Américains. D’ailleurs, si nous refusions d’être assimilés, McDonald et Monsanto n’auraient jamais plus s’implanter aussi facilement chez nous.

Mais revenons à la dictature Cubaine, telle qu’elle est dépeinte par les pays « développés » de l’occident. Cuba a été dirigée d’une main de fer, on nous dit, par Fidel Castro puis par son frère depuis la révolution cubaine. La presse n’est pas libre (presse d’état), les Cubains sont misérables, etc etc etc.

Alors précisons quelques points cependant qui semble échapper à notre entendement collectif bourgoisé par la propagande Américaine: Oui Fidel a renversé un gouvernement, celui de Batista qui avait été installé par la CIA pour controller le pays et ses ressources. C’est une habitude charmante que les Américains ont de traiter leurs voisins quand ils s’opposent à leurs intérets. S’ils n’aiment pas un gouvernement démocratiquement élu, par exemple Allende au Chili, ils le renversent sournoisement, installent leur homme, tel Pinochet, et font ce qu’ils veulent après du pays en arrosant leur homme de main à coups de dollars et en y installant leur politique néo-libérale de pillage des ressources.

Bizarrement, Castro n’a pas été d’accord et a décidé que Batista et ses potes oligarques, qui semaient la terreur dans le pays, devait être foutu dehors. Au mon Dieu, il avait osé aller contre les Américains sur le sujet pour libérer son pays. Donc, il finit par le renverser et s’installer à sa place. Bien sur, et là je suis d’accord avec beaucoup, il aurait surement du installer un régime plus démocratique avec des élections de temps en temps. Mais bon, les gens étaient avec lui et il ne semblait pas être pire que Batista. D’ailleurs, ceux qui ont gueulé le plus contre Castro étaient surtout les oligarques (bien blancs) qui se sont vite barrés en Floride. Ces mêmes oligarques (et leurs rejetons) pas contents d’avoir été expropriés de leurs terres pour qu’elles soient redistribuées à ces pouilleux de paysans pauvres, sont devenus pour certains des agents de la CIA et ont contribué à pas moins de 638 tentatives d’assassinat contre Castro depuis son accession au pouvoir.

Donc, Cuba, cette alliée des Soviétiques, ce « diable rouge », « ce monstre sanguinaire », comme la nomme souvent certains politiciens Américains, a décidé de son propre destin. Ce petit pays, sous l’embargo Américain depuis les années 50, embargo condamné par l’ONU de nombreuses fois, a réussi des exploits sous bien des points:

  • Santé 100% gratuite: haut niveau médical, un des meilleurs au monde. Des centaines de médecins cubains partent chaque année pour soigner les gens dans les pays pauvres, bien plus que les Américains, ou les Français. Leurs découvertes scientifiques ne sont pas en reste (notamment en ce qui concerne le Sida).  Comme le rapporte Médiapart: « Ainsi, depuis leur lancement, près de 132 000 médecins cubains et autres personnels de santé ont bénévolement œuvré dans 102 pays. Au total, plus de 85 millions de personnes ont été soignées à travers la planète par les médecins cubains qui ont ainsi sauvé 615 000 vies. Actuellement 31 000 collaborateurs médicaux offrent leurs services dans 69 nations du Tiers Monde. »
  • Education: d’une nation très illetrée, Cuba est devenue une des nations les plus lettrées du continent et du monde avec un taux de 0,2% de la population, bien en dessous de beaucoup d’autres pays. En France, cela va de 7% à 9% suivant les années!
  • Agriculture 100% bio: quand les Soviétiques se sont retirés après la chute du mur de Berlin, les Cubains n’étaient plus approvisionnés en pétrole, et Castro lança alors un vaste programme d’agriculture vivrière partout dans le pays avec le résultat que les cubains se nourrissent (et très bien, il n’y a plus de famine), à 70% de leur agriculture vivrière (en fruits et légumes) et n’importent que 30% de ce qu’ils leur manquent. Comme disait Mélenchon en parlant de Haiti, ils donneraient beaucoup pour avoir Fidel plutot que d’avoir à se nourrir de terre pour apaiser leur faim.

Et tout ça avec l’embargo Américain! On peut donc penser ce que l’on veut du régime des frères Castro mais lorsque Fidel est mort, des millions de gens sont venus lui rendre hommage et ce n’était pas imposé par les militaires comme on voudrait nous le faire croire sur les médias corporatistes. Bien sur les enfants des oligarques, tranquillement installés avec leur cocktails à Miami, eux, se réjouissaient de sa mort et notre presse vendue aux oligarques néo-libéraux, à l’exception de L’Humanité (ok c’est les communistes, vous en avez rien à foutre!), s’en est réjouis également, grand contraste avec les réactions des pays altermondialistes qui se sont reconnus dans ce qui a été fait à Cuba.

L’Amérique, ce « champion de la démocratie » en revanche est celle qui nous inspire pour tout: ces séries télés violentes, ces merveilleurs films de guerre à la gloire de l’armée ricaine, ses McDonald dont nos gosses rafolent, ces OGMs si vitaux à notre agriculture, ces fermes usines que NAFTA et CETA amèneront encore plus sur notre territoire, son néo-libéralisme basique qui fait que tout peut-etre vendu y compris le cerveau de nos gosses à l’autel de l’Ubérisation. Ouais, quel pays formidable ces Etats-Unis! Ou étiez-vous jusqu’en 1944 quand tout le reste du monde se battait contre les nazis? USA! USA! USA! Bon bref.

Oui les Etats-Unis sont une grande puissance démocratique que nous adorons. Pour preuve, nous avons adoré les élections truquées de 2016, dans lesquelles tous les indésirables (les noirs, les latinos, les asiatiques) ont été éliminés pour être sur qu’ils ne voteraient pas pour Clinton ou Sanders. Comment gagner une élection? très simple: faites en sorte que ceux qui ne votent pas comme vous aient fait de la prison pour leur enlever leur droit de vote pour toujours. Faites en sorte que sur les 25% des prisonniers au monde dans les prisons américaines (pour seulement 5% de la population mondiale) soient surtout des gens qui n’aient pas votre couleur, car ils votent pour votre ennemi. Allez aux bureaux de vote (après avoir éliminé un maximum d’entre eux pour allonger les files d’attente et ainsi dire aux noirs, « sorry! les bureaux sont fermés, trop tard! »). Et soyez sur de dire que du mal de votre ennemi (Bernie Sanders) en disant qu’il est « athé » (oh la la aux USA, ça ne passe pas!), qu’il est « socialiste » (oh quelle horreur un communiste!) afin d’être sur que votre oligarque va passer. Du coté Trump, faire le fanfaron avec des remarques sexistes, racistes, pour obtenir un maximum d’antenne gratuite sur les médias de vos copains (Bernie Sanders n’a pratiquement pas été couvert par les médias) et promettre un énorme mur avec le Mexique car bien sur les Mexicains volent tous les boulots des braves Américains.

Ca ne vous rappelle pas un peu nos élections?

En bref, voilà pourquoi nous vénérons les Américains: la démocratie et le néolibéralisme.

Je connais bien les Etats-Unis, j’y ai vécu 18 ans. J’en apprécie la plupart des gens mais en ayant la perspective que leur éducation est bien pire que la notre (pourtant massacrée par nos propre néo-libéraux) et qu’ils ne sont qu’une masse manipulée par les médias et la publicité. les Etats-Unis sont tout sauf une démocratie (« Je m’en fiche, Castro est un dictateur! bla bla bla » ok ça va). Il y a presque 47 millions de pauvres aux Etats-Unis. Le peu qu’Obama avait fait pour la santé (déjà pathétique avec Obamacare) est maintenant démantelé par Trump qui veut même enlever les aides aux vieux et aux handicappés (normal, ils ne servent à rien aux yeux des oligarques). Se soigner aux Etats-Unis revient à en avoir les moyens, ce que la plupart n’ont pas. Autrement dit, pour penser au système Américain, ne regardez pas plus loin que le programme de François Fillion qui est près à nous faire embrasser ce système si formidable.

Les médias Américains sont aussi libre que ceux de Cuba. C’est à dire pas du tout. (au fait les notres non plus puisque nous sommes 45ème en terme de « liberté de la presse »). 5 mégas corporations détiennent pratiquement toute la presse américaine avec la même ligne néo-libérale (pro-guerre bien sur) que la notre, vous savez notre superbe presse libre avec ces oligarques qui dirigent 90% de nos journaux.

J’ai visité des fermes-usines en Californie. J’y ai vu des milliers de vaches dans la boue et les excréments et des lacs entiers de merde et d’antibiotiques. La puanteur et les mouches étaient partout. Beurk! Ce qui ne veut pas dire que les animaux élevés en « bio » ou autre mythe de « viande heureuse » ne sont aussi ma tasse de thé. Mais il y a quand meme des degrés dans l’horreur. Si nous écoutons tous les politiciens (sauf Mélenchon évidemment), les traités CETA et TAFTA sont une chose merveilleuse.

Non, et non! Je ne veux ni des fermes-usines, ni des OGMs, j’en ai marre des McDo’ et de leur bouffe de merde qui rend obèses nos gosses (personnellement je m’en tape, je suis végane après tout mais je pense aux autres), ni de ce fichu néo-libéralisme qui transforme toute vie (humaine ou non) en marchandise que ces adorateurs de la « mondialisation heureuse » comme Macron veulent nous vendre sans relache à coup d’Ubérisation.

Oui Cuba a été sous les mains d’un même seul homme pendant des décades, oui les Etats-Unis sont une « démocratie », du moins techniquement. Mais franchement, il faut savoir passer au-delà de l’apparence et vraiment regarder les choses en profondeur. Il n’y a de perfection nulle part. Au bout du compte, lequel des deux pays a vraiment été démocratique? Celui qui a nourrit son peuple en lui donnant les moyens d’être alimentairement le plus indépendant possible et en mangeant bio, lui a donné une éducation et une médecine gratuites depuis des années malgré cet horrible embargo? Ou un pays qui se dit démocratique mais laisse des millions de pauvres gens en prison (pour qu’ils ne votent pas notamment), des millions de gosses sans service médical et sans bouffe de qualité en dehors des fast-food, celui qui a une presse d’état avec une seule ligne ou celui qui a des centaines de chaines qui vendent toutes le même message de « consommez, consommez, consommez! » et les « regardez ces magnifiques images » (le journaliste Brian Williams ayant l’air de se masturber mentalement devant les bombardements des Américains en Syrie).

Rien n’est parfait, ni d’un coté, ni de l’autre, rien n’est ni blanc ou noir. Donc il faut savoir avoir de la perspective et cesser de gober toute la propagande que l’on nous donne pour diaboliser tel ou tel peuple. On en ressortira d’autant plus grands et ouverts à apprendre des autres.

Sources:

  • Macron et la Guyanne! Médiapart
  • Dexintoxt: Qu’est-ce que l’ALBA – Youtube JLM2017
  • Revue de la semaine 25 de Jean-Luc Mélenchon: Médias, Alliance Bolivarienne (ALBA), eau mortelle, Lille, Hologrammes, sur Youtube
  • Programme de L’Avenir en Commun de la France Insoumise: LAEC
  • Pourquoi sortir de l’OTAN: sur L’Avenir en Commun LAEC
  • « Baie sanglante », la baie des cochons; Acta Diurna
  • « Coup d’état du 11 septembre 1973 au Chili » Wikipedia
  • Les oligarques exilés de Cuba: extrait « L’exceptionalité Cubaine en Floride », Open Edition
  • « La CIA, Cuba et l’Opération Peter Pan », Counterpunch dans le Grand Soir

  • « Avec 638 tentatives d’assassinat, Fidel Castro bat les records ! » – Egalité et Réconciliation
  • « Cuba : un embargo en vigueur depuis plus de cinquante ans », Le Figaro
  • « Cuba, l’île de la santé », Médiapart
  • « L’Education à Cuba », Cuba Diplomatique
  • « Comment les Cubains ont converti leur île à l’agriculture biologique », BastaMag
  • « Orphelins et émus, les Cubains rendent hommage à Fidel Castro », Journal La Croix

  • « Restrictions du droit de vote aux États-Unis », Médiapart

  • « La vérité est que Clinton a volé la nomination à Sanders et qu’elle était le mauvais candidat – ex-agent de la CIA Kiriakou (EXCLUSIF) » , Histoire et Société
  • « Quand Clinton dépense 61 millions de dollars en publicité, Trump ne débourse pas un centime », Telerama
  • « 46,5 millions de pauvres aux États-Unis », Le Figaro

  • « Fillon et la Sécu: juste «une mise au point»?, Public Sénat

  • « The View from Within: Becoming a Witness » , mon blog en anglais sur les fermes-usines de Californie

  • « Ignorance et Schizophrénie Morale », mon blog de 2015 sur notre comportement envers les animaux

  • « Avec Macron : “la mondialisation heureuse, l’ubérisation de la société et la précarité pour tous”!, Délit d’Images

  • « Brian Williams Masturbates to Syria Bombing: We have beautiful Weapons », Youtube

  • « Qui sont les illettrés en France ? » Le Monde

 

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Riding the French Vegan Wave

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« Je suis Végé » (I am Veg) event day in Montpellier. My sign says « Veronique, vegan since 2006, vegan coach, 46 years old. »

 

When I moved back to France two years ago this month, I did feel depressed for a while. I came from Los Angeles where you can find over 80 vegan/vegetarian restaurants and a vegan store, and moved to Nimes, bullfighting city on top of it with… well… nothing!

 

But about a year ago, something started happening in France. My first taste of French veganism was going to Paris and see several vegan restaurants as well as a vegan store, « Un Monde Vegan », which then had that one location in Paris. But Veganism has been growing exponentially in France. They have opened a second physical location in the other major city of Lyon in the center of the country and another is planned in the south; they also have had an online store for a long time.

In fact, activism in France is actually old. Americans and others are just not that aware of it. Since the 1990s, an antispiecist group has been publishing the « Cahiers Antispécistes » (Anti speciesist files) which has numerous articles on animal rights, veganism and of course antispeciesim but also translate articles from famed foreign figures. Activist associations like the Fondation Bardot (Brigitte Bardot is of course famous as an actress and for campaigning with Captain Paul Watson), L214, 269Life France, FUDA, and many others have been working on behalf of animals for either a long time or since more recently. One of my best friend is a French vegan of almost 40 years and I actually met her at the 2011 Animal Rights Conference in Los Angeles, of all places.

About a year ago, we all noticed something changing. Television programs started looking into vegetarianism and veganism from a nutritional point of view. These early programs repeated the old myths: veganism good for everyone, but not good for kids, combine foods, and other non-sense. Then it started progressing with more programs addressing vegans directly and their lifestyle, at first as weird. Then, thanks to the French association L214 and their under cover footage of several slaughterhouses (the last one just a few days ago!), newspapers and televisions started talking about it and millions of people were exposed to the cruelty of French slaughterhouses. A lot had thought until then that it was done « humanely » for the animals (of course we know there is no such thing).

The first catalyst was the declaration by the World Health Organization about the link between processed meat and cancers which really got the media going.

I organized a vegan dinner in a French Lebanese restaurant (which had only a few vegetarian options) in Nimes. The owner was very opened to the idea and we had our first all vegan dinner in a restaurant with 22 people (counting the dog). She borrowed my cookbook from French vegan chef Marie Laforet and devoured it. She has since modified her menu to include more vegan, vegetarian and even gluten-free options, clearly marked.  L214 and the French Vegetarian Association (I’m a delegate and member of the dietary committee) has been doing it for a long time with the « Vegorestos » and their « Vegan places » notably and delegates of the Association Végétarienne de France organizing things in their area. But the revelations in the slaughterhouses have been a catalyst for change in a major way. Only last Thursday, I joined a national campaign of awareness in front of the notorious Alès slaughterhouse to hold vigil for the animals (who we could hear) and facing angry animal farmers. This was done in front of 33 slaugherhouses accross the country and organized by the abolitionist association 269Life France.

I have in fact never been more busy since I moved back to France with almost an event every week, sometimes several on the same days, from anti bullfighting, anti vivisection, days for the abolition of meat, vegan days, marches to close slaughterhouses, marches against speciesism like the one in Geneva with people from France, Switzerland and Belgium (and beyond), a table at Organic chain « BioCoop » (which unlike Whole Foods is really 100% organic and with tons of vegan products) to Anti Speciesist days (as I did yesterday), there is never any time to be bored.

At the same time, more and more restaurants and places offer vegan options. Just in my little (pro-bullfighting) city of Nimes, besides the restaurant « L’harbousier » where I did the vegan evening, I recently discovered a little restaurant in the heart of the city which has started including a « vegan burger menu with fries and a drink » on their regular menu. I almost fell on my butt! I discussed with the owner who was present when I saw it and expressed how happy I was to see this for all vegans in the city. Her answer was « we have to serve everyone ». And lastly, vegan restaurants are opening all over the country. We have one coming in September here in Nimes!

Big chains are now offering vegan prepared food (vegan nuggets, vegan falafel, etc.), they know where this is evolving and they are usually a good thermometer of changes in people’s purchases. I just learned that another big chain should be offering vegan cheese but haven’t seen it yet. But I’m sure it will be soon. It is to be noted that they often use the term « vegetarian » as it is more understood in France. But it’s technically vegan. The terms vegetarian and vegan tend to be still interchangeable as the word vegan is an Anglo term.

Finally, on top of all the good things above, a very popular journalist, Aymeric Caron, went from vegetarian to vegan and published a book called « Antispéciste » (antispeciesist) which sold 40,000 copies according to BFM TV which is a news station similar to MSNBC. His book was part of a debate in which he defended his position extremely well in a very watched TV show for over an hour. His book is a serious game changer and gives credibility to veganism and antispecism even more. And L214 keeps on uncovering what’s going in slaughterhouses and finally a vegetarian-vegan/culinary magazine is at last available in all bookstores! it’s called « slowly veggie » and tries to push people towards vegan food in a convivial and delicious way, which is smart as we are a big food nation. The pictures of recipes are absolutely beautiful and mouth-watering and even the few vegetarian recipes are mostly easy to veganize. They clearly try to move people from vegetarian to 100% plant-based and they prove to the general population, which tends to still think « but what do you eat? » that we don’t just eat salads.

I have been roaming bookstores every day in the past few months because I constantly find articles which address either veganism, ethical issues about animals, vegan trends, nutritional aspects of plant-based eating (in a more and more positive and supporting way) and I just found a psychology magazine talking about the work of slaughterhouse workers and how it affects them. The national daily and weekly newspapers and magazines « Libération« , « Marianne » and « Paris Match » as well as « Charlie Hebdo » (which has been doing it forever) have now pro-animals journalists on their staff and write things nearly every week, whether it is about the latest scandals in slaughterhouses or animal agriculture to the benefits of plant based eating. Even the southern newspaper « Midi Libre » which is pro-bullfighting had 2 full pages about the latest slaughterhouse scandal with an interview of the co-founder of L214!!! Once again, this would have been unthinkable only 2 years ago! It is simply astonishing.

I myself have been on radio 3 times to talk about veganism, anti speciesism and the scandals of slaughterhouses notably on France Bleu Gard Lozère and the journalist even called me Thursday night to warn me about the « angry » farmers coming to the Alès slaughterhouse to confront us.

Lastly, the general population’s reaction to just what we do as activists has also evolved. I see more and more people coming to say that they agree more and more with us, have changed their lifestyle, or are transitioning to a more ethical lifestyle. I don’t have yet statistics in the number of vegans and vegetarians in France, but L214 has seen its membership explode in the last few months and they get messages all the time from people who have changed, from former hunters to just non vegans making changes. The successes of the Veggie Pride (which was created in Paris and later picked up by the New Yorkers) and Veggie World this year, with tons of participants and thousands of people are clear signs of the changes happening.

At the French Vegetarian Association (which is in fact vegan), we get asked for help constantly in finding vegan doctors and dietitians for adults and kids alike! The AVF lists vegan and vegetarian as well as veg friendly restaurants all over the country. L214 even has a list of politicians who either support or are against animals so people can vote with their conscience.

I could go on and on but this is truly an exciting time to be in France. And if you want to visit, I think you will find the country a lot more open to veg opinions and offers of plant-based options in restaurants.

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Vegan evening at the restaurant « L’harbousier » a few months ago in Nimes.

Sources

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Produits laitiers: Une anomalie historique et culturelle

2028

Note: Cet article est traduit et adapté de l’Anglais. Je l’ai originellement publié sur le site Américain: The Flaming Vegan.

 
J’ai été élevée en France, le pays du fromage et, toute ma vie, j’en ai mangé tous les jours jusqu’à ce que j’ai environ 36 ans. Ma région, l’Auvergne, a produit plus de variétés de fromage que tout le reste du monde combiné. Nous avions du Boursin, de la Fourme d’Ambert, du Brie (mon préféré) et des centaines d’autres variétés de fromages que les Américains ne connaissent probablement pas à moins qu’ils fassent leurs courses à « Whole Foods » (grande chaine de produits naturels et bios similaire à Bio-Coop). Quand j’étais enfant, ma mère nous conduisait à la ferme d’à côté, où nous ne faisions pas seulement que d’acheter du fromage fraîchement préparé, mais aussi du lait frais juste littéralement trait d’une vache. C’était la petite ferme typique de l’époque. Le lait était encore chaud et crémeux quand nous l’apportions à la maison. Entant qu’enfant, je vivais la vie rurale française typique de ma culture. Je n’avais aucune notion de l’idée qu’il puisse y avoir toute anomalie à ces rituels. Ils étaient culturellement acceptés comme normaux. J’adorais « mon » fromage.
Manger du fromage en France est à peu près aussi culturellement enracinée que le hamburger l’est pour les Américains. Les gens me demandent parfois si ça me manque. Voici mes réponses:

Les humains sont des mammifères et de la famille des grands singes. Fondamentalement, nous sommes des mangeurs de plantes. Notre système digestif et nos dents en sont la preuve. Nos soit-disant canines ne pourraient jamais arracher la chair des animaux et je ne vais pas perdre mon temps à débattre les omnivores qui croient aux mythes du chasseur carnivore. Comme tous les mammifères, les femelles de notre espèce produisent du lait pour leurs bébés. Les autres mammifères font de même pour leurs petits.

Il y a environ de 8 000 à 10 000 ans, les cultures d’élevage ont commencé à asservir des mammifères tels que chèvres, moutons et un peu plus tard les vaches et autres animaux, afin de prendre le contrôle de leurs sécrétions corporelles et de leur chair. Au lieu de vénérer les animaux comme des êtres vivant à nos côtés, nous les avons réduit à des objets. A ce titre, cette société patriarcale a également pris le contrôle du corps des femmes et les a déclassées en citoyennes de deuxième classe et la production de machines à bébés. Jusqu’à lors, la plupart des sociétés néolithiques étaient surtout égalitaires avec les femmes jouissant de droits égaux aux hommes. La plupart des gens ne savent pas que des femmes ont enseigné de célèbres philosophes grecs comme Aristote ou Platon. Les deux conséquences de cette culture de l’élevage sont directement liées l’une à l’autre. Avec ces nouvelles « habitudes » culturelles, il est devenu accepté comme normal de manger les sécrétions mammaires (et la chair) d’autres mammifères. Cependant, dans la nature, aucun autre mammifère prend volontairement le lait d’une autre espèce. Seuls les humains ont transformé cela en un comportement « normal et accepté » défiant ainsi les lois de la nature. En fait, les humains vont jusqu’à manger les produits mammaires d’autres mammifères à l’âge adulte. Ce n’est également pas pratiqué par d’autres mammifères dans la nature. Ils nourrissent leurs petits avec le lait qui est conçu pour leurs espèces, puis ils sont sevrés. Les mères humaines nourrissent leurs bébés avec leur propre lait spécialement conçu naturellement mais ensuite passent au lait d’une autre espèce et le cycle vicieux de la dépendance est lancé.

Nous endoctrinons nos enfants à accepter l’exploitation d’autres êtres commençant par cette étrange rituel après la naissance suivie en ajoutant, quand ils sont tout petits des aliments « solides » comme la chair des animaux. Une fois que nous sommes adultes, nous sommes tellement endoctrinés que nous ne voyons même pas que c’est anormal et psychotique si nous ne commençons pas à interroger nos rituels.

Nos gouvernements poussent également cette dépendance sur nous grâce à des politiques comme les programmes de l’USDA (Département de l’Agriculture aux USA et en France la loi obligeant les enfants à consommer des produits d’origine animale dans les écoles) et en allant jusqu’à travailler avec des multinationales pour pousser les produits laitiers sur les consommateurs. Cela contribue à davantage de souffrances pour les animaux, les taux croissants d’obésité (le fromage est de la graisse concentrée) et pour créer plus de déconnexion pour nous garder docile. Quelle meilleure façon d’empêcher une population de se révolter que de la garder accro à une drogue. Si la drogue est socialement acceptée, c’est encore plus facile. Les entreprises savent que le fromage crée une dépendance et elles le poussent consciemment sur nous.

Comme d’autres mammifères herbivores, nous devons reconnaître qu’il n’y a rien de fondamentalement normal à manger et boire les sécrétions d’une autre espèce. Nos plus proches cousins génétiques, les gorilles, ne boivent pas autre chose que le lait de leurs propre espèce et passent ensuite aux plantes quand ils sont sevrés. Nous avons perdu le contact avec notre compréhension de l’ordre naturel et de ce qui devrait constituer notre nourriture. D’autres animaux sont profondément en contact avec leur vraie nature. Mais les humains vont constamment contre nature pour des raisons d’égoïsme, de commodité et de goût et parce qu’ils sont dépendants physiquement et socialement.

Les produits laitiers ne sont pas seulement non-naturels pour les humains, mais ils s’avèrent cancérigènes et créent des dépendances au moins équivalentes à la drogue. La recherche du Dr Neal Barnard sur la dépendance au fromage en particulier, est fascinante. Quand les gens soulignent qu’ils aiment leur fromage, je souligne que leurs cerveaux sont simplement drogués. Le fromage et tous les autres produits dérivés des sécrétions bovines contiennent des casomorphines, principalement la caséine. Le mot « morphine » est le mot qui importe. Tous les mammifères produisent des casomorphines, y compris les mères humaines, afin de contribuer à renforcer le lien avec leur enfant après la naissance. C’est un composé normal du lait maternel.

Cependant, le lait des mères humaines est parfaitement conçu pour les bébés humains et le lait d’une mère bovine est conçu pour évoluer un veau d’environ 40 kilogrammes à plus de 500 kilogrammes en quelques semaines. Le lait de vache est très concentré en casomorphines, en particulier lorsque transformé en fromage, et cela crée une substance de dépendance qui garde les gens accrochés à elle. C’est pourquoi les gens quittent souvent la consommation du fromage en dernier quand ils deviennent végétaliens parce que c’est la dépendance souvent la plus difficile à briser. C’était mon cas. Comme le Dr Barnard explique:

« Le lait de vache ou le lait de toute autre espèce, pour cette question, contient une protéine appelée caséine qui se brise lors de la digestion pour libérer toute une série d’opiacés appelés casomorphines. Une tasse de lait de vache contient environ six grammes de caséine. Le lait écrémé contient un peu plus, et la caséine est concentrée dans la production de fromage « .

Après être devenue végétalienne, j’avais encore de fortes envies de produits laitiers. Même après deux ans, mon endoctrinement culturel et physique au fromage était toujours présent. Vous pouvez vous demander comment j’ai réussi à éviter de céder à mes envies.

L’esprit doit toujours être plus forte que le corps pour décider quel est le prochain plan d’action. Conduisez-vous votre voiture ou est-ce que votre voiture vous conduit? Je n’ai pas cédé à mon corps parce que mon corps devait céder à ma nouvelle prise de conscience de ce qui était bon ou mauvais. Je ne pouvais pas céder à toute dépendance qui pourrait nuire à un autre être sensible. Les habitudes commodes sont de mauvaises excuses pour la misère infligée à d’autres êtres. Toutes les dépendances peuvent être brisées avec un peu de courage et de la fermeté sur soi-même. Si je peux briser une habitude de plus de 36 ans, ancrée dans les mœurs, sûrement tout le monde le peut. Je n’ai pas de pouvoirs spéciaux!

Il est également important de réaliser que la toxicomanie n’est pas la même chose que les besoins biologiques. Nous n’avons pas biologiquement besoin de manger du fromage ou du lait. Nous devons détoxifier nos corps et nos esprits de cette dépendance. Les gens qui ne se sentent pas physiquement bien quand ils deviennent végétaliens ne réalisent pas qu’ils ont à se débarrasser d’une vie entière de malbouffe et qu’il peut être normal de se sentir pire avant de se sentir mieux. Si vous pensez que manger du fromage vous fait vous sentir mieux, vous agissez essentiellement comme quelqu’un qui essaie d’arrêter de fumer, mais se sent mieux quand il a à nouveau une cigarette parce qu’il ne peut pas supporter les effets de sevrage de la cessation de cigarettes. Et vous ne diriez pas que le tabagisme est un besoin biologique.

Les laits de vache ou de chèvres n’ont aucune par dans le régime alimentaire normal d’une personne et ils cachent l’immense souffrance des mères sur les fermes laitières, que l’on parle des fermes industrielles ou des fermes biologiques à petite échelle. La plupart des gens qui deviennent végétariens croient que c’est suffisant. Très souvent, ils ne réalisent pas que la souffrance des vaches dans les fermes laitières est bien pire que les vaches destinées à être tuées pour leur chairs. Je ne veux pas placer des degrés de souffrance et vous faire croire que l’un est plus acceptable que l’autre cependant. Il n’est pas acceptable de faire souffrir un autre être sensible pour des raisons de goût, de commodité ou d’habitude. La souffrance est la souffrance.

Pour être obligée de produire du lait, une vache doit être continuellement enceinte sur ce que l’industrie appelle (aux USA) « rape racks » ou « rangées de viol » (pour être approximatif). L’insémination forcée n’est rien d’autre que du viol car elle nécessite que la pauvre mère soit confinée pendant que quelqu’un insère un long bâton dans son vagin pour l’inséminer. Et si obliger une vache à endurer cela ne suffit pas, après qu’elle est donné naissance, son bébé lui est retiré et mis dans un espace de confinement si il est de sexe masculin. Il sera enchaîné à la caisse, incapable de tourner ou de se déplacer beaucoup, nié le lait riche en fer de sa mère sciemment pour que sa chair devienne « tendre » pour plaire à la volonté des humains pour sa chair de bébé. Si le bébé est une femelle, elle sera probablement mise sur la ligne de production aux côtés de sa mère. Les vaches crient pour leurs bébés pendant des jours et leur esprit est brisé de plus en plus avec le cycle interminable des grossesses forcées. Finalement, elles sont si physiquement maltraitées qu’elles deviennent, comme le dit l’industrie, « vidées » quand elles sont encore très jeunes, à environ 5 ans d’âge, au lieu de vivre jusqu’à 25 ans comme elles pourraient normalement le faire dans la nature. Leurs corps épuisés et violentés sont ensuite envoyés à l’abattage pour la viande de basse qualité.

Il est également ironique que la littérature scientifique montre que les enfants élevés au lait de vache au lieu du lait maternel développent des carences en fer de la même manière que nous donnons des carences en fer à veaux enlevés à leurs mères. Ce que nous faisons aux autres animaux, nous le faisons à nous-mêmes.

Dans le monde humain, des millions de femmes dans le monde n’ont pas le contrôle de leur propre corps. Leur culture, prédominément patriarcale les obligent à accepter un grand nombre de naissances. Ce que nous faisons pour les mères vaches, nous le faisons pour les mères humaines aussi. Tout est relié. C’est un fait que les femmes qui sont éduquées ont plus de control sur leurs corps et leurs taux de naissances descendent de manière significative. Lorsque les gens sont instruits sur ce que nous faisons aux vaches, nous verrons la même prise de conscience. Si vous mangez du fromage, réalisez que ce n’est pas «votre» fromage, mais les sécrétions corporelles d’une personne dont la vie est une misère.

En tant que femme, comment pourrais-je continuer à manger les produits d’une autre femelle et soutenir son exploitation?

Nos corps sont parfaitement conçus pour la digestion des plantes, mais pas des produits animaux qui sont acides et derrière toutes les principales maladies chroniques que nous avons, du diabète au cancer. Certains, comme la Weston Price Foundation (1) voudraient nous faire croire que les produits laitiers font partie d’une alimentation naturelle et partie de notre alimentation ancestrale et devraient donc être dans notre alimentation moderne. Ils ridiculent la consommation de soja naturel même si le soja a été dans le régime humain des milliers d’années avant que les vaches perdent leur liberté afin que nous puissions voler leur nourriture pour bébé. La Weston Price Foundation soutient directement l’industrie de la viande et les produits laitiers. Ils sont à peu près aussi fiable que le USDA (ou le gouvernement Français) lorsqu’il s’agit de recommandations alimentaires.

Nous n’avons pas besoin de consommer des produits de viol (ou tout autre produit d’exploitation). Nous n’avons jamais eu autant de choix. Nous avons plus de variétés de laits à base de plantes que les personnes dépendantes des casomorphines ont (surtout aux USA mais ca se développe en Europe).

Tous les aliments d’origine animale sont une forme de dépendance. Comme le Dr Barnard le souligne:

« La raison (pour la dépendance) peut être physique, tout comme il semble l’être pour le chocolat ou le fromage. Les chercheurs britanniques ont constaté que les médicaments bloqueurs d’opiacés coupent l’appétit pour le jambon de dix pour cent, assomment l’envie du salami d’environ vingt-cinq pour cent, et la consommation de thon est coupée de près de la moitié. En d’autres termes, une personne peut encore en manger une partie pour apaiser la faim ou tout simplement par habitude. Mais les bloqueurs d’opiacés assomment le produit chimique qui provoque l’envie de certaines nourritures, réduisant la tendance à le choisir « .

Il est temps pour les médecins, les diététistes, conseillers et autres professionnels de dire enfin la vérité ou de reconnaître la vérité que l’intolérance au lactose n’existe pas. La majorité de l’humanité, en particulier les personnes d’origine africaine, hispanique et asiatique, ne peut pas tolérer le lait à l’âge adulte. Ce n’est pas une maladie, c’est normal. Nos corps ne sont pas censés tolérer AUCUN lait une fois l’enfance passée. Les humains ont besoin de grandir et d’arrêter de refuser d’être sevrés.

Le lien puissant qui résulte de manger des casomorphines en tant que bébé est probablement responsable en partie de notre dépendance au lait de vache. Nous refusons d’abandonner inconsciemment nos liens avec nos mères et de grandir. Comme le Dr Barnard a également dit:

« Il semble que les opiacés en provenance du lait maternel produisent un effet calmant sur l’enfant et, en fait, peuvent être responsables d’une bonne mesure de la relation mère-enfant. Non, ce n’est pas que berceuses. Les liens psychologiques ont toujours un lien physique sous-entendu. Qu’on le veuille ou non, le lait maternel a un effet de drogue sur le cerveau du bébé qui assure que le bébé va se lier avec maman et continuera à taiter sa mère pour obtenir les nutriments dont tous les bébés ont besoin. Comme l’héroïne ou la codéine, les casomorphines ralentissent les mouvements intestinaux et ont un effet anti diarrhéique évident. L’effet des opiacés peut expliquer pourquoi les adultes trouvent souvent que le fromage peut être constipant, tout comme les analgésiques opiacés peuvent l’être. »

Est-il donc étonnant que notre société tolère des politiciens infantiles et un divertissement de bas étage? Il semble y avoir un déni à l’idée que nous devons laisser nos mères pour grandir et nous projetons cette nécessité irrationnelle en consommant le lait d’autres mères et en transformant les vaches en mères de remplacement. Si je demandais à quelqu’un qui aime les produits laitiers pourquoi il croit que sa mère est une vache, il me traiterait de folle. Mais c’est exactement ce que des millions de gens font tous les jours. Nous traitons également les mères bovines comme des millions de mères humaines sont traitées à travers le monde: mal.

Nous vivons dans une société patriarcale et infantile qui joue avec des armes de destruction massive comme si elles étaient des jouets pour enfants. Je crois que cette immaturité est directement liée à nos habitudes alimentaires infantiles et notre déconnexion de notre vraie nature. Il est temps de reconnaître que le lait de vache et le fromage ne sont rien d’autre que des drogues toxicomanogènes autant que la chair animale, les œufs, les cigarettes, l’alcool, etc. Rien de bon ne provient de continuer dans cette voie et nous continuons de le faire à notre plus grand péril.

Nous avons aussi beaucoup de fromages et laits à base de plantes et je ne vois aucune excuse valable pour maintenir la consommation de ces «produits» de torture et de misère. Bien que je ne mange plus de nombreux aliments transformés et préfère manger des aliments naturels non transformés comme les légumes, le fromage végétalien était un moyen très utile pour moi d’être « sevrée » de ma dépendance aux sécrétions bovines au départ. Il est facile de trouver Dayia (aux USA) dans de nombreux magasins. En France, il y a des fromages végétaliens à la Bio-Coop ou sur Internet sur des sites comme Un Monde Vegan. Ils sont généralement dans la section fromagère et la plupart des gens ne savent pas nécessairement que c’est végétalien. Faire une recherche en ligne pour le fromage végétalien ou même des recettes de fromage végétalien produira des milliers de ressources. Je n’essaie pas de vous vendre quelque chose ici, mais montrer que nous avons un large choix qui n’était même pas disponible il y a seulement 10 ans. Quelque soit les excuses que vous avez encore de consommer du fromage à base animale, ce n’est tout simplement pas et n’a jamais été valide en premier lieu. Vous devez décider aujourd’hui que vous ne pouvez pas rester accro à quelque chose qui n’est pas naturel dans votre alimentation et, qui va tôt ou tard produire des conditions de santé dangereuses à votre corps. Le lait de vache est lié au cancer du sein, le cancer de la prostate, le diabète de type 1 chez les enfants, etc … Le lait ne fait pas de bien au corps du tout!

La meilleure façon de décrocher d’une drogue est de l’arrêter. C’est tout! Si vous donnez à votre corps une «pause de fromage » pendant au moins 30 jours, vos papilles se réadapteront. Au moment où vous remangerez ces produits, vous ne les trouverez plus attrayants. Méfiez-vous des envies psychologiques que votre cerveau va projeter sur vous pendant quelque temps (comme c’est arrivé pour moi). Mais si vous êtes ferme avec vous-même et votre engagement à une vie totalement sans cruauté, vous ne pouvez faire rien de moins que cela. Manger un régime végétalien avec des aliments entiers et non transformés sera aussi vous mettre sur la bonne voie car il vous aidera à éliminer les dépendances, non seulement à des produits laitiers ou de chair, mais aussi le sucre, le sel et la graisse des aliments transformés.

Quand les humains décident enfin de grandir et de renoncer à ces habitudes enfantines, nous allons enfin avoir un changement de conscience et de maturité. Jusque-là, l’exploitation d’autres êtres continuera d’être lié à l’exploitation d’autres êtres humains. Tout est lié.

Sources:
– « The World Peace Diet » (Nourrir la Paix) par le Dr. Will Tuttle, qui a un long chapitre sur les origines de notre société d’élevage capitaliste moderne. Le livre est traduit en Français.
« The Chalice and the Blade » (La Calice et l’épée) par Riane Eisler qui détaille les sociétés centrées sur les Déesses et l’égalitarisme du néolithique. est référencé, entre autres, par Will Tuttle (ci-dessus).
– Le Dr Neal Barnard a plusieurs articles et livres sur les propriétés addictives des casomorphines dans le fromage. Son plus important sur les dépendances alimentaires est : Breaking The Food Seduction: The Hidden Reasons Behind Food Cravings–And 7 Steps To End Them Naturally, malheureusement pas traduit en Français à ce jour.
– Voir aussi l’article du Dr Barnard sur PCRM.org sur les dépendances au fromage (en Anglais).
– Mon article sur le soja : Soy Beans (pour l’instant pas traduit)
Reflections on the Weston Price Foundation de John Robbins en Anglais.

(1) La Weston Price Foundation est une organisation à non profit et qui promouvoit le travail du dentiste le Dr. Weston Price. Les fondateurs de cette organization ne croient pas que les produits d’origine animale ne soient un problème sur la santé et encouragent sciemment la consommation énorme de viande, de lait et autres produits d’origine animale. Ils ont aussi derrière beaucoup de désinformation sur le soja.

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Ne jamais perdre courage en évoluant nous-mêmes… moi aussi!

« Nous voulons un monde de paix »

« Ce ne sont pas les cages que nous devons faire plus grande et les murs des abattoirs que nous devons rendre transparents. Ce sont nos cœurs. Lorsque nous faisons de la compassion notre baromètre, nous ne nous contentons pas de violence sur une petite échelle. Nous aspirons à la bonté sur une grande échelle. »

~ Colleen Patrick-Goudreau (9 Octobre, 2013)

La vie est difficile pour les militants. Mais elle l’est encore plus pour les animaux que nous défendons. Il ne faut pas oublier que chaque fois que l’on parle, manifeste ou tient des stands, c’est pour eux, par pour nous. Comme je lai dit dans mon dernier blog, il y a beaucoup de méchanceté entre les militants et c’est très triste. Nous devrions tous être unies et non nous battre pour des différences de tactiques ou d’opinions. Le principal est de faire avancer notre cause et d’avoir un but commun. Les animaux s’en fichent royalement de nos différences. C’est l’égo humain qui crée le chaos sur cette planète.

Je suis coupable aussi. Depuis des années, je fais des efforts pour transmettre mes idées, ma philosophie du monde à tout le monde et j’essaie d’avoir un message clair de compassion, de gentillesse et surtout de bonne communication. Mais je suis encore malheureusement humaine et j’ai beaucoup de travail (comme nous tous!) pour évoluer dans un sens qui représente réellement les valeurs du Véganisme.

On m’a fait du mal, mais j’ai aussi fait du mal à des gens que j’aime beaucoup (et que je continue à aimer en dépit d’eux-mêmes) et je ne suis pas immune à la bêtise humaine qui tente à nous faire sauter les uns sur les autres avant de même les connaitre et de les juger sans avoir tous les faits. Pour tous ceux que j’ai blessés, je suis profondément désolée.

La roue tourne et je ne peux pas réparer mes erreurs mais je peux au moins m’en excuser. Ce qui est triste est que, jusqu’à présent, sur des années de militantisme franco-américain dans lequel il m’est difficile de me situer (à cause des différences énormes entre les deux pays), j’ai eu des remarques du genre « connasse », « pute », « elle ne connait rien au militantisme ». Pire fut quand on a attaqua mon intégrité professionnelle en tant que coach en nutrition végétale en disant que j’allais rendre les gens malades voir même les tuer!.

Pourquoi tant de bêtise dans le mouvement? Parce que les gens, malgré toute leur bonne volonté, veulent voir le monde évoluer sans changer eux-mêmes. Ce n’est pas possible.

Comme l’a dit justement Gandhi: « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde ».

Le véganisme et notre travail pour les animaux devrait être fait avec un grand respect de tous et une recherche intérieure pour rectifier et évoluer au-delà du bagage de cochonneries que nous véhiculons en nous depuis notre enfance. C’est un bagage qui est l’inverse de ce que nous devons promouvoir. La colère envers les sadiques des corridas, par exemple, est justifiée mais elle est aussi un reflet de leur propre endoctrinement et de leur propre déconnection empathique. Mais on oublie souvent que nous sommes nous-mêmes encore endoctrinés, même en tant que militants/végans.

Le fait de changer pour les animaux est le premier pas vers un monde meilleur mais il n’est réellement que le premier. Le travail doit aussi être fait à l’intérieur de nous-mêmes. Sans ce travail, on peut crier sur tous les toits mais on ne changera pas les choses plus vite.

J’espère avoir appris de mes erreurs et j’espère aussi que beaucoup plus de militants réfléchirons à leur propre psychologie interne.

Donc être un militant/végan n’est pas simple. Tous les jours, nous sommes humiliés, ridiculisés et moqués mais on oublie que l’on fait de même entre nous mêmes. Cela fait le jeu de ceux à qui nous voulons ouvrir la conscience. Pour reprendre une expression, c’est diviser pour mieux régner.

Les choses sont en train d’évoluer partout. Même s’il y a toujours beaucoup d’horreurs, je suis aussi pleine d’espoir. Je n’ai jamais vu autant de militants dans ma vie, de gens faisant les connections nécessaires et évidentes (rien qu’a mes stands quand je parle avec eux) et d’une plus grande conscience des enjeux écologiques, humains et leurs relations avec les animaux.

On ne peut faire évoluer les choses plus vite que si nous-mêmes évoluons aussi et devenons réellement une grande famille qui s’aime (au lieu de se taper dessus) et unie pour la justice.

Le Capitaine Paul Watson a très bien résumé les choses dans une récente émission d’Arte quand il a dit à propos de Greenpeace: « Tous les membres fondateurs sont partis de Greenpeace. Ils font maintenant partie d’une plus grande bureaucratie. Nous, on est fideles à nos intentions générales. On est petit, c’est d’ailleurs notre volonté. »

Ce que Paul a compris (et il le dit souvent dans toutes ces interventions publiques) est que chacun de nous peux faire une différence individuellement. Les organisations sont bien mais on doit d’abord faire le travail à notre niveau (et je dirai sur nous-mêmes) tout en soutenant les bonnes organisations qui ont un réel message de valeurs pour les animaux et l’écologie.

Comme a dit l’ancien éleveur Howard Lyman (devenu éco-Végan), « On ne peut pas se dire écologiste et manger de la viande ». Et j’ajouterai que l’on ne peut pas se dire aimer les animaux si on continue à consommer leur chair et leur secrétions et en même temps nous taper les uns sur les autres. C’est un travail intérieur que nous devons tous faire… Y compris moi-même!

Comme je l’ai dit plus haut, je suis une optimiste malgré tout car je vois de plus en plus de gens évoluer dans le bon sens et j’espère que dans notre milieu, les défenseurs des animaux et de l’environnement, ne s’arrêteront pas et continuerons à évoluer. Nous ne sommes pas des êtres finis, on doit toujours changer. La vie est comme une école. On apprend quelque chose de nouveau chaque jour. Sans évolution, nous restons des barbares.

Sources:

– Le Capitaine Paul Watson sur Arte

– Son dernier livre aux Editions Actes Sud: Earthforce : Manuel de l’éco-guerrier Je recommande vivement!

Photo: Flag (www.pixabay.com Free photo stock)

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Assez de la méchanceté entre militants!

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Il est 3h du matin et je ne peux pas dormir. Je ne peux pas dormir car j’ai un immense poids sur le cœur depuis plusieurs semaines.

Récemment, je me suis retirée volontairement d’une association de défense des animaux parce qu’en faire partie me rendait malade. La raison était que j’avais fait un certain nombre de « maladresses » complètement involontaires qui ont déplu à la direction de l’association. Je ne suis pas en colère, juste malheureuse d’avoir eu à me retirer d’une association dont je respecte le travail. Je n’ai pas questionné ou cherché à défendre les dites maladresses; elles étaient justifiées. Mais ce qui m’attriste est que, comme toujours, un ou une militante soit jugée sans savoir exactement d’où il/elle vient et quel a été son parcours.

Je ne me suis pas retirée de l’association pour mes maladresses (on apprend toujours à s’améliorer) mais parce que j’ai été jugée comme une militante incompétente parce que je connais très mal le militantisme Français. Cependant, ce n’est pas de la fainéantise de ma part.

Comme certains d’entre vous le savent, j’ai vécu 18 ans aux USA (non stop) et je suis devenue militante là-bas. Ce que les gens en Europe ne comprennent pas est que vivre aux USA, c’est se retrouver pris dans une bulle (comme dans la série TV « Under The Dome » ou une petite ville américaine se retrouve littéralement sous un dôme invisible dont les habitants ne peuvent s’échapper). Les USA vivent sous un dôme de non-information (et désinformation) dans un monde remplis ironiquement d’information. On peut être militant là-bas mais n’avoir aucune idée de ce qui se passe ailleurs, même avec la meilleure volonté.

Je rentre en France âpres 18 ans (contre mon gré, ce qui n’est déjà pas simple – mais c’est une autre histoire) et je me vois accusée de nullité militantiste sans qu’on essaie même de comprendre le pourquoi du comment.

Le jugement des autres est une spécialité Française qui dépasse de beaucoup celle des Américains. Je m’en rends compte lourdement depuis que je suis revenue. Et franchement, j’ai du mal à le vivre. Depuis que je me suis retirée de cette association, je dors très mal et j’ai un mal-être constant. Peut-être que ma réaction peut paraitre exagérée mais quand je vois comment les gens se tirent dans les jambes dans ce pays, j’ai presque honte d’être française (quoique je ne me sois jamais vraiment sentie française de toute manière).

Voir ce que les gens font sur les animaux, comment ils les maltraitent et même comment ils nous insultent ne me dérange plus: je suis blasée. J’en ai vu de toute sorte, y compris quand j’ai visité des élevages californiens pour documenter les conditions déplorables des vaches. Mais quand ça vient de ceux et celles qui devraient être de mon coté, cela me fait horriblement mal. De plus, cela aussi dégoute des militants potentiels de se joindre au mouvement. Lorsque l’on voit les dissentions, beaucoup peuvent penser qu’on ne vaut pas mieux que ceux que l’on combat.

Les militants américains, je n’en dément pas, ne sont pas tendres non plus. Cependant, ils savent créer des communautés de support, des communautés où les gens peuvent se sentir plus inclus bien plus qu’en France. Je ne cherche pas à les défendre. En fait, j’ai souvent beaucoup de critiques à leur égard. C’est juste une évidence basée sur mon expérience sur place.

Après une conversation avec une amie récemment, je suis maintenant consciente de jusqu’où peut aller la méchanceté française et à quel point des gens (qui devraient être dans le même camp et se donner du support) perdent leur temps à se tirer dessus.

Quand j’ai entendu Jean-Pierre Garrigues du CRAC à Arles dire: « Ca suffit ces conneries! » (En rapport avec les bagarres internes), j’ai eu envie de l’embrasser pour avoir dit tout haut ce que je pensais tout bas.

De la même manière que, même étant Végane (pure et dure si je puis dire), je comprends et je supporte malgré tout les gens qui ne sont pas encore arrivés ou je suis dans leur évolution intellectuelle, émotionelle et spirituelle vis-à-vis de notre relation avec les animaux. Ils sont après tout où j’étais pendant longtemps. De plus, je suis « coach » holistique en nutrition végétalienne, donc mon travail consiste a partir du point où sont les gens avec gentillesse et compréhension et les amener progressivement vers le meilleur d’eux mêmes (non seulement pour eux mais pour les animaux bien sur).

On avance tous à des vitesses différentes. Le principal est, qu’au bout du compte, on arrive tôt ou tard (le plus tôt possible serait bien sur idéal). La société n’est pas tendre avec nous, on le sait, car nous sommes déjà très marginalisés. Mais nous tirer dans les jambes parce que certains d’entre nous n’ont pas encore tout compris est comme blâmer un embryon pour ne pas devenir un bébé plus rapidement. De plus, cela fait le jeu de ceux qui nous oppose. En d’autres termes, c’est « diviser pour mieux régner ». C’est complètement stupide et improductif.

Donc, j’ai le cœur lourd, même après plusieurs jours. Par moment, je regrette ma décision d’avoir « démissionnée » en tant que bénévole (et je ne demande pas à ce que l’on me reprenne). Je croyais que j’aurais du support. J’ai eu beaucoup de sourires, de merci dans certains cas. Mais au bout du compte, je n’ai pas eu l’information dont j’avais besoin pour être efficace et bien comprendre le fonctionnement de cette association car personne n’a compris mes difficultés à me « réinsérer » sur la France et surtout, je me suis sentie ridiculisée publiquement au sein du groupe.

Alors arrêtons de taper sur les autres parce qu’ils sont ignorants de certains faits. Et surtout, ne les ridiculisons pas et ne les rendons pas malheureux parce qu’ils ne sont pas encore ce que l’on veut qu’ils soient. L’ennemi est en face, il ne devrait pas être dans nos rangs!

Les animaux ont besoins de nous, pas de notre colère ou jugement envers les uns et les autres. Eux, ils n’en ont rien à faire de nos bagarres, ils veulent uniquement ne plus être abusés et tués.

Sources:

– Pourquoi les Français détestent les Américains – Slate.fr

– Les villes les plus véganes aux USA: Peta.org

– Communautés intentionelles véganes aux USA: The Vegan Village, Vegan Homeland (Detroit, Michigan), VegNet (site qui liste des communautés), Vegan World Trekker (blog), Vegan Off-Grid Community,

– Communauté végane (bouddhiste) en France fondée par Thich Nhat Hanh: Le Village des Pruniers.

Les Américains et le voyage à l’étranger de Ludovic Hubler explique très bien pourquoi l’Amérique est si renfermée.

– Photos des élevages en Californie: Facebook

– Vidéo du rassemblement anti-corrida de Arles avec Jean-Pierre Garrigues

 

Photos:

haut- Pinky Finger (www.Pixabay.com – Free stock photos)

Dessous: Animal Rights Conference 2014 Los Angeles & WorldFest Los Angeles 2014

 

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My DxE friends from San Francisco
Mes amis (et famille) de DxE (Direct Action Everywhere) de San Francisco
A WorldFest, festival Eco-vegan de Los Angeles en 2014.
A WorldFest, festival Eco-vegan de Los Angeles en 2014.

Ignorance et Schizophrénie Morale

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Terme clinique: Schizophrénie: « La schizophrénie est une psychose, c’est-à-dire une maladie mentale dans laquelle le sujet perd le contact avec la réalité et n’est pas conscient de son trouble. Elle se caractérise par des idées délirantes, des hallucinations, l’absence d’émotions ou l’incapacité de planifier des actions. » ~ Futura-Science.com

Schizophrénie morale d’après le Pr. Gary Francione: « Quand je parle de schizophrénie morale, je cherche à décrire la manière délirante et confuse dont nous pensons aux animaux comme une question sociale / morale. Cette confusion peut, bien sûr, comprendre des façons contradictoires ou incohérentes sur notre regard sur les animaux (certains sont membres de la famille, d’autres sont le dîner) mais cela ne signifie pas que je décris une scission classique ou la personnalité multiple. Notre schizophrénie morale, qui consiste à se bercer d’illusions à propos de notre sensibilité animale et les similitudes entre les humains et les autres animaux, et une énorme quantité de confusion sur le statut moral des non-humains, est un phénomène qui est assez compliqué et comporte de nombreux aspects différents . » ~ Gary Francione, A Note on Moral Schizophrenia

En 1896, Emile Zola écrivait un magnifique essai appelé « L’amour des bêtes » dans lequel, avec une grande beauté de langage, il s’horrifiait de la souffrance animale. La France est riche en grands philosophes qui se sont inquiétés, interrogés et se sont même enragés de la souffrance animale.

J’ai quitté la France en 1997, à une époque ou je me cherchais, avec un énorme ras-le-bol de la mentalité Française que je trouvais, alors, d’une négativité affligeante. Mais, malgré tout, j’étais consciente de laisser derrière moi un pays avec une histoire extrêmement riche, une langue magnifique, et une richesse philosophique et intellectuelle énorme.

Nous sommes maintenant au 21eme siècle.

Qu’est-ce que je retrouve presque 20 ans après? J’ai presque peur de le dire mais il le faut bien. Je vois une pauvreté morale et intellectuelle effrayante. Je parcours les réseaux sociaux et je vois des gens incapables d’écrire sans faire des fautes d’orthographes à chaque mot. Même une enseignante, récemment, m’a dit que j’aurai peur de ce qui se passe dans les Lycées. Et surtout, je vois une méchanceté et une pauvreté morale qui m’attristent profondément. Est-ce que mon pays, que j’ai toujours aimé, a tellement dégénéré? Je vois des politiciens à la télévision qui sont des lâches, des hypocrites, incapables de voir la réalité des problèmes et surtout qui se voilent la face par rapport a leurs actions sur la nature, la condition animale et humaine et leur responsabilité vis-à-vis de la communauté globale.

Ne vous y trompez pas, j’ai énormément à dire des Américains aussi, avec beaucoup de critiques similaires (et je ne me gène pas dans mes blogs en Anglais). Mais, comme me l’a dit une amie récemment, malgré mes anglicismes, mes erreurs dans le choix de mes mots (dues aux différences culturelles accumulées pendant presque 20 ans et dont on a été jusqu’à me traiter de « conne »!), mon Français ne s’est pas si dégradé autant que je le pensais.

Ce que vois en France est triste. Il y avait un temps où nous illuminions le monde avec notre richesse culturelle et c’est loin d’être le cas de nos jours. Nous aurions, par exemple, pu être en avance sur beaucoup de pays par rapport a la cause animale parce que beaucoup avant nous le comprenaient déjà, tels que Rousseau, Voltaire, Zola, Lamartine et d’autres.

« Les grands mangeurs de viande sont en général cruels et féroces plus que les autres hommes. » ~ Jean-Jacques Rousseau « Emile ou de l’éducation ».

 

« Il n’est pas vrai que le ventre des hommes soit la cause finale de l’existence des bêtes. » « Qu’y a-t-il de plus repoussant que de se nourrir continuellement de chair de cadavre ? »
Voltaire, végétarien, écrivain et philosophe français.

 

«D’abord, il faudrait classifier. Nous sommes légion, nous autres qui aimons les bêtes. Mais on doit compter aussi ceux qui les exècrent et ceux qui se désintéressent. De là, trois classes : les amis des bêtes, les ennemis, les indifférents. Une enquête serait nécessaire pour établir la proportion. Puis, il resterait à expliquer pourquoi on les aime, pourquoi on les hait, pourquoi on les néglige. Peut-être arriverait-on à trouver quelque loi générale. Je suis surpris que personne encore n’ait tenté ce travail, car je m’imagine que le problème est lié à toutes sortes de questions graves, remuant en nous le fond même de notre humanité. » ~ Emile Zola

 

« On n’a pas deux cœurs, un pour les animaux et un pour les humains. On a un cœur ou on n’en a pas » ~ Alphonse de Lamartine, végétarien, poète dramaturge et homme politique.

Il n’y a pas de grande richesse intellectuelle aux Etats-Unis dans la grande masse moderne. Elle est même extrêmement pauvre, ignorante et manipulée. Mais il y a des exceptions chez des philosophes plus anciens comme David Henry Thoreau, Ralph Waldo Emerson, Mark Twain (un grand amoureux des animaux) ou encore Isaac Bashevis Singer, écrivain juif polonais naturalisé Américain et prix Nobel de littérature en 1978 qui a dit (entre autres): « Je ne suis pas devenu végétarien pour ma santé, je le suis devenu pour la santé des poulets. ».

Il y a heureusement aussi quelques grands penseurs modernes. Le meilleur que j’ai trouvé ces dernières années est le Dr. Will Tuttle, auteur du best-seller The World Peace Diet (Nourrir La Paix) qui dit dans son ouvrage:

« La suppression de la sensibilisation requise par notre pratique universelle de la marchandisation, de l’asservissement et la tuerie des animaux pour la nourriture génère un « trouble mental construit en nous-mêmes » qui nous pousse vers la destruction non seulement de nous-mêmes, mais des autres créatures et des systèmes vivants de la terre. Parce que cette pratique d’exploiter et de brutaliser les animaux pour la nourriture est venue à être considérée comme normale, naturelle, et inévitable, elle est devenue invisible. »― Will Tuttle, The World Peace Diet: Eating for Spiritual Health and Social Harmony (Nourrir La paix)

A mon grand désolément, je m’aperçois que la France s’est sérieusement dégradée.

Je vois les gens se battre, se « taper sur la gueule » (verbalement ou non) pour « des queues de cerises » (pour reprendre une expression) et encore croire à des stupidités qui sont dépassées depuis longtemps.

Depuis que je suis rentrée, je vois ceci sur les réseaux sociaux par rapport à ceux qui se disent aimer les animaux:

« Non, je ne veux surtout rien imposer à ma famille ». « Ah, mais non, chez moi je suis végétalienne mais chez les autres, c’est différent. » « Je suis végan chez moi, mais en dehors je suis végétarien. » « Je porte du cuir car c’est difficile de trouver des chaussures véganes ». « Mes poules sont heureuses et je mange leurs œufs« . Oh toutes les excuses que je lis depuis que je suis en France et qui n’ont aucun sens pour moi.

C’est amusant: je vois les Allemands, les Anglais, les Américains (pourtant loin d’être dans l’ensemble des lumières) et même les Israéliens avancer sur le véganisme et, pendant ce temps, je vois encore les Français se donner des excuses pour ne surtout pas offenser les autres (et par extension, ne pas faire avancer le véganisme en France).

Si les excuses sont nutritionnelles, je les comprends, car la nutrition végétalienne est encore rabaissée par tous les imbéciles dans les médias qui vivent sur des informations dépassées depuis au moins 30 ans et surtout le culte de la sacro-sainte cuisine française. Par exemple, ils continuent à dire qu’il faut combiner certains aliments pour avoir suffisamment de protéines (notion dépassée et réfutée depuis 30 ans) ou qu’être végétalien n’est pas bon pour les enfants (idem). Mais on est à l’ère de Facebook, Google, et de l’information. Quelle est donc encore l’excuse à ne pas s’éduquer de la part de ceux qui se disent aimer les animaux?

La France, le pays de la belle langue et d’une philosophie riche est-elle devenue un pays de fainéants intellectuels? Je me le demande. Ce n’est pourtant pas l’information qui nous manque. Le site de l’Association Végétarienne de France est rempli d’information nutritionnelle végane (et non végétarienne en fait) et a une tonne de recettes végétaliennes sur leur site et aussi un site dédié et même une page Facebook. Le site de FUDA (Forces Unies pour les Droits des Animaux) a un défi végan avec des recettes! L214 fait constamment des stands sur le véganisme et on se donne encore des excuses pour consommer des produits de violence?

Je me suis souvent demandée ces derniers mois si je serai devenue végane si je n’avais pas été aux Etats-Unis. La réponse est… je ne sais pas. Mon parcours a été complexe. Je me suis d’abord tournée vers les Droits de l’Homme (et surtout de la Femme) quand j’avais une vingtaine d’années (avec Amnesty International). J’ai découvert le Bouddhisme et l’Hindouisme et je suis devenue végétarienne pendant quelques temps. Ensuite, c’était l’écologie (aux USA) et enfin, j’ai trouvé (et compris) le véganisme fin 2006. Et après une transition d’environ un an, parce que j’en apprenais un peu plus chaque jour, le véganisme est devenu évident et j’ai fait une transition logique sans me poser de questions (au départ), comme je l’explique dans une présentation que j’ai faite à Los Angeles en 2014. Cependant, parce que les mythes nutritionnels sont persistants, je me posais des questions (normales) sur ma santé et je ne connaissais AUCUN autre végan!

Est-ce que je me suis assise sur mes lauriers? Non! J’ai fait mes propres recherches, je suis retournée à l’école (et par conséquent, j’ai bénéficiée d’une éducation végane par les meilleurs docteur/scientifiques végans américains) et ensuite, j’ai arrêté de me poser des questions.

Pourquoi je l’ai fait? Parce que je ne voulais pas rester ignorante et surtout savoir répondre aux questions de ceux qui ne savaient pas. Mais surtout, parce que j’en avais marre de voir souffrir les animaux pour des futilités et des mythes dépassés. Je rentre en France et je découvre que ces mêmes mythes, dépassés depuis au moins 30 ans ailleurs, persistent et ne veulent pas lâcher ici. Fainéantise intellectuelle des Français? Je me pose encore une fois la question quand les Américains, qui lisent encore moins que nous, ont développé le véganisme grâce uniquement aux réseaux sociaux. Ouvrez votre ordinateur, faites un peu de recherche, lisez (ou est-ce que les Français ne lisent plus?) et éduquez-vous. C’est aussi simple que ça. Il n’y a même pas besoin nécessairement d’aller à l’école. Ces mêmes docteurs qui m’ont éduqués (et m’ont permis d’éliminer mon diabète notamment) ont des informations partout sur internet.

Des tonnes de livres sont disponibles de nos jours qui répondent à la question des droits des animaux, la nutrition, l’écologie, etc… Il y a aussi une tonne de ressources sur Internet pour des vêtements et produits de beauté et d’entretien qui excluent la souffrance animale. On n’a jamais eu autant de choix. Mais non, on trouve encore des excuses. On ne vit pas au Pole Nord, on vit en Europe!

Etre ignorant mais vouloir apprendre et changer est une bonne chose. Contrairement, savoir mais ne pas vouloir changer, c’est une dissonance morale et une indifférence dégoutante. Dans le premier cas, la personne ne sait pas, mais elle découvre peu à peu et décide de ne plus participer à une souffrance sur les animaux complètement inutile et injustifiée (moralement, biologiquement, etc.). Dans le second cas, la personne sait parfaitement ce qui se passe mais continue comme avant. Oui, c’est ça la schizophrénie morale dont parle Gary Francione.

Les esclavagistes faisaient le même raisonnement avec leurs esclaves africains pour continuer à les exploiter (pour le profit). Et les racistes ne sont pas mieux.

Comme dit Gary Francione:

« Le fait est que la validité des principes moraux ne dépend pas du temps qu’a mis une personne en particulier pour reconnaître leur validité. Aucun de nous n’en doute lorsque des humains sont concernés. Par exemple, si quelqu’un a mis dix ans avant de reconnaître que le racisme est mal et cesser d’employer des épithètes racistes, doit-on en déduire que nous ne devrions pas rendre clair le fait que le racisme est mal ? Bien sûr que non. Est-ce que quiconque oserait suggérer un «Vendredi Sans Blague Raciste» pour fournir à ceux qui mettent du temps à cesser d’être racistes une approche « progressive » de la chose ? Bien sûr que non. »

Hitler faisait ce même raisonnement quand il faisait tuer des millions de gens et que ces docteurs nazis utilisaient la peau, les dents et autres parties du corps des juifs pour fabriquer des objets, comme les savons humains pour les Allemands ainsi que des lampes fabriquées avec de la peau humaine de la même manière que l’on porte la peau des animaux.

On sait maintenant, grâce à de nombreux experts en neurologie animale, que les poissons ont une intelligence équivalente à celle des mammifères. On sait aussi que les cochons sont, non seulement, plus intelligents que nos chiens, mais aussi possèdent l’intelligence d’enfants de 3 ans. On sait aussi qu’une poule protège ses bébés avec le même amour qu’une mère protège son enfant et que ses œufs sont SA propriété et non celle des humains.

Qui nous a donne le droit de vie et de mort sur les animaux? Dieu? Ce même Dieu qui disait que les femmes étaient inférieures et pouvaient mourir à coups de pierres si elles étaient infidèles. Ce même Dieu qui, dans l’Ancien testament, supportait l’esclavage?

Qui d’autre nous donne le droit de vie et de mort sur les animaux? Notre soi-disant supériorité? Comme le disait le philosophe Isaac Bashevis Singer: « Les gens répètent souvent que depuis toujours les hommes ont mangé des animaux, comme justification pour continuer cette pratique. En suivant cette logique, nous ne devons pas essayer d’empêcher les individus de tuer d’autres personnes, puisque cela aussi se fait depuis la nuit des temps. »

Si l’être humain est tellement supérieur, pourquoi est-il incapable de vivre en harmonie avec la nature comme toutes les autres espèces le font? Si l’être humain est si intelligent, pourquoi commet-il des génocides sur des populations entières d’autres humains ET d’autres animaux, alors qu’aucune autre espèce animale dans la nature ne le fait?

Si l’être humain était aussi intelligent qu’il le pense, il ferait, comme Will Tuttle le dit, « des liens évidents » dans sa conscience et comprendrait notamment que d’autres animaux (seulement 5% de VRAIS carnivores sur la planète – sans compter les omnivores) tuent pour survivre alors que la majorité cohabitent pacifiquement. C’est un fait qui est ignoré avec convenance pour justifier l’idée qu’il est « normal » de manger des cadavres et autres « produits » d’origine animale, ce qui est ironique vu que nous sommes physiologiquement herbivores.

Come a dit le Capitaine Paul Watson dans une interview sur Fox TV (dont il a parlé il y a quelques mois à Montpellier): « Les vers de terre sont plus importants que les humains. » Le journaliste, choqué, a répondu: « Comment pouvez-vous dire que les vers de terre sont plus importants que les humains? ». Paul de répondre: « Parce que les vers de terre sont plus importants que les humains. Pour la simple raison qu’ils peuvent vivre sans nous mais nous ne pouvons pas vivre sans eux. Que les abeilles peuvent vivre sans nous, mais que nous ne pouvons pas vivre sans elles. » La planète pourrait parfaitement survivre sans les humains, c’est la vérité que l’on doit s’admettre malgré notre arrogance.

Alors, je vous le demande: quand vous vous asseyez à une table et que vous dites, « aujourd’hui c’est ok, je mange un bout de fromage parce que je ne veux pas offenser ma famille », c’est comme si vous gifliez une vache! Oubliez-vous que ce morceau de fromage (qui parait insignifiant) cache la souffrance d’une mère, qui se fait violer constamment (avec une tige forcée dans son vagin), à qui l’on retire son bébé pour lui voler le lait (qui lui est destiné) et dont les humains n’ont aucun besoin biologique (faisant de nous la seule espèce mammifère sur la planète à voler le lait destiné à une autre espèce ET à l’âge adulte)? Quand sera-t-on sevrés?

Quand vous dites, « c’est difficile d’éviter les œufs » (ce qui est faut si on évite d’acheter des produits fabriqués par des multinationales – ce qui fait de nous des complices dans la destruction de la planète aussi – dans le commerce et que l’on met ses fesses dans une cuisine), vous cautionnez aussi la souffrance de milliers de poules qui vivent (de plus en plus) en cages, pour qui les œufs sont aussi précieux que les ovaires le sont aux femmes qui veulent avoir des enfants et qui sont destinés soit à faire naitre des bébés, soit à être remangés par elles (pour récupérer le calcium qu’elles ont perdu). Encore une fois, il n’y a aucune nécessité biologique à consommer le résultat des menstruations d’une poule.

Trouver des excuses pour ne pas offenser les autres est du spécisme pur et simple. On peut apprendre à dire NON sans offenser les autres. Ca s’appelle la diplomatie et l’éducation. Mon propre père, au début, me faisait la guerre sur mes convictions. J’ai pris la décision qu’un père qui aime vraiment sa fille respecte son éthique. Oui, il mange toujours de la chair animale devant moi mais au moins il ne me casse plus les pieds sur mon « choix » car il a finalement compris que ce n’était pas lui que j’attaquais en refusant l’exploitation animale. Et en plus, il a crée une ligne de produits bios, équitables ET végans! Il n’est peut-être par encore végétalien lui-même mais c’est un changement de sa part dont je suis fière et qui montre que l’on peut évoluer (même à 70 ans!). Maintenant, j’ai des repas végans à la maison.

Mon propre frère, qui s’est moqué de mon éthique végane pendant des années, m’a récemment offert deux livres de Marie Laforet (auteur de plusieurs livres de cuisine végane) pour mon anniversaire! Je ne l’ai pas forcé à changer et je ne lui ai rien demandé. Je n’en ai même jamais vraiment discuté avec lui. Mais j’ai un compte Facebook, donc il sait très bien ce que sont mes priorités dans la vie. Il a fini par comprendre de lui-même (qu’il change lui-même ou non) que je ne changerai pas et il me les a envoyés fièrement!

En France, on est très fort pour se plaindre de tout et protester pour protéger nos jours de congés (ce qui est soit critiqué, soit applaudi par le reste du monde – ça dépend à qui vous parlez). La France est le pays le plus productif d’Europe, d’après le British Office for National Statistics. Pour gueuler dans la rue pour nos droits, on est fort. Mais quand il s’agit de défendre les animaux, en dehors de crier sur les pro-corridas, on se cache derrière des excuses bidons qui ne font pas avancer la cause du véganisme en France. Et c’est même dramatique que certains militants soient anti-corrida, anti-fourrure, etc. mais continuent à avaler des cadavres d’animaux ou leurs sécrétions sans une minute de réflexion sur leur propre dissonance morale.

Après, on s’étonne que nous soyons 20 ans derrière certains pays? Je n’ai jamais entendu un militant américain s’excuser d’être végan ou dire qu’il est végan quand ça l’arrange uniquement. On est végan ou on ne l’est pas. Ce n’est pas l’un ou l’autre. C’est comme se dire esclavagiste à mi-temps!

Les animaux n’ont pas besoin de nos excuses pathétiques. Ils souffrent, sont torturés et massacrés à grande échelle pendant que certains ont peur d’offenser les humains qui participent à ce génocide mondial pour rester dans leurs zones de confort. Ca suffit! C’est le moment de se réveiller. Les chiffres révisés du massacres d’animaux terrestres ne sont plus de 60 milliards par an, ils sont maintenant de 150 MILLIARDS, d’après les calculs très justes de l’Association FUDA.

Quand va-t-on arrêter de se donner des excuses? Quand la planète sera vraiment invivable? On n’arrête pas de nous citer en France le chiffre conservateur de l’ONU sur le rôle de l’Agriculture Animale sur le changement climatique de 18% (environ). C’est un chiffre tellement mal analysé qu’il a été révisé par le WorldWatch Institute (une ONG) à environ 50%. Mais aucun média ne veut citer ce chiffre bien qu’il soit reconnu partout ailleurs et bien expliqué notamment dans le documentaire Cowspiracy.

Franchement, les médias Français et les Français eux-mêmes sont un miroir l’un de l’autre. D’un coté, on voit une discussion qui commence par rapport aux droits des animaux, l’impact écologique et la santé. De l’autre, on continue à baratiner pour trouver des excuses à ne pas changer et surtout continuer comme avant (et même, comble du ridicule, lancer la mode de manger des insectes).

Par ailleurs, qu’elle lassitude que dans un pays, soi-disant plus éclairé que les Etats-Unis notamment, on soit si en arrière sur des questions vitales aussi à notre propre survie (et pas uniquement celle des 1000 espèces d’animaux qui disparaissent sans espoir de retour chaque jour sur la planète).

Je suis d’ailleurs surprise (et quoi qu’un peu choquée) que lorsque l’on parle du véganisme en France, ca ne viens pas des Français eux-mêmes mais des étrangers. A la récente manifestation anti-corrida d’Arles, les seuls interlocuteurs qui ont parlé du véganisme étaient un Italien, le cycliste végan Paolo Barbon et Peter Janssen des Pays-Bas. Je tire d’ailleurs mon chapeau a Jean-Pierre Garrigues, président du CRAC Europe, pour avoir mis ces personnes formidables et braves en avant et pousser le message du véganisme et de l’abolition sous toutes ces formes aux militants anti-corrida (dont certains, je le sais, mangent encore des animaux). C’est encourageant mais il faut que ça aille plus loin.

On aurait du être les leaders éclairés de ce mouvement, mais en fait, pour beaucoup de militants étrangers, nous vivons encore au moyen-âge.

Franchement, j’aimerai bien leur prouver qu’ils ont tord mais ça ne dépend pas que de moi. Je vois cependant des signes encourageants et je veux rester optimiste.

Sources:

– Gary Francione: Mais ça m’a pris 10 ans pour devenir végan. » Et alors ?

– Essai d’Emile Zola datant de 1896: L’Amour des Bêtes.

– Citations de Jean-Jacques Rousseau: Tribunal Animal

– Site de l’Association Végétarienne de France qui a des recettes véganes

– Site de FUDA avec le Défi FUDA

– Site de L214 sur le Véganisme.

Présentation (sous-titrée en Français) que j’ai faite à l’Animal Advocacy Museum (Musée du Militantisme pour les Animaux) à Los Angeles.

– Liste extensive de docteurs, diététiciens végans aux Etats-Unis et ailleurs de mon amie Buttlerflies Katz (J’ai l’honneur d’être inclue): The Vegan Truth blog

– Si vous lisez l’Anglais, procurez-vous ce magnifique livre sur Mark Twain: Mark Twain’s Book of Animals (Jumping Frogs: Undiscovered, Rediscovered, and Celebrated Writings of Mark Twain)

Dr. Will Tuttle: Son livre The World Peace Diet, en Français « Nourrir La Paix » bientôt disponible.

– Livres sur les droits des animaux et le Véganisme disponible en France: Vegan-France.fr

– Habillement, produits de beauté et d’entretien végans sur Internet:

·       Animalsace

·       Listes de boutiques véganes: Vegan-France.fr

·       Chaussures véganes: Esprit, Beyond Skin

·       Cosmétiques/produits de beauté: Boutique Vegan, Arganalife

·       Produits d’entretiens: dans les magasins bio et aussi à Boutique Vegan.

– Article de VegActu critiquant les idioties dites sur l’Emission d’Envoyé Spécial.

– Nouveau livre: « Voir son steak comme un animal mort » de Martin Gilbert et le livre phare de Gary Francione « Introduction au Droits des Animaux ».

– Excellent vidéo: 101 raisons de devenir végétalien (VOS FR HD).

– FUDA calcule le nombre d’animaux massacrés dans le monde: mouvementfuda.com

– Les produits Arganalife de mon père (bravo papa!), bios, végétaliens et qui aident des coopératives de femmes au Maroc.

– Livres de cuisines (fabuleux!) de Marie Laforet sur Amazon.fr

– Les nazis et les objets fait à bases d’humains: Savons et lampes.

– Vidéo que j’ai faite à la manifestation anti-corrida d’Arles le 16 mai avec interview de Peter Janssen de Vegan Streaker Group (notamment). Et vidéo du CRAC Europe.

– Le site Mr. Mondialisation sur le documentaire Cowspiracy. Autres documentaires exceptionnels voir: Vegan-France.fr – Voyez Cowpiracy en VO ST ici: News360.

http://news360x.fr/cowspiracy-le-secret-du-developpement-durable/

– La vérité sur le lait – OneVoice.fr

– Mouvement Fuda sur les Œufs et si vous lisez l’Anglais, ce superbe blog de FreeFromHarm.org sur les œufs.

– Ma présentation à l’Animal Advocacy Museum l’année dernière.

 

Photo: ALF – http://www.Pixabay.com (Royalty Free photos)

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