Le Vénézuéla: l’excuse bidon pour taper sur « l’hérétique » Mélenchon

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Maracaibo – http://www.pixabay.com

Difficile d’être le représentant d’un mouvement altermondialiste, humaniste, écologiste, social et même qui défend les animaux avec force par les temps qui courent lorsqu’on fait face à des médias et des militants de tous poils qui vous tapent dessus en se servant constamment de la situation au Venezuela.

Les médiacrates et leurs cohorts de « journalistes » (ce mot veut-il encore dire quelque chose vu l’ambiguïté du métier?) rabachent les mots « Venezuela », « Chavez », « Maduro » et surtout « dictature » en boucle pour défendre une vision du monde que Jean-Luc Mélenchon et ce pays mettent à mal d’arguments.

10 milliardaires détiennent 90% de la presse (voir un excellent détail de qui détient quoi ici). Comme l’explique l’excellent site Osons Causer: « Tous nos quotidiens nationaux (Le Monde, Libération et Le Figaro), toutes nos chaînes d’info (LCI, I-Télé, BFM-TV), l’essentiel des hebdomadaires de référence (Le NouvelObs, L’Express, Le Point) et des chaînes de TV privées (Canal+, TF1) appartiennent à de grands milliardaires. » 

Dans ces conditions, ils imposent évidemment leur opinion néolibérale au travers de « journalistes » soigneusement sélectionnés pour être d’accord avec eux. Il faut dire que vu les petits avantages qu’ils ont, ils se gardent bien d’avoir leurs propres opinions (si elles diffèrent du pouvoir). On comprend alors qu’il y a un réel problème de pluralisme médiatique et de vraie liberté de la presse en France. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Reporters Sans Frontières, dans son classement de la liberté de la presse 2017, ait placé la France en 39ème position devant le Royaume Uni et après l’Organisation des Etats de la Caraïbe orientale, un comble au pays des droits de l’homme (et de la femme).

Pour comprendre le Venezuela, il faut en comprendre l’histoire et l’influence du néocolonialisme sur le pays. Comme l’explique Ignacio RAMONET, Ancien Directeur du Monde Diplomatique et Président de l’Association Mémoire de luttes, « En raison des fabuleux trésors de son sous-sol, en particulier les hydrocarbures, le Venezuela est un pays très riche. Mais presque toutes ses richesses ont été accaparées pendant plus d’un siècle par les élites dirigeantes et des entreprises multinationales. Jusqu’à l’élection d’Hugo Chavez, en 1999, le peuple n’en recevait que des miettes. Plus de la moitié des Vénézuéliens vivaient sous le seuil de pauvreté (70,8% en 1996). La révolution bolivarienne a placé la volonté politique au poste de commande. Grâce à l’implication populaire, elle a permis à l’Etat de se réapproprier les secteurs stratégiques de l’économie, recouvrer la souveraineté nationale et procéder à une redistribution de la richesse au profit des services publics et de tous les laissés-pour-compte. »

Ce que veulent les néolibéraux et les multinationales qui dominent les états, notamment l’empire Américain (car lorsqu’on a 686 bases militaires partout dans le monde – hors Etats-Unis, on n’est plus juste une nation, on est un empire(1)), c’est déstabiliser des pays comme le Venezuela (on l’a vu en Irak et au Chili) pour y installer des oligarques pouvant à nouveau s’approprier les richesses et les partager entre eux. Le peuple ne compte pas. La CIA, qui a récemment avoué être derrière la déstabilisation au Venezuela, noie les médias de propagande anti Maduro et anti-chaviste et soutient la soit-disant « opposition » qui est en fait une extrême droite qui brûle vifs ceux qui ont l’air Chaviste car ils ont la peau noir. De plus, 90% des médias au Venezuela sont également détenus par des oligarques, donc d’opposition, ce que nos médias ne nous disent évidemment pas en prétendant que le président Maduro serait contre la liberté de la presse.

Comme l’explique Le Monde Diplomatique: « Du côté de la presse écrite, la situation est encore plus tranchée : sur 10 quotidiens de diffusion nationale, 9 sont des opposants déclarés au gouvernement. Si l’on étudie le contenu des articles d’opinion publiés dans quatre d’entre eux au mois de janvier 2007, on obtient les résultats suivants : pour El Nacional, 112 hostiles, 87 neutres et 6 favorables ; pour El Universal, les chiffres correspondants sont 214, 89 et 9 ; pour Ultimas Noticias, 31, 59 et 18 ; pour El Mundo, 49, 39 et 15. Ce qui ne les empêche pas de recevoir de la publicité des entreprises, des agences et des collectivités publiques.

Prétendre que la liberté d’expression est menacée au Venezuela relève donc de la plus indigne mauvaise foi. Il suffit de s’arrêter devant un kiosque à journaux ou de passer une heure devant un poste de télévision pour être convaincu du contraire. C’est même sans doute le seul pays du monde où, dans le passé, des appels publics à l’assassinat du président n’ont pas entraîné des poursuites judiciaires. »

 

« L’opposition« 

« On croyait avoir tout vu de la part de l’extrême droite vénézuélienne (rhabillée en « combattante de la démocratie » par les médias français) : formation par les paramilitaires colombiens, terrorisme, attentats à l’explosif, destructions de centres de santé et de maternités, sous-traitance de violences par la pègre, utilisation d’enfants-mercenaires, assassinats et tortures. » Egalité & Réconciliation

Cette opposition est également largement financée.

Comme l’explique Réseau International: « Wikileaks a révélé qu’à travers le Bureau des Initiatives de Transition (OTI) de l’USAID, Washington a remis à 300 organisations vénézuéliennes civiles 15 millions de dollars sous prétexte de « droits de l’homme » et de programmes d’éducation, dit le rapport. Un autre document de l’ambassade des Etats-Unis à Caracas intitulé « Demande de fonds pour aider à renforcer les Gouvernements locaux et les groupes de la société civile » déclassifié par le chargé d’affaires de l’époque de l’ambassade John Caulfield aussi été révélé. L’ambassade considérait que les 7 millions de dollars approuvés pour le financement de l’opposition vénézuélienne en 2009 étaient insuffisants, c’est pourquoi elle a demandé à Washington d’y ajouter 3 millions de plus. Cela amènera le Parlement vénézuélien à réformer la Loi organique contre la délinquance organisée et le financement du terrorisme en 2011 pour contrôler les mouvements d’argent venu de l’étranger pour porter atteinte à la République. »

Bien entendu, la CIA est la spécialiste de la déstabilisation dans des tas de pays et pas seulement en Amérique du Sud. Pour sans rendre compte, je recommande notamment le remarquable livre de l’activiste et journaliste Canadienne Naomi Klein « La stratégie du choc : La montée d’un capitalisme du désastre » qui démontre point par point l’hégémonie et l’impérialisme américain à commencer (d’un point de vue économique) avec la Chicago School de Milton Friedman qui a engendré par la suite les politiques de Pinochet au Chili (grace au coup d’état organisé par la CIA), de Thatcher et Reagan et qui se poursuivent jusqu’à, en ce qui nous concerne, Hollande (recruté par les « Young Leaders » en 1996) et Macron. Vous pouvez aussi voir le documentaire du même nom (sous-titrée) ici

Mais toutes ces informations, vous ne les entendrez JAMAIS des médiacrates bien trop occupés à prêcher la religion néolibérale. Pourquoi je l’appelle religion, me direz-vous? parce que le dogme néolibéral est répété comme étant la seule vérité, le « There is no alternative » de Thatcher. Toute personne voulant présenter une opinion différente est donc un hérétique. Il/Elle sera crucifié-e par les médias, ridiculisé-e, moqué-e, traité-e de dictateur-trice. Quel plus grand exemple de cela que ce que les médias ont fait à Jean-Luc Mélenchon pendant (après et encore) la campagne présidentielle, avec l’aide de leur armée de militants ignorants et prêts à monter au créneau pour défendre la vérité absolue du capitalisme du maître Friedman (dont la grande majorité n’a jamais entendu parler d’ailleurs). Le prêche dure depuis 30 ans et une génération entière est née entre temps et a été élevée par les médias sur cette religion.

« Le clergé, souvent inculte et très mal renseigné sur la Bible, du moins le bas clergé, était conçu comme une médiation entre le peuple et le Livre. L’église catholique voulait à tout prix avoir le monopole de la diffusion de l’information, la doctrine, pour pouvoir contrôler la foi donc la croyance. Les gueux, les serfs étaient soumis à un contrôle étroit que Foucault aurait qualifié de « biopouvoir ». Pour asseoir cette domination sur les esprits, l’église règlementait fermement la diffusion de la doctrine, excommuniait, imposait une doctrine unique (toute ressemblance avec la pensée du même métal ne serait pas fortuite), contrôlait les moyens de diffusion (scriptoriums dans les monastères, lieux fermés, interdits aux laïcs), et contribuait à maintenir les masses dans l’illettrisme.

C’est effectivement à la fois le comportement et l’objectif des principaux médias aujourd’hui. Il est remarquable de constater que dans « l’affaire Mélenchon », aucun journaliste n’a pris le temps de se demander si, par hasard, le fonctionnement moderne des médias n’était pas exempt de toute critique. Absolument aucune auto-critique, aucune trace de recul sur les pratiques journalistiques, cela rappelle, évidemment le postulat d’infaillibilité du Pape lorsqu’il s’exprime ex-cathedra (c’est-à-dire en tant que docteur de la foi, en situation d’enseignement) défini solennellement en 1870. » AgoraVox en 2010.

Il n’est donc pas surprenant que beaucoup défendent avec cette foi aveugle la doctrine néolibérale sans même regarder au delà des apparences. La grande majorité du peuple est tellement endoctrinée qu’elle ne questionne rien ou si peu (ou n’a pas le temps d’ailleurs trop préocupée à survivre). Pourtant le néolibéralisme est ce qui est en train de détruire la planète, permet que l’esclavage moderne concerne 46 millions de personnes, chiffres de 2016 (en majorité les enfants et les femmes) et que 70 milliards d’animaux terrestres et 1 milliards d’animaux marins soient torturés, mutilés et massacrés pour des raisons futiles (non nécessaires) qu’est l’alimentation carnée car cela enrichit le cartel de l’agroalimentaire, la FNSEA, etc. Et on pourrait ajouter la souffrance et les morts au travail, la pollution et tant d’autres choses que j’ai essayé de couvrir du mieux que je pouvais et dans les limites du monde de l’édition dans mon livre « La révolution végane: pourquoi et comment changer. »(2)

Abordez une autre philosophie économique, par exemple le Marxisme, et tout de suite des gens soit-disant bien informés vous sortiront le « stalinisme » et ses horreurs. Mais le stalinisme n’est qu’une perversion du Marxisme tout comme l’Etat Islamique est une perversion de l’Islam. Que des tarés s’emparent d’une philosophie ou d’une religion pour en faire n’importe quoi et l’utilisent comme excuse pour avoir du pouvoir n’invalide en rien la philosophie originale. Mais cela est dur à comprendre pour les gens peu habitués à décortiquer ce qu’ils entendent et surtout lire et entendre autre chose que la propagande. Cela demande de réapprendre à avoir un esprit critique, une chose plus vraiment apprise à l’école.

Jean-Luc Mélenchon n’a JAMAIS dit qu’il voulait transformer la France en Venezuela, Cuba ou Equateur mais que leurs modèles étaient des sources d’inspiration pour lui sachant que la situation de la France n’est pas la même que celle de ces pays. Mais pour comprendre ce que Mélenchon veut dire, il faut savoir lire au delà de l’ALBA, qui n’est rien d’autre qu’une alliance des états d’Amérique du Sud (là où se trouve la Guyanne française) et comprendre ce que c’est réellement. Après tout la France est engagée avec le MERCOSUR (et d’autres), une organisation d’Amérique Latine bien plus « dangereuse » que l’ALBA car libre-échangiste.

Que Jean-Luc Mélenchon se sente proche idéologiquement du Venezuela est certain. Qu’il veuille faire de la France un nouveau Venezuela (Cuba, Equateur, choisissez le pays, ça change à chaque élection), est faux, quoi qu’en disent les prêcheurs de la « grande messe du 20 heures ». Pour autant, cela n’empêchera pas que le mouvement de la France Insoumise continue à grandir (et à leur faire peur) et que de plus en plus de gens conscients, éduqués et surtout pas dupes de la propagande continuent à désirer un autre modèle pour la France comme pour le monde qui ne soit pas basé sur des traités de libre-échange destructeurs, la marchandisation du vivant (les animaux considérés comme des objets par exemple), l’égoïsme mais au contraire la fraternité, le partage et le respect du monde vivant.

(1) A titre comparatif, les Français et les Russes ont 10 bases chacun dans d’autres pays.

(2) à paraître en Avril 2018.

 

Photo: http://www.pixabay.com site gratuit de photos

Sources:

  • Désinformation sur le Vénézuela par Bernard Cassen, 30 mai 2007 dans Le Monde Diplomatique
  • 1996, « Young Leaders » recrute François HollandeZE Journal 19 mai 2016 (« L’objectif, mettre en pratique les idées de l’économiste Milton Friedman de l’école de Chicago: baisse des déficits par le démantèlement des services publics aux dépens de l’intérêt général… privatisation, déréglementation du droit du travail et réduction des dépenses sociales…pour le plus grand profit des multinationales. »)
  • Comme Emmanuel Macron, Edouard Philippe a suivi le programme « Young Leaders » mis en place par la French American FoundationZE Journal 16 Mai 2017
  • L’Ecole de ChicagoWikipedia (visionné le 28 Août 2017)
  • Le Marché Commun du Sud (Mercosur)Wikipedia (visionné le 28 Août 2017)
  • Médias et Venezuela : qui étouffe qui ? Le Monde Diplomatique 14 Décembre 2010
  • Venezuela : Combien de médias possède la CIA pour attaquer le pays ? Médiapart 20 Octobre 2016
  • Tous les pays où les Etats-Unis ont une présence militaireRéseau International 11 Avril 2015
  • Profession Journaliste – Documentaire sur YouTube (« Dans le jeu trouble du commerce de l’information, la position du journaliste est ambiguë. Est-il animé par le désir d’informer ou par la nécessité de gagner sa vie ? Avec Julien Brygo, François Ruffin, Sophie Divry et Annie Lacroix-Riz. »

  • Jean-Luc Mélenchon présente la conférence de Rafael Correa aux AmFis d’été de la France InsoumiseYouTube La Luciole Mélenchantée publié le 25 Août 2017

  • [#JLMDÉSINTOX] – QU’EST-CE QUE L’ALBA ? YouTube publié le 16 Avril 2017

  • #RDLS25 : MÉDIAS, ALLIANCE BOLIVARIENNE (ALBA), EAU MORTELLE, LILLE, HOLOGRAMMES – Jean-Luc Mélenchon sur YouTube publié le 15 Avril 2017

  • L’esclavage moderne touche 46 millions de personnes dans le mondeLes Echos (avec abonnement)

  • Documentaire – La Stratégie du Choc avec Naomi Klein sur YouTube

  • Livre « La stratégie du choc : La montée d’un capitalisme du désastre » de Naomi Klein – Amazon.fr
  • Venezuela : un homme brûlé vif par les « manifestants » anti-Maduro: Le vrai visage de la contestationEgalité & Réconciliation 25 mai 2017
  • Venezuela : la majorité des victimes tuées dans les violences de l’opposition ! AgoraVox le média citoyen 3 Août 2017
  • Venezuela : Comment est financée l’opposition violenteRéseau International 3 Juin 2017 (« En décembre 2010, le site Wikileaks publie des documents diplomatiques secrets du gouvernement des Etats-Unis contenant des informations sur les réunions avec des personnalités de l’opposition vénézuélienne, des coordinations, des offres et sur différentes sortes d’aide canalisées par l’ambassade des Etats-Unis à Caracas. Après avoir contrôlé les documents révélés, l’agence de presse AVN a publié un rapport qui donnait des détails sur ces documents. L’un des plus importants était signé par Robert Downes, ex conseiller politique de l’ambassade des Etats-Unis à Caracas et s’intitulait « 5 points stratégiques de l’équipement dans le pays pour le soutien du programme de l’Agence des Etats-Unis pour le Développement International (USAID). Dans celui-ci, les Etats-Unis se proposaient de réaliser une série d’actions entre 2004 et 2006 pour organiser le départ du chavisme du pouvoir politique.Les 5 points du document étaient : « le renforcement des institutions démocratiques, pénétrer la base politique de Chávez, diviser le chavisme, protéger les commerces vitaux pour les Etats-Unis et isoler Chávez internationalement, » précise AVN. »)
  • Leçons vénézuéliennes + LA CIA CONFIRMEMédiapart 26 Juillet 2017
  • La vérité sur le Venezuela – Ignacio RAMONET, Ancien Directeur du Monde Diplomatique, Président de l’Association Mémoire de luttes – La Lettre Diplomatique et sur Le Grand Soir
  • Les privilèges des journalistes sont-ils vrais? Le blog politique de Jacques Heurtault 15 Février 2013
  • Milton Friedman… Chicago boys… Néolibéralisme fascisant… AgoraVox le média Citoyen 12 Juillet 2014
  • Médias français : qui possède quoiLe Monde Diplomatique Juillet 2016
  • Les nouveaux chiens de garde (de Serge Halimi) – Bande annonce documentaire_11.01.2012 sur YouTube (le film entier n’est malheureusement plus disponible gratuitement mais je recommande vivement de l’acheter!).
  • Médias : pourquoi 10 milliardaires contrôlent-ils notre information ? Osons Causer
  • Journalisme et médiacratie : un nouveau clergéAgoraVox Le Média Citoyen 5 Avril 2010

 

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Quand les « vilains » ne sont pas que ceux que l’on combat

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Il existe une maladie chez les militants animalistes que j’appellerai le « refus de se regarder dans le miroir ».

Cela fait plus de 10 ans que je suis dans le mouvement végan/animaliste, que ce soit aux Etats-Unis ou en France, et je crois pouvoir dire y avoir tout vu.  Aux Etats-Unis, j’ai connus des pervers narcissiques, des drogués, des imbus d’eux-mêmes et des champions de la superficialité « Hollywood style ». Quand je suis arrivée en France, une excellente amie m’a dit: « tu verras, les militants français sont pires que les américains ». Elle avait tristement raison.

Je peux résumer les militants animalistes avec de nombreux mots: passionnés, courageux, chiants, hypocrites, égoïstes, altruistes, opportunistes, dédiés et même méchants. Si vous militez depuis longtemps vous-même, vous avez certainement attribué ces mots à toutes sortes de personnes autour de vous. Le militantisme rassemble des égos de toutes sortes sous chaque étiquette.

J’ai connu les meilleurs militants comme j’ai connu les pires. En cela, ils ne sont aucunement différents du commun des mortels. Leur seule différence est l’intérêt qu’ils portent aux animaux non-humains et C’EST TOUT! Ils ne sont pas supérieurs aux autres et ils ont les mêmes fichus défauts… et c’est bien le problème.

Je n’ai pas la prétention de me croire parfaite, loin de là. J’ai même énormément de défauts. J’ai seulement la satisfaction de pouvoir me regarder dans le miroir en sachant que je n’ai fait de mal à personne consciemment. Et je me suis TOUJOURS excusée si j’avais commis un tord envers quelqu’un, une bonne habitude même pas apprise de mes parents mais qui me paraît être normale, un petit quelque chose qui manque sérieusement chez beaucoup de gens.

Il serait bien de temps en temps pour certains de regarder leurs propres actes envers ceux qui sont dans leur camp car c’est bien là que tout déraille sérieusement dans ce « mouvement ».

Par exemple quand:

  • des militants se servent de la notoriété des autres et surtout de leur travail de longue haleine pour les trainer dans la boue et utilisent ce travail à leur propre profit et pour leurs propres égos. A travailler: L’humilité.
  • des militants vous traitent de salaup(e)s juste pour avoir utilisé maladroitement la langue. Oui, ils sont parfaits et ne commettent jamais d’erreurs eux-même. A travailler: le discernement.
  • des militants, qui se disent altruistes et pleins de compassion, souhaitent la mort de ceux qui sont très malades physiquement ou en grande difficulté à l’intérieur du mouvement. Peut-on enfin dire que c’est dégoutant? A travailler: le respect de l’autre.
  • des militants relativement « neufs » croient déjà tout savoir et crachent sur le travail des « anciens » qui ont travaillé des années pour que ces « jeunes » écervelés puissent prendre le relai. Ces « jeunes » n’ont d’ailleurs aucune gratitude pour ce qui a été fait pour leur faciliter les choses et profitent bien de ce qu’ils ont appris jusqu’à ce qu’ils ne fassent que des erreurs. A travailler: L’orgueil.
  • des militants, des végans en plus, souhaitent la mort non seulement aux leurs mais à ceux qu’ils opposent, bien loin de la préoccupation morale d’ « être le changement que l’on veut voir dans le monde », autrement dit pratiquer ce que l’on prêche, une idée morale au coeur même du véganisme notamment. Ils oublient d’où ils viennent eux-mêmes, autrement dit qu’ils n’ont pas toujours été végans/animalistes et qu’ils étaient auparavent comme ceux qu’ils haïssent. Le véganisme n’est pas en effet uniquement une préoccupation matérialiste mais aussi une attitude morale qui demande donc une certaine droiture. A travailler: La compassion pour tous les êtres vivants (y compris les humains).

Franchement, quand nous nous permettons de nous dire comme faisant partie d’un mouvement pour la libération animale (et les humains sont des animaux aussi), nous avons un énorme travail à faire d’abord sur nous-mêmes avant de prétendre vouloir sauver les autres. Il faudrait peut-être se sauver soit-même en premier si on veut réellement prétendre faire avancer les droits des animaux non-humains.

On peut noter d’ailleurs que ceux qui font avancer le mieux la cause sont souvent les plus humbles, les moins bavards et ceux qui agissent le plus. Ceux qui gueulent le plus et souhaitent du mal aux autres sont généralement ceux qui en font le moins. C’est tout dire…

 

L’humilité ne consiste pas à se considérer comme inférieur, mais à être affranchi de l’importance de soi. ~ Matthieu Ricard

 

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Cuba « Le Diable Rouge », les Etats-Unis »champions de la démocratie » et autres mythes qu’on nous vend…

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Pour une fois, je ne vais pas écrire un blog en ce qui concerne les animaux (bien que l’idée de ce blog me soit venue à l’écriture de mon livre « La Révolution Végane: Pourquoi et comment changer? » à paraitre bientot).

Je vais vous parler de deux pays dont on nous rabache constamment des idées vraies ou fausses mais qui, avec les élections, prennent une importance exceptionnelle: Cuba et les Etats-Unis.

Jean-Luc Mélenchon a été critiqué pour vouloir insérer la Guyanne Française (vous savez l’ile préférée d’Emmanuel Macron) dans l’alliance coopérative de l’ALBA. Je ne vais pas revenir sur ce qu’est l’ALBA, allez donc lire le programme de la France Insoumise pour connaitre son role et écouter ce qu’en dit Jean-Luc Mélenchon sur le sujet.

Cependant, les mots Cuba et Etats-Unis ont été prononcés sur les réseaux sociaux et soudain toute la sphère a été envahie par ceux qui crient à la dictature dès qu’on parle de Cuba et ceux qui crient « quelle horreur, on ne peut pas sortir de l’OTAN, que ferions-nous sans les Américains face aux Russe! » bla bla bla. Ce que je trouve pathétique à notre époque est le degré d’ignorance intellectuelle dans lequel les français, comme les Américains, sont tombés dès qu’il s’agit de la géopolitique du monde. En cela, je reconnais le génie de la propagande Américaine qui a envahi nos oligarques des médias et nous bombardent le cerveau depuis très longtemps à la même sauce libérale que les Américains. D’ailleurs, si nous refusions d’être assimilés, McDonald et Monsanto n’auraient jamais plus s’implanter aussi facilement chez nous.

Mais revenons à la dictature Cubaine, telle qu’elle est dépeinte par les pays « développés » de l’occident. Cuba a été dirigée d’une main de fer, on nous dit, par Fidel Castro puis par son frère depuis la révolution cubaine. La presse n’est pas libre (presse d’état), les Cubains sont misérables, etc etc etc.

Alors précisons quelques points cependant qui semble échapper à notre entendement collectif bourgoisé par la propagande Américaine: Oui Fidel a renversé un gouvernement, celui de Batista qui avait été installé par la CIA pour controller le pays et ses ressources. C’est une habitude charmante que les Américains ont de traiter leurs voisins quand ils s’opposent à leurs intérets. S’ils n’aiment pas un gouvernement démocratiquement élu, par exemple Allende au Chili, ils le renversent sournoisement, installent leur homme, tel Pinochet, et font ce qu’ils veulent après du pays en arrosant leur homme de main à coups de dollars et en y installant leur politique néo-libérale de pillage des ressources.

Bizarrement, Castro n’a pas été d’accord et a décidé que Batista et ses potes oligarques, qui semaient la terreur dans le pays, devait être foutu dehors. Au mon Dieu, il avait osé aller contre les Américains sur le sujet pour libérer son pays. Donc, il finit par le renverser et s’installer à sa place. Bien sur, et là je suis d’accord avec beaucoup, il aurait surement du installer un régime plus démocratique avec des élections de temps en temps. Mais bon, les gens étaient avec lui et il ne semblait pas être pire que Batista. D’ailleurs, ceux qui ont gueulé le plus contre Castro étaient surtout les oligarques (bien blancs) qui se sont vite barrés en Floride. Ces mêmes oligarques (et leurs rejetons) pas contents d’avoir été expropriés de leurs terres pour qu’elles soient redistribuées à ces pouilleux de paysans pauvres, sont devenus pour certains des agents de la CIA et ont contribué à pas moins de 638 tentatives d’assassinat contre Castro depuis son accession au pouvoir.

Donc, Cuba, cette alliée des Soviétiques, ce « diable rouge », « ce monstre sanguinaire », comme la nomme souvent certains politiciens Américains, a décidé de son propre destin. Ce petit pays, sous l’embargo Américain depuis les années 50, embargo condamné par l’ONU de nombreuses fois, a réussi des exploits sous bien des points:

  • Santé 100% gratuite: haut niveau médical, un des meilleurs au monde. Des centaines de médecins cubains partent chaque année pour soigner les gens dans les pays pauvres, bien plus que les Américains, ou les Français. Leurs découvertes scientifiques ne sont pas en reste (notamment en ce qui concerne le Sida).  Comme le rapporte Médiapart: « Ainsi, depuis leur lancement, près de 132 000 médecins cubains et autres personnels de santé ont bénévolement œuvré dans 102 pays. Au total, plus de 85 millions de personnes ont été soignées à travers la planète par les médecins cubains qui ont ainsi sauvé 615 000 vies. Actuellement 31 000 collaborateurs médicaux offrent leurs services dans 69 nations du Tiers Monde. »
  • Education: d’une nation très illetrée, Cuba est devenue une des nations les plus lettrées du continent et du monde avec un taux de 0,2% de la population, bien en dessous de beaucoup d’autres pays. En France, cela va de 7% à 9% suivant les années!
  • Agriculture 100% bio: quand les Soviétiques se sont retirés après la chute du mur de Berlin, les Cubains n’étaient plus approvisionnés en pétrole, et Castro lança alors un vaste programme d’agriculture vivrière partout dans le pays avec le résultat que les cubains se nourrissent (et très bien, il n’y a plus de famine), à 70% de leur agriculture vivrière (en fruits et légumes) et n’importent que 30% de ce qu’ils leur manquent. Comme disait Mélenchon en parlant de Haiti, ils donneraient beaucoup pour avoir Fidel plutot que d’avoir à se nourrir de terre pour apaiser leur faim.

Et tout ça avec l’embargo Américain! On peut donc penser ce que l’on veut du régime des frères Castro mais lorsque Fidel est mort, des millions de gens sont venus lui rendre hommage et ce n’était pas imposé par les militaires comme on voudrait nous le faire croire sur les médias corporatistes. Bien sur les enfants des oligarques, tranquillement installés avec leur cocktails à Miami, eux, se réjouissaient de sa mort et notre presse vendue aux oligarques néo-libéraux, à l’exception de L’Humanité (ok c’est les communistes, vous en avez rien à foutre!), s’en est réjouis également, grand contraste avec les réactions des pays altermondialistes qui se sont reconnus dans ce qui a été fait à Cuba.

L’Amérique, ce « champion de la démocratie » en revanche est celle qui nous inspire pour tout: ces séries télés violentes, ces merveilleurs films de guerre à la gloire de l’armée ricaine, ses McDonald dont nos gosses rafolent, ces OGMs si vitaux à notre agriculture, ces fermes usines que NAFTA et CETA amèneront encore plus sur notre territoire, son néo-libéralisme basique qui fait que tout peut-etre vendu y compris le cerveau de nos gosses à l’autel de l’Ubérisation. Ouais, quel pays formidable ces Etats-Unis! Ou étiez-vous jusqu’en 1944 quand tout le reste du monde se battait contre les nazis? USA! USA! USA! Bon bref.

Oui les Etats-Unis sont une grande puissance démocratique que nous adorons. Pour preuve, nous avons adoré les élections truquées de 2016, dans lesquelles tous les indésirables (les noirs, les latinos, les asiatiques) ont été éliminés pour être sur qu’ils ne voteraient pas pour Clinton ou Sanders. Comment gagner une élection? très simple: faites en sorte que ceux qui ne votent pas comme vous aient fait de la prison pour leur enlever leur droit de vote pour toujours. Faites en sorte que sur les 25% des prisonniers au monde dans les prisons américaines (pour seulement 5% de la population mondiale) soient surtout des gens qui n’aient pas votre couleur, car ils votent pour votre ennemi. Allez aux bureaux de vote (après avoir éliminé un maximum d’entre eux pour allonger les files d’attente et ainsi dire aux noirs, « sorry! les bureaux sont fermés, trop tard! »). Et soyez sur de dire que du mal de votre ennemi (Bernie Sanders) en disant qu’il est « athé » (oh la la aux USA, ça ne passe pas!), qu’il est « socialiste » (oh quelle horreur un communiste!) afin d’être sur que votre oligarque va passer. Du coté Trump, faire le fanfaron avec des remarques sexistes, racistes, pour obtenir un maximum d’antenne gratuite sur les médias de vos copains (Bernie Sanders n’a pratiquement pas été couvert par les médias) et promettre un énorme mur avec le Mexique car bien sur les Mexicains volent tous les boulots des braves Américains.

Ca ne vous rappelle pas un peu nos élections?

En bref, voilà pourquoi nous vénérons les Américains: la démocratie et le néolibéralisme.

Je connais bien les Etats-Unis, j’y ai vécu 18 ans. J’en apprécie la plupart des gens mais en ayant la perspective que leur éducation est bien pire que la notre (pourtant massacrée par nos propre néo-libéraux) et qu’ils ne sont qu’une masse manipulée par les médias et la publicité. les Etats-Unis sont tout sauf une démocratie (« Je m’en fiche, Castro est un dictateur! bla bla bla » ok ça va). Il y a presque 47 millions de pauvres aux Etats-Unis. Le peu qu’Obama avait fait pour la santé (déjà pathétique avec Obamacare) est maintenant démantelé par Trump qui veut même enlever les aides aux vieux et aux handicappés (normal, ils ne servent à rien aux yeux des oligarques). Se soigner aux Etats-Unis revient à en avoir les moyens, ce que la plupart n’ont pas. Autrement dit, pour penser au système Américain, ne regardez pas plus loin que le programme de François Fillion qui est près à nous faire embrasser ce système si formidable.

Les médias Américains sont aussi libre que ceux de Cuba. C’est à dire pas du tout. (au fait les notres non plus puisque nous sommes 45ème en terme de « liberté de la presse »). 5 mégas corporations détiennent pratiquement toute la presse américaine avec la même ligne néo-libérale (pro-guerre bien sur) que la notre, vous savez notre superbe presse libre avec ces oligarques qui dirigent 90% de nos journaux.

J’ai visité des fermes-usines en Californie. J’y ai vu des milliers de vaches dans la boue et les excréments et des lacs entiers de merde et d’antibiotiques. La puanteur et les mouches étaient partout. Beurk! Ce qui ne veut pas dire que les animaux élevés en « bio » ou autre mythe de « viande heureuse » ne sont aussi ma tasse de thé. Mais il y a quand meme des degrés dans l’horreur. Si nous écoutons tous les politiciens (sauf Mélenchon évidemment), les traités CETA et TAFTA sont une chose merveilleuse.

Non, et non! Je ne veux ni des fermes-usines, ni des OGMs, j’en ai marre des McDo’ et de leur bouffe de merde qui rend obèses nos gosses (personnellement je m’en tape, je suis végane après tout mais je pense aux autres), ni de ce fichu néo-libéralisme qui transforme toute vie (humaine ou non) en marchandise que ces adorateurs de la « mondialisation heureuse » comme Macron veulent nous vendre sans relache à coup d’Ubérisation.

Oui Cuba a été sous les mains d’un même seul homme pendant des décades, oui les Etats-Unis sont une « démocratie », du moins techniquement. Mais franchement, il faut savoir passer au-delà de l’apparence et vraiment regarder les choses en profondeur. Il n’y a de perfection nulle part. Au bout du compte, lequel des deux pays a vraiment été démocratique? Celui qui a nourrit son peuple en lui donnant les moyens d’être alimentairement le plus indépendant possible et en mangeant bio, lui a donné une éducation et une médecine gratuites depuis des années malgré cet horrible embargo? Ou un pays qui se dit démocratique mais laisse des millions de pauvres gens en prison (pour qu’ils ne votent pas notamment), des millions de gosses sans service médical et sans bouffe de qualité en dehors des fast-food, celui qui a une presse d’état avec une seule ligne ou celui qui a des centaines de chaines qui vendent toutes le même message de « consommez, consommez, consommez! » et les « regardez ces magnifiques images » (le journaliste Brian Williams ayant l’air de se masturber mentalement devant les bombardements des Américains en Syrie).

Rien n’est parfait, ni d’un coté, ni de l’autre, rien n’est ni blanc ou noir. Donc il faut savoir avoir de la perspective et cesser de gober toute la propagande que l’on nous donne pour diaboliser tel ou tel peuple. On en ressortira d’autant plus grands et ouverts à apprendre des autres.

Sources:

  • Macron et la Guyanne! Médiapart
  • Dexintoxt: Qu’est-ce que l’ALBA – Youtube JLM2017
  • Revue de la semaine 25 de Jean-Luc Mélenchon: Médias, Alliance Bolivarienne (ALBA), eau mortelle, Lille, Hologrammes, sur Youtube
  • Programme de L’Avenir en Commun de la France Insoumise: LAEC
  • Pourquoi sortir de l’OTAN: sur L’Avenir en Commun LAEC
  • « Baie sanglante », la baie des cochons; Acta Diurna
  • « Coup d’état du 11 septembre 1973 au Chili » Wikipedia
  • Les oligarques exilés de Cuba: extrait « L’exceptionalité Cubaine en Floride », Open Edition
  • « La CIA, Cuba et l’Opération Peter Pan », Counterpunch dans le Grand Soir

  • « Avec 638 tentatives d’assassinat, Fidel Castro bat les records ! » – Egalité et Réconciliation
  • « Cuba : un embargo en vigueur depuis plus de cinquante ans », Le Figaro
  • « Cuba, l’île de la santé », Médiapart
  • « L’Education à Cuba », Cuba Diplomatique
  • « Comment les Cubains ont converti leur île à l’agriculture biologique », BastaMag
  • « Orphelins et émus, les Cubains rendent hommage à Fidel Castro », Journal La Croix

  • « Restrictions du droit de vote aux États-Unis », Médiapart

  • « La vérité est que Clinton a volé la nomination à Sanders et qu’elle était le mauvais candidat – ex-agent de la CIA Kiriakou (EXCLUSIF) » , Histoire et Société
  • « Quand Clinton dépense 61 millions de dollars en publicité, Trump ne débourse pas un centime », Telerama
  • « 46,5 millions de pauvres aux États-Unis », Le Figaro

  • « Fillon et la Sécu: juste «une mise au point»?, Public Sénat

  • « The View from Within: Becoming a Witness » , mon blog en anglais sur les fermes-usines de Californie

  • « Ignorance et Schizophrénie Morale », mon blog de 2015 sur notre comportement envers les animaux

  • « Avec Macron : “la mondialisation heureuse, l’ubérisation de la société et la précarité pour tous”!, Délit d’Images

  • « Brian Williams Masturbates to Syria Bombing: We have beautiful Weapons », Youtube

  • « Qui sont les illettrés en France ? » Le Monde

 

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Mon vote d’adhésion pour le vivant

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© Getty Images Alain Jocard

Je dois vous faire une confession. Je n’ai jamais cru au vote et je n’ai voté qu’une seule fois dans ma vie, pour les dernières élections Européennes. J’habitais alors aux Etats-Unis et je me suis sentie appellée à faire mon « devoir de citoyenne » à des milliers de kilomètres de la France. Mais c’est à 47 ans (le mois du premier tour) que je prendrai une décision que je n’ai jamais contemplé auparavant: réellement voter pour mes idées et surtout pour un programme auquel je crois profondément.

La moitié du pays est actuellement indécise ou désinteressée des élections et qui peut la blâmer. De la droite à la gauche, tout nous semble pourris. Tout ceux qui pouvaient paraître honnêtes ne le sont bien sur pas. Avec ce spectacle pathétique, qu’est-ce qu’une anti-raciste, anti-sexiste et anti-spéciste comme moi pourrait y trouver?

Il y a quelques mois, je suis tombée sur une video d’un discours de Jean-Luc Mélenchon. Ce bonhomme à la voix tonitruante était raffraichissant. Tiens, celui-là semble dire tout haut aux puissants ce que beaucoup d’entre nous pensent tout bas ou nous disons entre nous. Il parle de justice sociale, d’écologie, de sécurité sociale à 100%, d’agriculture paysanne et il, chose nouvelle pour un politicien, parle des animaux en disant qu’ils ne sont pas des objets. Et en plus, il explique pourquoi et surtout comment il veut le faire avec chiffres à l’appuis. Quoi? C’est qui ce type?

Alors, intéressée, mais étant quelqu’un de méfiante, j’ai décidé d’en savoir plus sur ce candidat nouveau pour moi. (Je n’ai pas connu sa campagne de 2012 étant aux Etats-Unis). De plus il parlait comme une de mes personnalités préférées (et que je connais depuis 15 ans): Bernie Sanders. Ok, maintenant je suis réellement intéressée.

J’ai donc acheté son programme (seulement 3 euros) et je l’ai lu avec des « wow » très américains à chaque page. Puis je suis allée sur son site et j’ai vu qu’il y avait des livrets thématiques sur tout le programme détaillant le pourquoi et le comment. En même temps, la campagne étant largement entamée, j’ai essayé de voir ce que les autres avaient à dire d’intéressant… autrement dit rien, ce qui aurait été suffisant dans le passé pour m’éloigner des élections totalement.

Jean-Luc Mélenchon n’a pas été fiché « voyoux » par le Canard Enchainé ou tout autre média que je connaisse. D’ailleurs, il est le premier à admettre être privilégié par son salaire d’élu (il veut les faire baisser) comparé à des gens comme moi techniquement sous le seuil de pauvreté. Il a travaillé depuis l’âge de 16 ans à la lutte sociale et a su s’adapter et évoluer avec son temps et reconnaître ses erreurs (par exemple signer le traité de Mastricht) et quitter ce qui lui paraissait plus que pourri (Le PS et sa ligne néolibérale similaire à la droite n’ayant plus rien à voir avec le PS qu’il avait rejoint jeune homme). Sa biographie, « Le choix de l’insoumission » faite sous forme d’entretien, révèle non seulement son enfance et ses racines mais aussi ses positions et combats depuis plus de 40 ans et surtout révèle sa consistence de valeurs tout en évoluant avec son temps (vers le combat écologique).

Lorsqu’il dénonce les médias comme l’arme de l’oligarchie, il ne fait que dire la vérité puisqu’ils sont détenus par 8 milliardaires en France (5 corporations aux Etats-Unis) qui disent aux gens comment penser (« journalistes » notamment), comment être de bons consommateurs abrutis du néolibéralisme (publicité), etc. et font en sorte de soit donner un lavage de cerveau idéologique aux gens soit les abrutir d’imbécilités pour rabaisser leurs capacités à penser. Ces médias, vassaux des oligarques des grandes entreprises et des partis qui les servent ont fait en sorte qu’un homme comme Bernie Sanders, avec son extraordinaire vote populaire, puisse être éliminé (illégalement et honteusement) de la course qui lui aurait certainement permis de fermer la porte au fasciste Trump.

Si je cite Bernie Sanders, un homme droit qui n’a jamais dévié de ses convictions en 50 ans de politique, c’est parce que j’ai été saisie par les similitudes entre lui et Jean-Luc Mélenchon et par leur intégrité et dévouement passionnés respectifs pour la justice.

Mais quand Bernie, devenu lui aussi un fervent défenseur de la planète ne parlait que d’énergies renouvelables, Jean-Luc Mélenchon parle également d’une certaine forme de « décroissance » avec sa règle verte (« Ne pas prendre plus à la planète que ce qu’elle ne peut reconstituer »), car pour faire marcher cette règle, il faut nécessairement entrer dans une décroissance saine. Et il va encore plus loin en s’attaquant à l’élevage « productiviste », autrement dit industriel dans lequel les animaux ne sont plus que des machines torturées ainsi qu’à la pollution par les pesticides de nos terres. Mieux encore, il parle des animaux avec respect et demande que « l’on sorte des protéines carnées ». Bernie Sanders, avec tout mon respect pour lui, n’a jamais été aussi loin et pourtant j’ai écrit un blog de support pour lui aussi.

Les dégoutés de la politique reproche aussi à Jean-Luc Mélenchon d’être « en colère » et d’avoir une grande gueule. Il se dit « indigné » et je pense que c’est une bonne chose d’avoir quelqu’un d’indigné ou en colère quand on voit la société et le monde actuel avec ses millions de pauvres, ses 70 milliards d’animaux torturés et massacrés pour une chose aussi futile et inutile qu’un bout de bidoche quand nous pourrions économiser de l’argent, éviter de détruire l’écosystème en mangeant, comme il le dit, des algues et du quinoa (et certains se moquent de ça??) ce qui éviterait aussi des dépense inutiles à notre système de santé dans lequel 80% des dépenses sont liées à nos désastreuses habitudes alimentaires. Oui on peut avoir un système de santé à 100% remboursé avec les idées qu’il propose dans le programme « L’Avenir en Commun » et si on arrête de nous polluer et de nous faire manger de la merde bourrée de pesticides et des animaux élevés dans des souffrances que l’on n’affligerait jamais à nos chiens et chats. Ce n’est pourtant pas sorcier de manger des protéines végétales qui contiennent tout ce dont le corps a besoin (les animaux ne les fabriquent pas plus que le calcium ou les omégas 3 d’ailleurs contrairement aux mythes savamment répandus).

Il est facile de se résigner en ne votant pas. C’est comme les enfants, on peut tous en avoir. Mais après il faut les assumer. Une république, c’est comme un enfant mis au monde mais malmené par des parents irresponsables. On peut changer cela en prenant nos responsabilités car nous sommes tous tributaires les uns des autres. Des hommes et surtout des femmes se sont battus pour le droit de vote et il m’aura fallut longtemps pour en comprendre l’importance. Et quand je vois quelqu’un comme Jean-Luc Mélenchon défendre les femmes autant (et toute sa vie), je lui doit bien aussi ça.

Les élections en France sont encore libres. Personne, comme aux Etats-Unis, ne nous empêche de voter, en tant que citoyens, si l’on a fait de la prison ou si notre couleur de peau n’est pas la bonne pour les élites. Mais je vois des forces extrêmes à droites, calquées sur les mouvements d’extrêmes droites, comme ceux que j’ai vu aux Etats-Unis, qui, si mis au pouvoir (et ce sont aussi ceux qui apparaissent les plus modérés) qui peuvent tourner notre pays soit en théocratie (Fillon et ses groupuscules de la droite catho), en pays de fascistes (Le Pen a très bien vendu son marketing pour « nettoyer » l’image du FN mais est toujours proche des néo-nazis) et le néolibéralisme de la finance et des banquiers exemplifiée par Macron et ses Uber bus et la banque Rothschild. Rappelons également que Jean-Luc Mélenchon a voté contre le CETA, un traité ignoble qui me rappelle ce que Bill Clinton a fait avec NAFTA et ses résultats: 3 millions de fermiers mexicains déshérités et forcés d’émigrer vers les Etats-Unis pour survivre. Et après les Trump et Le Pen de ce monde se plaignent des immigrés alors que leur caste crée la misère que l’on voit dans le monde.

Je recopie ici quelque chose que j’ai écris sur Facebook :

« J’aurai 47 ans le 12 avril prochain. Sur 47 ans de vie, 18 se sont passés aux USA ou j’ai pu voir comment les gens y survivent, je dis bien survivent (pas les riches bien sur) et j’ai retenu plusieurs choses de cette vie là: Notre système de santé est un million de fois supérieur au leur et nous devons le protéger. La sécurité sociale à 100% est possible! Notre nourriture devient de plus en plus américaine et nous, comme eux, devenons de plus en plus obèses. Donc il faut stopper l’américanisation alimentaire (autrement dit la merde US) d’envahir notre pays et revenir à une vraie agriculture paysanne 100% bio. Notre système d’éducation est encore bien supérieur à celui des américains (qui sont une masse largement ignorante, peu éduquée mais avec un bon cœur). Notre éducation, délabrée, est en train de créer des générations d’Uber gamins idiots et obsédés uniquement par la téléréalité. Vive la vrai éducation qui ouvre les consciences et apprend le sens critique! L’Amérique est un pays magnifique avec des paysages magnifiques et des populations formidables (je pense aux Indiens notamment) mais elle a un président qui ne croit même pas au dérèglement climatique et pense que c’est une invention des chinois. Notre président (et vous savez à qui je pense) devrait mettre l’écologie, le 100% renouvelable et la fin de l’agriculture et de l’élevage industriel au centre de sa campagne si nous voulons tous survivre (et notamment nos enfants). Aux abstentionnistes, si vous voulez un monde meilleur, rester chez soi ne changera rien vu que votre abstention n’est pas prise en compte et elle est la porte ouverte aux racistes, sexistes et spécistes. »

Alors, tant que nous en avons le droit, exprimons nous à travers le vote et demandons une VIème République avec une constituante écrite par nous et non les riches, première mesure du programme de la France Insoumise et de Jean-Luc Mélenchon.

Photo: Getty

Sources: Blog sur Bernie Sanders (en anglais): A Vegan for Bernie: Reflections from a decade-long supporter

Jean-Luc Mélenchon; discours Place de la République pour une VIème République: Défilé pour la VIème République

 

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Assez de la méchanceté entre militants!

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Il est 3h du matin et je ne peux pas dormir. Je ne peux pas dormir car j’ai un immense poids sur le cœur depuis plusieurs semaines.

Récemment, je me suis retirée volontairement d’une association de défense des animaux parce qu’en faire partie me rendait malade. La raison était que j’avais fait un certain nombre de « maladresses » complètement involontaires qui ont déplu à la direction de l’association. Je ne suis pas en colère, juste malheureuse d’avoir eu à me retirer d’une association dont je respecte le travail. Je n’ai pas questionné ou cherché à défendre les dites maladresses; elles étaient justifiées. Mais ce qui m’attriste est que, comme toujours, un ou une militante soit jugée sans savoir exactement d’où il/elle vient et quel a été son parcours.

Je ne me suis pas retirée de l’association pour mes maladresses (on apprend toujours à s’améliorer) mais parce que j’ai été jugée comme une militante incompétente parce que je connais très mal le militantisme Français. Cependant, ce n’est pas de la fainéantise de ma part.

Comme certains d’entre vous le savent, j’ai vécu 18 ans aux USA (non stop) et je suis devenue militante là-bas. Ce que les gens en Europe ne comprennent pas est que vivre aux USA, c’est se retrouver pris dans une bulle (comme dans la série TV « Under The Dome » ou une petite ville américaine se retrouve littéralement sous un dôme invisible dont les habitants ne peuvent s’échapper). Les USA vivent sous un dôme de non-information (et désinformation) dans un monde remplis ironiquement d’information. On peut être militant là-bas mais n’avoir aucune idée de ce qui se passe ailleurs, même avec la meilleure volonté.

Je rentre en France âpres 18 ans (contre mon gré, ce qui n’est déjà pas simple – mais c’est une autre histoire) et je me vois accusée de nullité militantiste sans qu’on essaie même de comprendre le pourquoi du comment.

Le jugement des autres est une spécialité Française qui dépasse de beaucoup celle des Américains. Je m’en rends compte lourdement depuis que je suis revenue. Et franchement, j’ai du mal à le vivre. Depuis que je me suis retirée de cette association, je dors très mal et j’ai un mal-être constant. Peut-être que ma réaction peut paraitre exagérée mais quand je vois comment les gens se tirent dans les jambes dans ce pays, j’ai presque honte d’être française (quoique je ne me sois jamais vraiment sentie française de toute manière).

Voir ce que les gens font sur les animaux, comment ils les maltraitent et même comment ils nous insultent ne me dérange plus: je suis blasée. J’en ai vu de toute sorte, y compris quand j’ai visité des élevages californiens pour documenter les conditions déplorables des vaches. Mais quand ça vient de ceux et celles qui devraient être de mon coté, cela me fait horriblement mal. De plus, cela aussi dégoute des militants potentiels de se joindre au mouvement. Lorsque l’on voit les dissentions, beaucoup peuvent penser qu’on ne vaut pas mieux que ceux que l’on combat.

Les militants américains, je n’en dément pas, ne sont pas tendres non plus. Cependant, ils savent créer des communautés de support, des communautés où les gens peuvent se sentir plus inclus bien plus qu’en France. Je ne cherche pas à les défendre. En fait, j’ai souvent beaucoup de critiques à leur égard. C’est juste une évidence basée sur mon expérience sur place.

Après une conversation avec une amie récemment, je suis maintenant consciente de jusqu’où peut aller la méchanceté française et à quel point des gens (qui devraient être dans le même camp et se donner du support) perdent leur temps à se tirer dessus.

Quand j’ai entendu Jean-Pierre Garrigues du CRAC à Arles dire: « Ca suffit ces conneries! » (En rapport avec les bagarres internes), j’ai eu envie de l’embrasser pour avoir dit tout haut ce que je pensais tout bas.

De la même manière que, même étant Végane (pure et dure si je puis dire), je comprends et je supporte malgré tout les gens qui ne sont pas encore arrivés ou je suis dans leur évolution intellectuelle, émotionelle et spirituelle vis-à-vis de notre relation avec les animaux. Ils sont après tout où j’étais pendant longtemps. De plus, je suis « coach » holistique en nutrition végétalienne, donc mon travail consiste a partir du point où sont les gens avec gentillesse et compréhension et les amener progressivement vers le meilleur d’eux mêmes (non seulement pour eux mais pour les animaux bien sur).

On avance tous à des vitesses différentes. Le principal est, qu’au bout du compte, on arrive tôt ou tard (le plus tôt possible serait bien sur idéal). La société n’est pas tendre avec nous, on le sait, car nous sommes déjà très marginalisés. Mais nous tirer dans les jambes parce que certains d’entre nous n’ont pas encore tout compris est comme blâmer un embryon pour ne pas devenir un bébé plus rapidement. De plus, cela fait le jeu de ceux qui nous oppose. En d’autres termes, c’est « diviser pour mieux régner ». C’est complètement stupide et improductif.

Donc, j’ai le cœur lourd, même après plusieurs jours. Par moment, je regrette ma décision d’avoir « démissionnée » en tant que bénévole (et je ne demande pas à ce que l’on me reprenne). Je croyais que j’aurais du support. J’ai eu beaucoup de sourires, de merci dans certains cas. Mais au bout du compte, je n’ai pas eu l’information dont j’avais besoin pour être efficace et bien comprendre le fonctionnement de cette association car personne n’a compris mes difficultés à me « réinsérer » sur la France et surtout, je me suis sentie ridiculisée publiquement au sein du groupe.

Alors arrêtons de taper sur les autres parce qu’ils sont ignorants de certains faits. Et surtout, ne les ridiculisons pas et ne les rendons pas malheureux parce qu’ils ne sont pas encore ce que l’on veut qu’ils soient. L’ennemi est en face, il ne devrait pas être dans nos rangs!

Les animaux ont besoins de nous, pas de notre colère ou jugement envers les uns et les autres. Eux, ils n’en ont rien à faire de nos bagarres, ils veulent uniquement ne plus être abusés et tués.

Sources:

– Pourquoi les Français détestent les Américains – Slate.fr

– Les villes les plus véganes aux USA: Peta.org

– Communautés intentionelles véganes aux USA: The Vegan Village, Vegan Homeland (Detroit, Michigan), VegNet (site qui liste des communautés), Vegan World Trekker (blog), Vegan Off-Grid Community,

– Communauté végane (bouddhiste) en France fondée par Thich Nhat Hanh: Le Village des Pruniers.

Les Américains et le voyage à l’étranger de Ludovic Hubler explique très bien pourquoi l’Amérique est si renfermée.

– Photos des élevages en Californie: Facebook

– Vidéo du rassemblement anti-corrida de Arles avec Jean-Pierre Garrigues

 

Photos:

haut- Pinky Finger (www.Pixabay.com – Free stock photos)

Dessous: Animal Rights Conference 2014 Los Angeles & WorldFest Los Angeles 2014

 

© Copyright Mai 2015 – Vegan Empowerment Francophone/Veronique Perrot – Tout droits réservés. Toute utilisation et/ou publication non-autorisée de ce matériel sans l’autorisation verbale ou écrite de cette auteur et/ou de cette propriétaire est strictement interdite. Des extraits ou des liens peuvent être utilisés si un crédit clair et complet et donné avec une direction spécifique et appropriée vers le contenu original.

 

My DxE friends from San Francisco
Mes amis (et famille) de DxE (Direct Action Everywhere) de San Francisco
A WorldFest, festival Eco-vegan de Los Angeles en 2014.
A WorldFest, festival Eco-vegan de Los Angeles en 2014.

Tolérance du « choix des autres »: Un faux choix

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Depuis que je suis rentrée en France, j’entends beaucoup de Français parler du « choix des autres ». Les arguments sont qu’il ne faut surtout pas imposer notre « choix » aux autres et que manger des animaux est un choix. Je vois ici une grande différence d’opinion entre les végans Français et les végans Américains qui ont une idée bien plus claire sur le sujet.

1. Argument #1: Manger des animaux est un choix personnel.

Oui c’est un choix moral que l’on fait lorsque l’on reconnait que les animaux ont le droit à leur propre détermination et que nous n’avons aucun droit de les exploiter pour des raisons futiles de nourriture (inutile), de vêtements (encore inutile) ou de spectacle (d’autant plus inutile). Les animaux sont des êtres qui chérissent leur vie autant que nous. Leur dénier ce droit par que l’on ne veut pas déranger les autres est simplement spéciste.

« En tant qu’individus et en tant que culture, notre capacité de guérir, de nous transformer et évoluer au-delà de cette vieille mentalité de profanation est liée à nos choix alimentaires plus qu’à toute autre chose. Méditer pour la paix mondiale, prier pour un monde meilleur, et travailler pour la justice sociale et la protection de l’environnement tout en continuant à acheter la chair, le lait et les œufs d’animaux horriblement maltraités expose une déconnexion qui est si fondamentale qu’elle rend nos efforts absurdes, hypocrites, et voués à un échec certain  » .

– Will Tuttle « The World Peace Diet » (Nourrir La Paix)

 

2. Argument #2: On ne peut pas imposer notre choix à d’autres.

S’il est vrai que l’on ne peut pas forcer les gens à changer, nous avons une responsabilité morale de faire comprendre aux gens l’impact de leurs actes sur les animaux, la nature et leur santé. Ne pas le faire fait de nous des hypocrites envers les animaux qui attendent notre aide et n’ont aucun moyen de se défendre. C’est aussi accepter notre autodestruction. C’est un fait maintenant reconnue que l’élevage est la plus grande cause du changement climatique et de pollution générale. Et il est aussi reconnu que nous pourrions nourrir jusqu’à 12 milliards de gens si tout le monde adoptait un régime végétalien. Refuser de dire la vérité parce que cela est dérangeant nous rend complice d’un écocide et d’un génocide ou environ 12,000 enfants, des milliards d’animaux terrestre (70 millions chaque jour rien qu’aux USA) et des milliards d’animaux aquatiques sont massacrés CHAQUE JOUR.

Comme dit aussi le militant Américain Ed Coffin:

« Je trouve offensant qu’il y ait ceux dans ce mouvement qui croient que les non-végans sont trop stupides pour comprendre le concept et qu’ils doivent y graviter par leurs propres moyens. Par conséquent, ils affirment que nous devons abaisser notre message et utiliser un message trompeur pour amener les gens à faire des progrès. S’il vous plait! Soyez cohérent et présentez l’information dans son intégralité. Personne ne dit que vous devez devenir végan du jour au lendemain, mais il ne faut pas supposer que les gens sont trop stupides pour comprendre la vérité!

~ Ed Coffin (15 Juin 2014)

3. Argument #3: Manger d’autres animaux est le choix de chacun.

Ceci est un faux argument. Depuis notre naissance, nous sommes tous endoctrinés par notre culture, religion, etc… à manger d’autres animaux. Ce n’est pas un choix puisqu’il a été imposé par d’autres (nos parents, professeurs, culture, etc…). Est-ce que l’on est uniquement des robots qui suivent les ordres dictés par la majorité ou sommes-nous de vrais végans qui remettons en cause l’endoctrinement sociétal qui nous pousse à nous conformer à, non-seulement des mythes nutritionnels, mais aussi des idées qui n’ont plus leur place au 21ème siècle si l’on veut vraiment sauver les animaux ET la planète de nous-mêmes?

Comme Will Tuttle l’a expliqué dans son best-seller « The World Peace Diet » (Nourrir la Paix), nous avons affaire à une « culture d’élevage » vieille de 8,000 à 10,000 ans qui est patriarcale et dont la mentalité régnante est « la loi du plus fort » et qu’il est normal d’exploiter d’autres espèces, les femmes, d’autres cultures et le monde naturel.

Gary Francione ajoute également:

Si vous consommez des produits laitiers et vous considérez comme une féministe, vous devez m’expliquer comment le féminisme peut être compatible avec la grossesse forcée et répétée, la séparation des mères et des bébés presque immédiatement après la naissance, le meurtre des bébés de sexe masculin, et soumettre les bébés de sexe féminin aux horreurs que leur mères ont souffert.

~ Gary L. Francione (22 Octobre 2013)

Tant que nous maintenons l’idée de domination de cette mentalité, nous serons incapables d’avancer (surtout en France!). La culture et la tradition sont de pauvres excuses qui servent à nous cacher derrière un confort personnel pour ne pas avoir à affronter la colère et le dénie des autres.

Si les choses doivent vraiment changer sur cette planète, il faut arrêter de porter des œillères et avoir le courage moral de dépasser les vieux mythes et créer de nouvelles communautés basées sur la compassion envers tous les êtres et ne pas craindre de clamer haut et fort ce que nous savons être vrai dans nos cœurs.

Nous n’avons plus beaucoup de temps. Les rapports des scientifiques sur l’état de la planète sont drastiques. 1000 espèces en moyenne disparaissent chaque jour de la planète à cause du cartel du bétail et surtout nos « choix », des OGMs et de l’industrie. N’est-il pas temps de dire « Ca suffit! » et d’ouvrir les yeux pour créer un nouveau futur?

Que le lecteur décide par lui/elle-même quelles sont ses priorités. Personnellement, je suis fière d’être végane et je vais le clamer haut et fort. Mon éthique est plus importante que mon confort personnel ou l’égo des autres. Je ne suis pas sur cette planète pour faire plaisir aux égos des autres mais pour aider les végans du monde entier à amener une transformation radicale de la pensée mondiale qui nous permettra d’avoir un monde plus juste et équitable.

Si vous voulez vraiment ce changement, il est temps de montrer vos valeurs et d’être réellement l’exemple que vous voulez voir dans le monde.

Références:

– « The World Peace Diet » (Nourrir La Paix) bientôt sur Amazon.fr.

Ed Coffin est un militant Américain qui a aussi présenté une émission sur « podcast » pendant plusieurs années.

– Gary Francione « Introduction aux Droits des Animaux » aux Editions l’Age d’Homme.

– Le documentaire à voir sur l’état de notre planète et pourquoi le véganisme est un impératif moral est Cowspiracy (sous-titré en Français).

Photo: « Feedlots » ou parc d’engraissement de vaches laitières. Mes autres photos des « feedlots » de Californie sur Facebook.

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Hello France!

Note: Ce blog est une continuation en parallèle de mon blog en Anglais Vegan Empowerment.

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En Mai 1997 à l’âge de 27 ans, j’ai déménagé aux USA et précisément sur Los Angeles. Jamais je n’aurai imaginé le parcours qui m’attendait. Je suis partie avec l’idée de naïvement réaliser « le rêve Américain » sans savoir à quel point cette illusion n’était vraiment que ça: une illusion. Vivre aux Etats-Unis est un parcourt du combattant et une bataille constante pour survivre (quand on a peu de moyens). Mais je suis une survivante et j’ai tenu bon jusqu’au moment où j’ai ressenti que j’avais fait « le tour du sujet » et que je n’avais plus rien à apprendre au pays de McDonald.

Mais je n’ai aucun regret. 18 ans de vie là-bas m’ont appris à vivre indépendamment et simplement. Cela m’a appris aussi à comprendre que rien ne nous tombe juste dans les mains dans la vie et qu’il faut se battre. Je suis passée par des moments de joie mais aussi de désespoir intense. Mais plus important, je suis devenue végane.

Comme on dit en Anglais: « I count my blessings ». Je suis reconnaissante des bienfaits que j’ai reçus et des leçons que j’ai apprises. J’ai eu le bonheur immense, en tant que végane, de rencontrer mes héros:

– le Dr. Will Tuttle (auteur du Best-seller « The World Peace Diet »), un homme incontournable dans la philosophie végane aux USA,

– le Capitaine Paul Watson (de Sea Shepherd), qui malgré son succès après sa série Whale Wars n’aurait pas été contre m’embarquer sur un de ses bateaux (Moi: « Capitaine, quelles qualifications faut-il pour aller sur vos bateaux? » – Paul: « Aucune qualifications! »),

Colleen Patrick-Goudreau, auteur et « speaker » extraordinaire à qui j’ai piqué joyeusement des idées,

– le Dr. Melanie Joy dont le livre sur le Carnisme (« Why We Love Dogs, Eat Pigs and Wear Cows ») est impossible à ignorer,

Carol J. Adams (auteur du classique « The Sexual Politics of Meat »), première féministe à avoir fait le lien entre la culture de la viande et la patriarchie et plein d’autres.

Je pourrais écrire des blogs entiers sur les extraordinaires penseurs(ses) que j’ai rencontrés pendant ces années dans cette « mecque » du Véganisme qu’est Los Angeles.

Bien entendu, Los Angeles n’est pas seule. New York et d’autres grandes villes sont des villes de rêve pour tout végan. Los Angeles à elle seule compte plus de 80 restaurants végans (pour environ 3 millions d’habitants) de la plage de Santa Monica jusqu’à la vallée d’Orange County. Je vivais à Hollywood et je pouvais commander et me faire livrer des pizzas véganes à domicile! Mais ce n’est que l’aspect superficiel de la vie aux USA.

Los Angeles est en fait une ville d’image (au sens propre comme au figuré) et de beaucoup d’égos. Et j’ai commencé à être désillusionnée par la superficialité de la pensée générale (chose que je n’ai pas constaté dans une ville comme San Francisco par exemple) et le militantisme et l’éducation végane me sont devenues pesantes dans un pays ultra-matérialiste, ultra-capitaliste et anti-social.

Peut-être que cela semble amer de ma part de parler de mon expérience Américaine en ces termes. Ce n’est seulement qu’une part de ce qu’est l’Amérique. En fait, j’aime beaucoup les Américains. Comme moi, ils sont extrêmes. Par exemple, d’un coté ils sont ultra puritains (pas moi), d’un autre ouvrir la télé est voir aussi l’extrême inverse. C’est un pays non seulement de grands extrêmes mais aussi de contradictions permanentes. Sur beaucoup de points, ils ont un grand cœur. Ce ne sont pas du tout des gens mauvais pour la plupart, juste manipulés et facilement utilisés par les pouvoirs qui dirigent leur pays.

Mais ils sont aussi capables d’avancer dans leurs idées. Le « boom » du Véganisme est l’exemple le plus flagrant. En seulement quelques années (moins de 10 ans), le Véganisme est passé d’une idée très marginale, comme ça l’est actuellement encore en France, à un mode de vie en grande partie très reconnu et même embrassé par les anciens Présidents et vice-présidents (pour des raisons de santé et d’écologie dans leur cas) comme Bill Clinton et Al Gore mais aussi par des végans éthiques comme l’acteur Tobey McGuire (de Spiderman) ou Joaquim Phoenix (qui a narré la version US de Earthlings ou « Terriens »).

Pourquoi je suis revenue en France? Cela prendrait un livre entier à expliquer et ce n’est pas important. Pour résumer: Après avoir acquis des diplômes en nutrition végétale et avoir appris tout ce que je pouvais apprendre (jusque là) de ce que veux dire être végane (surtout grâce à Will Tuttle), il était temps pour moi de regagner la patrie et de reconstruire ma vie en France (loin d’être simple quand vous ne savez pas ce qu’est une Carte Vitale!).

J’ai eu très peur (et j’ai beaucoup pleuré dans l’avion de Los Angeles à Londres) car je laissais 18 ans de vie derrière moi et je pensais que rentrer en France serait difficile en temps que végane. Mais en fait, ce n’est pas pire que de vivre dans un coin de l’Amérique plutôt reculé ou le mot végan éveille encore des idées d’extrémisme et d’étrangeté (oui dans certains Etats US, les végans sont encore d’une autre planète!).

La France est aussi paradoxale. D’un coté, nous avons la sacro-sainte cuisine Française révérée à travers le monde (dites que vous êtes Français à Los Angeles et vous comprendrez ce que je veux dire) et d’un autre coté une évolution des pensées envers le Véganisme (en particulier chez les jeunes) que je trouve extrêmement encourageante. Et, pour couronner le tout, je n’ai jamais eu autant de travail en tant que militante et éducatrice en nutrition végétalienne! Autant dire que rentrer en France s’est fait au moment propice. Le livre de Will Tuttle devrait aussi sortir en Français sous le titre « Nourrir La Paix » cette année et je l’attends avec trépidation car je suis impatiente de faire connaitre cette extraordinaire référence littéraire (son livre est considéré « le livre le plus important du 21ème siècle » ou « un des plus important du 21ème siècle » par plusieurs personnes notables).

Le livre référence de Gary Francione « Introduction au Droits des Animaux » vient de sortir en Français et c’est une référence de la pensée abolitioniste.

Je n’ai jamais trouvé être en France plus excitant! J’ai rencontré de nouveaux amis au travers de mon excellente amie Joëlle Verdier (que j’ai connue à Los Angeles et qui corrige mes anglicismes!) et grâce à elle j’ai pu voir qu’être militante ET végane en France n’est pas une impossibilité, bien au contraire.

Les prochains mois vont me garder très occupée. Mais je suis pleine d’espoir que les choses bougent en France. Ce n’est peut-être pas forcément visible mais après avoir eu des résultats positifs et voir que les médias discutent nos problèmes planétaires (même si ils disent souvent des imbécilités) est la preuve que certaines choses commencent à rentrer dans les consciences Françaises. Et n’oublions pas l’influence des Allemands et des Anglais (qui sont plus en avance que nous) ainsi que celle des Américains. Comme on dit aux USA, quand les choses démarrent en Californie, généralement elles suivent ailleurs.

Donc bye bye America, à bientôt, et bonjour la France!

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Photos:

1- Je fais du tractage sur la Place de la Comédie à Montpellier.

2- L’équipe de Droits des Animaux Sud pour la journée contre la fourrure/cuir et chasse, Place de la Comédie à Montpellier.

Références:

– Livre de Gary Francione aux Editions de l’Age d’Homme « Introduction aux Droits des Animaux »

– Livre de Will Tuttle sous le titre Français « Nourrir la Paix » sur Amazon en Septembre 2015.

– Photos de la conférence du Dr. Melanie Joy à Los Angeles.

– Photos de la visite de Carol J. Adams au « The National Museum of Animals and Society » de Los Angeles.

– Photos de la conférence de Will Tuttle à Pasadena, Californie et quand je l’ai rencontré à Santa Monica.

– Photos de la visite du Captaine Paul Watson à Santa Monica pour Whale Wars et sa récente visite à Montpellier.

Pour voir toutes mes photos au fil des années: Mes albums Facebook et mes videos sur YouTube.

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