Le Vénézuéla: l’excuse bidon pour taper sur « l’hérétique » Mélenchon

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Maracaibo – http://www.pixabay.com

Difficile d’être le représentant d’un mouvement altermondialiste, humaniste, écologiste, social et même qui défend les animaux avec force par les temps qui courent lorsqu’on fait face à des médias et des militants de tous poils qui vous tapent dessus en se servant constamment de la situation au Venezuela.

Les médiacrates et leurs cohorts de « journalistes » (ce mot veut-il encore dire quelque chose vu l’ambiguïté du métier?) rabachent les mots « Venezuela », « Chavez », « Maduro » et surtout « dictature » en boucle pour défendre une vision du monde que Jean-Luc Mélenchon et ce pays mettent à mal d’arguments.

10 milliardaires détiennent 90% de la presse (voir un excellent détail de qui détient quoi ici). Comme l’explique l’excellent site Osons Causer: « Tous nos quotidiens nationaux (Le Monde, Libération et Le Figaro), toutes nos chaînes d’info (LCI, I-Télé, BFM-TV), l’essentiel des hebdomadaires de référence (Le NouvelObs, L’Express, Le Point) et des chaînes de TV privées (Canal+, TF1) appartiennent à de grands milliardaires. » 

Dans ces conditions, ils imposent évidemment leur opinion néolibérale au travers de « journalistes » soigneusement sélectionnés pour être d’accord avec eux. Il faut dire que vu les petits avantages qu’ils ont, ils se gardent bien d’avoir leurs propres opinions (si elles diffèrent du pouvoir). On comprend alors qu’il y a un réel problème de pluralisme médiatique et de vraie liberté de la presse en France. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Reporters Sans Frontières, dans son classement de la liberté de la presse 2017, ait placé la France en 39ème position devant le Royaume Uni et après l’Organisation des Etats de la Caraïbe orientale, un comble au pays des droits de l’homme (et de la femme).

Pour comprendre le Venezuela, il faut en comprendre l’histoire et l’influence du néocolonialisme sur le pays. Comme l’explique Ignacio RAMONET, Ancien Directeur du Monde Diplomatique et Président de l’Association Mémoire de luttes, « En raison des fabuleux trésors de son sous-sol, en particulier les hydrocarbures, le Venezuela est un pays très riche. Mais presque toutes ses richesses ont été accaparées pendant plus d’un siècle par les élites dirigeantes et des entreprises multinationales. Jusqu’à l’élection d’Hugo Chavez, en 1999, le peuple n’en recevait que des miettes. Plus de la moitié des Vénézuéliens vivaient sous le seuil de pauvreté (70,8% en 1996). La révolution bolivarienne a placé la volonté politique au poste de commande. Grâce à l’implication populaire, elle a permis à l’Etat de se réapproprier les secteurs stratégiques de l’économie, recouvrer la souveraineté nationale et procéder à une redistribution de la richesse au profit des services publics et de tous les laissés-pour-compte. »

Ce que veulent les néolibéraux et les multinationales qui dominent les états, notamment l’empire Américain (car lorsqu’on a 686 bases militaires partout dans le monde – hors Etats-Unis, on n’est plus juste une nation, on est un empire(1)), c’est déstabiliser des pays comme le Venezuela (on l’a vu en Irak et au Chili) pour y installer des oligarques pouvant à nouveau s’approprier les richesses et les partager entre eux. Le peuple ne compte pas. La CIA, qui a récemment avoué être derrière la déstabilisation au Venezuela, noie les médias de propagande anti Maduro et anti-chaviste et soutient la soit-disant « opposition » qui est en fait une extrême droite qui brûle vifs ceux qui ont l’air Chaviste car ils ont la peau noir. De plus, 90% des médias au Venezuela sont également détenus par des oligarques, donc d’opposition, ce que nos médias ne nous disent évidemment pas en prétendant que le président Maduro serait contre la liberté de la presse.

Comme l’explique Le Monde Diplomatique: « Du côté de la presse écrite, la situation est encore plus tranchée : sur 10 quotidiens de diffusion nationale, 9 sont des opposants déclarés au gouvernement. Si l’on étudie le contenu des articles d’opinion publiés dans quatre d’entre eux au mois de janvier 2007, on obtient les résultats suivants : pour El Nacional, 112 hostiles, 87 neutres et 6 favorables ; pour El Universal, les chiffres correspondants sont 214, 89 et 9 ; pour Ultimas Noticias, 31, 59 et 18 ; pour El Mundo, 49, 39 et 15. Ce qui ne les empêche pas de recevoir de la publicité des entreprises, des agences et des collectivités publiques.

Prétendre que la liberté d’expression est menacée au Venezuela relève donc de la plus indigne mauvaise foi. Il suffit de s’arrêter devant un kiosque à journaux ou de passer une heure devant un poste de télévision pour être convaincu du contraire. C’est même sans doute le seul pays du monde où, dans le passé, des appels publics à l’assassinat du président n’ont pas entraîné des poursuites judiciaires. »

 

« L’opposition« 

« On croyait avoir tout vu de la part de l’extrême droite vénézuélienne (rhabillée en « combattante de la démocratie » par les médias français) : formation par les paramilitaires colombiens, terrorisme, attentats à l’explosif, destructions de centres de santé et de maternités, sous-traitance de violences par la pègre, utilisation d’enfants-mercenaires, assassinats et tortures. » Egalité & Réconciliation

Cette opposition est également largement financée.

Comme l’explique Réseau International: « Wikileaks a révélé qu’à travers le Bureau des Initiatives de Transition (OTI) de l’USAID, Washington a remis à 300 organisations vénézuéliennes civiles 15 millions de dollars sous prétexte de « droits de l’homme » et de programmes d’éducation, dit le rapport. Un autre document de l’ambassade des Etats-Unis à Caracas intitulé « Demande de fonds pour aider à renforcer les Gouvernements locaux et les groupes de la société civile » déclassifié par le chargé d’affaires de l’époque de l’ambassade John Caulfield aussi été révélé. L’ambassade considérait que les 7 millions de dollars approuvés pour le financement de l’opposition vénézuélienne en 2009 étaient insuffisants, c’est pourquoi elle a demandé à Washington d’y ajouter 3 millions de plus. Cela amènera le Parlement vénézuélien à réformer la Loi organique contre la délinquance organisée et le financement du terrorisme en 2011 pour contrôler les mouvements d’argent venu de l’étranger pour porter atteinte à la République. »

Bien entendu, la CIA est la spécialiste de la déstabilisation dans des tas de pays et pas seulement en Amérique du Sud. Pour sans rendre compte, je recommande notamment le remarquable livre de l’activiste et journaliste Canadienne Naomi Klein « La stratégie du choc : La montée d’un capitalisme du désastre » qui démontre point par point l’hégémonie et l’impérialisme américain à commencer (d’un point de vue économique) avec la Chicago School de Milton Friedman qui a engendré par la suite les politiques de Pinochet au Chili (grace au coup d’état organisé par la CIA), de Thatcher et Reagan et qui se poursuivent jusqu’à, en ce qui nous concerne, Hollande (recruté par les « Young Leaders » en 1996) et Macron. Vous pouvez aussi voir le documentaire du même nom (sous-titrée) ici

Mais toutes ces informations, vous ne les entendrez JAMAIS des médiacrates bien trop occupés à prêcher la religion néolibérale. Pourquoi je l’appelle religion, me direz-vous? parce que le dogme néolibéral est répété comme étant la seule vérité, le « There is no alternative » de Thatcher. Toute personne voulant présenter une opinion différente est donc un hérétique. Il/Elle sera crucifié-e par les médias, ridiculisé-e, moqué-e, traité-e de dictateur-trice. Quel plus grand exemple de cela que ce que les médias ont fait à Jean-Luc Mélenchon pendant (après et encore) la campagne présidentielle, avec l’aide de leur armée de militants ignorants et prêts à monter au créneau pour défendre la vérité absolue du capitalisme du maître Friedman (dont la grande majorité n’a jamais entendu parler d’ailleurs). Le prêche dure depuis 30 ans et une génération entière est née entre temps et a été élevée par les médias sur cette religion.

« Le clergé, souvent inculte et très mal renseigné sur la Bible, du moins le bas clergé, était conçu comme une médiation entre le peuple et le Livre. L’église catholique voulait à tout prix avoir le monopole de la diffusion de l’information, la doctrine, pour pouvoir contrôler la foi donc la croyance. Les gueux, les serfs étaient soumis à un contrôle étroit que Foucault aurait qualifié de « biopouvoir ». Pour asseoir cette domination sur les esprits, l’église règlementait fermement la diffusion de la doctrine, excommuniait, imposait une doctrine unique (toute ressemblance avec la pensée du même métal ne serait pas fortuite), contrôlait les moyens de diffusion (scriptoriums dans les monastères, lieux fermés, interdits aux laïcs), et contribuait à maintenir les masses dans l’illettrisme.

C’est effectivement à la fois le comportement et l’objectif des principaux médias aujourd’hui. Il est remarquable de constater que dans « l’affaire Mélenchon », aucun journaliste n’a pris le temps de se demander si, par hasard, le fonctionnement moderne des médias n’était pas exempt de toute critique. Absolument aucune auto-critique, aucune trace de recul sur les pratiques journalistiques, cela rappelle, évidemment le postulat d’infaillibilité du Pape lorsqu’il s’exprime ex-cathedra (c’est-à-dire en tant que docteur de la foi, en situation d’enseignement) défini solennellement en 1870. » AgoraVox en 2010.

Il n’est donc pas surprenant que beaucoup défendent avec cette foi aveugle la doctrine néolibérale sans même regarder au delà des apparences. La grande majorité du peuple est tellement endoctrinée qu’elle ne questionne rien ou si peu (ou n’a pas le temps d’ailleurs trop préocupée à survivre). Pourtant le néolibéralisme est ce qui est en train de détruire la planète, permet que l’esclavage moderne concerne 46 millions de personnes, chiffres de 2016 (en majorité les enfants et les femmes) et que 70 milliards d’animaux terrestres et 1 milliards d’animaux marins soient torturés, mutilés et massacrés pour des raisons futiles (non nécessaires) qu’est l’alimentation carnée car cela enrichit le cartel de l’agroalimentaire, la FNSEA, etc. Et on pourrait ajouter la souffrance et les morts au travail, la pollution et tant d’autres choses que j’ai essayé de couvrir du mieux que je pouvais et dans les limites du monde de l’édition dans mon livre « La révolution végane: pourquoi et comment changer. »(2)

Abordez une autre philosophie économique, par exemple le Marxisme, et tout de suite des gens soit-disant bien informés vous sortiront le « stalinisme » et ses horreurs. Mais le stalinisme n’est qu’une perversion du Marxisme tout comme l’Etat Islamique est une perversion de l’Islam. Que des tarés s’emparent d’une philosophie ou d’une religion pour en faire n’importe quoi et l’utilisent comme excuse pour avoir du pouvoir n’invalide en rien la philosophie originale. Mais cela est dur à comprendre pour les gens peu habitués à décortiquer ce qu’ils entendent et surtout lire et entendre autre chose que la propagande. Cela demande de réapprendre à avoir un esprit critique, une chose plus vraiment apprise à l’école.

Jean-Luc Mélenchon n’a JAMAIS dit qu’il voulait transformer la France en Venezuela, Cuba ou Equateur mais que leurs modèles étaient des sources d’inspiration pour lui sachant que la situation de la France n’est pas la même que celle de ces pays. Mais pour comprendre ce que Mélenchon veut dire, il faut savoir lire au delà de l’ALBA, qui n’est rien d’autre qu’une alliance des états d’Amérique du Sud (là où se trouve la Guyanne française) et comprendre ce que c’est réellement. Après tout la France est engagée avec le MERCOSUR (et d’autres), une organisation d’Amérique Latine bien plus « dangereuse » que l’ALBA car libre-échangiste.

Que Jean-Luc Mélenchon se sente proche idéologiquement du Venezuela est certain. Qu’il veuille faire de la France un nouveau Venezuela (Cuba, Equateur, choisissez le pays, ça change à chaque élection), est faux, quoi qu’en disent les prêcheurs de la « grande messe du 20 heures ». Pour autant, cela n’empêchera pas que le mouvement de la France Insoumise continue à grandir (et à leur faire peur) et que de plus en plus de gens conscients, éduqués et surtout pas dupes de la propagande continuent à désirer un autre modèle pour la France comme pour le monde qui ne soit pas basé sur des traités de libre-échange destructeurs, la marchandisation du vivant (les animaux considérés comme des objets par exemple), l’égoïsme mais au contraire la fraternité, le partage et le respect du monde vivant.

(1) A titre comparatif, les Français et les Russes ont 10 bases chacun dans d’autres pays.

(2) à paraître en Avril 2018.

 

Photo: http://www.pixabay.com site gratuit de photos

Sources:

  • Désinformation sur le Vénézuela par Bernard Cassen, 30 mai 2007 dans Le Monde Diplomatique
  • 1996, « Young Leaders » recrute François HollandeZE Journal 19 mai 2016 (« L’objectif, mettre en pratique les idées de l’économiste Milton Friedman de l’école de Chicago: baisse des déficits par le démantèlement des services publics aux dépens de l’intérêt général… privatisation, déréglementation du droit du travail et réduction des dépenses sociales…pour le plus grand profit des multinationales. »)
  • Comme Emmanuel Macron, Edouard Philippe a suivi le programme « Young Leaders » mis en place par la French American FoundationZE Journal 16 Mai 2017
  • L’Ecole de ChicagoWikipedia (visionné le 28 Août 2017)
  • Le Marché Commun du Sud (Mercosur)Wikipedia (visionné le 28 Août 2017)
  • Médias et Venezuela : qui étouffe qui ? Le Monde Diplomatique 14 Décembre 2010
  • Venezuela : Combien de médias possède la CIA pour attaquer le pays ? Médiapart 20 Octobre 2016
  • Tous les pays où les Etats-Unis ont une présence militaireRéseau International 11 Avril 2015
  • Profession Journaliste – Documentaire sur YouTube (« Dans le jeu trouble du commerce de l’information, la position du journaliste est ambiguë. Est-il animé par le désir d’informer ou par la nécessité de gagner sa vie ? Avec Julien Brygo, François Ruffin, Sophie Divry et Annie Lacroix-Riz. »

  • Jean-Luc Mélenchon présente la conférence de Rafael Correa aux AmFis d’été de la France InsoumiseYouTube La Luciole Mélenchantée publié le 25 Août 2017

  • [#JLMDÉSINTOX] – QU’EST-CE QUE L’ALBA ? YouTube publié le 16 Avril 2017

  • #RDLS25 : MÉDIAS, ALLIANCE BOLIVARIENNE (ALBA), EAU MORTELLE, LILLE, HOLOGRAMMES – Jean-Luc Mélenchon sur YouTube publié le 15 Avril 2017

  • L’esclavage moderne touche 46 millions de personnes dans le mondeLes Echos (avec abonnement)

  • Documentaire – La Stratégie du Choc avec Naomi Klein sur YouTube

  • Livre « La stratégie du choc : La montée d’un capitalisme du désastre » de Naomi Klein – Amazon.fr
  • Venezuela : un homme brûlé vif par les « manifestants » anti-Maduro: Le vrai visage de la contestationEgalité & Réconciliation 25 mai 2017
  • Venezuela : la majorité des victimes tuées dans les violences de l’opposition ! AgoraVox le média citoyen 3 Août 2017
  • Venezuela : Comment est financée l’opposition violenteRéseau International 3 Juin 2017 (« En décembre 2010, le site Wikileaks publie des documents diplomatiques secrets du gouvernement des Etats-Unis contenant des informations sur les réunions avec des personnalités de l’opposition vénézuélienne, des coordinations, des offres et sur différentes sortes d’aide canalisées par l’ambassade des Etats-Unis à Caracas. Après avoir contrôlé les documents révélés, l’agence de presse AVN a publié un rapport qui donnait des détails sur ces documents. L’un des plus importants était signé par Robert Downes, ex conseiller politique de l’ambassade des Etats-Unis à Caracas et s’intitulait « 5 points stratégiques de l’équipement dans le pays pour le soutien du programme de l’Agence des Etats-Unis pour le Développement International (USAID). Dans celui-ci, les Etats-Unis se proposaient de réaliser une série d’actions entre 2004 et 2006 pour organiser le départ du chavisme du pouvoir politique.Les 5 points du document étaient : « le renforcement des institutions démocratiques, pénétrer la base politique de Chávez, diviser le chavisme, protéger les commerces vitaux pour les Etats-Unis et isoler Chávez internationalement, » précise AVN. »)
  • Leçons vénézuéliennes + LA CIA CONFIRMEMédiapart 26 Juillet 2017
  • La vérité sur le Venezuela – Ignacio RAMONET, Ancien Directeur du Monde Diplomatique, Président de l’Association Mémoire de luttes – La Lettre Diplomatique et sur Le Grand Soir
  • Les privilèges des journalistes sont-ils vrais? Le blog politique de Jacques Heurtault 15 Février 2013
  • Milton Friedman… Chicago boys… Néolibéralisme fascisant… AgoraVox le média Citoyen 12 Juillet 2014
  • Médias français : qui possède quoiLe Monde Diplomatique Juillet 2016
  • Les nouveaux chiens de garde (de Serge Halimi) – Bande annonce documentaire_11.01.2012 sur YouTube (le film entier n’est malheureusement plus disponible gratuitement mais je recommande vivement de l’acheter!).
  • Médias : pourquoi 10 milliardaires contrôlent-ils notre information ? Osons Causer
  • Journalisme et médiacratie : un nouveau clergéAgoraVox Le Média Citoyen 5 Avril 2010

 

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Quand les « vilains » ne sont pas que ceux que l’on combat

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Il existe une maladie chez les militants animalistes que j’appellerai le « refus de se regarder dans le miroir ».

Cela fait plus de 10 ans que je suis dans le mouvement végan/animaliste, que ce soit aux Etats-Unis ou en France, et je crois pouvoir dire y avoir tout vu.  Aux Etats-Unis, j’ai connus des pervers narcissiques, des drogués, des imbus d’eux-mêmes et des champions de la superficialité « Hollywood style ». Quand je suis arrivée en France, une excellente amie m’a dit: « tu verras, les militants français sont pires que les américains ». Elle avait tristement raison.

Je peux résumer les militants animalistes avec de nombreux mots: passionnés, courageux, chiants, hypocrites, égoïstes, altruistes, opportunistes, dédiés et même méchants. Si vous militez depuis longtemps vous-même, vous avez certainement attribué ces mots à toutes sortes de personnes autour de vous. Le militantisme rassemble des égos de toutes sortes sous chaque étiquette.

J’ai connu les meilleurs militants comme j’ai connu les pires. En cela, ils ne sont aucunement différents du commun des mortels. Leur seule différence est l’intérêt qu’ils portent aux animaux non-humains et C’EST TOUT! Ils ne sont pas supérieurs aux autres et ils ont les mêmes fichus défauts… et c’est bien le problème.

Je n’ai pas la prétention de me croire parfaite, loin de là. J’ai même énormément de défauts. J’ai seulement la satisfaction de pouvoir me regarder dans le miroir en sachant que je n’ai fait de mal à personne consciemment. Et je me suis TOUJOURS excusée si j’avais commis un tord envers quelqu’un, une bonne habitude même pas apprise de mes parents mais qui me paraît être normale, un petit quelque chose qui manque sérieusement chez beaucoup de gens.

Il serait bien de temps en temps pour certains de regarder leurs propres actes envers ceux qui sont dans leur camp car c’est bien là que tout déraille sérieusement dans ce « mouvement ».

Par exemple quand:

  • des militants se servent de la notoriété des autres et surtout de leur travail de longue haleine pour les trainer dans la boue et utilisent ce travail à leur propre profit et pour leurs propres égos. A travailler: L’humilité.
  • des militants vous traitent de salaup(e)s juste pour avoir utilisé maladroitement la langue. Oui, ils sont parfaits et ne commettent jamais d’erreurs eux-même. A travailler: le discernement.
  • des militants, qui se disent altruistes et pleins de compassion, souhaitent la mort de ceux qui sont très malades physiquement ou en grande difficulté à l’intérieur du mouvement. Peut-on enfin dire que c’est dégoutant? A travailler: le respect de l’autre.
  • des militants relativement « neufs » croient déjà tout savoir et crachent sur le travail des « anciens » qui ont travaillé des années pour que ces « jeunes » écervelés puissent prendre le relai. Ces « jeunes » n’ont d’ailleurs aucune gratitude pour ce qui a été fait pour leur faciliter les choses et profitent bien de ce qu’ils ont appris jusqu’à ce qu’ils ne fassent que des erreurs. A travailler: L’orgueil.
  • des militants, des végans en plus, souhaitent la mort non seulement aux leurs mais à ceux qu’ils opposent, bien loin de la préoccupation morale d’ « être le changement que l’on veut voir dans le monde », autrement dit pratiquer ce que l’on prêche, une idée morale au coeur même du véganisme notamment. Ils oublient d’où ils viennent eux-mêmes, autrement dit qu’ils n’ont pas toujours été végans/animalistes et qu’ils étaient auparavent comme ceux qu’ils haïssent. Le véganisme n’est pas en effet uniquement une préoccupation matérialiste mais aussi une attitude morale qui demande donc une certaine droiture. A travailler: La compassion pour tous les êtres vivants (y compris les humains).

Franchement, quand nous nous permettons de nous dire comme faisant partie d’un mouvement pour la libération animale (et les humains sont des animaux aussi), nous avons un énorme travail à faire d’abord sur nous-mêmes avant de prétendre vouloir sauver les autres. Il faudrait peut-être se sauver soit-même en premier si on veut réellement prétendre faire avancer les droits des animaux non-humains.

On peut noter d’ailleurs que ceux qui font avancer le mieux la cause sont souvent les plus humbles, les moins bavards et ceux qui agissent le plus. Ceux qui gueulent le plus et souhaitent du mal aux autres sont généralement ceux qui en font le moins. C’est tout dire…

 

L’humilité ne consiste pas à se considérer comme inférieur, mais à être affranchi de l’importance de soi. ~ Matthieu Ricard

 

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Commentaires sur l’article sur le Véganisme d’Audrey Fisné (Figaro du 24 Aout 2016)

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Note : ce courrier a été envoyé au journal Le Figaro le 24 Aout 2016.

 

Je tiens à féliciter le journal Le Figaro pour son article du 24 Aout 2016 sur le Véganisme. Après Paris-Match, Libération et un certain nombre d’autres journaux qui on eux aussi rédigé d’excellents articles sur ce mouvement, cela fait plaisir de voir un autre grand journal adresser ce sujet.

En tant que végane depuis 10 ans, j’aimerai cependant aborder certains points de l’article d’Audrey Fisné. Tout d’abord votre titre de couverture (qui a bien sur attiré mon attention) : « Après les végétariens et les végétaliens, la mode du véganisme ». J’apprécie que vous fassiez une distinction entre végétariens, végétaliens et véganes, étant donné les différences qui existent entre les trois groupes. En effet, les végétariens évitent toute chair animale (y compris les poissons que beaucoup assimilent encore à des plantes qui nagent). Les végétaliens ne mangent aucun produit d’origine animale, y compris les sous-produits comme la gélatine (qui vient des cochons et que l’on trouve notamment dans les bonbons), les œufs ou le miel.

Le véganisme, cependant, est une note au dessus de tout l’aspect alimentaire et votre mention de « mode » est à ce titre une identification incorrecte de ce que ce mot signifie. Le mot lui-même, inventé dans les années 40 par le militant britannique Donald Watson (fondateur de la première Société Végane au monde) est effectivement récent. Cependant, l’éthique elle-même, car il s’agit d’une éthique, remonte très loin (si ce n’est sous des noms différents comme Pythagoriciens, d’après Pythagore, végétarien lui-même). Dans certains temples bouddhistes de tradition zen en Corée, par exemple, il se pratique dans son sens éthique depuis plus de 600 ans. En France, on peut noter historiquement les Cathares, Chrétiens végétariens, qui ont été persécutés. Mais passons.

Le véganisme est avant tout une éthique de non-violence envers toutes les espèces (y compris l’espèce humaine) et donc un rejet (antispécisme) de la discrimination basée sur l’espèce et de la violence faite à d’autres êtres sentients (= qui ont le désir de vivre, peuvent souffrir, penser, avoir des émotions, etc., tel que cela est reconnu maintenant par de plus en plus de scientifiques). Ce n’est donc pas une « mode » mais une reconnaissance de plus en plus grande de nos responsabilités envers nos concitoyens terriens (eux aussi) mais aussi la planète. On sait (et c’est reconnu par l’ONU et le World Watch Institute) que l’élevage (y compris les petits élevages) est la cause numéro 1 du dérèglement climatique, de la pollution de l’eau, de la déforestation (notamment pour le soja transgénique – OGM – et le broutage de ces animaux au Brésil pour nourrir les animaux d’élevage des pays occidentaux, notamment la France, première importatrice de soja OGM en Europe), entre autres dégradations écologiques.

Le végétarisme et le végétalisme sont des pratiques alimentaires telles que vous les décrivez très bien dans l’article. Le véganisme est tout ce que j’ai cité plus haut.

Votre article note aussi très justement le problème de la pensée cartésienne qui « pollue » encore la pensée des gens et les gardent ignorants de qui sont vraiment les animaux non-humains. En effet, «l’animal-machine », ce terme honteux pour décrire un être pensant doit enfin être jeté dans les oubliettes de l’histoire avec toutes les « sciences » dépassées. Il n’a plus sa place au 21ème siècle ou les enfants, si ils étaient éduqués pour, sauraient réellement que nos chiens et chats ne sont pas les seuls avec une personnalité.

Pour revenir sur l’aspect santé de l’article, ce qui est évidemment important bien sur, il est à noter que de plus en plus de très bon livres de cuisine expliquent comment faire des fromages végétaux et autres délicieux plats végétaliens, que les recettes végétaliennes se comptent par millier sur Internet. A noter également que la France est riche en marché de fermiers (contrairement aux Etats-Unis ou j’ai vécu et dans lesquels, suivant l’endroit ou vous vivez, il peut même être difficile de trouver une tomate et encore moins une tomate bio). Manger végétalien est donc en fait facile. Comme me disait un ami, « c’est dur si vous pensez à vous-même, ça ne l’est pas si vous pensez aux animaux que vous épargnez. »

Comme le remarque avec justesse la sociologue Estiva Reus dans l’article, l’information sur la nutrition végétalienne doit contourner la médecine traditionnelle française encore encrée dans des mythes dépassés autour des recommendations alimentaires. La réponse du Dr Laurent Chevalier est un exemple type de l’ignorance (volontaire ?) des plus grandes études de ces 30 dernières années. Il serait temps que les médecins français réalisent que les deux plus larges académies de diététiciens au monde rassemblant plus de 60 000 experts en nutrition (sur le Canada et les Etats-Unis), ainsi que l’organisation PCRM (Physicians’ Commitee for Responsible Medicine) qui regroupe des milliers de médecins, s’accordent tous sur les bienfaits, à n’importe quel âge (y compris la grossesse) de l’alimentation 100% végétale. Si les médecins français prenaient le temps d’éplucher l’information scientifique et médicale de ces 30 dernières années (et on peut remonter jusqu’à il y a un siècle), ils seraient mieux à même d’aider ceux voulant se lancer sur une voix plus saine et éthique. Etre végétalien n’est pas se nourrir de Coca Cola et de frittes.

En tant qu’ex-diabétique pratiquement obèse à une époque de ma vie (je me suis guérie naturellement avec une alimentation complète et équilibrée 100% végétalienne et sans médicaments) et en tant que coach en santé holistique, mon expérience a démontré depuis le début que manger végétalien n’est ni compliqué, ni un casse tête nutritionnel, ni un « régime » dans lequel on compte ses calories. Il n’y a donc pas à avoir peur dès l’instant ou l’on s’éduque au minimum sur les bases importantes.

Ce qui me fait peur en revanche est qu’un français sur dix est maintenant obèse et un français sur quatre en surpoids (sources gouvernementales). Je trouve cela bien plus inquiétant que l’ultra rare végétalien pouvant avoir des carences sachant que les non végétaliens consomment trop de protéines (surtout animales), souffrent de carences en fer, B12 et calcium (malgré tout les produits laitiers qu’on leur dit de consommer et  qui sont en fait néfastes pour la santé), problèmes qui ont plus avoir avec notre alimentation industrialisée qu’autre chose. Les végétaliens, dans leur majorité, sont très bien éduqués sur les questions nutritionnelles justement parce qu’on leur répète constamment le possible manque nutritionnel (un mythe).

Comme le disait le professeur T. Colin Campbell, auteur de la plus grande étude épidémiologique au monde sur le lien entre nutrition et maladies chroniques, « Il n’y a rien dans les produits animaux que l’on ne trouve pas dans les plantes. » Et c’est quelqu’un qui a grandit dans une ferme laitière, produit du lait bovin et cru pendant longtemps que les protéines animales étaient la « panacée », pas exactement un militant animaliste.

Il est donc urgent que la France (et son corps médical) rejoignent l’Allemagne, l’Angleterre, l’Israël, l’Espagne, l’Italie, les Etats-Unis et bien d’autres pays plus en avance qui ont sérieusement entamé une discussion sérieuse sur toutes les questions citées dans ce texte pour enfin renoncer à « l’homme-machine » pour aller vers « l’homme antispéciste ».

Encore merci pour cet article.

 

Véronique Perrot

Coach certifiée en santé holistique végane

 

Photo: Vegan – http://www.pixabay.com

Lien à l’article: Le Véganisme, une pratique alimentaire qui grignote du terrain. Pour lire l’article entier, il faut se producer la version imprimée du quotidien.

 

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La (non) liberté d’expression des grévistes de la faim de Strasbourg

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Comme toujours en France, la liberté d’expression ne s’applique uniquement qu’à ceux au pouvoir mais jamais réellement aux citoyens, et surtout pas à ceux qui demandent justice pour les autres.

Depuis plus d’un mois, des grévistes de la faim de Strasbourg qui demandent la fermeture du centre de primatologie de Fort Foch, qui élève des singes destinés aux laboratoires pratiquant l’expérimentation animale, sont complètement ignorés en grande partie (avec quelques exceptions) par les médias nationaux certainement plus intéressés par les querelles politiques, les jeux télés et la dernière mode (sujets qui font apparemment réellement évoluer notre société d’après eux) plutôt que les causes sociales d’importance.

Après le drame de Charlie Hebdo en Janvier, on pourrait croire (ou nous faire croire) que les medias se seraient mis au diapason de cette soi-disant liberté d’expression qu’ils disent défendre mais ce n’est absolument pas le cas.

Pourtant la cause des grévistes de la faim de Strasbourg est une cause du 21ème siècle la fin de l’expérimentation futile sur les animaux, d’autant plus les singes, nos proches cousins génétiques. On sait parfaitement que l’expérimentation ou recherche « scientifique » sur les animaux n’est pas et n’a jamais été une nécessité pour sauver des vies humaines.

Mais nous sommes encore a l’époque de René Descartes, une personne, tâche honteuse et monstrueuse de notre histoire, qui a été le premier à avoir lancé l’idée de l’animal machine. Selon lui, l’animal n’était rien d’autre qu’une machine perfectionnée. Il n’y avait pas de différence fondamentale entre un automate et un animal. Un artefact fabriqué par l’homme n’était pas ontologiquement distinct d’un animal. La Lettre au Marquis de Newcastle (23 novembre 1646) compare explicitement l’animal à une horloge, composé de pièces mécaniques et de ressorts. Pour Descartes, l’animal n’avait ni âme ni raison. (source Wikipedia pour en savoir plus).

Cette manière de penser a inspiré tristement des générations de vivisecteurs. Descartes, après tout, n’avais pas hésité à clouer un chien sur une porte et le disséquer encore vivant. Il considérait que les hurlements de souffrance de ce pauvre animal n’étaient qu’une réaction mécanique n’ayant aucune pareille avec celle des humains. De nos jours, je pense que si beaucoup savaient ce qui est fait encore notamment aux chiens dans les laboratoires, ils seraient horrifiés. Par contre, cela ne semble pas être un acte horrible dès que l’on parle d’autres animaux comme les singes (encore plus proches de nous génétiquement) ou autres animaux.

A cause de cette ignoble fantaisie ignorante lancée par Descartes, nous avons créé des générations de « scientifiques » qui prétendent sauver des vies humaines en torturant des êtres vivants alors qu’il est reconnu, par exemple, que 80% des tests faits sur les rats ne résultent en aucune information fiable pour les humains. Le Professeur Américain Colin Garner a même dit: « Nous savons parfaitement traiter le cancer chez les rats et chez les souris, mais nous ne savons toujours pas guérir les gens. » (Professeur Colin Garner cité dans un article de Genetic Engineering and Biotechnology News, 2007).

Même le grand laboratoire pharmaceutique Pfizer le reconnait: « Une étude menée par les laboratoires Pfizer a abouti à la conclusion que “pour savoir quelles substances sont carcinogènes, il vaudrait mieux jouer à pile ou face plutôt que de compter sur l’expérimentation animale. Seulement 5 à 25 % des substances nocives pour l’être humain ont aussi des effets négatifs sur les animaux des laboratoires. Jouer à pile ou face donne de meilleurs résultats. » ((1) Münchner Medizinische Wochenschrift 1983: 125(27), 8)

Dans la communauté scientifique, il n’y a aussi aucun consensus pro expérimentation animale. La communauté est divisée, souvent par manque de connaissances d’alternatives ou simple refus de voir les évidences (fainéantise ou intérêt financier?). Pourtant elles existent et nous n’avons aucune justification morale à ne pas les utiliser. De plus, on sait que les « chercheurs » y ont beaucoup à gagner financièrement et il est donc à se demander combien de millions d’Euros (de nos impôts) vont être gaspillés pour enrichir des « scientifiques » dans ce laboratoire de la honte.

« Cette pratique, désormais obsolète, est financée, pour la recherche publique, par nos impôts, et dans la recherche privée, très souvent par des dons. Et ce, alors même que près des trois quarts des citoyens se disent contre l’expérimentation animale dès lors que d’autres méthodes sont possibles (étude Ipsos/One Voice). Cultures de cellules, de tissus, d’organes, biologie moléculaire, recherche in vitro… de nombreuses méthodes substitutives, reconnues et dont l’efficacité a été prouvée, existent pourtant aujourd’hui. » (One-Voice.fr)

Comme le dit très justement le site Antidote Europe (antidote-europe.org):

« Peu après la création d’Antidote Europe, nous rencontrions un vétérinaire qui nous disait, en substance : « Il n’y a pas de débat au sein de la communauté scientifique, tous les chercheurs pensent qu’il faut expérimenter sur des animaux avant de passer à l’homme. »

Nous étions pourtant la preuve du contraire, assis à une table, face à lui qui défendait la recherche animale, nous qui démontrions qu’aucune espèce animale n’est un modèle biologique fiable pour une autre.

Il est très important que le public apprenne qu’il n’y a pas consensus au sein de la communauté scientifique et médicale. Beaucoup de questions (dont la pertinence du « modèle animal ») font débat. C’est important parce que plusieurs réglementations dont notre santé dépend se fondent sur l’hypothèse que le « modèle animal » serait pertinent pour prévoir les réactions physiologiques humaines. Or, nous voyons que le nombre de personnes atteintes de maladies graves (cancer, Alzheimer, etc.) ne cesse d’augmenter.

Il serait donc grand temps que le gouvernement organise un débat entre scientifiques sur la pertinence du « modèle animal ». Les conclusions de ce débat devraient orienter les futures politiques de santé et de recherche. Antidote Europe ne cesse de le demander. »

Bien sur, le gouvernement n’est absolument pas intéressé par les débats car je pense que certains sont très bien payés par l’industrie.

Malgré ces recommandations sages et le fait que nous avons suffisamment d’alternatives à l’expérimentation animale cruelle et le fait que le gouvernement a récemment reconnu les animaux « comme êtres sensibles » donc capables de souffrance (ce qui est pourtant une évidence pour toute personne ayant un chat ou un chien), cela n’empêche pas notre gouvernement de dépenser de l’argent publique pour des centres de recherche inutiles sur les primates (sauf pour enrichir quelque uns) et qui ne font aucunement avancer le progrès scientifique pour guérir les maladies graves.

Mais les médias Français (ET le gouvernement), dans leur recherche de l’argent à tout prix plutôt que du vrai journalisme, en dehors de Planète Animaux et quelques autres médias (listés en fin d’article) ont accordé peu d’attention aux grévistes. Les autres préfèrent jouer le jeu de l’autruche et ignorer ce qui devrait être un débat et surtout une situation grave de première importance: notre relations avec les autres espèces de notre belle planète et notre insistance à ignorer la souffrance que nous leurs causons ainsi que la situation des grévistes eux-mêmes. D’ailleurs, malgré leur déplacement a l’Elysée, aucun media n’a eu de compassion pour leur cause et a daigné se déplacer pour entendre leurs voix (et donc leur liberté d’exprimer leur opinion sur le centre de primates).

Christophe Leprêtre et son amie Pamela Bruna Kahlo ont même adressé une lettre a notre Président: « Nous vous demandons, Monsieur le Président de la République, de bien vouloir intercéder le plus rapidement possible pour annuler immédiatement l’autorisation d’extension de cette primaterie et de libérer ensuite les singes détenus captifs pour les replacer dans leur milieu naturel ou dans des structures d’accueil adaptées à leur bien-être » (source: Planète Animaux)

Dans son hypocrisie typique, l’Elysée a menti aux grévistes en leur disant qu’ils ne pouvaient se voir accorder une audience car il n’y avait pas de lettre adressée originellement. Ceci est un mensonge que les grévistes ont eux-mêmes prouvé. (source: Planète Animaux).

Le 10 juin, les deux grévistes, épuisés on s’en doute et alors a l’Elysée, ont été complètement ignorés et traités, j’ose le dire, comme des terroristes et bien sur, n’ont jamais été reçus, ne serait-ce que quelques minutes. Malgré tout, ils continuent à se battre pour que les chambres à torture soient abolies pour toujours. Que font les médias? Bien entendu, la plupart continuent à les ignorer tout comme la fait le Président François Hollande, avec une arrogance inouïe.

Faut-t-il que des gens deviennent des martyrs pour que l’on adresse enfin la question de l’expérimentation animale en France et que l’on évolue enfin au delà de la vision mécanique et dépassée de Descartes ou devons nous rester au XVII siècle?

Les grévistes héroiques : Christophe Lepêtre, Pamela, Lily, Gilles, Morgane, Cécile, Hélène, C, Dylan, Cristelle et Sandra.

Photo: Monkey – courtesy http://www.Pixabay.com (Free Stock photos)

Sources:

Page Facebook de soutien: https://www.facebook.com/events/427411510754252/

Source d’information: Planète animaux http://www.planeteanimaux.com/sujet/2015/06/11/exclusif-lelysee-refuse-de-recevoir-les-grevistes-de-la-faim/005422

– One-Voice.fr et antidote-europe.org

Videos:

19/20 Alsace (sur Facebook)

– Alsace 20 TV, programme Le 6 minutes Eurométropole

Presse:

– Strasbourg: Les opposants à l’extension du centre de primatologie veulent passer à l’action – 20Minutes.fr

– La pression monte pour sauver les singes – Paris-Match

– Vivisection : les grévistes de la faim reçus à la préfecture – Planète Animaux

– La grève de la faim pour réclamer la fermeture du centre de primatologie se poursuit. – France 3 Alsace

– Strasbourg: Nouvelle colère des associations protectrices des animaux contre le centre de primatologie – 20Minute.fr

– Faut-il interdire les expérimentations animales ? 8 militants français en grève de la faim – RTL Info

– Bas-Rhin : grève de la faim pour la fermeture du centre de primatologie – France 3 Alsace

– Des militants en grève de la faim contre la vivisection à Strasbourg – VegActu

– Grève de la faim contre l’extension du centre de primatologie – Dernières Nouvelles d’Alsace

– Un drone survole le centre de primatologie, une journaliste entendue – Dernières Nouvelles d’Alsace

– Une grève de la faim pour sauver des singes de la vivisection – Lyon Info.

– Des militants en grève de la faim contre l’expérimentation animale – Mr. Mondialisation

– Grève de la faim d’un ex-Romillon pour sauver des singes – L’Est Eclair.fr

Merci à Force Animale Intervention (FAI) pour la compilation d’articles de presse sur la page de soutien.

© Copyright Juin 2015 – Vegan Empowerment Francophone/Veronique Perrot – Tout droits réservés. Toute utilisation et/ou publication non-autorisée de ce matériel sans l’autorisation verbale ou écrite de cette auteur et/ou de cette propriétaire est strictement interdite. Des extraits ou des liens peuvent être utilisés si un crédit clair et complet et donné avec une direction spécifique et appropriée vers le contenu original.

Ne jamais perdre courage en évoluant nous-mêmes… moi aussi!

« Nous voulons un monde de paix »

« Ce ne sont pas les cages que nous devons faire plus grande et les murs des abattoirs que nous devons rendre transparents. Ce sont nos cœurs. Lorsque nous faisons de la compassion notre baromètre, nous ne nous contentons pas de violence sur une petite échelle. Nous aspirons à la bonté sur une grande échelle. »

~ Colleen Patrick-Goudreau (9 Octobre, 2013)

La vie est difficile pour les militants. Mais elle l’est encore plus pour les animaux que nous défendons. Il ne faut pas oublier que chaque fois que l’on parle, manifeste ou tient des stands, c’est pour eux, par pour nous. Comme je lai dit dans mon dernier blog, il y a beaucoup de méchanceté entre les militants et c’est très triste. Nous devrions tous être unies et non se battre pour des différences de tactiques ou d’opinions. Le principal est de faire avancer notre cause et d’avoir un but commun. Les animaux s’en fichent royalement de nos différences. C’est l’égo humain qui crée le chaos sur cette planète.

Je suis coupable aussi. Depuis dès années, je fais des efforts pour transmettre mes idées, ma philosophie du monde à tout le monde et j’essaie d’avoir un message clair de compassion, de gentillesse et surtout de bonne communication. Mais je suis encore malheureusement humaine et j’ai beaucoup de travail (comme nous tous!) pour évoluer dans un sens qui représente réellement les valeurs du Véganisme.

On m’a fait du mal, mais j’ai aussi fait du mal à des gens que j’aime beaucoup (et que je continue à aimer en dépit d’eux-mêmes) et je ne suis pas immune à la bêtise humaine qui tente à nous faire sauter les uns sur les autres avant de même les connaitre et de les juger sans avoir tous les faits. Pour tous ceux que j’ai blessés, je suis profondément désolée.

La roue tourne et je ne peux pas réparer mes erreurs mais je peux au moins m’en excuser. Ce qui est triste est que, jusqu’à présent, sur des années de militantisme franco-américain dans lequel il m’est difficile de me situer (à cause des différences énormes entre les deux pays), j’ai eu des remarques du genre « connasse », « pute », « elle ne connait rien au militantisme ». Pire fut quand on a attaqua mon intégrité professionnelle en tant que coach en nutrition végétale en disant que j’allais rendre les gens malades voir même les tuer!.

Pourquoi tant de bêtise dans le mouvement? Parce que les gens, malgré toute leur bonne volonté, veulent voir le monde évoluer sans changer eux-mêmes. Ce n’est pas possible.

Comme l’a dit justement Gandhi: « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde ».

Le véganisme et notre travail pour les animaux devrait être fait avec un grand respect de tous et une recherche intérieure pour rectifier et évoluer au-delà du bagage de cochonneries que nous véhiculons en nous depuis notre enfance. C’est un bagage qui est l’inverse de ce que nous devons promouvoir. La colère envers les sadiques des corridas, par exemple, est justifiée mais elle est aussi un reflet de leur propre endoctrinement et de leur propre déconnection empathique. Mais on oublie souvent que nous sommes nous-mêmes encore endoctrinés, même en tant que militants/végans.

Le fait de changer pour les animaux est le premier pas vers un monde meilleur mais il n’est réellement que le premier. Le travail doit aussi être fait à l’intérieur de nous-mêmes. Sans ce travail, on peut crier sur tous les toits mais on ne changera pas les choses plus vite.

J’espère avoir appris de mes erreurs et j’espère aussi que beaucoup plus de militants réfléchirons à leur propre psychologie interne.

Donc être un militant/végan n’est pas simple. Tous les jours, nous sommes humiliés, ridiculisés et moqués mais on oublie que l’on fait de même entre nous mêmes. Cela fait le jeu de ceux à qui nous voulons ouvrir la conscience. Pour reprendre une expression, c’est diviser pour mieux régner.

Les choses sont en train d’évoluer partout. Même s’il y a toujours beaucoup d’horreurs, je suis aussi pleine d’espoir. Je n’ai jamais vu autant de militants dans ma vie, de gens faisant les connections nécessaires et évidentes (rien qu’a mes stands quand je parle avec eux) et d’une plus grande conscience des enjeux écologiques, humains et leurs relations avec les animaux.

On ne peut faire évoluer les choses plus vite que si nous-mêmes évoluons aussi et devenons réellement une grande famille qui s’aime (au lieu de se taper dessus) et unie pour la justice.

Le Capitaine Paul Watson a très bien résumé les choses dans une récente émission d’Arte quand il a dit à propos de Greenpeace: « Tous les membres fondateurs sont partis de Greenpeace. Ils font maintenant partie d’une plus grande bureaucratie. Nous, on est fideles à nos intentions générales. On est petit, c’est d’ailleurs notre volonté. »

Ce que Paul a compris (et il le dit souvent dans toutes ces interventions publiques) est que chacun de nous peux faire une différence individuellement. Les organisations sont bien mais on doit d’abord faire le travail à notre niveau (et je dirai sur nous-mêmes) tout en soutenant les bonnes organisations qui ont un réel message de valeurs pour les animaux et l’écologie.

Comme a dit l’ancien éleveur Howard Lyman (devenu éco-Végan), « On ne peut pas se dire écologiste et manger de la viande ». Et j’ajouterai que l’on ne peut pas se dire aimer les animaux si on continue à consommer leur chair et leur secrétions et en même temps nous taper les uns sur les autres. C’est un travail intérieur que nous devons tous faire… Y compris moi-même!

Comme je l’ai dit plus haut, je suis une optimiste malgré tout car je vois de plus en plus de gens évoluer dans le bon sens et j’espère que dans notre milieu, les défenseurs des animaux et de l’environnement, ne s’arrêteront pas et continuerons à évoluer. Nous ne sommes pas des êtres finis, on doit toujours changer. La vie est comme une école. On apprend quelque chose de nouveau chaque jour. Sans évolution, nous restons des barbares.

Sources:

– Le Capitaine Paul Watson sur Arte

– Son dernier livre aux Editions Actes Sud: Earthforce : Manuel de l’éco-guerrier Je recommande vivement!

Photo: Flag (www.pixabay.com Free photo stock)

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